mercredi 24 novembre 2010

Où loger l’amitié maroco-flamande?

Par Johanna de Tessieres

“Daarkom”, la maison des cultures maroco-flamande à Bruxelles, voit ses subsides diminuer. Son avenir est dès lors menacé.

Bert Anciaux, ex-ministre de la Culture flamand, a poussé un cri d’alarme dans la presse pour sauver "Daarkom", la maison des cultures maroco-flamande. Elle a été créée en mai 2006 grâce à un accord entre la Communauté flamande et le Maroc, avec une enveloppe de départ de 3,25 millions d’euros. Le cofinancement avec le Maroc, qui a attribué un million d’euros, est une des originalités de la démarche. "Daarkom " ("Faites comme chez vous" en arabe) a été l’une des initiatives préférées d'Anciaux.
Mais aujourd’hui, cette maison n’a plus beaucoup de perspectives. Dans le contexte des économies imposées par la Communauté flamande, la nouvelle ministre, Joke Schauvliege, a considérablement réduit les moyens financiers de Daarkom, de 750 000 à 300 000 euros. La subvention de la Communauté flamande ne permettra plus aucune initiative, elle couvre à peine le loyer. Il faut dire que Daarkom occupe des lieux prestigieux, tout près de la place de la Monnaie à Bruxelles. Le magnifique édifice datant de 1912 a abrité le théâtre de la Gaîté. Situé à côté de la rue Neuve, ce symbole de l’amitié flamando-marocaine est idéalement implanté pour attirer le grand public, dans un quartier fréquenté par des milliers de Flamands. A quelques centaines de mètres s’ouvrira, en 2013, Muntpunt, la maison de la communication flamande. Tout près, rue des Princes, un autre édifice néoclassique abrite la maison flamando-hollandaise "de Buren". Les autres voisins de Daarkom sont le Standaard Boekhandel, la plus importante librairie néerlandophone de Bruxelles et le centre flamand pour le troisième âge. L’Ancienne Belgique est à un jet de pierre, le Beursschouwburg également.
On peut toutefois se demander si l’implantation de Daarkom est idéale pour attirer les jeunes d’origine marocaine qui fréquentent probablement, pour leurs sorties, d’autres parties de la ville. Mais si l’idée de s’implanter en plein centre a été d’inciter ces jeunes à quitter leur quartier traditionnel, on peut comprendre le choix du lieu. Malheureusement, le projet s’est heurté à une transformation complexe du bâtiment, nécessitant des autorisations difficiles à obtenir. Certains diront qu’à la Région bruxelloise, on n’a pas apprécié cette nouvelle initiative flamande au cœur de la ville. Le retard pris a empêché Daarkom de vraiment démarrer ses activités. Il est vrai que par cette initiative, la Communauté flamande a voulu renforcer les liens avec la communauté marocaine de plus en plus importante à Bruxelles.
On sait que les Bruxellois d’origine marocaine ont un lien privilégié avec la francophonie. Daarkom veut attirer des jeunes qui fréquentent l’enseignement néerlandophone à Bruxelles et les rapprocher de la Communauté flamande. Si cette dernière veut survivre à Bruxelles, elle a tout intérêt à attirer des gens issus de l’immigration. Des motivations communautaires pourraient donc avoir joué, probablement aussi dans la non-attribution des permis de transformation. Fallait-il pour cette raison compliquer la naissance de ce lieu de rencontre entre communautés ?
En offrant un programme culturel, Daarkom se voulait avant tout un lieu de rencontre. Au cabinet de la Culture flamand, on invoque des carences au niveau de la direction de Daarkom. La direction n’a pas présenté son bilan financier permettant un contrôle de l’utilisation des subventions. Plusieurs personnes se sont succédé à la direction de Daarkom. Pour l’instant, elle est dirigée par une personne qu’on dit être sans expérience dans la gestion d’un tel projet, ni dans les contacts avec le Maroc. Bien que la Communauté flamande ait loué l’ancien théâtre de la Gaîté jusqu’en 2021, l’avenir de Daarkom est donc plus qu’incertain. (Cet article provient de http://www.lalibre.be)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES FLAMANDS, BRUXELLES ET L’INTERCULTUREL ?
“Daarkom”, la maison des cultures maroco-flamande à Bruxelles, voit ses subsides diminuer et son avenir menacé. Daarkom était l’enfant chéri de Bert Anciaux, ex-ministre de la Culture flamande. Il a en effet poussé un cri d’alarme dans la presse pour sauver son "Daarkom", relayé par DiverCity, cet appel retentit comme la voix du prophète dans un désert, le désert du dialogue maroco flamand et du dialogue interculturel de manière plus générale. C’était un projet phare et l’une « des initiatives préférées d'Anciaux » chantre de l’interculturel. C’était avant le raz de marée N-VA qui eut l’effet de ressouder le cartel N-VA-CD&V et de mettre à la culture une jeune ministre avec pour seul projet de réduire à toute force l’ardoise budgétaire surtout pour des projets qui n’auraient pas l’aval des nationaliste du désormais grand parti frère : la N-VA . La ministre Joke Schauvliege, a par conséquent, « considérablement réduit les moyens financiers de Daarkom, de 750 000 à 300 000 euros. »
Bien sûr le FDF se réjouira de cet échec de toute forme d’avancée flamande à Bruxelles, fût-elle au bénéfice d’une cause que ce parti pourtant semble vouloir défendre à Schaerbeek par exemple : la dynamique interculturelle.
Daarkom est implanté dans un quartier fréquenté par des milliers de Flamands. On n’est pas loin du quartier Dansaert, dit quartier des Flamands de Bruxelles. « A quelques centaines de mètres s’ouvrira, en 2013, Muntpunt, la maison de la communication flamande. Tout près, rue des Princes, un autre édifice néoclassique abrite la maison flamando-hollandaise "de Buren", à deux pas du Standaard Boekhandel, la plus importante librairie néerlandophone de Bruxelles
et le centre flamand pour le troisième âge. L’Ancienne Belgique est à un jet de pierre, le Beursschouwburg également.
C’est dire qu’au-delà du dynamisme culturel francophone bruxellois, il existe une autre vie culturelle animée par les Flamands de Bruxelles et le plus souvent tourné vers des cultures d’origine ethniques variées. La bulle populiste et nationaliste de Bert De Wever ayant enflé dangereusement, cette dynamique interculturelle est menacée d’assèchement budgétaire par un CD&V de plus en plus à la remorque de la N-VA.
C’est dire combien Bruxelles devra s’opposer de toutes ses forces à l’ambition de Bart De Wever de mettre la capitale sous tutelle communautaire flamande. On lira, pour s’en convaincre avec intérêt, surprise et consternation ce que pense de Bruxelles une habitante de Sint-Niklaas qui s’exprime comme suit dans De Standaard.:
« Het kan raar en zelfs gestoord klinken , maar ik heb Brussel nooit als mijn hoofdstad ervaren. Als ik er kom voel ik mij een vreemdeling in mijn eigen land. Voor een groot deel omwille van de taal, maar voor een ander deel omwille van een subjectief gevoel van 'ik hoor hier niet', 'dit is het buitenland'. Hoeveel landen zouden met dit gevoel t.o.v. hun hoofdstad vrede kunnen nemen? En van nationalisme is in deze geen sprake. Wil 'Iemand' Europa eens duidelijk maken dat een hoofdstad - en in de verlenging daarvan een koningshuis - een warm gevoel moet bieden aan ál zijn burgers? En de reacties van de échte Vlaamse Brusselaars (met alle respect) doen hier eveneens niet terzake. Het is de sporadische passant die zich hierover zeer verwondert, ergert, en... met rede! “

Aucun commentaire: