mardi 14 décembre 2010

Bart De Wever: "On ne va pas continuer à négocier à l’infini"

Par Martin Buxant

Bart De Wever estime qu’il est temps de conclure. “Ça passe ou ça casse”, dit-il. Et revient, point par point, sur ses propos tenus dans la presse allemande.
Entretien (extraits)
VOUS AVEZ JETE DE L’HUILE SUR LE FEU AVEC UNE INTERVIEW DECAPANTE DANS “DER SPIEGEL”. POURQUOI ?
Cette interview est notre analyse de base et je ne vois vraiment pas pourquoi je ne pourrais pas dire ce que je pense. On a répété des centaines de fois ces idées ! C’est quasiment mot pour mot ce que j’ai encore dit il y a quelques jours au Cercle de Wallonie. On a des dizaines de demandes d’interviews de médias internationaux. "Der Spiegel" demande cette interview depuis six mois; il y a trois semaines, on a fini par la donner. Si on veut maintenant discuter de son contenu, je suis prêt. Dites-moi ce qui est choquant dans tout le texte.
VOUS DITES : “ LA BELGIQUE EST LE MALADE DE L’EUROPE”…
C’est extrait d’une longue citation très précise. Je cite un économiste allemand qui, en 2003, disait que l’Allemagne était "l’homme malade" de l’Europe. Il citait alors les points faibles de l’Allemagne : coûts salariaux, compétitivité de l’industrie, chômage, hauteur élevée des impôts Ce sont aujourd’hui tous nos points faibles. Je dis donc : si l’Allemagne était malade, nous sommes aujourd’hui malades, car nous souffrons des mêmes symptômes. On connaît la maladie, mais on connaît aussi les remèdes. J’ai simplement voulu dire qu’on devait copier les solutions pratiquées par l’Allemagne qui a réalisé quatre grandes réformes socio-économiques. Aujourd’hui, il y a un éléphant dans une pièce et on fait tout pour ne pas le voir. Pense-t-on vraiment que les spéculateurs attendaient qu’un politicien belge leur dise que nos coûts salariaux étaient trop élevés pour attaquer la Belgique ?
LES MOTS QUE VOUS UTILISEZ – “LES TRANSFERTS NORD/SUD MAINTIENNENT LES WALLONS DANS LA DEPENDANCE , ILS SONT COMME DES JUNKIES” – PEUVENT CHOQUER. LES REGRETTEZ-VOUS ?
Mais je dis dans la phrase suivante que je suis pour le maintien de la solidarité ! On l’a dit cent fois : les transferts d’argent dans ce pays ne sont pas bien réglés. Ce doit être conditionnel, transparent et explicite. Je pense, comme de nombreux économistes wallons l’ont fait avant moi, qu’il y a de nombreux effets pervers à ces transferts et que les mécanismes de solidarité actuels n’encouragent pas à se prendre en main. Quand cet effet existe, c’est comme donner des stupéfiants à un junkie. L’image est un peu forte, mais je n’ai pas l’intention d’insulter qui que ce soit.
MAIS LE LANGAGE EST CHOQUANT : POURQUOI, PAR EXEMPLE, NE PAS SOULIGNER QUE LA WALLONIE SE REDRESSE AUSSI ET RATTRAPE SON RETARD PAR RAPPORT A LA FLANDRE ?
On a eu l’étude de Vives qui nous dit que les transferts Nord/Sud se montent - sans la dette - à quelque 6 milliards d’euros, soit 1000 euros par personne par an. Dans ma famille, on est 6, donc on donne 6 000 euros par an à la Wallonie. Excusez-moi de m’interroger sur l’affectation de cet argent et sur la manière dont il va être utilisé. Je n’ai jamais dit qu’on ne voulait plus payer, mais on veut des conditions normales telles que demandées par l’Union européenne pour ses propres fonds de cohésion : transparence, servir à un redressement structurel C’est notre analyse de base : il n’y a rien de neuf là-dedans.
VOUS DITES AUSSI : “LE PARTI SOCIALISTE BLOQUE TOUT DANS CE PAYS !” AVEZ-VOUS BIEN CONSCIENCE QUE LES FRANCOPHONES PENSENT REELLEMENT AVOIR POSE DES PAS DE GEANT DANS VOTRE DIRECTION DEPUIS LE 13 JUIN DERNIER ?
Ce n’est un secret pour personne que les gens qui sont pour appliquer des réformes telles que nous les prônons vivent essentiellement en Flandre et que ceux qui sont majoritairement contre sont en Wallonie, et que le PS est le parti le plus fort de Wallonie. Les visions clés sur la justice, l’immigration et le socio-économique sont différentes. Est-ce un choc de dire qu’il y a des réformes proposées depuis 1999 par les partis flamands - très utiles - et qu’elles sont bloquées par le PS ? C’est un constat. Eux peuvent prétendre le contraire de leur perspective. Ce sont des évidences.
MAIS LE PS A QUAND MEME BEAUCOUP AVANCE EN SE LANÇANT, PAR EXEMPLE, DANS UNE AUTONOMIE FINANCIERE, ETC.
Je n’ai jamais dit que dans ces négociations-ci, personne ne bougeait. Cela dit, tout le monde peut constater qu’après six mois, c’est très difficile de trouver un terrain d’entente entre ce que les Flamands et les francophones veulent. Ce n’est pas une insulte. Je l’ai déjà dit quand j’ai utilisé les expressions "Pas de nain de jardin" et "Pas de géant" . Je suis convaincu qu’avec le cadre de référence du PS, ce qui a été fait jusqu’ici, ce sont des pas de géant. Mais si on doit juger avec notre cadre de référence, ce ne sont que des pas de nain de jardin. Et parfois, c’est l’inverse. Quand on regarde le dossier de BHV, ce que nous appelons des concessions immenses pour apaiser les francophones, pour eux ce sont des pas de nain de jardin. Je ne veux passer le valet noir à personne, je constate simplement que trouver un équilibre qui passe dans les deux cadres de référence est très difficile. Je dis aussi qu’entrer dans un gouvernement et boucler un accord parce que tout le monde en a marre n’est pas une option. On est certain qu’aux élections suivantes, l’électeur ne sera pas content. C’est un constat.
C’EST UN CALCUL ELECTORAL, PLUTOT…
Comment pourrais-je dire après vingt ans de signaux négatifs sur la politique d’immigration, par exemple, que j’accepterais d’entrer dans un gouvernement sans réaliser les réformes que nous demandons ? C’est ce que le CD&V et le VLD ont accepté pour rester au 16, rue de la Loi. Et ce n’est pas un grand scandale de dire qu’on veut réaliser des réformes demandées par les électeurs flamands.
SELON VOUS, LE ROI N’EST PAS NEUTRE ET N’AIDE PAS LA CAUSE DES PARTIS FLAMANDS…
Je dis : est-ce que le Roi est du côté de ceux qui veulent des réformes et plus d’autonomie ? La réponse est non. Il est du côté de ceux qui veulent garder le statu quo. La monarchie est un atout pour les francophones qui veulent garder l’état actuel des choses. Quel choc
MAIS CERTAINS SONT DEROUTES CAR ILS PENSAIENT QUE LA N-VA AVAIT CHANGE, S’ETAIT ASSOUPLIE ET N’ETAIT PLUS SEPARATISTE – APRES SIX MOIS DE NEGOCIATIONS…
Changé ? Nous aurions changé ? Il faut être honnête : il y a une distinction à faire entre le fond de la pensée d’un parti et le modus operandi pour avancer sachant que nous vivons en démocratie et qu’on doit composer avec des visions différentes.
VOUS PARLEZ DE L’ART DE FAIRE UN COMPROMIS ?
Oui, c’est cela. On part d’une vision de base, comme celle du PS ou de la N-VA , et on essaye d’en réaliser suffisamment pour dire aux électeurs qu’on ne peut pas avoir 100 % de son programme, mais que ce qu’on a obtenu correspond au poids électoral dont on dispose. C’est un équilibre. Savoir dire : ça suffit pour l’instant et je suis prêt à défendre ce compromis.
MAIS LA QUESTION EST DE SAVOIR SI BART DE WEVER PEUT QUITTER “SA VISION DE BASE” ET BOUCLER UN COMPROMIS…
Je vous invite à relire ma note de clarificateur : c’est terriblement loin de la vision de base de la N-VA. Ce n’est pas la note de quelqu’un qui veut tout faire éclater, humilier les gens et faire la révolution. Je regrette que cette interview du "Spiegel" donne à certains le bâton pour me battre. Mais, excusez-moi, que Béatrice Delvaux (rédactrice en chef du "Soir", NdlR) , vienne essayer de faire monter la pression sur moi en disant qu’on va arrêter les négociations à cause de cette interview, c’est risible. Est-ce que les partis francophones sont sous les ordres du général Béatrice Delvaux ? On va bien voir s’ils l’écoutent et arrêtent la négociation.
ELIO DI RUPO DEMANDE SI BART DE WEVER VEUT UN ACCORD. VOTRE REPONSE ?
Je considère cela comme une réaction politique très intelligente. C’est un homme très intelligent et il en donne encore la preuve. Sombrer dans l’hystérie, ça ne sert à rien. Certains disent : De Wever nous insulte, etc., et demain ils sont à la table avec moi. Di Rupo, lui, me met sous pression. Il sait très bien que c’est un soupçon qui pèse sur moi tant chez les francophones que dans une partie de la Flandre : est-ce que la N-VA est capable de faire un compromis ? C’est une réaction très intelligente.
ET DONC, APRES SIX MOIS DE NEGOCIATIONS QUI TRAINENT, QUE REPONDEZ-VOUS ? AVEZ-VOUS LA VOLONTE DE BOUCLER UN ACCORD ?
Elio a raison : il faut dire clairement aujourd’hui ce qu’on veut. Johan Vande Lanotte est en régie. Nous avons déposé sur la table une solution sur un problème-clé : l’autonomie fiscale et la loi de financement. Chacun doit se prononcer et dire si une solution est possible. On ne négocie plus à sept mais tout le monde peut en témoigner : ce que je dépose sur la table, ce sont des propositions de compromis qui correspondent aux douze principes sur lesquels nous avons un accord. Donc, la N-VA a dit clairement ce qu’elle voulait.
MAIS COMPRENEZ-VOUS QU’APRES SIX MOIS, LES GENS EN ONT RAS-LE-BOL DE CES NEGOCIATIONS ?
C’est pour cette raison que je répète depuis des semaines qu’on doit conclure ! Mais ce n’est pas à moi seul de le faire, hein ! Je pense qu’il faut conclure : ça passe ou ça casse. Si on peut faire le grand saut vers un accord, je serai extrêmement heureux de le faire. Je sais que chez les francophones, personne me croit, mais c’est la vérité.
Ils doutent, effectivement…
Mais ce grand saut, il ne faut pas le faire parce qu’on en a marre de négocier mais parce qu’on est content du résultat, qu’on en est convaincu et qu’on peut le défendre devant son parti. Je ne vais jamais faire un saut parce que j’en ai marre de négocier. Jamais. Je ne ferai le grand pas que si je suis convaincu moi-même. Ce n’est pas un scandale de penser comme cela. Soit on peut faire le grand saut, soit on arrête. Pas seulement la N-VA , mais les sept partis. Si les sept peuvent le faire, tant mieux. S’ils ne peuvent pas, on ne va pas continuer à négocier à l’infini, ça ne sert strictement à rien.
Quelle est l’étape suivante en cas d’échec ?
C’est la raison pour laquelle personne ne veut arrêter. Personne ne voit clair sur le futur. On ne joue pas des jeux, ici. Ne pas trouver un accord, c’est une lourde responsabilité.
C’est donc plus compliqué que simplement retourner aux élections ?
Tout le monde soupçonne toujours l’autre d’avoir un agenda secret. Mais ce n’est pas le cas.
Donc, la N-VA n’est pas en campagne électorale ?
Absolument pas. Je suis convaincu qu’aucun des sept partis ne veut aller aux élections. On soupçonne toujours les autres de préparer un coup d’avance, mais je suis convaincu qu’ici, ce n’est pas le cas. La vérité, c’est que tout le monde essaye de poser des choix dans ce chaos quotidien. Après six mois, je dois dire que je ne reproche plus rien à personne. Nous sommes simplement devant une difficulté structurelle. Les francophones sont honnêtes, nous sommes honnêtes. Ils ont fait des ouvertures, nous pensons que ça ne va pas assez loin.
Après six mois, vous prouvez donc que la Belgique est ingouvernable ?
Pas ingouvernable. Mais c’est comme si on devait avancer dans le granit à mains nues. Ce n’est pas impossible, mais c’est extrêmement difficile.

.COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A CHACUN SA VÉRITÉ
« Je sais que chez les francophones, personne me croit, mais c’est la vérité. »
C’est en effet sa vérité. Celle des autres l’intéresse peu, voire pas du tout.
Charles Michel, le Brutus du MR, a la sienne de vérité : « Pour trouver une solution, c’est plus facile sans la N-VA »

Un internaute désabusé exprime une vérité souvent entendue : « Une attaque des spéculateurs cassera le PIB de la Wallonie de 15% et de la Flandre de 5%, les francophones devraient alors négocier avec BDW majoritaire en Flandre et avec une crise terrible, autrement dit ils se feront bouffer tout cru. Moralité la solution Michel-Maingain est une fausse bonne idée. Il faut donc négocier, et les francophones vont devoir accepter d'y laisser des plumes... Mais il vaut peut-être mieux perdre quelques plumes que d'être complètement déplumé... Une majorité fr. MR-PS serait à mon sens une meilleure base pour négocier. »
Christophe Deborsu donne une forme concrète à la « vérité wallone » dans un article publié au Standaard que nous reproduisons ici : « Terwijl meneer De Wever zijn geliefkoosde Vlaamse volk schade toebrengt, gedragen de Walen zich voorbeeldig »
Et Yves Desmedt de relativer ces diverses vérités “Maar het zou helpen als alle protagonisten toch een beetje een heel klein beetje hun tong eerst in hun mond zouden ronddraaien vooraleer de tegenpartij weer eens te schofferen, want dat maakt het alleen maar nóg onmogelijker”()

Grâce à ce formidable et interminable micmac médiatique où chacun crache sa vérité en cherchant à se profiler, l’image de la Belgique se ternit dangereusement et surtout, l’électeur désabusé est envahi par un cafard monstre dont immanquablement la démocratie à la belge fait et fera les frais. Mais n’est ce pas exactement ce que veut la N-VA : l’évaporation du royaume belge.
MG

CHARLES MICHEL : « POUR TROUVER UNE SOLUTION, C’EST PLUS FACILE SANS LA N-VA »
« Persister dans une négociation sans espoir avec Bart De Wever c’est déjà lui donner raison » a déclaré lundi Olivier Maingain, le président du FDF. Quant à Charles Michel, candidat à la présidence du MR, il a déclaré que « trouver une solution » sera « plus facile sans la N-VA ».

Le président du FDF, Olivier Maingain, a appelé lundi le PS, le cdH et Ecolo à clarifier leurs positions sur les négociations institutionnelles après les déclarations du président de la N-VA , Bart De Wever. Selon lui, il temps maintenant de se concentrer sur les priorités socio-économique et de constituer un gouvernement, même transitoire.

(…)Il sera plus facile de trouver une solution sur le plan communautaire et institutionnel sans la N-VA , a expliqué lundi le ministre de la Coopération et candidat à la présidence du MR, Charles Michel, sur le plateau du journal de la RTBF. »

WALEN GEVEN HET VOORBEELD
We weten nu, dankzij Bart De Wever, dat België de zieke man van Europa is. De diagnose - die hij nu tracht te relativeren - geldt vooral voor Vlaanderen, het tot voor kort enige gezonde gedeelte van het koninkrijk. Wallonië was al langer een junkie aan een Vlaams infuus, aldus BDW. Al lang uitgeteld, dus. Bericht aan de buitenlandse investeerders: kraan dicht voor het zieke Vlaanderen! Bericht aan de speculanten: kraak Vlaanderen! Met dank aan de N-VA, die geen regering wil, 'omdat we dan de volgende verkiezingen verliezen'. Eigen electoraal belang eerst, op kosten van de Vlaamse spaarder. Klaardere taal kan niet.
Terwijl meneer De Wever zijn geliefkoosde Vlaamse volk schade toebrengt, gedragen de Walen zich voorbeeldig. Vorige week keurde het Waals parlement het decumul-decreet goed. Daardoor zal maximaal een kwart van de gekozenen ook als burgemeester of schepen zetelen. Zo kunnen de parlementsleden zich voor 100 procent op hun kerntaak in Namen inzetten. De PS, het CDH en Ecolo wilden ook vermijden dat het Waals parlement een soort super Waalse gemeenteraad blijft, waar iedereen zijn lokale slag thuis haalt. Het stelt de Waalse meerderheid nu in staat in koor te scanderen: 'Zulke verregaande anticumul-regels vindt men nergens elders in België.' Behalve dat niemand elders in België het weet. Want niets hierover in De Standaard. Een slag in het water. De Maas loopt trouwens langs het Waals parlement. Een slag in het eigen gezicht.

Want de wijze waarop het decreet is tot stand gekomen getuigt allerminst van politieke cultuur nieuwe stijl. De socialist Claude Eerdekens, burgemeester van Andenne, stemde voor, maar schoot de tekst achteraf meteen af : Une connerie intégrale, zei hij in de Waalse tv-journaals. 'Maar voorzitter Di Rupo verwittigde alle fractieleden dat hij geen afwijkend stemgedrag zou dulden. Ik wil niet door de partij worden uitgesloten.' Partijdiscipline boven alles, terwijl het decreet de Waalse politieke zeden ethischer wil maken. Integrale tegenstrijdigheid.

De bezwaren van Eerdekens (en vele anderen) zijn pragmatisch. Op elke verkiezingslijst in de wereld staan politici met een stevige lokale verankering bovenaan, in België burgemeesters of schepenen. Uitzondering bij Ecolo, waar interne anticumul-regels al langer bestaan. Hoe dan ook, na de stembeurt, zullen veel Waalse gekozenen voortaan moeten kiezen tussen hun gemeente en Namen. Het ziet ernaar uit dat meer plaatsvervangers de Waalse assemblee zullen bevolken. Het zal haar tweederangse karakter nog vergroten. Maar het 'anticumul-decreet' moest bovenal aan het noorden des land (Bart De Wever incluis) tonen dat Walen het menen als ze claimen dat ze 'veranderd zijn'.

Die nieuwe voorbeeldige Walen vechten op alle fronten. De Waalse regering besliste zonet de provinciale vertegenwoordiging drastisch aan te pakken. Het aantal raadsheren over de vijf Waalse provincies zal van 336 naar 223 dalen. Ook minder gedeputeerden vanaf 2014: van dertig naar twintig. Alweer een hervorming die Vlaanderen nog niet doorvoerde. En wat blijkt? Alweer niets hieromtrent in De Standaard. Wat moeten de Walen dan doen om niet meer in de woestijn te preken? Beledigen of blunderen, misschien?

Probleem: Weinig Waalse politici kennen genoeg Duits om zich door Der Spiegel in de taal van Angela Merkel te laten interviewen.

Emily Hoyos (Ecolo), voorzitster van het Waals parlement, vond toch iets origineels. Ze verklaarde op RTL-TVi dat Laurent Gbagbo de wettige president van Ivoorkust is. Terwijl de internationale gemeenschap alleen Alassane Ouattara erkent. De liberale oppositie pakte haar hard aan. Voor Serge Kubla (MR) is Hoyos une erreur de casting. Maar wat blijkt? Geen spoor hiervan in deze krant.

Maar Emily Hoyos is, naast steun en toeverlaat van een Ivoriaanse slechte verliezer, ook een voorbeeldige Waalse. Getuige daarvan het middagmaal van de Waalse parlementsleden. Ze ruilde de traditionele warme maaltijden tegen karige (bio-)soep met brood. Woede van de oude garde. Maar de groene voorzitster kaatste terug: 'Ik zie me niet, zoals mijn voorganger José Happart, luidkeels roepen champagne pour tout le monde op kosten van de belastingbetaler. Ik wil de parlementsleden hun taak optimaal laten vervullen.' Ja, Walen geven het voorbeeld. Maar preken in de woestijn.

De onderliggende boodschap tegenover de Vlamingen klinkt steeds luider: 'We menen het als we zeggen dat we zoals jullie een nieuw België willen. Zoals een geliefde tegen zijn partner die het uitmaakt een laatste keer fluistert: 'Ik deed alles wat je me vroeg. Je verlaat me toch niet?'

Te laat. Volgens Bart De Wever 'valt België uiteen, met fatale gevolgen'. Dat fragment van het Der Spiegel-interview staat wel degelijk opgetekend in De Standaard. Het enige wat telt.

Christophe Deborsu is RTBF-journalist. Elke dinsdag komt in de Chronique Francophone een gezaghebbende Franstalige stem aan bod.

Er zit een zo opvallende systematiek in dat je je afvraagt hoelang het vol te houden valt. Met de regelmaat van de klok verpopt Bart De Wever zich tot een met de spierballen rollend Jerommeke, dat genadeloos de matrak bovenhaalt. In het interview met Der Spiegel is dit land de zieke man van Europa, zijn Walen mensen die aan het infuus van de transfers liggen als drugsverslaafden, en nog meer van dat in N-VA-kringen goedklinkende en waarschijnlijk diepgemeende volzinnen. Tot zover niets nieuws onder de zon. Maar durft iemand de toch niet onterechte opmerking maken dat zowel wat stijl als timing betreft dit niet de meest doordachte uitspraken zijn als je een akkoord wilt bereiken, dan wordt Jerommeke plots Calimero.

Want alleen slechtmenenden kunnen er immers bezwaar tegen hebben dat hij voor zijn mening zou uitkomen, en als je dat toch doet, kan dat alleen omdat je zoekt naar een alibi om de N-VA zo snel mogelijk te kunnen dumpen bij de regeringsonderhandelingen. Omgekeerd werkt het ook: wanneer Frank Vandenbroucke iets te luidruchtig telefoneert of een e-mail verkeerd stuurt, dan is dat niet zijn mening, maar weer een doelbewuste poging om de N-VA te schaden, zo niet te liquideren.

De ene dag is Bart De Wever de man die zijn medeonderhandelaars toesnauwt dat hij in wezen 80 procent van de Vlamingen vertegenwoordigt, de andere dag is hij de man van die kleine partij die door iedereen gezocht wordt. Het zal wel een moderne variant van het kaakslagnationalisme zijn, maar erg logisch klinkt het niet.

Natuurlijk is De Wever niet de enige die zich aan dit soort retoriek bezondigt. Zoals de N-VA-voorzitter in een interview verderop in deze krant zelf getuigt, zijn de meningsverschillen onder de onderhandelende partijen bijzonder taai, en zijn de zeden in de Wetstraat van nature al ruw. In die context wordt het ongelooflijk moeilijk om zelfs maar een begin van vertrouwen te creëren.

Maar het zou helpen als alle protagonisten toch een beetje een heel klein beetje hun tong eerst in hun mond zouden ronddraaien vooraleer de tegenpartij weer eens te schofferen, want dat maakt het alleen maar nóg onmogelijker. En wanneer ze oprecht tot de conclusie komen dat het echt onherroepelijk onmogelijk is geworden, dat ze er dan de stekker uittrekken en iets nieuws proberen.
Yves DesmetPolitiek commentator

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