mercredi 1 décembre 2010

Bart De Wever, cet homme de droite

Devant les patrons wallons, au Cercle de Wallonie, Bart De Wever a essayé de démonter son image de "Milosevic du nord".
Le président de la N-VA insiste sur les positionnements

idéologiques différents de la Flandre et de la Wallonie.

Qu’aimerait donc faire la N-VA au pouvoir? Bart De Wever plaide pour "un plan d’économie dynamique", qui passerait par la limitation dans le temps des allocations de chômage, le remplacement de "la pléthore de subsides par une baisse linéaire de l’impôt des sociétés", la réduction des coûts salariaux et quelques libéralisations supplémentaires.
Il expliquait cela calmement, ce mardi midi, devant 400 patrons wallons réunis au Cercle de Wallonie et, a priori, réceptifs à ce type de discours. Cette politique sensée permettre de "relever les défis du siècle" ne peut malheureusement, regrette De Wever, être menée en Belgique. Pourquoi? A cause du clivage politique, entre le Nord qui veut alléger l’emprise des pouvoirs publics et le Sud qui veut, au contraire, leur confier un rôle actif dans l’économie et la société.
Quand les uns envisagent défendent une réforme de type allemand pour assouplir le marché du travail, les autres se cabrent et "dénoncent le bain de sang social". "Ce choc de points de vue aboutit à une politique dont personne ne veut et dont les actions sont trop limitées, analyse le président de la N-VA. Le résultat est un pays caractérisé par l’un des plus hauts taux d’imposition et l’une des plus importantes dettes de la planète."
Les réformes économiques qu’il ne peut accomplir au niveau belge, De Wever entend les mener au niveau flamand. L’aspiration à l’autonomie ne serait pas, estime cet historien, l’expression d’une quelconque rancœur historique envers un État longtemps dominé par la bourgeoisie francophone mais bien l’exigence de mener des politiques "efficaces".

LES ATOUTS DE LA WALLONIE
Les nationalistes tentent donc de convaincre les Wallons qu’une décentralisation accrue serait aussi à leur avantage, que des politiques plus adaptées doperaient leur taux d’emploi et l’impact du Plan Marshall. "Si le Plan Marshall de Rudy Demotte est aussi efficace qu’il le prétend, pourquoi alors s’obstiner à refuser des compétences supplémentaires?", ironise De Wever.
Sincérité ou manipulation, toujours est-il que le leader des nationalistes flamands poursuit sur les atouts de la Wallonie : une population jeune, des entrepreneurs motivés, un passé glorieux et un patrimoine magnifique. Elle peut même compter sur un coup de main de la Flandre , "région prospère investie du devoir moral d’aider ses voisins".
Avec tout cela, pourquoi diable faudrait-il craindre un appauvrissement après la future réforme de l’État? Pourquoi faudrait-il s’inquiéter d’une responsabilisation financière liée aux résultats économiques? " La Wallonie vante fièrement les mérites du Plan Marshall mais elle ne veut surtout pas que les effets bénéfiques soient pris en compte dans la loi de financement", s’étonne Bart De Wever.

Une Région aurait beaucoup de confiance en elle-même et une autre en manquerait. Illustration par les slogans de campagne des vainqueurs de juin: "Osons le changement" pour la N-VA , "Un pays stable" pour le PS.
L’opinion francophone devait être rassurée, d’où le poste de Premier ministre "offert" à Di Rupo. "C’était un signe clair comme quoi nous ne voulions pas mener le pays vers le chaos, dit De Wever. Je n’avais vraiment pas l’intention de négocier pendant des mois."

APRES LA REFORME DE L’ÉTAT
Même si la coalition à sept devait aboutir, les discussions prendront encore du temps car, c’était le propos de De Wever devant les patrons wallons, l’institutionnel n’est pas l’unique chapitre du programme de la N-VA.
L’orateur a clairement prévenu son monde: "Si nous avons un accord sur la réforme de l’État, la N-VA ne va pas soudain se taire. Ce n’est pas par hasard que j’ai pris l’exemple des réformes entreprises en Allemagne ou de l’incompréhension suscitée en Flandre par les politiques d’immigration voulues par les partis francophones".
Autant dire que, si d’aventure Johan Vande Lanotte devait s’en tirer sur la loi de financement, les transferts de compétences et BHV, le nouveau gouvernement ne serait pas sur pied dans la semaine qui suit.

COMENTAIRE DE DIVERCITY
UN NEO CONSERVATEUR PLUS QU’UN INDEPENDANTISTE
Coup de poker génial que cet exposé de De Wever face au patronat wallon avec cette «petite phrase» qui le résume tout entier « Ce n’est pas par hasard que j’ai pris l’exemple des réformes entreprises en Allemagne ou de l’incompréhension suscitée en Flandre par les politiques d’immigration voulues par les partis francophones".
L’Etat Ps est plus que jamais dans son collimateur.
Nous le disons depuis des mois, De Wever est un néo conservateur avant d’être un indépendantiste.
Pour lui, l’homme à abattre c’est l’homme au nœud pap. Vande Lanotte a beau faire un boulot génial, jamais, au grand jamais la N-VA n’entrera dans une coalition de centre gauche.
Nous demeurons persuadés que nous allons tout droit soit vers une coalition avec les libéraux ou, plus vraisemblablement encore vers un gouvernement d’union nationale dirigé par Vande Lanotte et sans
la N-VA.
MG

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