dimanche 21 novembre 2010

Philippe Moureaux annonce son départ

Philippe Moureaux, par ailleurs bourgmestre de Molenbeek, reste provisoirement à la vice-présidence du PS, à la demande d'Elio Di Rupo.
Philippe Moureaux, âgé de 71 ans, quittera officiellement la fédération bruxelloise du PS mercredi prochain. Son départ était attendu mais il était maître du calendrier, peut-on lire dans le quotidien Le Soir de samedi. L'information est également reprise dans De Standaard.
Dans sa lettre de démission, Philippe Moureaux indique notamment: "je dois avouer que depuis un an, je ne suis plus à la hauteur de cette tâche". Il explique dans le quotidien que lors de sa réélection en 2007, il avait dit qu'il ne ferait pas l'ensemble du mandat, et ajoute estimer qu'il est "souhaitable maintenant de laisser la place. Je n'ai plus ni la force ni plus tout à fait la vocation de m'occuper de la vie interne d'une fédération".
Philippe Moureaux, par ailleurs bourgmestre de Molenbeek, reste provisoirement à la vice-présidence du PS, à la demande d'Elio Di Rupo. C'est Rudy Vervoort, vice-président du PS bruxellois, qui prend les commandes à Bruxelles jusqu'au renouvellement des instances, dans un an.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN TRES GRAND BONHOMME
UN AUTHENTIQUE BRUXELLOIS
Les commentaires désobligeants pullulent sur les forums du Soir et de la Libre. C ’est carrément pénible.
Je relèverai simplement, par respect, quelques posts qui lui rendent justice.
« Philippe Moureaux est fort critiqué et pourtant il est bourgmestre d'une commune à difficultés!
La critique est facile, la gouvernance est difficile !
Il a l'intelligence de se retirer dignement! »

« Un homme aux convictions bien marquées qui, pour ne pas plier face à l'ultra-libéralisme dominant, a préféré porter son action au niveau local plutôt qu'au niveau régional ou fédéral. Et lorsqu'on compare sa gestion communale avec sa voisine libérale, il n'y a pas photo : moins de révolte sociale, pas de zone de non-droit, peu de bunker-loft-digipass pour bobos en quête de consommation, de centre-ville-restos-musées-machins tous azimut.
(Pour les mauvaises langues que je devine crachant leur venin, je précise que j'occupe un poste de réceptionniste dans l'auberge de jeunesse qui se trouve à proximité du canal. Je sais de quoi je parle : nos relevés statistiques sur les agressions de toutes les auberges bruxelloises montre que nous sommes en queue de peloton, loin derrière celle du centre ville. »

« Qui a attiré l'immigration dans les années soixante: Le patronat.
Qui a dégradé la planète: Le patronat.
Et aujourd'hui on reproche à la gauche d'encourager l'immigration et de favoriser la misère alors que bien souvent elle tente de limiter les dégâts. »

« Il faut admettre que l'homme avait (et a toujours) une certaine envergure intellectuelle. Il ne pratique pas la langue de bois, ce qui a le mérite de clarifier les débats. »

Remettons quelques pendules à l'heure.

Qu’on apprécie ou non son style et sa gestion, l’homme est un excellent orateur, un habile « debater » aux formules assassines qui font mouche.
C’est un intellectuel d’une grande intelligence, un homme de terrain d’une immense expérience politique. Il a joué un rôle fondamental dans le processus de fédéralisation de la Belgique , notamment dans la création de la Région Bruxelles capitale en étroite collaboration avec Jean Luc Dehaene.
Il fut le dauphin de André Cools avant son assassinat et faillit bien lui succéder.
Ces faits participent de l’histoire de la Belgique. Ils constituent une des balises fondamentales du fédéralisme belge puisqu’ils ont généré la principale réforme institutionnelle que l’on ait connue dans ce pays.
Historien, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, il fut réélu en 2006 bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, une commune où le multiculturalisme est vécu au quotidien sous son égide.
Il a opté pour une conception communautariste de la politique locale en s’appuyant, sans grande discrimination, sur les grands faiseurs de voix sans toujours se soucier de leurs capacités intellectuelles et de gestionnaire, de leur éthique politique.
C’est en tous cas ce que ses détracteurs-ils sont légion- lui reprochent le plus âprement et non sa ns raison, de même qu’une certaine collusion avec diverses mosquées.
Cette forme d’électoralisme à court terme risque tôt ou tard d’entraîner un effet boomerang par la création de factions, voire de partis ethniques.
Si Philipe Moureaux part en beauté avec beaucoup d’humilité, c’est sans doute pour mieux agir au plan fédéral où ses prises de position de plus en plus modérées sont toujours marquées au coin du bon sens.
Il est une des grandes voix bruxelloises qu’il faut écouter en décortiquant avec soin ses déclarations rares mais toujours d’une remarquable pertinence. Il fut et demeure un des grands avocats de la cause bruxelloise.
Cet homme ’homme d’une pièce possède ce qui manque à tant d’hommes et de femmes politiques : un style personnel et du panache.
MG

Aucun commentaire: