mercredi 17 novembre 2010

Asile : embrouille et solidarité

Pour un gouvernement si faiblement occupé qu'il peut se consacrer corps et âme à la présidence européenne, on ne peut pas dire que Leterme II brille sur le seul dossier qui l'a extirpé de la somnolence des affaires courantes. Le nouveau couac sur le dossier de l'asile, une bombe humaine, politique et budgétaire qui paraît avoir été découverte et prise en charge il y a quinze jours par le gouvernement, offre un spectacle politique désolant.
L'inénarrable éclatement des compétences n'est pas pour rien dans l'embrouille actuelle comme dans la gestion hasardeuse qui l'a précédée. Ce dossier implique directement les ministres ou secrétaires d'Etat : de l'Intérieur (pour l'entrée sur le territoire), de l'Immigration (pour la gestion des demandes d'asile), et de l'Intégration sociale (pour l'accueil). Les deux derniers étant des secrétaires d'Etat, il faut ajouter à la liste les ministres en titre, en l'occurrence deux vice-premières. Cela fait cinq, inévitablement arbitrés par le Premier ministre en personne.
Six ministres et quatre partis : on aurait voulu rendre ingérable une affaire compliquée qu'on ne s'y serait pas pris pas autrement.
Cet embrouillamini de compétences et de querelles, insidieusement prolongé de petites ambitions locales, n'arrive heureusement plus à occulter que c'est, in fine, de femmes et d'hommes qu'il est question : ceux à qui l'on doit l'accueil, fût-ce temporairement ; et ceux qui, dans les communautés locales choisies, devront prendre leur part d'un devoir d'hospitalité qu'une capitale n'a pas les moyens ni la capacité d'assumer seule. Encore moins lorsqu'elle est sous-financée, comme vient de le calculer une nouvelle étude économique.
A l'occasion de la contestation des Bastognards – les quatre autres localités, dont deux flamandes, ne protestent pas –, remarquons que le sort des demandeurs d'asile ne semble pas émouvoir le pays lorsqu'il se joue dans l'entonnoir d'une grande ville. Comme si c'était le destin des métropoles que d'absorber les malheurs du monde, un destin pas jalousé pour un sou par les villes de moindre importance ou par la campagne. Mais voilà : ce fardeau-là, en fin de compte, se partage comme les autres effets de la mondialisation.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VASES COMMUNICANTS

Un lecteur commente:
« Encore?
Encore et toujours plus! Cela n'en finit pas, et certains continuent leur comédie avec leurs "chercheurs d'asile" Ils prennent les gens pour des imbéciles? Il est temps de fermer les frontières, le pays a suffisamment, de "réfugiés" et de chercheurs "d'asile"! On en a déjà 4x plus que les pays qui nous entourent! »
Pim Fortuyn disait « de boot is vol ».
Xénophobie? Un internaute s’insurge:
« La xénophobie, le racisme ordinaire et l'intolérance est une peste qu'il faut éradiquer d'urgence. C'est le symptôme de l'inculture de la population belge. Droit d'accueil et devoir d'hospitalité »

Un troisième lecteur objecte aussitôt
« Comment peut-on écrire une tel texte, se relire et ne pas - au moins - se poser des questions sur les tenants et les aboutissants du "droit d'accueil" dû aux immigrés par une population qui a le "devoir d'hospitalité". Ce texte me choque.»
C’est dire si les avis sont partagés et radicalement opposés.
Il est clair que le gouvernement Leterme est complètement dépassé par le problème et que sa (non) gestion du flux des demandeurs d’asile va faire monter les enchères de la N-VA sur cette question qui, on le sait, n’a pas encore été abordée à la table des négociations. Belle empoigne en perspective entre De Wever et la gauche de Flandre et de Wallonie.
Les optimistes disent qu’on aura un gouvernement à la fin de la (non)présidence européenne exercée par la Belgique.
DiverCity reste convaincu qu’on n’échappera pas à de nouvelles élections. On imagine assez aisément que De Wever l’énigmatique fasse capoter les négociations sur la question des demandeurs d’asile particulièrement sensible en Flandre.
MG

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