mardi 2 novembre 2010

Contre la désinformation, l'éducation

Par Jean-Marie Charon

L'information est une denrée disponible à profusion, si bien que la frontière entre information et désinformation est infime. Il convient donc d'en rétablir le sens et de poser quelques repères. Frédéric Ploquin s'y emploie dans son dernier livre à travers l'un des plus illustres hommes de presse français, Hubert Beuve-Méry.
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«Trop d’information tue l’information», jamais certainement cette remarque n’aura plus interpellé son temps et ses médias qu’aujourd’hui. Jamais non plus alors que tout un chacun peut revendiquer sa propre contribution à l’information et prétendre au journalisme participatif, il n’est plus crucial de proposer quelques repères et sens au traitement de l’actualité. Tel se présente en tout cas le petit livre que destine Frédéric Ploquin en invoquant la personnalité et l’action de Hubert Beuve Méry – «Hubert Beuve-Méry : « non à la désinformation » chez Actes Sud Junior. Il ne s’agit ni d’un long exposé, pas plus d’une biographie. La forme est celle d’une fiction - entretien- entre l’auteur – rebaptisé Paul pour l’occasion – et quelques uns de ceux qui ont côtoyé et collaboré avec le fondateur du Monde.
Pour Frédéric Ploquin il ne peut être question de détacher le journaliste et la personnalité de celui qui exerce cette profession ou plutôt cette mission démocratique. Il est évident dès lors de partir des bases sur lequel l’homme étaiera sa démarche et ses conceptions. Il nous rappelle sa jeunesse dans le trouble des année 30, et nous fait cheminer au rythme des pas du montagnard qui sait trouver son chemin dans un environnement tout à la fois superbe et exigeant. Enthousiasme, précision, rigueur, tel semble être le chemin que doit gravir tout être qui se voue au métier d’informer. C’est dire qu’il ne s’agit ni de séduire, ni de faire fortune, mais d’éduquer. Il est peu de dire que le propos tranche dans l’univers de l’information contemporain où la question du modèle économique est récurrente. Il ne s’agit pas non plus d’un idéal pour belles âmes, mais ni plus ni moins que la condition à la lutte inévitable et nécessaire contre la désinformation.
Il est tout à fait dans la logique du propos de Frédéric Ploquin de discuter la conception sur laquelle se construisit toute l’action d’Hubert Beuve-Méry. L’information n’a-telle pas des fonctions sociales plus larges, telles que faire lien, partage du vécu commun d’une société ? Toujours est-il qu’au moment d’un des plus grands bouleversements qu’ait eu à connaître information et connaissances il est important de poser quelques balises et idées sur lesquelles journalistes et citoyens puissent s’appuyer pour dégager le sens des événements et questions du temps.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE POINT DE VUE DE SIRIUS
« L’information n’a-t-elle pas des fonctions sociales plus larges, telles que faire lien, partage du vécu commun d’une société ? »
Trop d’impôt tue l’impôt, trop de communication tue la communication.
Nous sommes submergés d’infos à telle enseigne qu’on se noie dans ce flot continu, ce bombardement perpétuel.
Les blogs nous aident à y voir un peu clair mais ici aussi, trop de blogs tuent les blogs.
Le seul contre poison c’est l’éducation, autrement dit l’école.
Mais l’enseignement est en crise et c’est une catastrophe pour une jeunesse qui est branchée en continu sur internet et tend à gober tout ce qu’on lui impose au marteau médiatique.
Hubert Beuve-Méry qui signait ses papiers Sirius regardait l’actualité depuis cette planète et adoptait le fameux « point de vue de Sirius ». On appelait cela l’attitude de l’honnête homme. Ils sont où aujourd’hui les « honnêtes hommes » et les « honnêtes-femmes » ?
Les médias ont toujours été regardés comme le quatrième pouvoir.
Internet est à la fois le plus puissant des contre pouvoirs et la pire source de conditionnement.
Internet permet la transparence mais est capable de la noyer dans la plus grande opacité.
Vigilance donc et clairvoyance.
MG

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