vendredi 31 décembre 2010

La Bible, chantier permanent

A ceux nombreux, nous n’en doutons pas, qui suivront la messe du jour de Noël ce samedi à partir de 11h à la télévision, il n’échappera pas que cette année, elle est filmée en la basilique du couvent Saint-Etienne protomartyr à Jérusalem, lequel abrite l’Ecole biblique et archéologique française. Le choix s’est arrêté sur ce lieu afin de célébrer par la même occasion le 120 ème anniversaire de cette prestigieuse institution française en terre sainte. Demain dimanche, l’émission Le Jour du seigneur, sur France 2 à partir de 10h30, sera d’ailleurs consacrée à son histoire, après la célébration de la messe consulaire (Domine salvam fac rempublicam !). Si l’Ecole, où se trouve l’une des meilleures bibliothèques au monde consacrée aux études bibliques, est si célèbre, c’est aussi que les Dominicains y ont élaboré pendant des années la fameuse «Bible de Jérusalem», édition savante au plus près de l’exégèse historico-critique, la plus populaire et la plus répandue de la Bible. On sait moins que depuis une dizaine d’années, et pendant quelques décennies encore, leurs frères et successeurs en ces lieux travaillent discrètement à un autre grand projet. Nom de code : la BEST. Entendez : la Bible en ses traditions. Pour le dire simplement, ce vaste chantier international vise à offrir au lecteur à la fois « les différentes formes textuelles de la Bible, assorties d’une annotation philologique et historique, et les diverses traditions de son interprétation au sein des communautés qui la reçoivent comme un texte sacré. Sereinement catholique dans son inspiration, le projet est, pour cette raison même, œcuménique et dans une certaine mesure interreligieux ».

Tout est là, exposé et expliqué. Le texte des livres bibliques se présente sous ses différentes versions au cours des âges en colonnes, ce qui n’est pas sans rappeler l’organisation du Talmud, autour de trois zones d’annotation : texte, contexte, réception. Pour l’instant, l’équipe en est à ouvrir des laboratoires électroniques en ligne pour chaque livre biblique. Si une édition imprimée, livre par livre puis générale, est bien prévue, l’édition principale se présentera sous la forme d’une base de données électroniques en français, anglais, espagnol, accessible par souscription. Afin de recruter mécènes et collaborateurs, un volume de démonstration hors-commerce tiré à un millier d’exemplaires et offert aux abonnés de la Revue biblique,vient d’être mis en circulation. Il contient douze esquisses autour de douze péricopes introduites, traduites et annotées selon le principe établi pour la Best.

De quoi donner une juste idée de l’ampleur et de l’ambition de ce projet, suivi dans la durée par Olivier-Thomas Venard o.p. qui mérite vraiment d’être soutenu. Bien que leurs prédécesseurs en ces lieux soient les «auteurs» de la “Bible de Jérusalem”, les actuels professeurs de l’Ecole biblique sont constamment sollicités pour leur expertise dès qu’un problème se pose dans leur champ de compétence. Voilà pourquoi je les ai interrogés à propos des changements de la TOB (Traduction Oecuménique de la Bible ), nouvelle édition parue fin novembre au Cerf, qui s’adresse autant aux catholiques, aux protestants qu’aux orthodoxes, lesquels ont réussi à y faire introduire six livres deutérocanoniques jusqu’à présent exclus. Jugeant son langage et sa présentation parfois trop datés « années 50 », un comité de relecture s’est employé à le moderniser.

Cette révision générale, la deuxième en un demi-siècle, concerne notamment les noms divins. Finis les «puissants» et «Tout-puissant» ; de même, «jaloux» a cédé la place à «exigeant» afin de dissiper toute ambiguïté sur le Dieu jaloux. Mais c’est sur le terme «Juif» (du grec ioudaioi), qui revient à soixante-huit reprises dans l’Evangile de Jean, que le comité de révision a souhaité mettre l’accent afin de bannir les malentendus qui ont longtemps pesé sur son usage dans la mesure où il a longtemps été la source de l’antijudaïsme chrétien ; dans le récit de la Passion , le peuple juif, dans son ensemble et de tous les temps, est ainsi désigné comme responsable de la condamnation du Christ, en lieu et place des autorités de Jérusalem en leur temps. Réaction d’Etienne Nodet, dominicain, professeur à l’Ecole Biblique, éditeur des cinq volumes des Antiquités juivesde Flavius Josèphe (Le Cerf) et auteur notamment de Samaritains, Juifs, Temples (Gabalda) : «Jean est le plus juif des quatre et le plus proche des origines . Son évangile superpose ou condense la vie de Jésus avec les agitations ultérieures dans les synagogues. Jésus le dit clairement : “Le salut vient des juifs (ou Juifs, si on veut pinailler)”. Le propre de la tradition biblique et juive est de porter à la fois le prophète (isolé) et le peuple rétif, et cela depuis Moïse. Sans la Passion , il n’y a rien – c’est bien ce qu’a compris le Credo; à l’époque, il n’y aurait pas eu Paul, mais seulement un vaste “Jesus movement” : d’Apollos d’Alexandrie à Ananias de Damas (Actes 9 et 18). »

Et d’un point de vue purement philologique ? Christophe Rico, seul laïque à enseigner à l’Ecole biblique, est professeur de grec. Ses recherches se concentrent notamment sur le grec koïné néo-testamentaire. Il rappelle qu’une langue n’est pas une nomenclature, qu’on ne traduit pas des mots mais des énoncés, et que le sens ne jaillit pas des mots isolés mais d’une phrase qui s’insère dans un contexte.

«La question des ioudaioi est, au fond, comparable à un autre problème de traduction dans le grec des évangiles: celui des adelphoi de Jésus. En grec koinè, le mot adelphos signifie soit “frère de père et mère”, soit “demi-frère”. Certains emplois du mot adelphos à propos d’Hérode Antipas ne peuvent se comprendre dans les évangiles (d’après les renseignements fournis par Flavius Josèphe) que dans le sens de “demi-frère”. En outre, en grec koinè sémitisé, les emplois sont encore beaucoup plus larges et peuvent englober tout proche parent (cousin, oncle, neveu, beau-frère…). Cet exemple illustre le principe qu’une langue ne constitue jamais une nomenclature, et qu’il y a un grand danger à vouloir traduire systématiquement le même mot de la langue source par un même mot de la langue cible. Chaque champ sémantique doit être analysé par rapport à une langue déterminée.

Dans le cas des ioudaioi (non seulement chez Jean d’ailleurs, mais aussi chez d’autres évangélistes), il s’agit d’un terme qui peut revêtir différentes acceptions en grec koinè sémitisé. Si l’on prend le chapitre 4 de Jean, lorsque Jésus déclare à la Samaritaine que le salut vient des ioudaioi, il est clair que le terme a un sens religieux: “le salut vient des juifs”. De même lorsqu’il est question d’une fête des ioudaioi. Dans nombre d’autres cas, lorsque la comparaison est possible avec des passages parallèles des autres évangiles, on s’aperçoit que, face à une expression du type hoi pharisaioi chez Matthieu ou Luc, on trouve en revanche chez Jean l’expression hoi ioudaioi: le terme désigne donc dans ces cas-là les autorités juives à Jérusalem, que cette autorité soit juridique (membres du sanhédrin) ou simplement une influence sociale. Même dans ce cas, il ne s’agit pas de l’ensemble des autorités juives de façon indiscriminée puisque le quatrième évangile mentionne aussi bien Nicodème (le Niqdemon cité dans le Talmud) que Jean d’Arimathie, tous deux membres éminents du sanhédrin, parmi les disciples qui ont soutenu Jésus jusqu’au bout. Il y a également quelques rares cas, dans l’évangile de Jean, où le terme pourrait désigner les habitants de Judée, les Judéens (je n’en suis pas absolument certain, mais l’hypothèse est certainement plausible, cf. Jn 11,45)”.

Nul doute qu’un jour “la Best” y fera écho ! Sur ce, comme disent justement les Dominicains : «Joyeux Noël, bonnes gens, même et surtout si Dieu n’est pas céans».
(”A l’Ecole biblique de Jérusalem” photos Passou)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A QUAND L’OUVERTURE DES CHANTIERS DU CORAN
Pour le dire simplement, ce vaste chantier international vise à offrir au lecteur à la fois « les différentes formes textuelles de la Bible, assorties d’une annotation philologique et historique, et les diverses traditions de son interprétation au sein des communautés qui la reçoivent comme un texte sacré. Sereinement catholique dans son inspiration, le projet est, pour cette raison même, œcuménique et dans une certaine mesure interreligieux».

Le moment est venu de se demander pourquoi ce qui est possible pour la Thora et les Evangiles ne le serait pas pour le Coran ?

L’horizon économique de la Wallonie se dégage

Archives Breny – Le Soir

L’économie wallonne pourrait grignoter une part substantielle de son retard vis-à-vis de la Flandre , selon une étude de l’économiste en chef de KBC, Erwin De Boeck. En 2030, la croissance économique flamande pourrait être de 1,7 % tandis que la Wallonie serait à 1,8 %.

Dans l’hypothèse où le taux d’emploi en Flandre (actuellement de 65,8 %) continue à augmenter jusqu’au niveau record de 75 % en 2030 et en supposant que la croissance de la productivité reste plus élevée en Flandre qu’en Wallonie, la croissance flamande serait de 1,7 %, écrivent L’Echo et le Tijd vendredi. La Wallonie enregistrerait dans le même temps un chiffre de croissance de 1,8 %, si elle parvenait à augmenter son taux d’emploi de 56 % actuellement à 62,5 % en 2030.

Dans le scénario le plus extrême, la croissance flamande plafonnerait même à 0,6 %, tandis qu’elle serait de 2,2 % côté wallon.

Les raisons de ce basculement sont le vieillissement de la population et la diminution de la population active en Flandre. En Wallonie, la population active devrait légèrement croître les prochaines années.
(d’après Belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
WISHFUL THINKING ?

L'ossature de la Belgique de demain


Par Yves Desmet

LA NOUVELLE ANNÉE NOUS DIRA si nous aurons un nouveau gouvernement ou si de nouvelles élections s'imposeront, alors que la Belgique se met à talonner le record du monde en matière de négociations prégouvernementales.
Yves Desmet, Editorialiste au Morgen
A y réfléchir, il faut bien constater que cela n'a rien d'étonnant. En effet, deux formations politiques dominantes ne sont jamais sorties victorieuses du scrutin fédéral avec tant de netteté, mais jamais non plus elles ont défendu des modèles politiques aussi opposés. En plus, elles ont daigné mettre sur la table pratiquement tous les problèmes que les générations précédentes n'ont cessé de renvoyer aux calendes grecques. Des questions comme BHV et la loi de financement ont toujours été mises au frigo, parce qu'on les jugeait trop compliquées ou trop explosives. Rien de tel, cette fois-ci.

En plus, en attaquant ces problèmes, les protagonistes se connaissaient à peine, contrairement à leurs prédécesseurs qui gardaient constamment le contact entre eux et savaient dès lors ce qui était réalisable ou non.

Les six mois écoulés pourraient être taxés de période de stagnation, au cours de laquelle le blocage du pays et l'impossibilité de gouverner dus à deux opinions publiques fondamentalement différentes ont été démontrés jusqu'à plus soif. Les négociations prenaient un caractère maniacodépressif, des pronostics prudemment optimistes étaient à chaque fois suivis de nouvelles crisettes. L'incapacité à atteindre un compromis a exposé le pays à la spéculation internationale, et d'importants problèmes de société ont été négligés.

Mais même si ces négociations interminables devaient déboucher sur un retour aux urnes, il est indiscutable qu'un travail de titan a été accompli. Aucun parti ne pourra ignorer ce labeur : les principes de base de Di Rupo, la note de De Wever, le modèle de financement de Vande Lanotte. Tous ces éléments préfigurent déjà, qu'on le veuille ou non, la nouvelle ossature de la Belgique de demain.

Bien sûr, il y a lieu de s'irriter des avancées beaucoup trop lentes, de toute cette énergie gaspillée dans la diabolisation des adversaires et dans les jeux tactiques. Mais il serait malhonnête, intellectuellement parlant, d'affirmer que rien n'a été fait.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IRREVERSIBLE
Les progrès accomplis sont en effet irréversibles.
Fallait-il attendre d’être acculé pour enfin, de part et d’autre, les consentir ?
Trois années ont été perdues en vaines mascarades pour retarder de toutes les manières possibles la nécessaire reconstruction de la maison Belgique.
Dans le contexte socio économique dramatique qui est celui que nous connaissons et qui nous pousse vers l’abîme, tant d’atermoiements sont-ils raisonnables ? Se justifient-il par le seul souci du Ps et de la N-VA de ne point perdre les prochaines élections ?
L’Amérique essuie face à la concurrence asiatique des revers sans équivalent dans sa courte histoire.
L’Europe assiste impuissante à son propre naufrage.
Les forces unies de la Flandre , la Wallonie et Bruxelles étaient de nature à atténuer ici le désastre.
Ce processus ruine la Belgique.
Quel monde pitoyable volontairement entretenu.
Un lecteur commente plein d’aigreur :
« Ils naviguent à vue dans un brouillard total où même les plus avertis ont besoin de radar pour savoir dans quelle langue il faut s’injurier. Qui sommes-nous ? Je crois que c’est le NOUS qui assomme. Les un saignent… les autres se font saigner et cette hémorragie ne peut plus durer. La Belgique comme arrière pays, ou pays de derrière va enfin prendre les devants… en succombant à ses propres blessures. Elle laisse à l’Europe sa science du compromis. Sa conscience du compromis…Où rien n’est jamais ni tout à fait dit, ni tout à fait défait… ô mollesse ! ô faiblesse ! ô petitesse ennemie !»
« Mais il serait malhonnête, intellectuellement parlant, d'affirmer que rien n'a été fait. »

COMPLETEMENT FOLDINGUE
Par Christine Laurent
« Depuis le début de la précédente législature, en 2007, on est plongés dans une ambiance complètement foldingue. » (Louis Michel)

Foldingue, en effet. Pas moins de six mois sans gouvernement, des négociations qui s'embourbent, un pays qui glisse lentement mais sûrement vers la procédure de divorce, le tout sous l'œil ébahi d'une population mollement résignée et que seules la grosse pagaille et l'atmosphère de fin du monde provoquées par des chutes de neige intempestives ont sortie de sa torpeur. Effet médiatique garanti ! « Un ciel si sombre ne s'éclaircira pas sans une tempête », prédisait Shakespeare. Juste ce qu'il faut pour nous rassurer !

Peut-être les forces centrifuges qui gouvernent notre pays désormais auraient-elles été plus aisées à canaliser si la crise économique, avec, en prime, une croissance en panne, n'était venue en ajouter une couche. La faute à l'euro, accusé désormais d'être la source de tous nos maux ? De fait, clouer la monnaie européenne au pilori, c'est très tendance ces derniers temps parmi les Vingt-Sept. Ici et là, les souverainistes de tout poil haussent le ton sur l'air de la bonne vieille complainte du « C'était tellement mieux avant, au temps du franc, de la drachme et de la lire».
«Ceux qui spéculent sur la fin de l'euro se trompent, affirme Philippe Maystadt e-t-il. La crise va faire prendre conscience de la nécessité d'être plus solidaire et de la nécessité d'une plus grande unité d'action.»
«Il est possible que l'Europe se féodalise, qu'elle entraîne la transformation de régions en domaines souverains un peu partout. [...] La globalisation techno-économique suscite une revendication identitaire, politique et culturelle. La perte de l'appartenance crée une sorte de vertige : on a besoin de retrouver des repères et des singularités », analyse pour Le Vif/L'Express le philosophe Régis Debray.

Une lame de fond sous forme de reflux, idéalisé depuis sa plus tendre jeunesse par Bart De Wever. Or, en Belgique en 2011, on doit trouver un compromis, il le faut ! Les Belges ne veulent pas revoter et ils l'ont fait savoir. Hélas, De Wever ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Au risque de rendre la situation plus foldingue encore ?

mardi 28 décembre 2010

Glucksmann : "Cessons de diaboliser roulottes et mosquées !"

Au sortir de la guerre froide, un officiel soviétique fit mine de plaindre ses vainqueurs : "Vous venez de perdre votre Adversaire Absolu, vous voilà bien embarrassés !" Comme si gouvernants et diplomates ne couraient depuis toujours plusieurs lièvres à la fois. Certes, pour être totales, les mobilisations totalitaires s'assignent une cible exclusive – l'impérialisme américain, le judéo-bolchévisme, le sionisme, les infidèles ou tout autre "Ennemi" supposé héréditaire.

En revanche, les mouvements démocratiques échappent à la contrainte de l'idée unique. Entre 1945 et 1989, un Occidental s'autorisait à contester simultanément les dictateurs communistes, les guerres coloniales, la corruption des privilégiés, le machisme des conservateurs, et cætera. Vingt ans après, il semble que le diagnostic soviétique l'emporte et que nous partions en quête du bouc émissaire un et indivisible.

La campagne présidentielle commence mal. En été 2010, l'Elysée ouvrit le ban par une offensive anti-Roms, expédiant gendarmes et bulldozers démolir les cahutes des bidonvilles improvisés, tandis que les caméras des télévisions s'attardaient sur les poupées écrasées, les frigidaires éventrés, la résignation triste et digne des plus démunis d'entre les démunis. Quinze mille Tziganes, nomadisant sur le sol français, mettaient la République en danger ! S'engouffrant dans la brèche morale, l'ultradroite plébiscite un enjeu décisif pour la nation : "l'occupation" de deux tronçons de rue à Paris à l'heure des prières coraniques du vendredi. Les musulmans arguent d'un manque (avéré) de lieux de culte clos.

En bon laïque, peu porté à l'angélisme, je suis choqué par ce spectacle hebdomadaire – à chacun ses goûts. Mais nul n'a le droit d'imposer ses rites et ses manies à qui ne les partage pas. Que l'on construise donc les mosquées indispensables et qu'on dégage dans la foulée les chaussées indûment encombrées ! Récuser les lieux ouverts et refuser les lieux couverts à la seconde religion de France, c'est raisonner en pompiers pyromanes. Ceux qui vitupèrent l'occupation religieuse du pavé s'opposent paradoxalement à la construction d'espaces appropriés avec ou sans minaret (au gré des arrêtés municipaux).

Ils invoquent la réciprocité : tant que les églises chrétiennes seront interdites en Arabie Saoudite, nous devons refuser les mosquées chez nous. Faudrait-il dès lors couper la main des voleurs, lapider les adultères, pendre les homosexuels, parce que telle est la règle ailleurs ? Œil pour œil, dent pour dent ? Pitié ! La tolérance laïque, glorieuse invention de l'Europe, permet la vie en commun dans la diversité des désirs et des couleurs. Si d'autres pays choisissent la contrainte et l'uniformité, tant pis pour eux, mais pas question de s'en inspirer.

Exception planétaire : sur le Vieux Continent, toutes les religions sont minoritaires de fait, et le resteront. Jean Paul II constatait, lucide et désolé : "Les Européens vivent comme si Dieu n'existait pas." Son successeur confirme, incriminant un "relativisme" dominant villes et campagnes. Fût-elle appréciée comme une nouvelle barbarie, la tolérance règne. Elle accepte toutes les religions et "irréligions", sans en privilégier aucune. N'en déplaise aux chevaliers d'une foi pure et dure, en très grande majorité les Européens bannissent la guerre des croyances et les prosélytismes agressifs. Même les musulmans ? Chez nous, oui.
Prenons la France. Si 17 % de ses habitants d'origine musulmane s'affirment férus de la prière du vendredi, il en reste 83 % souples et détachés. Peu après les émeutes de banlieue en 2005 (qui n'étaient nullement islamistes) et la querelle des caricatures de Mahomet, une enquête internationale révéla que les musulmans de France sont les plus adaptés aux règles occidentales: 91 % ont une bonne opinion des chrétiens et 71 % la même des juifs – seul cas dans le monde où les réponses positives l'emportent sur les négatives ; à 72 %, les musulmans croyants ne perçoivent aucun conflit entre leur foi et la vie dans une société largement agnostique (The Pew Global Attitudes Prospect, 2006).

Plus généralement, un sondage comparatif (Harris) dévoile que les Français sont les plus accueillants touchant les immigrés. Autant de signes, certes susceptibles d'évoluer, qui font douter de la centralité prétendument indépassable des problèmes posés par l'immigration. Si la présidentielle se joue sur les notions d'occupation, d'invasion ou d'islamisation, la droite aura pavé la route du Front national et la gauche sera tombée dans le panneau.

Le FN poserait les bonnes questions en offrant de mauvaises réponses ? Il suffit ! Ses questions vitrifiées sont aussi nulles que ses réponses outrancières. Il faut être obsédé – ou vouloir obséder l'électeur – pour claironner que l'immigration est le cœur de nos malaises, avant le chômage des jeunes, la paralysie de la croissance, le risque d'éclatement de l'euro et de l'Europe. Et même si personne n'en parle, par quel miracle le continent échapperait-il à la corruption mondialisée, qui s'appuie sur les ressources d'Etats kleptomanes et mafieux (comme la Russie) ou monocratiques et sans principes (comme la Chine), ou pétro-islamistes, ou narco-marxistes, ou les deux ? L'avenir ne se joue pas dans une rue de Barbès ni dans le saccage préfectoral de masures improvisées.

Pareille conduite magique déshonore la politique. Jadis, on transperçait d'aiguilles les poupées de son afin de conjurer l'adversité. Aujourd'hui, 5 millions de Finlandais jugent leur gouvernement avec en tête l'intrusion de 8000 travailleurs somaliens ; deux ou trois banquiers allemands jurant l'Europe promise aux Fous de Dieu font un tabac dans les sondages et les librairies ; en cinq cents ans d'honnête coexistence démocratique, la Suisse inventa le chocolat au lait et le "coucou-clock" (Orson Welles), elle prône la guillotine pour minarets ; à Vérone, dans la richissime province d'Italie, la Ligue du Nord interdit les bancs publics aux "clandestins". Ainsi de suite.

Restait à la blonde Marine de réactiver les fantasmes de son papa, pour le plus grand plaisir des enfants de l'OAS et des bâtards d'Al-Qaida. Allons-nous capituler et fuir les véritables défis dans les noirs pâturages des conflits imaginaires ? Si la politique s'enlise en diabolisant roulottes et mosquées, si la droite républicaine s'écrase devant les fixettes de l'ultradroite, si la gauche démocratique espère tirer les marrons du feu sans sortir de son coma intellectuel, pauvre France, triste Europe. Votre destin se décidera entre Pékin, Moscou et Washington, voire à Téhéran ou à La Mecque.

samedi 25 décembre 2010

Assange dit qu'il a de "fortes chances" d'être tué dans une prison américaine

Arrêté le 7 décembre à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités suédoises, Julian Assange a passé au total neuf jours sous les verrous.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré qu'il avait "de fortes chances" d'être tué dans une prison américaine s'il venait à être extradé aux Etats-Unis pour espionnage, dans un entretien accordé au Guardian paru vendredi.
Assange a estimé que si les Etats-Unis parvenaient à le faire extrader outre-Atlantique pour l'emprisonner, il avait "de fortes chances" d'y être assassiné, "comme Jack Ruby" l'avait été en 1967. Ruby assassina Lee Harvey Oswald le 24 novembre 1963, deux jours après qu'Oswald eut été arrêté pour l'assassinat du Président Kennedy.
L'Australien, qui bénéficie actuellement d'un régime de liberté conditionnelle en Grande-Bretagne, est sous le coup d'une extradition vers la Suède pour "agressions sexuelles". De son côté, Washington envisagerait de le poursuivre pour espionnage après la diffusion sur WikiLeaks de milliers de notes diplomatiques américaines.
Arrêté le 7 décembre à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités suédoises, Julian Assange a passé au total neuf jours sous les verrous. L'audience sur son éventuelle extradition vers la Suède débutera le 7 février. Mais celle-ci pourrait prendre plusieurs mois, en raison des nombreux appels possibles. Tenu de résider en attendant dans le manoir d'Ellingham Hall où l'accueille l'un de ses amis, il est soumis à un couvre-feu et porte un bracelet électronique.

JULIAN ASSANGE "HOMME DE L'ANNEE" POUR LE MONDE
Julian Assange a été élu "homme de l'année" par la rédaction du quotidien Le Monde, qui consacre au fondateur de WikiLeaks un grand portrait et la Une de son supplément magazine hebdomadaire à paraître vendredi.
Le Monde est un des cinq grands journaux occidentaux - avec The New York Times, The Guardian, El Pais et Der Spiegel - à s'être associé à WikiLeaks pour la publication des mémos de la diplomatie américaine.
Julian Assange, qui a passé neuf jours en prison début décembre, est assigné à résidence en Angleterre, sous le coup d'une demande d'extradition de la Suède , où il est poursuivi pour agressions sexuelles sur deux femmes. Celles-ci l'accusent de leur avoir imposé des rapports sans préservatif.
Les internautes du site web du journal ont également élu Assange comme "homme de l'année" (56,2%) devant le Prix Nobel de la paix le Chinois Liu Xiaobo (22,3%) et l'Américain Mark Zuckerberg (6,9%), le fondateur de Facebook.
La semaine passée, Time avait sacré "homme de l'année" Mark Zuckerberg, un choix contraire à celui des lecteurs du magazine américain qui se portait sur Julian Assange.

STOORZENDER ASSANGE
Hubert van Humbeeck

Time koos Mark Zuckerberg tot Persoon van het Jaar. Had dat toch niet Julian Assange moeten zijn?
Het Amerikaanse weekblad Time kiest al sinds 1927 rond midden december zijn Persoon van het Jaar. De figuur die, volgens de redactie van het blad, de meeste invloed had op de gebeurtenissen van de voorbije maanden. De eerste laureaat was Charles Lindbergh, maar ooit waren ook Adolf Hitler en Josef Stalin aan de beurt en bij gelegenheid viel de keuze op een computer, de bedreigde aarde of de Amerikaanse vrouw. Voor 2010 koos Time voor Mark Zuckerberg, de niet door iedereen geliefde ceo van de sociaalnetwerksite Facebook.

De lezers van het blad maakten een andere keuze, en eigenlijk werd min of meer verwacht dat de redactie dat ook zou doen. Zij gaven de voorkeur aan Julian Assange, de man achter de klokkenluiderwebsite WikiLeaks. Die zorgt al maanden voor ophef door vertrouwelijke boodschappen uit het Amerikaanse diplomatieke circuit openbaar te maken. Misschien vond Time het niet geraadzaam om voor Assange te kiezen omdat twee Zweedse vrouwen hem van seksueel misbruik beschuldigen. Tegelijk wordt hij soms vergeleken met Daniel Ellsberg, de defensieanalist die in 1971 met de Pentagon Papers een geheim rapport van het ministerie van Defensie over de oorlog in Vietnam publiek maakte. Henry Kissinger noemde Ellsberg ‘the most dangerous man in the world’ en hij kreeg, zoals Assange, het gerecht achter zich aan. Man van het Jaar van Time in 1971 werd Richard Nixon – of all people.

Zuckerberg en Assange hebben dit met elkaar gemeen dat ze allebei gebruikmaken van dezelfde gesofisticeerde technologie. De ene werd er schatrijk mee. De andere belandde in een cel. De ene wil mensen met elkaar in contact brengen. De andere probeert om politieke processen transparanter te maken. Omdat mensen altijd een etiket opgekleefd krijgen, wordt Assange vaak een anarchist genoemd: hij verstoort een bepaalde orde. Dat de boodschappen van WikiLeaks in de meeste gevallen niet verder gaan dan wat iedereen in de krant kan lezen, doet daarbij weinig ter zake.

Instellingen schrokken trouwens vooral toen aanhangers van WikiLeaks erin slaagden om de websites en daarmee ook een deel van de werking van overheden, banken en andere financiële instellingen te blokkeren die zich tegen Assange hadden gekeerd. Ze gebruikten daarvoor geen bommen in de oude anarchistische stijl, maar wapens waarmee ze vertrouwder zijn: ze bombardeerden sites met zo veel internetverkeer dat ze vastliepen of helemaal crashten. Dat WikiLeaks tot zo’n riposte in staat was, zorgt voor onzekerheid. Het weekblad The Economist vergelijkt de hele operatie met een soort van elektronische blokkade van een bedrijf. Een sit-in, als het ware. Of met een actie van burgerlijke ongehoorzaamheid, waarmee Amerika sinds de campagnes voor burgerrechten vertrouwd zou moeten zijn. Een wapen van de kleine man.

Het avontuur van WikiLeaks leert de verbaasde burger dat er zich op het internet soms echte cyberoorlogen afspelen, waarbij computersystemen van landen en organisaties worden aangevallen en onklaar gemaakt. Mark Zuckerberg zei in een dankwoord dat hij verder zal proberen om mensen dichter bij elkaar te brengen. Julian Assange is een stoorzender in het harde spel om grote belangen. Een ongeleid projectiel. Maar hij staat wel dichter bij de echte, grimmige wereld.

JULIAN ASSANGE: "C’EST INTERESSANT DE VOIR LA CENSURE EN OCCIDENT"
Julian Assange à Ellingham, en Angleterre, le 17 décembre.Reuters/PAUL HACKETT
Ellingham (Angleterre), Envoyé spécial - Depuis sa libération conditionnelle après neuf jours de prison, Julian Assange vit avec sa garde rapprochée dans un manoir, en pleine campagne anglaise, prêté par un riche sympathisant de WikiLeaks. En attendant que la justice britannique décide s'il sera extradé vers la Suède , suite à deux plaintes pour agression sexuelle, il est soumis à un strict contrôle de police.

Malgré ces contraintes, il a dû se remettre au travail aussitôt, car les problèmes financiers de WikiLeaks se sont brutalement aggravés. Coup sur coup, le service de paiement en ligne PayPal, les sociétés de cartes de crédit Visa et MasterCard, puis Bank of America et la banque suisse Postfinance ont bloqué sans préavis les transactions de WikiLeaks, et fermé des comptes personnels de Julian Assange.

Dans un entretien accordé au Monde, il reconnaît que ces mesures ont eu un effet dévastateur: "Grâce à la médiatisation de notre action, nous avions commencé à recevoir près de 100000 euros de dons par jour" – surtout des petites sommes provenant de sympathisants du monde entier.

Cela n'a pas duré: "Les banques ont tout coupé. En une semaine, nous avons subi un manque à gagner de près de 100 000 euros par jour, soit au total un demi-million d'euros. Or ce trésor de guerre nous aurait permis de continuer à fonctionner pendant au moins six mois. Et cette perte augmente jour après jour."

Selon lui, cette cascade d'interdictions bancaires n'est pas une coïncidence. Il est persuadé que Washington, qui veut sa perte depuis que WikiLeaks divulgue ses documents militaires et diplomatiques confidentiels américains, orchestre en sous-main une guerre financière : "C'est intéressant de voir comment fonctionne la censure en Occident. Une censure économique extrajudiciaire, résultant d'ingérences politiques visant des multinationales. Ces pressions s'étendent aux banques suisses, sensibles aux menaces américaines de réglementation des flux financiers."

FRAIS DE JUSTICE
Le manque d'argent se fait aussi sentir sur le front judiciaire, car WikiLeaks est régulièrement traîné devant les tribunaux: "Le fonds de soutien servant à assurer notre défense a été paralysé. Par générosité, des avocats travaillent pour nous bénévolement, mais d'autres ont besoin d'être payés. WikiLeaks a une dette de plus 200 000 euros de frais juridiques."

S'y ajoutent les dépenses engendrées par l'affaire personnelle de M. Assange, son combat contre la procédure d'extradition: "Si l'on inclut le paiement de ma caution, mes frais de justice se montent déjà à environ 500 000 euros." A elle seule, la traduction en anglais des documents judiciaires envoyés par la Suède a coûté près de 20 000 euros – alors que la convention européenne des droits de l'homme obligeait la justice suédoise à fournir les documents déjà traduits.

Julian Assange se veut pourtant optimiste: "A ma sortie de prison, j'ai été impressionné par la vague de soutien dont nous avons bénéficié." Il n'approuve pas les cyberattaques menées en représailles contre les banques par des hackers gagnés à sa cause, mais il y voit un indice de sa popularité montante sur le Net, et au-delà.

Par ailleurs, ses partisans ont lancé une contre-attaque judiciaire: la société islandaise qui gérait une partie des transactions de WikiLeaks a porté plainte contre Visa Europe pour rupture abusive de contrat.

WikiLeaks a réussi à conserver quelques canaux de financement, notamment via la fondation allemande Wau Holland (proche de l'association de hackers libertaires Chaos Computer Club), qui collecte et gère des fonds pour WikiLeaks depuis des années. Mais Julian Assange note que la guerre insidieuse contre lui semble se poursuivre: "D'un seul coup, sans raison valable, les autorités cherchent à remettre en cause le statut d'association caritative de Wau Holland", ce qui risquerait d'entraver ses activités financières.

En attendant, il invite ses partisans à lui envoyer de l'argent au moyen de transferts vers des comptes en Islande et en Allemagne, ou par mandat postal vers des adresses en Angleterre et en Australie.
(Yves Eudes)

Van oud naar nieuw in acht tips

Brussel is één groot, bruisend feest op oudejaarsavond, maar dan wel een feestnacht waaraan u niet onvoorbereid wilt beginnen. Wellicht wilt u de pret niet laten bederven door luizige dj’s, corrupte prijzen en onvoorziene dresscodes. Daarom maakt Agenda een klein overzicht van het aanbod.

Wie oudejaarsavond zonder al te veel gedoe en poespas wil vieren, zal in Oud & Nieuw 2011 het ideale feestje ontdekken. Onder het motto ‘een nieuwerwetsch oudejaar’ nodigen de organisatoren van de geweldige I Mean Disco!-feesten in de Belle-Vue Brasserie je uit voor een avondje relaxed feestvieren met hits van vroeger en nu. Geen opgeklopte sfeer, geen stress, maar vooral veel fun. Daar zorgen onder andere dj’s Gratts (Another Late Night, Catclub) en Kong & Cortez (FM Brussel) voor. En je hoeft er ook niet zo diep voor in je buidel te tasten. In voorverkoop, en dat valt zeker aan te raden, betaal je 12 euro. Je krijgt er om middernacht zelfs nog gratis bubbels bij.
BelleVue Brasserie, Henegouwenkaai 33, Sint-Jans-Molenbeek, €12/15, vanaf 23.00, www.oudennieuw2011.be

2011. Plus jamais ça
Anarchic en Libertine Supersport, de vaste huisconcepten op vrijdag- en zaterdagavond in K-Nal, spannen dit jaar samen voor één spetterend feest. Zij nodigen The Magician uit. Geen tovenaar, maar wel ooit de helft van het ondertussen wereldberoemde – én Belgische! – Aeroplane. En ook The Magician gaat voluit voor het buitenland want binnenkort zullen we hem een tijdje moeten afstaan aan Amerika en Canada waar hij op tournee gaat. De ideale gelegenheid dus om hem uit te wuiven. Verder zorgen ook dj’s Mickey, Mustang, Wirspielen, Lorenzo Ottati en anderen voor de juiste sfeer. Wie mee wil aanschuiven voor het diner, kan best tijdig reserveren via lorenzo@libertinesupersport.be.
K-Nal, Havenlaan 1, Brussel, diner: 20.30, €50 (incl. drank en toegang tot de party), party: 23.00, €10 (< 0.00), €15 (0 > 4.00), €5 (4 > 6.00), www.libertinesupersport.be

Play With Me... by L’Etoile Club
De knappe zaal Claridge wordt vrijdag omgetoverd tot een ongelofelijke partyplek. Ze beloven ons alvast een extravagant feestje met heel wat leuke verrassingen. Een van die verrassingen is ongetwijfeld Florian Wolff. Tien jaar geleden begon deze Franse dj zijn carrière in befaamde clubs als Duplex en Metropolis. De laatste jaren duikt hij steeds vaker op in Brussel, onder andere in L’Etoile Club. Ook op oudejaarsavond verwachten we van hem niets anders dan een sterk staaltje hedendaagse dance en electro, gekruid met hier en daar een klassieker.
Claridge, Leuvensesteenweg 24, Sint-Joost-ten-Node, vanaf 22.30, €10 (< 23.30), €15 (> 23.30), www.welcome2011.be

New Year’s Eve 2011
Feestvieren in Concert Noble is sowieso al een speciale ervaring. Op deze historische plek, gebouwd op vraag van koning Leopold II in 1873, vind je een indrukwekkende balzaal die je zo terugflitst naar de tijd van adembenemende jurken, enorme lusters en Louis XVI-decoraties. De zaal is ondertussen gemoderniseerd en zo ook de feestjes die er plaatsvinden. Geen zwierige Weense walsen dus, maar wel uptempo dance en house van onder anderen Olivier Gosseries (Le You) en Théo Mavros. Een goede reden om eens een nieuw paar glazen muiltjes te kopen.
Concert Noble, Aarlenstraat 82, Etterbeek, vanaf 22.00, €39, www.nouvel-an.org

Essentia New Year 2011
Het Théâtre du Vaudeville in de Koninginnegalerij is tegenwoordig wel vaker het toneel van uitzinnige feestjes en vermakelijkheden. En zo ook op oudejaarsavond. Wie voor de goedkoopste formule kiest betaalt €50, inclusief vestiaire en de hele nacht gratis drank (champagne inbegrepen). Wie daarbij ook zijn maag nog plezier wil doen – altijd relatief op oudejaarsavond – kan voor €125 aanschuiven. Meer info daarover vind je via de website. En niet onbelangrijk is dat je er het kruim van het Brusselse nachtleven achter de draaitafels vindt: Milo (You Night Club), Cosy Mozzy (Libertine Supersport) en Lorenzo Ottati (Anarchic, Marquee).
Théâtre du Vaudeville, Koninginnegalerij 11, Brussel, vanaf 22.00, €50 (incl. drank)/125 (incl. diner), www.nouvelan2011.be
A Bass Odyssey
Op de campus van de VUB wordt er zwaar geschut bovengehaald. Tech Me Out!, dat met zijn partyconcept al beroemde technodeejays als Deg en Trish Van Eynde naar het Kultuurkaffee lokte, slaat de handen in elkaar met de bekende Regulate-avonden die regelmatig plaatsvinden in La Bodega. Een ijzersterk idee lijkt ons dat. Wie houdt van dreunende fidget house, electro, ghetto tech en techno weet dus waarnaartoe. De fluittoon in uw oren hebt u allicht te danken aan onder anderen Dave Luxe, X-Act en Öhne Föhne.
Kultuurkaffee, Pleinlaan 2, Elsene, vanaf 23.00, €7, www.myspace.com/regulatebrussels
Be There
Filmfreaks die normaal op oudejaarsavond niet verder raken dan hun dvd-speler hebben nu geen reden meer om niet uit te gaan. Het Be Film Festival en het Brussels Short Film Festival weten ondertussen ook al hoe je een goed feestje bouwt. Dat hebt u misschien al gemerkt op bijvoorbeeld de Red Carpet Party op Ric’s Art Boat. Op diezelfde locatie zullen ze ook het gloednieuwe jaar inzetten met ongegeneerd leuke feestplaatjes en een plezierige ambiance. Soundtracks dienen afzonderlijk te worden aangevraagd bij de regisseur van dienst. En dankzij de all-informule (inkom en drank à volonté) van 45 euro weet uw beugel waar hij aan toe is.
Ric’s River Boat, Akenkaai 44, Brussel, vanaf 23.00, €45/55, www.befilmfestival.be
Aan de toog
Aan vertier in de Brusselse cafés is er op een avond als deze geen gebrek. Zo kun je onder andere naar Café Central, vlak bij het Sint-Goriksplein, waar zoals steeds heel wat feestvierders rondhangen. Vanaf 23.00u krijg je daar een uitgebreid pallet aan muziek aangeboden door Panwarrior. Niet ver daarvandaan, in Café Bonnefooi, trekt deejay Zike het nieuwe jaar op gang met disco, electro en alles wat daartussen ligt.
Café Central, Borgval 14, Brussel, 23.00, www.lecafecentral.com
Café Bonnefooi, Steenstraat 8, Brussel, 22.00, €5, www.bonnefooi.be
(Koen Van Dijck © Agenda)

La Belgique sent le sapin

Oui, la Belgique sent le sapin ! Prenez-le comme vous voulez.

Au pied de la lettre, puisque ce soir même, il vous est loisible de vous accrocher aux branches tout enrubannées de rouge, en chantonnant Mon beau sapin, roi des forêts, pour qu’une odeur de terre et d’écorce mouillée vous monte au nez. Ou métaphoriquement puisqu’un fâcheux nous a suggéré que notre petit royaume était décidément malade et même devenu le malade de l’Europe et qu’il avait donc un pied dans son cercueil, ustensile parfois appelé drôlement la redingote en sapin.

D’où il ressort que sentir le sapin peut indifféremment nous apparaître comme une prévision plus ou moins sinistre, ou nous enrôler dans la troupe de ceux qui croient toujours au Père Noël.

Dans la deuxième hypothèse, on a le droit de faire un vœu sous la branche de houx, en avant-première de tous ceux que nous formulerons à l’enseigne de l’année nouvelle. Le mien s’inspire d’un souhait exprimé un jour par M. Churchill à l’intention de M. Khrouchtchev. S’agissant de ce M. De Wever et du fossé de plus en plus profond qu’il creuse avec ses dents entre nos deux communautés, je formule donc ardemment le vœu suivant : qu’il cherche donc sans plus attendre à franchir le précipice en deux bonds successifs !

L’ennui avec tous ces souhaits qui vont fuser de la douce nuit de Noël à la joyeuse nuit de la Saint-Sylvestre est qu’ils sont assez souvent incompatibles. Les vœux des uns contredisent aisément ceux des autres. Les vœux des autres anéantissent volontiers ceux des uns.

C’est particulièrement vrai des fameux dossiers clivants qui, tout au long de l’année, nourrissent nos agacements, nos engagements, nos embrigadements.

Ceux motivés par le sort de la Belgique et/ou le destin de l’Europe. Par la problématique de la cohabitation israélo-palestinienne ou de la coexistence laïcité-religions. D’un capitalisme impavide versus une social-démocratie essoufflée. D’un productivisme narguant une écologie qui le lui rend bien. De l’ambition du Standard confrontée aux visées d’Anderlecht. Bref, d’Hippocrate qui dit oui et de Galien qui dit non.

A chaque fois, c’est fou ce que le souhaitable des Guelfes peut apparaître comme l’inacceptable des Gibelins. Même quand ils s’en vont tous répétant bras dessus bras dessous, que tant qu’on n’est pas d’accord sur tout, Reste qu’il faut prendre son parti de cette abondance confuse et disparate de désirs qui imprègnent à la fois une société comme la nôtre et la myriade d’individus qui la composent. Et autant que faire se peut, s’accrocher aux branches du sapin.

Fort heureusement l’espérance qui soutient tous ces vœux qui se télescopent, est vivace. Selon Péguy, cette petite Espérance, coriace comme pas une, estomaque même le Bon Dieu qui pourtant en a vu d’autres : Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance/ Et je n’en reviens pas / Cette petite Espérance qui n’a l’air de rien du tout / Cette petite fille Espérance/ Qui est venue au monde le jour de Noël/ Et qui joue encore avec le bonhomme Janvier.

A bien y regarder, l’espérance est un risque à courir. Surtout quand il ne reste en branche feuille... et que droit au cul la bise vente, comme s’en plaignait le pauvre Rutebeuf, sur une musique de Léo Ferré. Ça ne coûte d’ailleurs pas grand-chose d’entretenir l’espérance. Joubert disait même en une formule heureuse que c’était un emprunt fait au bonheur.

Soit. Ce sera, pour cette année, notre dernier emprunt. Il est gagé sur le fortuit, ou même l’inopiné.

On ne vit que trois fois. Ce sont les journaux qui nous l’imposent, sans échappatoire, en cette période de l’année.

Le premier rite se nomme rétrospective. On n’y coupera pas avant que nous nous soyons mis sur notre 31 décembre. L’album sera fait d’un entremêlement de feuillets noirs et roses intitulé Ça s’est passé en 2010.

Pourquoi cette obligation de revenez-y, comme s’il était admis qu’il nous restait encore quelques gouttes de nostalgie ou d’exaltation joyeuse à presser, après les moments émotionnels, pourtant surexploités, de l’année écoulée ? On ne sait. Il est probable que notre mémoire est présumée courte. Et que nous adorons qu’on nous resserve ces plats à peine refroidis, à remâcher machinalement.

Le troisième protocole est celui de la prospective. Voici qu’on nous mobilise déjà pour le proche avenir. Et qu’on nous prophétise ce qui nous menacera, nous séduira ou nous fera vibrer l’an prochain. Cet alléchant menu nous étant présenté sous un catégorique « Ça se passera en 2011 ! »

Comme d’habitude, les journalistes les plus sérieux se seront pénétrés, avant de s’appliquer à deviner cet avenir qui n’est à personne, de la maxime de Woody Allen selon laquelle les prévisions sont choses difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir. Mais ils joueront hardiment le jeu, tout en étant conscients que jamais une déduction n’abolira le hasard.

Et, dira le lecteur attentif, entre le premier rite et le troisième protocole, qu’est-ce qu’il y a ? Eh bien il y a à vivre le présent. D’heure en heure. De minute en minute. Tel qu’il est relaté presque en temps réel dans les journaux datés d’aujourd’hui, dans ces pages quotidiennes, lues et bientôt froissées.

Il y a à vivre, ici et maintenant, une nuit de Noël et un premier matin de 2011, aussi frais qu’un premier matin du monde. Avec l’Espoir, le petit frère de l’Espérance, celui qui luit comme un brin de paille. Et cela durant une trêve des confiseurs, ce qui nous autorise à tout un chacun – même à M. De Wever ! –, de mettre un doigt dans le pot de confiture. Tout en se souvenant du vieil adage : On jouit moins de ce que l’on obtient que de ce qu’on espère. Ou encore, plus trivialement : le meilleur c’est quand on monte l’escalier !

Et surtout, une Bonne Santé !

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COMME UN PREMIER MATIN DU MONDE
« Il y a à vivre le présent. D’heure en heure. De minute en minute ».
« Il y a à vivre, ici et maintenant, une nuit de Noël et un premier matin de 2011, aussi frais qu’un premier matin du monde ».
Yvon Toussaint, à l’instar de Midas, transforme en or pur tout ce qu’il écrit et chacune de ses chroniques sont un cadeau du Soir à ses lecteurs fidèles et infidèles.
« Le meilleur c’est quand on monte l’escalier » nous rappelle-t-il, facétieusement.
Gravissons le donc, à notre tour en songeant au « sort de la Belgique et/ou au destin de l’Europe, à la problématique de la cohabitation israélo-palestinienne ou de la coexistence laïcité-religions, celle d’un capitalisme impavide versus une social-démocratie essoufflée, celle d’un productivisme narguant une écologie qui le lui rend bien. A l’ambition du Standard confrontée aux visées d’Anderlecht. Bref, à ’Hippocrate qui dit oui et de Galien qui dit non. »

Si une chose est à la fois ce qu’elle est et son contraire, c’est la faute à Rousseau autant qu’à Voltaire… A Edgar Morin, surtout, qui définit ainsi la complexité et s’auto proclame prophète de l’imprévisible (« jamais une déduction », écrit Toussaint, « n’abolira le hasard »). Un Wallon, comme un Bruxellois est bien plus fréquemment qu’à son tour un Flamand qui s’ignore et inversement, un laïque se révèle parfois un mystique de la raison et de la vérité ; un social démocrate bon teint cache bien souvent un défenseur ardent du dynamisme du marché. Mitterrand n’était-il pas une madame Thatcher à l’envers ; Merckel, avatar de la dame de fer, ne serait elle pas une authentique Européenne refoulée ? En somme on vit deux fois, même trois quelquefois et en même temps, comme le suggère le Nestor des journalistes de ce pays et également le surdoué des surdoués. Comment ne pas avec lui être d’accord sur tout, en disharmonie sur rien et ceci pratiquement pour chacune de ses chroniques où, comme Heinrich Heine, il alterne avec subtilité « la douche tiède de l’émotion et le bain glacé de l’ironie. »

Il y a donc mieux encore que le concert du nouvel an viennois : la chronique de Noël de Yvon Toussaint.

« Oui, la Belgique sent le sapin ! Prenez-le comme vous voulez. »
MG

vendredi 24 décembre 2010

Les journalistes flamands sont-ils militants ?

COMMENT APPRECIEZ-VOUS LES PROPOS D’ELIO DI RUPO SUR LES JOURNALISTES FLAMANDS ?
Ce n’est pas une déclaration de futur Premier ministre. C’est simpliste. Je pense que c’est une provocation inutile qui est le résultat d’une certaine frustration. Elio Di Rupo tient là une sorte de discours nationaliste. Pour un homme qui dit lier plutôt que séparer, cela me semble étonnant.
C’est comme parler de “propagande” à l’endroit de Bart De Wever. Cet argument me paraît très faible. Mais pourquoi dit-il cela aujourd’hui ? Le Premier ministre aura besoin d’avoir de très bonnes relations avec les journalistes flamands, ce n’est donc pas très intelligent de sa part. En fait, il utilise la même rhétorique que celui qu’il dénonce.
MAIS LES JOURNALISTES FLAMANDS SONT-ILS OU NON MILITANTS ?
Je pense que non. Il faut bien voir qu’il n’existe pas de médias fédéraux. Il y a donc une séparation des esprits et différents cadres d’analyse. Les journalistes flamands connaissent mieux les politiques flamands et forcément ils les comprennent mieux. Mais on ne peut pas dire qu’ils soient franchement militants. Ni qu’ils soient tous séparatistes. Bizarrement, nous pensons la même chose en Flandre à propos des journalistes francophones.
LES EDITORIALISTES FLAMANDS ONT-ILS ENCORE UNE GRANDE INFLUENCE SUR LES POLITIQUES ET L’OPINION DE LEUR COMMUNAUTE ?
Plus si forte que dans le passé, en tout cas. Bien sûr, les hommes politiques les lisent souvent et tiennent sans doute compte de leur avis. Mais le public dans son ensemble ne les connaît pas bien. Vous savez, il y a très peu de gens en Flandre qui lisent les éditos. Leur influence est donc plutôt faible. Et je dirais que c’est heureux que l’opinion publique ne soit plus formatée par une petite équipe d’intellectuels. Les gens ne sont plus vraiment intéressés. Il se développe une sorte d’apathie à l’égard du politique. Ils en ont marre de ces interminables palabres. S’ils s’intéressent désormais beaucoup à la politique régionale, ils sont las de la rue de la Loi. Crise après crise, les gens de la rue comprennent de moins en moins.
plus très bien. Ils ont l’impression depuis 2007 de vivre dans une sorte d’“absurdisme”. C’est dangereux pour la santé démocratique. Cela veut dire que s’il y a élections, ce sont ces gens fatigués qui vont aller voter. Ce n’est pas de bon augure. Quant à ceux qui s’intéressent encore à la politique, ils ne se tournent pas vers une source unique comme c’était le cas auparavant quand les éditorialistes dictaient leur opinion aux lecteurs. Avec Internet, il y a beaucoup de sources d’information pour se faire une opinion.
LES JOURNALISTES FRANCOPHONES VOUS PARAISSENT-ILS EXEMPTS DE REPROCHES ?
Quand je lis Le Soir et La Libre , ou que je regarde la RTBF , je sens que les journalistes comprennent mieux les partis francophones. Manquent-ils de distance ? C’est toujours un débat. Pour avoir de l’info, il faut des contacts. Il en ressort parfois des choses un peu subjectives. Mais cette question est universelle; cela ne concerne pas seulement les questions communautaires.
(La Libre)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IL N’EXISTE PAS DE MEDIAS FEDERAUX

KARSMIS IS DIÊN DAG DA' ZE NI SCHIETE
A première vue et à l’exception de Béatrice Delvaux, rédac chef du Soir, les éditorialiste flamands (Bart Sturtewagen du Standaard, Yves Desmedt du Morgen, Luc Van Der Kelen du Laatste Nieuws , Yves Desmet de De Morgen et Rik Van Cauwelaert de Knack) sont beaucoup plus connus en Flandre que leurs homologues francophones. Ils bénéficiepratiquement du statut de BV (Bekende Vlamingen), chose qui (heureusement) n’existe pas chez les francophones.

Divercity,blog bruxellois interculturel, est volontiers fédérateur et tente de rendre compte au mieux des points de vues flamands, wallons et bruxellois mais aussi celui des communautés culturelles diverses et variées qui vivent sur le territoire belge et en particulier à Bruxelles. C’est un exercice périlleux, complètement démodé (ou carrément avant gardiste) qui va totalement à contre courant. C’est pour nous une manière de mettre en pratique notre credo cosmopolite. Nous sommes persuadés que la Belgique demeure le microcosme et le laboratoire de l’Europe. Nous pensons en outre que Bruxelles est la matrice de ce que devrait être la Belgique : un creuset cosmopolite, une ville monde, une nouvelle Andalousie interculturelle en devenir. En cas d’échec, (on n’a franchement pas le droit d’échouer), Bruxelles deviendrait, on peut le redouter, un second Beyrouth.
Mais profitons de la trêve de Noël, ce jour où les armes se taisent, ou comme le dit si joliment Wannes Van de Velde dans une de ses plus belles ballades « Karsmis is diên dag da' ze ni schiete »

Karsmis is diên dag da' ze ni schiete
da' der gin boemmen uit de loecht wörre gestroeid
da mitraljeuzen un verdingde rust geniete
en de kanonne meh ne karsboêm zen getoeid”

« Il n’existe pas de médias fédéraux. Il y a donc une séparation des esprits et des cadres d’analyse différents ». Autrement dit, il existe une ligne de front où on se tire dessus à boulets rouges, des barricades et des tranchées où on se retranche depuis plus de trois ans. Pas une goute de sang n'a coulé, seulement des flots d'encre et de salive.
Sans doute cela a-t-il toujours été : la « séparation des mentalités n’est pas neuve ». Simplement, on s’en rend compte enfin du côté francophone et c’est ça le bon côté de cette crise.

« NEVER WASTE A GOOD CRISIS »
Pour en mesurer l’étendue, il est amusant, comme nous le faisons constamment sur DiverCity, de comparer les commentaires de lecteurs internautes sur les événements (ou plutôt les non événements) que les éditorialistes commentent différemment au quotidien de chaque côté de la frontière linguistique. A les lire on est vraiment devenus deux peuples opposés à tous égards, presque ennemis sur certains points. Mais ils ne sont pas, nous dit-on, plus représentatifs de la majorité, que le café du commerce n’est un institut de sondage fiable.
Il ne faut pas avoir fait sciences pour le constater : « Les journalistes flamands connaissent mieux les hommes politiques flamands, et forcément ils les comprennent mieux. » Vient alors la question de Elio di Rupo, les journalistes flamands sont-ils pour autant des militants de la cause flamande, des propagandistes flamingants et indépendandistes ? Ils le sont assurément tout autant que les journalistes francophones s’affirment belgicains. Le plus souvent, selon-nous, les éditorialistes francophones commentent à partir de Bruxelles et adoptent une attitude militante bruxelloise. Il n’existe pas à proprement parler d’éditorialistes wallons.
Il est clair qu’à l’exception du Morgen et de la VRT , les médias flamands sont, dans l’ensemble, sinon nationalistes à tout le moins très critique sur la manière dont l’Etat PS fait usage des transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie. .
Et voilà que dans son interview, Marc Devos dément un dogme qui pourtant à la vie dure : celui du pouvoir politique des éditorialistes flamands. « il y a très peu de gens en Flandre » affirme Devos, « qui lisent les éditos. Leur influence est donc plutôt faible. Et je dirais que c’est heureux que l’opinion publique ne soit plus formatée par une petite équipe d’intellectuels. Les gens ne sont plus vraiment intéressés. Il se développe une sorte d’apathie à l’égard du politique. Ils en ont marre de ces interminables palabres. S’ils s’intéressent désormais beaucoup à la politique régionale, ils sont las de la rue de la Loi. Crise après crise, les gens de la rue comprennent de moins en moins. Ils ont l’impression depuis 2007 de vivre en Absurdie. C’est très dangereux pour la santé démocratique du pays. »
Jean Luc Dehaene avec son bon sens proverbial nous a mis en garde contre ce qu’il considère cette évolution qui, selon lui, menace notre système démocratique belge. 0n a souvent évoqué les « foert stemmen » émises par des électeurs dégoûtés par le jeu politique du CD&V toujours prêt à vendre son âme flamande au diable en nœud pap pour pouvoir diriger le gouvernement fédéral. Les « foert stemmen » ont déserté le CD&V de Leterme pour se porter en masse sur la N-VA faisant les choux gras de Bart de Wever. Et voilà que le paysage politique et médiatique flamand est complètement chamboulé. Que ceux que le sujet intéresse (il est franchement passionnant) lisent l’article qui suit.

En attendant, DiverCity souhaite à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté un joyeux Noël blanc auprès des siens. Aux négociateurs politiques, nous souhaitons un peu de repos et de détente surtout avant les semaines de la rentrée qui seront décisives pour notre avenir à tous.
Marc Guiot


QUAND LES EDITORIALISTES FLAMANDS MENENT LA DANSE
par Christophe Morel

LES EDITORIALISTES DU NORD DU PAYS SEMBLENT AVOIR PLUS DE RENOMMEE ET D’INFLUENCE QUE LEURS HOMOLOGUES FRANCOPHONES. LE JOURNAL SIC ! A MENE L’ENQUETE.
Souvent critique, vif et spontané, l’éditorialiste est connu pour exprimer une position, refléter l’orientation d’un journal, donner un commentaire sur un évènement de l’actualité. La pratique est courante des deux côtés du pays. Pourtant, il semble que les praticiens du nord soient plus performants que ceux du sud. « Le poids des éditorialistes flamands est beaucoup plus important qu’en communauté française » peut-on lire sur le site de « Dedicated Research », le premier institut d’études de marchés et de sondages d’opinions indépendant de Belgique. Pour le sociologue des médias et administrateur général de l’ihecs Jean-François Raskin, seuls les journalistes qui donnent des commentaires peuvent avoir un certains poids sur l’opinion publique et le monde politique. Et dans ce domaine, le sociologue estime que la Flandre a depuis longtemps une longueur d’avance quant à l’influence que peuvent avoir leurs éditorialistes.

VERITABLE CULTURE DE L’EDITORIAL
La culture de l’éditorial, la Flandre la possède depuis de nombreuses années. « A l’époque, on disait qu’il n’y avait pas un gouvernement qui se faisait sans l’avis de l’éditorialiste du Standaard Manu Ruys » explique Jean-François Raskin. Pour le sociologue, les éditorialistes flamands étaient autrefois considérés comme la voix des lecteurs, la voix du parti, comme l’avis qu’il faille suivre. «Le poids des éditorialistes flamands sur les personnalités politiques et l’opinion publique est lié au fait que le mouvement flamand est d’abord un mouvement intellectuel, alors que le mouvement wallon est un mouvement populaire. Le mouvement flamand transcendait les lignes politiques traditionnelles» précise Jean-François Raskin.
Luc Van Der Kelen, journaliste du quotidien Het Laatste Nieuws (photo ci-dessus), Yves Desmet (De Morgen), Rik Van Cauwelaert (Knack) sont des exemples d’éditorialistes flamands identifiés comme tels et reconnus pour leur sens de la critique. Si leurs noms ne sont pas connus de tous en Wallonie, l'influence de leurs écrits sur le monde politique est indéniable en Flandre. Présents sur les plateaux de télévision et à la radio, leurs propos sont souvent repris dans les quotidiens francophones, sur les sites d’informations et on les retrouve parfois sur les chaînes du sud du pays. « Citez moi un éditorialiste francophone important, personnellement je ne vois que Béatrice Delvaux (rédactrice en chef du journal Le Soir) et encore elle n'écrit pas des éditoriaux tout le temps (photo de droite) » s’étonne Jean François Raskin .
Face à la surmédiatisation des éditorialistes flamands, les personnalités politiques n’auraient d’autre choix que d’être très attentifs aux commentaires des éditorialistes. Une situation beaucoup moins observable dans le sud du pays, où les éditoriaux sont rarement écrits par un journaliste reconnu pour cet exercice de style précis.

UNE RENOMMEE MAIS MOINS D’INFLUENCE
Politologue à l’université d’Anvers et spécialiste du rôle des médias dans le modèle fédéral belge, Dave Sinardet rejoint Jean-François Raskin en ce qui concerne la renommée des éditorialistes flamands. « C’est clair qu’en Flandre, les éditorialistes sont des personnes plus écoutées. Ce sont des gens qui comptent et qu’on invite régulièrement. L’éditorial d’Humo et celui du Vif ne sont pas du tout comparables » argumente le chercheur. Dave Sinardet tient cependant à apporter une nuance par rapport aux propos de Jean-François Raskin. « En Flandre, lors des moments de crise, les médias flamands peuvent reprendre ce qui est dit dans les médias francophones. Béatrice Delvaux est connue des lecteurs et téléspectateurs néerlandophones ».
Même si les éditorialistes flamands ont toujours plus de poids qu’en Wallonie, il faut reconnaître que leur influence est beaucoup moins importante qu’auparavant. «Dans les années 60,70,80, les éditorialistes étaient devenus la voix de la Flandre. Aujourd ’hui, ce n’est plus vraiment le cas parce des clivages sont apparus, il y a eu une fracture au sein de la société politique flamande et au sein des éditorialistes flamands qui ne sont plus sur la même longueur d’onde comme c’était le cas il y a encore une vingtaine d’années » analyse Jean-François Raskin. Dans le même ordre d’idée, le journaliste de l’hebdomadaire Trends Baudewijn Van Peteghem confiait déjà à l’AJP en 2008 que la grande influence des éditorialistes flamands tendait à s’estomper.
Ce qui est sûr en tous cas c'est qu'avec la crise actuelle, les éditorialistes belges disposent d'un terreau suffisamment fertile pour pouvoir s'exprimer...

LETTERLIJK. De toespraak van de koning

Koning dringt aan op 'evenwichtig compromis'
In deze Kerst- en Nieuwjaarstijd, wens ik allereerst een reden van tevredenheid met u te delen. Volgens de eensgezinde mening van onze Europese partners, was het Belgisch voorzitterschap van de Europese Unie, tijdens het tweede semester van dit jaar, bijzonder geslaagd.
Op talrijke uiteenlopende gebieden werd aanzienlijke vooruitgang geboekt. Ik denk daarbij aan de Europese economische strategie, de maatregelen om een terugkeer van financiële crisissen te vermijden, de Europese begroting, de verwezenlijkingen inzake handel en diplomatie of de betrekkingen tussen Europa en Azië.
Talrijke staatshoofden en regeringsleiders maar ook verantwoordelijken van Europese instellingen hebben mij daarover spontaan hun bewondering uitgesproken. Dat is tekenend voor het talent dat ons land bezit om standpunten nader tot elkaar te brengen door compromissen uit te werken. Onze verscheidenheid helpt ons op die vlakken.
Maar het komt me voor dat de kunst van het compromis, in ons eigen land, de jongste jaren ietwat vergeten is geraakt. Vandaar mijn zorg, en mijn vaste wil, een oproep te doen tot al onze verantwoordelijken en tot alle burgers.
Ons land krijgt de gelegenheid om zich diepgaand te hervormen, teneinde de verwachtingen van talrijke Belgen te beantwoorden, en de komende uitdagingen aan te gaan. Voortaan, na meer dan zes maand onderhandelen, liggen alle elementen op tafel om een grondige hervorming van de Staat te verwezenlijken.
Er zou een belangrijke overdracht van bevoegdheden naar de Gewesten en Gemeenschappen plaatsgrijpen, een sterk doorgedreven autonomie en responsabilisering van de gefedereerde entiteiten tot stand komen, ook op fiscaal gebied, een herfinanciering van Brussel worden beslist, en er zou een werkelijke solidariteit binnen ons land behouden blijven.
Tezelfdertijd, zal het nodig zijn een duurzame financiering van de federale Staat te voorzien om de uitvoering te waarborgen van de bevoegdheden en de verplichtingen die hij verder zal waarnemen ten overstaan van alle Belgen, maar ook op Europees vlak en in de wereld.
Voorts dient een oplossing voor Brussel-Halle-Vilvoorde te worden aangereikt, en regels op het gebied van politieke ethiek nader bepaald.
Het komt er dus op aan evenwichtige compromissen te vinden die rekening houden met de rechtmatige verzuchtingen van eenieder. In zodanige overeenkomsten mogen er geen verliezers zijn. Wij moeten tot oplossingen komen waar iedereen winnaar is.
Bij het zoeken naar dat redelijk akkoord spreekt het vanzelf dat elke partij toegevingen zal moeten doen. Iedereen is dus verplicht zijn verantwoordelijkheid op te nemen. Het moment is daar, waarop de ware moed erin bestaat, vastberaden het compromis na te streven dat bijeenbrengt, en de tegenstellingen niet verscherpt.
Als een dergelijke overeenkomst wordt bereikt, kan een nieuwe federale regering worden gevormd. Met de gefedereerde entiteiten zal zij maatregelen kunnen treffen om het welzijn van de bevolking te handhaven, en in alle kringen van het land nieuw vertrouwen te doen opleven. Al onze medeburgers verwachten dat.
Ingeval we slagen, want ik ben overtuigd dat we het kunnen, zullen we opnieuw tot voorbeeld dienen van goede verstandhouding, en een factor van eenheid zijn in een wereld die dat broodnodig heeft. We zullen het gerechtvaardigde beeld kunnen tonen van een land dat zich met succes, vredig en diepgaand kan hervormen. Onze Europese partners, en alle landen, zullen ervaren dat België een verantwoordelijke Staat is, die vertrouwenswaardig blijft.
Deze oproep, die ik plechtig tot u allen richt, is vanzelfsprekend in de eerste plaats bedoeld voor onze politieke verantwoordelijken, maar eveneens voor hen die verantwoordelijkheid dragen in de economie, in de sociale sector, in de culturele wereld, en in de media. Door onze acties en in ons optreden moeten we allen de moed opbrengen vredestichter te zijn.
Bij deze kerst- en nieuwjaarsfeesten wensen de Koningin, ikzelf en gans onze familie, u allen dat van harte toe.
DISCOURS DU ROI A L'OCCASION DE NOËL ET DU NOUVEL AN
BELGA
Mis en ligne le 24/12/2010
Mes chers compatriotes,
En ce temps de Noël et de Nouvel An, je voudrais d'abord partager avec vous un motif de satisfaction. De l'opinion unanime de nos partenaires européens, la Présidence belge de l'Union européenne, pendant le second semestre de cette année, a été particulièrement réussie. Dans nombre de domaines très différents, des progrès importants ont été réalisés. Je pense entre autres à la stratégie économique européenne, aux mesures pour éviter le retour des crises financières, au budget européen, aux réalisations en matière commerciale et diplomatique, aux relations entre l'Europe et l'Asie.
De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que des dirigeants d'institutions européennes, m'ont fait part spontanément de leur admiration à ce sujet. Cela illustre bien les talents de notre pays lorsqu'il s'agit de rapprocher des points de vue en trouvant des compromis. Notre diversité nous aide dans ces domaines. Et pourtant, cet art du compromis, il me semble qu'au sein de notre propre pays, nous l'avons quelque peu oublié ces dernières années. D'où ma préoccupation et ma ferme volonté de lancer un appel à tous nos responsables et à tous les citoyens.
Notre pays a l'occasion de se transformer en profondeur pour mieux répondre aux attentes de nombreux Belges, et pour affronter les défis à venir. Désormais, après plus de 6 mois de négociation tous les éléments se trouvent sur la table pour réaliser une réforme profonde de l'Etat. Il y aurait un important transfert de compétences aux Régions et Communautés, une autonomie et une responsabilisation beaucoup plus poussées des entités fédérées, y compris sur le plan fiscal, un refinancement de Bruxelles et le maintien d'une réelle solidarité au sein de notre pays. En même temps, il sera nécessaire d'assurer le financement dans la durée de l'Etat fédéral pour exercer les compétences et les obligations qu'il continuera à assumer vis-à-vis de tous les Belges, mais aussi sur le plan européen et dans le monde. Il faudra également inclure une solution pour BHV et définir des règles en matière d'éthique politique. Il s'agit donc de trouver des compromis équilibrés qui tiennent compte des aspirations légitimes des uns et des autres. Dans un tel accord, il ne doit pas y avoir de perdants. Nous devons trouver des solutions où chacun est gagnant.
Dans la recherche de cet accord raisonnable, il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l'obligation de prendre ses responsabilités. Le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions.Si un tel accord se réalise, un nouveau gouvernement fédéral pourrait être constitué. Avec les entités fédérées, il sera à même de prendre des mesures nécessaires pour sauvegarder le bien- être de la population, et pour rétablir la confiance au sein du pays. C'est cela que tous nos concitoyens attendent.
Lorsque nous réussirons, car je suis convaincu que nous le pouvons, nous redeviendrons à nouveau un exemple d'entente, et un facteur d'unité dans un monde qui en a grandement besoin. Nous pourrons présenter l'image juste d'un pays qui parvient dans la paix, à se transformer profondément. Nos partenaires européens, et tous les autres pays, constateront que la Belgique demeure un Etat responsable auquel ils peuvent faire confiance.Cet appel que je vous lance solennellement à tous, je l'adresse évidemment en premier lieu aux responsables politiques, mais aussi aux responsables économiques, sociaux, culturels et des médias. Tous, par nos actions, par notre comportement, nous devons avoir le courage d'être des artisans de paix. C'est le souhait chaleureux, que la Reine et moi et toute notre famille vous adressons de tout cœur, en ces fêtes de Noël et de Nouvel An.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OH YES WE CAN
Ce discours royal inspiré du « Yes we can » prend des accents Churchilliens pour renvoyer chacun à ses responsabilités, hormis l’église catholique dont curieusement le roi ne parle pas, suprême habilité.
Il fait également silence surles communautés d'origine étrangère, étrange!
Un discours d’homme d’état, un discours testament de surcroît qui plaide pour :
1. l’art belge du compromis quelque peu oublié ces dernières années.
2. la recherche d’un compromis équilibré qui tienne compte des aspirations légitimes des uns et des autres.
3. la transformation de la Belgique en profondeur
4. des transferts de compétences aux Régions et Communautés,
5. une autonomie et une responsabilisation beaucoup plus poussées des entités fédérées,
6. un refinancement de Bruxelles
7. le maintien d'une réelle solidarité au sein du pays.
8. un financement dans la durée de l'Etat fédéral
9. une solution pour BHV
10. des règles en matière d'éthique politique.
11. des compromis équilibrés qui tiennent compte des aspirations légitimes des uns et des autres.
12. un accord sans perdants où chacun est gagnant.
13. l'obligation pour chacun de prendre ses responsabilités. (responsables économiques, sociaux, culturels et médias).
14. la sauvegarde du bien- être de la population,
15. le rétablissement de la confiance de nos partenaires européens, afin que tous les autres pays, constatent que la Belgique demeure un Etat responsable ;
Les réactions n’ont pas tardé à fuser. Nous en pointerons quelques unes qui nous semblent assez représentatives :
"... les perdants, les gagnants... De qui parle-t-il? Le citoyen ou les formations politiques?

Avec 15 ou 20 milliards d'économie annoncés pour 2015, difficile de croire qu'une tranche non négligeable de la population ne restera pas sur le carreau. Il n'y aura pas que les demandeurs d'emploi que l'on se plaît trop souvent à pointer du doigt, à tort ou à raison. Les handicapés, les personnes âgées, les familles monoparentales, les enfants, etc seront en première ligne pour essuyer la première salve de mesures d'austérité. Joyeux Noël!"

« Ce qui me dérange profondément, c'est son parti pris, le discours des gauchos francophones. Le moins que l'on puisse attendre de lui, c'est de rester impartial et là, c'est raté ! Demandez l'avis des flamands et vous verrez comment ils ont ressenti ce discours ... »
Poser la question c’est y répondre. Voici ce qu’en pense un internaute du Standaard :
« Koning Albert dringt aan op een 'evenwichtig compromis' over de staatshervorming. De Koning spreekt over responsabilisering, maar vertelt er meteen bij dat er alleen maar winnaars mogen zijn. Dat noem ik geen responsabilisering maar 'zever in pakskes.”
Et un autre de surenchérir:
“Wat ik wil is een akkoord dat Vlaanderen toelaat aan haar toekomst te werken. De koning staat aan de kant van de Ps. Elk akkoord dat Vlaanderen niet de nodige slagkracht geeft legt een hypotheek op de toekomst van onze kinderen. Dat ze de koninklijke familie hun ontslagbrief geven, dat zou al een goede besparing zijn en al een handicap minder voor Vlaanderen. Ik heb niets tegen hem als persoon maar ik heb wel iets tegen zijn functie, deze koning vertegenwoordigd mij niet. Prettige feestdagen aan iedereen. Dat er eindelijk eens een echte democratie komt in dit land.”
“Er is nochtans een mooi compromis te bereiken : een Belgisch confederalisme. Iedere Gemeenschap heeft zijn eigen bestuur en tezamen beheren ze bepaalde Belgische luiken, waaronder Brussel-hoofdstad.”
Ce discours était très attendu. Il s’efforce de satisfaire tout le monde et son père donc il mécontentera chacun.
L’exercice est périlleux, on le sait, et on peut légitimement poser la question de savoir qui a tenu la plume royale.
Normalement, ce privilège incombe au premier ministre. Yves Leterme donc ? Difficile à imaginer en l’occurence.
Wait and see, avec Wikileaks ça finira par se savoir
MG

Ce que Mgr Léonard dit à la Commission abus sexuels



Voici le texte intégral de l’audition de l’archevêque Léonard, entendu ce mercredi par la commission spéciale abus sexuels. Il y annonce notamment la création d’un « code déontologique et un vade-mecum » à destination des futurs prêtres.

1. Mon intervention se situera à trois niveaux, puisque je suis ici entendu à un triple titre : celui d’archevêque du diocèse de Malines-Bruxelles, ce que je suis depuis le 27 février dernier ; celui de Président de la Conférence épiscopale belge, depuis la même date ; celui d’évêque de Namur, ce que je fus du 14 avril 1991 au 18 janvier 2010.

2. Je crois utile de rappeler que l’archevêque de Malines-Bruxelles n’est à la tête que de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Il n’est en aucune manière l’archevêque de toute la Belgique , laquelle compte huit diocèses avec un évêque à la tête de chacun. Ainsi, par exemple, c’est simplement en tant qu’archevêque de Malines-Bruxelles que, dans mon homélie de Pâques, face aux scandales qui éclaboussaient l’Eglise catholique dans d’autres pays, j’ai dénoncé fermement le manque de rigueur avec lequel, dans le passé, on avait parfois traité certains cas d’abus sexuels sur des mineurs, préférant le silence et la discrétion à l’honneur des enfants abusés.

3. En tant que Président de la Conférence épiscopale belge, j’ai surtout un rôle d’écoute et de coordination, parfois aussi d’inspiration, dans les divers domaines qui touchent la mission de l’Eglise catholique. En ce qui concerne la problématique des abus sexuels perpétrés au sein de l’Eglise, j’ai assumé ma responsabilité en concertation avec les évêques référendaires en ce domaine, désignés par la Conférence épiscopale, à savoir les évêques de Tournai et d’Anvers, Mgr Harpigny et Mgr Bonny. C’est ainsi que, lors de la conférence de presse du 13 septembre, j’ai présenté en néerlandais et en français la partie introductive du texte préparé, comme il se devait, par mes deux confrères.

4. Semblablement, c’est bien en tant que Président de la Conférence épiscopale et de ma propre initiative que, lors de la conférence de presse du 23 avril annonçant la démission de l’évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, j’ai lancé un appel solennel aux victimes pour qu’elles osent se manifester et dénoncer les sévices subis, en s’adressant prioritairement à la justice et, au cas où elles le refuseraient, en recourant à l’écoute et à la compétence de la Commission présidée par le Professeur Adriaenssens. Je rappelle que cette Commission avait pour but de recevoir les plaintes des victimes, de leur rappeler la possibilité prioritaire du recours à la justice civile et de donner un avis compétent et éclairé aux évêques et aux supérieurs religieux afin que ceux-ci traitent ces douloureuses situations de manière adéquate. Et nous avions la ferme intention de suivre les injonctions de la Commission. Pour en revenir à l’appel du 23 avril, je ne regrette vraiment pas cette démarche vigoureuse, accomplie au titre de ma mission de Président de la Conférence , car elle a permis à des centaines de victimes de prendre enfin la parole et d’être honorées par l’écoute même de leur terrible récit. Je regrette seulement que ce travail d’écoute, toujours précédé par le rappel du recours prioritaire à la

justice, ait été pratiquement anéanti par la perquisition du 24 juin et la saisie des dossiers confidentiels des victimes. C’est sans doute à d’autres désormais qu’il appartient de regagner la confiance des victimes, de leur prêter écoute et de leur rendre justice.

5. C’est encore en tant que Président de la Conférence épiscopale belge que j’ai signé avec tous mes confrères la lettre du 19 mai dernier, où nous demandions pardon, d’une part, aux victimes d’abus sexuels pour l’agression subie et le traitement inadéquat de celle-ci, et, d’autre part, aux proches des victimes et à la société, pour les séquelles humaines causées par ces abus. Démarche sans doute nécessaire sur le plan psychologique, même si elle demeure ambiguë lorsque ceux qui la font n’ont pas eux-mêmes perpétré ces actes ou péché par négligence coupable dans leur traitement. Bien évidemment, ce sont toujours les abuseurs qui devraient, prioritairement, demander pardon à leurs victimes.

6. En tant qu’archevêque de Malines-Bruxelles, donc depuis le 27 février dernier, je n’ai eu à traiter personnellement aucun cas de prêtre de mon diocèse. Le 2 juin, la Commission-Adriaenssens m’a fait parvenir une liste de vingt noms d’auteurs présumés de faits répréhensibles, parmi lesquels cinq concernant des personnes inconnues dans le diocèse, sept autres des religieux, sur lesquels l’évêque n’a pas juridiction (et parmi eux deux décédés), trois autres des prêtres diocésains décédés, et quatre des prêtres diocésains en vie, tous retraités. Concernant ces quatre prêtres, nous prendrons les mesures et sanctions adéquates quand nous aurons eu accès à leurs dossiers actuellement saisis. Car, je le précise, seul un nom et un prénom ont pu nous être communiqués par la Commission , mais aucun document évaluant la nature, la gravité et le sérieux de la plainte. A supposer même qu’il soit déontologiquement correct de le faire, puisque c’est confidentiellement que les plaignants se sont adressés à la Commission-Adriaenssens , il m’est donc impossible de transmettre ces dossiers à la justice puisque c’est celle-ci qui les détient à la suite de la perquisition.

7. J’ai également reçu quelques lettres se plaignant de faits anciens, une bonne dizaine environ. La plupart concernaient des prêtres appartenant à d’autres diocèses ou des religieux. J’ai donc transmis ces lettres aux évêques ou supérieurs religieux concernés et ai recommandé aux plaignants de s’adresser à eux. J’en ai exceptionnellement reçu l’un ou l’autre lorsque la souffrance vécue me semblait devoir être immédiatement entendue et honorée au-delà des circonscriptions ecclésiastiques, mais en renvoyant toujours aux autorités concernées, celles de la justice d’abord, celles du diocèse ou de la congrégation concernés ensuite.

8. A leur demande, j’ai également reçu depuis le 23 avril trois personnes se plaignant d’abus anciens commis par deux prêtres du diocèse, et un d’un diocèse étranger, ayant travaillé chez nous, mais ne vivant plus en Belgique. Dans ce dernier cas, qui fut traité par la justice, j’essaie, à la demande de la victime, de clarifier la situation actuelle de ce prêtre avec l’évêque étranger concerné. Des deux prêtres du diocèse, l’un est décédé. Dans l’un et l’autre cas, j’ai renvoyé ces personnes auprès de la justice civile, ce dont elles ne veulent pas en raison de l’ancienneté des faits et parce que ce qui compte pour elles, c’est d’être enfin entendues et crues. Je note qu’aucune ne souhaitait un quelconque dédommagement, constat fait également par la Commission-Adriaenssens dans la majorité des cas qu’elle a traités. C’est d’une reconnaissance morale que ces personnes me disaient avoir besoin. Elles ont été soulagées d’avoir été enfin entendues.

9. L’une d’entre elles m’a demandé de bien vouloir rencontrer le prêtre abuseur afin qu’il reconnaisse devant moi son forfait. Il s’agissait d’un prêtre fort âgé, gravement malade, mais avec des moments de lucidité suffisants pour supporter une telle conversation. C’est une rencontre qui m’a bouleversé profondément. Car ce prêtre m’a dit : « Je n’ai jamais parlé de cela à personne, mais je suis heureux de pouvoir, avant de mourir, reconnaître enfin, devant vous, ce chapitre noir de ma vie. » Sur quoi je lui ai demandé s’il était disposé à recevoir la victime pour reconnaître devant elle son forfait. Il a acquiescé. J’ai donc repris contact avec la victime, laquelle a été très heureuse de cette ouverture et, après quelque temps, est allée rencontrer ce prêtre, qui a reconnu les faits, mais n’est pas allé assez loin, nous semble-t-il, dans cette reconnaissance et a trop vite interprété la rencontre comme une réconciliation. J’espère revoir ce prêtre prochainement et pouvoir l’inciter à aller plus loin dans l’aveu de son forfait en présence de la victime. C’est à cette situation que je pensais lors d’une interview qui, tirée de son contexte, a choqué, de manière bien compréhensible, un certain nombre de téléspectateurs. J’avais préalablement rappelé qu’en toutes circonstances il convient de s’adresser à la justice. Mais que faire lorsque je suis mis au courant des faits, alors que la justice les a déclarés prescrits ou quand les victimes refusent obstinément d’y recourir ? L’Eglise peut alors infliger des sanctions aux abuseurs. Mais, sauf les mesures immédiates qui peuvent s’imposer à titre de précaution, l’évêque ne peut infliger de sanction canonique qu’après avoir soumis le cas à Rome, laquelle tient ainsi à s’assurer que les mesures nécessaires et les sanctions adéquates seront prises. Dans un cas comme celui que j’ai évoqué, je me pose sincèrement la question. Qu’est-ce qui est le plus juste à l’égard de la victime et à l’égard du prêtre ? Est-ce, par exemple, qu’on lui interdise publiquement de concélébrer à la messe célébrée dans sa maison de repos, ou est-ce qu’avant de mourir il reconnaisse enfin son crime devant sa victime ? Je ne suis pas sûr de la réponse, mais j’incline à penser que, dans un cas comme celui que j’ai évoqué, ce qui s’est passé lors de ces rencontres poignantes était plus profondément humain pour toutes les parties concernées. Il ne s’agissait donc en aucune manière de suggérer que le jugement de la justice civile soit épargné par principe aux prêtres pédophiles âgés ou malades, ce qui n’aurait aucun sens !

10. En tant qu’évêque de Namur, j’ai été immédiatement très sensible à la problématique des abus sexuels commis par des prêtres ou d’autres acteurs pastoraux. En effet, par mon long ministère de prêtre à l’Université catholique de Louvain, j’ai été amené à entendre parfois le douloureux récit de jeunes ayant été abusés au sein de leur famille. J’avais également entendu des rumeurs concernant l’un ou l’autre prêtre de mon diocèse d’origine. Devenu évêque en 1991, je me suis dit d’emblée que je devais, dans des cas de ce genre, jouer la carte de la transparence et me préoccuper davantage de l’honneur des victimes que de celui des abuseurs, en évitant les stratégies de camouflage parfois utilisées dans le passé.

11. C’est ainsi qu’avec l’aide de mon Vicaire épiscopal pour les affaires juridiques, je suis intervenu de manière énergique dans le cas d’un prêtre ayant commis des faits atroces et avérés, mais qu’en l’attente prolongée de son jugement, le tribunal laissait paisiblement rejoindre sa paroisse et se pavaner devant ses paroissiens, y compris sa victime. J’ai donc lancé la lourde procédure canonique qui permet de retirer à un prêtre sa mission de curé. Au terme de cette procédure, nous avons pu demander à la commune d’exiger le départ de ce prêtre d’une cure qu’il occupait désormais abusivement.

12. Outre ce cas gravissime, j’ai été confronté, comme évêque de Namur, à sept autres cas de délits commis par des membres du clergé diocésain. J’ai été mis au courant de cinq de ces cas parce que la justice nous en a avertis. Quant le jugement a été rendu, nous nous en sommes strictement tenus aux mesures de prudence, de probation et d’accompagnement décidées par la justice. Je note cependant les difficultés auxquelles j’ai été confronté dans les autres cas. Comme nous n’avons pas ici à traiter de situations particulières, et ce d’autant plus que des procédures judiciaires sont toujours en cours, je mêle délibérément les données concrètes de ces diverses situations et m’exprime en général, car il s’agit de situations qui peuvent se présenter en d’autres circonstances. La première est le cas de victimes pour lesquelles un évêque éprouve une immense sympathie, parce qu’il connaît leur fragilité et, avant même la connaissance de leurs épreuves, a cherché à les aider dans leur cheminement humain, mais qui supplient l’autorité de ne prendre aucune mesure à l’égard de l’abuseur et ne veulent en aucune manière porter plainte devant la justice civile. Une procédure canonique est cependant lancée et, parfois, l’évêque a tout intérêt, d’un point de vue égoïste, à ce qu’elle aboutisse à une sanction grave, car le prêtre concerné est un opposant notoire qui lui mène la vie dure. Cependant, une fois que la victime s’est décidée enfin et heureusement à recourir à la justice civile, l’évêque est déontologiquement contraint d’arrêter la procédure canonique et, en attendant, de prendre les seules mesures disciplinaires qui s’imposent immédiatement, et ce de manière prudente, en proportion des seuls éléments qui semblent avérés, car, sinon, s’il prend des mesures trop radicales, il risque d’être accusé de se venger bassement sur un prêtre qui lui complique la vie et il pourrait même, en raison d’une sanction jugée prématurée, encourir un procès pour non-respect de la présomption d’innocence. Je veux indiquer par là que, dans certaines situations complexes et pendant que la justice civile suit son cours, il faut parfois procéder avec prudence et n’arriver que progressivement à la décision, par exemple, de retirer toute charge pastorale à un prévenu.

13. En ce qui concerne l’avenir, ce que je retiens surtout de la dramatique actualité de ces derniers mois, c’est la priorité à accorder à l’écoute des victimes dans leur immense souffrance. C’est l’un des rôles de la justice civile et c’est la tâche prioritaire des centres agréés pour l’écoute des victimes. Maintenant que la Commission-Adriaenssens n’existe plus, l’Eglise catholique continuera cependant à s’acquitter de la part qui lui revient en la matière, à savoir l’écoute proprement pastorale. Dans chaque diocèse, un petit groupe de personnes compétentes est chargé d’entendre, sur ce plan, les plaignants qui le souhaitent. Ces personnes jugeront s’il est expédient que l’évêque écoute parfois personnellement les victimes.

14. Nous confirmons également notre ferme volonté de ne jamais recourir à une forme quelconque de camouflage d’une vérité établie, ainsi que cela fut le cas parfois jadis dans tous les milieux de la société, mais aussi, hélas, dans l’Eglise de notre pays ou d’ailleurs.

15. Nous serons aussi plus attentifs que jamais à l’équilibre affectif des personnes qui se destinent à devenir prêtre et veillerons plus que dans le passé à l’accompagnement personnel des prêtres dans leur vie sacerdotale. Un code déontologique et un vade-mecum concernant l’attitude à adopter en cas d’abus seront également publiés à l’intention de tous les acteurs pastoraux en contact avec les enfants et les jeunes. Une vigilance semblable serait d’ailleurs indiquée dans la préparation des jeunes au mariage religieux et un accompagnement pastoral des couples chrétiens après le mariage serait tout aussi souhaitable, dans la mesure du possible, puisque nous savons que la majorité des abus ont lieu dans le cadre de la famille.

16. La question souvent posée d’une indemnisation des victimes est fort complexe, sauf dans le cas où elle concerne l’abuseur lui-même ou le responsable ecclésiastique qui n’aurait pris aucune mesure pour empêcher la récidive de faits avérés. Pour le reste, c’est à l’autorité civile qu’il appartiendra de statuer, conformément au droit et compte tenu du bien commun, sur la pertinence d’un dédommagement imposé à une institution, quelle qu’elle soit, dont les responsables ne sont pas personnellement impliqués dans les crimes perpétrés. L’analogie, plus ou moins adéquate, avec d’autres contextes où de semblables abus sont commis devra sans doute éclairer votre réflexion afin que la décision prise soit réaliste autant que juste, alliant un sens authentique de la solidarité avec une juste conception des responsabilités effectives.

17. J’espère de tout cœur que l’audition de tous les évêques de Belgique aidera la Commission spéciale à se faire une idée adéquate de la manière dont l’Eglise catholique de ce pays a assumé et assume ses responsabilités en de domaine. Je souhaite également que ce travail puisse inspirer les modalités selon lesquelles la même douloureuse question sera abordée dans les autres secteurs de la vie sociale. Je vous remercie de votre attention. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DON CAMILLO ETAIT PLUS DROLE ET SURTOUT PLUS HUMAIN
«l’Eglise catholique continuera à s’acquitter de la part qui lui revient en la matière, à savoir l’écoute proprement pastorale.»(A.J. Léonard)

On s’en est pris au prestige de l’armée, ensuite à celui des enseignants, désormais à celui des prêtres, demain à celui des politiques, des scientifiques, des journalistes. La démocratie dévore ses élites lesquelles se laissent dénaturer par une société laxiste, unidimensionnelle. Qui ne se souvient du défilé de modes pour ecclésiastiques dans l’inoubliable « Roma » de Fellini, le film qui a pointé, avant tout le monde, les travers de l’église catholique romaine et a su s’en moquer intelligemment (songeons au défilé d’habits ecclésiastiques), avant tout le monde.

Don Camillo aussi était une caricature de curé de village. Il est devenu, avec le temps, la métaphore du prêtre « cool » et sympa, prédécesseur du père Gilbert engagé dans sa communauté, ennemi du maire marxiste Péppone à la dégaine du petit père des peuples et en conversation permanente avec son seigneur.

La hiérarchie catholique de Belgique, le Vatican sont, au contraire de cela, un club de prélats séniles ayant perdu tout contact avec le peuple catholique. Léonard est un pasteur sans troupeau, un érudit, comme son pape, étranger, comme lui, aux réalités de ce siècle sécularisé. Beaucoup de prêtres ont abusé du prestige de la soutane pour abuser de la jeunesse qui leur fut confiée.

Par chance ils n’ont plus leur place dans les écoles dites catholiques.

Le pédophile d’Amsterdam est ignoble, Dutroux est innommable mais que dire de ces prêtres tombés dans le même égarement protégés par des supérieurs coulants, fermant les yeux ? Le patron de l’église belge a eu ce commentaire : « je suis intervenu de manière énergique dans le cas d’un prêtre ayant commis des faits atroces et avérés » exprimant de la sorte toute son impuissance mais surtout son refus de responsabilité face a un comportement qui n’a, hélas, on le sait désormais, rien d’isolé. « Au cours d’une rencontre qui m’a bouleversé profondément, celle avec un vieux prêtre, celui-ci m’a dit : « Je n’ai jamais parlé de cela à personne, mais je suis heureux de pouvoir, avant de mourir, reconnaître enfin, devant vous, ce chapitre noir de ma vie. »

Et les victimes de ces sombres vieillards, qu’ont elles à dire face à cet immense gâchis ?

« On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement. 14 Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. 15 Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » 16 Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains (Mc 10, 13-16)

« Un code déontologique et un vade-mecum concernant l’attitude à adopter en cas d’abus seront également publiés à l’intention de tous les acteurs pastoraux en contact avec les enfants et les jeunes. »

.« La question souvent posée d’une indemnisation des victimes est fort complexe »

Que chacun en tire ses conclusions, en toute transparence et selon son éthique personnelle.

Un internaute commente : « tout ce cinéma est abject. Un pédophile reste un pédophile, et tout pédophile doit être jugé et condamné peu importe son métier. On a été rechercher Polanski pour un délit commis il y a 30 ans aux USA. Et ici en Belgique il y a en a eu des centaines qui restent tous impunis car ils ont été commis par des prêtres. C'est un scandale sans nom. »
Le prestige de l’église est ruiné, ses finances pourraient l’être également si la justice belge s’avisait de réclamer pour les victimes des indemnités compensatoires. « Rome tremble et chancelle devant la vérité.»

MG