jeudi 11 novembre 2010

Clinton rencontre un Netanyahu sourd aux demandes américaines

© AP
Le "dialogue direct" israélo-palestinien avait repris le 2 septembre à Washington, après vingt mois d'efforts américains intenses

NEW YORK Hillary Clinton, chef d'une diplomatie américaine espérant sauver le processus de paix au Proche-Orient, rencontre jeudi matin à New York le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, plus inflexible que jamais sur la question des constructions juives à Jérusalem.

La secrétaire d'Etat dit continuer à "croire qu'une issue positive est possible", et plaidera à nouveau pour une reprise du dialogue entre Israël et les Palestiniens. Selon un responsable israélien, M. Netanyahu devrait faire valoir les besoins de sécurité d'Israël. Il compterait aussi présenter la question des constructions comme "une question temporaire".

Cela sera le premier entretien israélo-américain depuis la défaite du président Barack Obama aux législatives américaines. Un facteur qui pourrait, selon des analystes, encourager M. Netanyahu à tenir tête aux demandes de Washington de mettre fin aux nouvelles implantations juives. Le "dialogue direct" israélo-palestinien avait repris le 2 septembre à Washington, après vingt mois d'efforts américains intenses.

Le processus devait déboucher sur un accord de paix en un an. Mais il paraît déjà au bord de l'effondrement, après le refus d'Israël de prolonger un gel de la colonisation en Cisjordanie occupée. Cette semaine, l'annonce de la construction de 1.300 logements juifs dans la partie à majorité arabe de Jérusalem a encore envenimé la situation, bien qu'Israël ait souligné qu'aucun moratoire sur les constructions juives n'avait jamais concerné la Ville Sainte.

En réponse, le président palestinien Mahmoud Abbas en a appelé mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU. Mme Clinton s'est opposée à cette démarche "unilatérale", réitérant la position américaine: les négociations entre les parties sont le seul moyen de résoudre toutes les questions associées au conflit.

L'analyste américain Aaron David Miller, du centre Woodrow Wilson, estime dans un entretien à l'AFP que M. Netanyahu se montrera intransigeant face à la secrétaire d'Etat. Le dirigeant israélien, selon lui, va insister sur la spécificité de Jérusalem. Il va aussi se sentir plus à l'aise face à un président Obama "sur la défensive" après la défaite des démocrates aux législatives américaines. "La question n'est pas seulement qu'il y aura plus de républicains au Congrès. C'est aussi que les priorités de l'administration ont changé".

Nathan Brown, de l'université George Washington, voit avec le même prisme le rejet vif des critiques américaines par Israël cette semaine. "Le ton était fort, et comportait un élément de confrontation", alors que les critiques de M. Obama étaient mesurées, note-t-il pour l'AFP: "Ce n'était pas une attaque, plutôt l'indication d'un changement d'attitude envers les déclarations de l'administration Obama".

M. Netanyahu n'a toutefois fait que réaffirmer une position ancienne, tempère M. Brown. Le véritable problème pour M. Obama serait "sa stratégie qui n'a pas produit de résultats", plutôt qu'une "Chambre des représentants hostile, qui sera un désagrément, mais pas un obstacle insurmontable" en politique étrangère. "La situation cette semaine n'est pas fondamentalement différente de ce qu'elle était il y a deux semaines" avant les élections, a affirmé mercredi un haut responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

"Nos difficultés tiennent à la politique là-bas (en Israël), pas à la politique ici", a pointé cette source, dans une allusion à la coalition entre M. Netanyahu et l'extrême droite israélienne.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COLLISION-COLLUSION-DESILLUSION
« Coalition entre M. Netanyahu et l'extrême droite israélienne »
Tout est dit, rien à ajouter !

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