mardi 14 décembre 2010

'Funemployed': chômeurs et fiers de l'être!

Nouvelle tendance venue tout droit des USA, le funemployement réunit de plus en plus d’adeptes dans nos contrées. Issu du mariage des mots ‘fun’ et ‘unemployement’ (chômage), ce nouveau mode de vie repose sur un principe tout simple: rester sans emploi pour mieux profiter de la vie.
"PAS DE JOB, PAS DE PROBLEME"
Selon le journal américain Los Angeles Times, qui s’est penché sur le phénomène, la crise a marqué la génération de jeunes travailleurs et remis en cause les modèles en vigueur dans la société actuelle, surinvestissement dans le boulot et heures supplémentaires à gogo.
Convaincus qu’ils feraient mieux de prendre du bon temps que de se sacrifier pour un patron, les ‘funemployed’, généralement des célibataires entre 20 et 40 ans, revendiquent leur droit à l’inactivité, à coups de badges et de blogs diffusant des slogans tels que "Chômeur heureux", "Pas de job, pas de problème", ou encore "Je regarde la télé toute la journée".
LOISIRS A PLEIN TEMPS
La définition donnée par l’Urban Dictionary au concept de ‘funemployment’ est claire comme de l’eau de roche : ‘Situation d’une personne qui exploite de sa condition de chômeur pour s’amuser et profiter de la vie’. Mais pas question de penser que les ‘funemployed’ passent leurs journées à glander pour autant! Bien au contraire, la plupart d’entre eux font en sorte d’avoir des journées bien remplies… mais remplies d’activités que l’on pourrait qualifier de loisirs plutôt que de professionnelles.
Certains retournent à l’école, pour s’enrichir de connaissances qu’ils n’avaient pas le temps d’acquérir du temps où ils étaient employés ou partent à l’étrangervolontariat. D’autres encore en profitent pour s’adonner à temps plein à leur hobby, que ce soit le golf, la batterie ou le jardinage.
pour découvrir le monde. D’autres préfèrent employer leur temps libre de manière utile en se consacrant, par exemple, à du Et au cas où il serait en manque d’idées sur la façon d’occuper leur temps, ils pourront toujours trouver l’inspiration sur www.fun-employment.com, un blog mis en ligne par trois ‘funemployed’ qui "savent que le meilleur boulot, c’est ‘pas de boulot’". L’objectif du site? Proposer des choses amusantes à faire pendant que les autres sont au travail. Tout un programme…
CONFORT DE VIE AVANT L’ARGENT
Bien évidemment, vient un moment où l’indemnité de licenciement est épuisée, et où les allocations de chômage ne suffisent pas à financer un tel mode de vie. Les ‘funemployed’ se voient alors obligés de se mettre en quête d’un nouvel emploi, sans se défaire toutefois de la philosophie qui gouverne à présent leur existence: "Faut-il travailler pour vivre ou vivre pour travailler?". Ils rechercheront donc des boulots plus épanouissants, moins exigeants, qui leur rapporteront moins d’argent, mais leur offriront malgré tout un plus grand confort de vie.
LE FUNEMPLOYMENT DEBARQUE
Le ‘funemployment’ a beau être né aux Etats-Unis il y a un peu moins de deux ans, nos contrées ne sont pas épargnées par ce phénomène de société. L’émission Envoyé spécial, diffusée sur France 2, s’est d’ailleurs penchée sur le sujet ce jeudi 25 novembre (voir la vidéo ci-dessous).
Parmi les représentants du mouvement ‘funemployment’ qui témoignent dans le reportage, Elodie, 29 ans, au chômage depuis un an. Funemployed à plein temps, Elodie est également l’auteur du blog ‘Mon amie chômeuse’. Elle y propose aux travailleurs de poster des activités qu’ils n’ont pas le temps de faire. Et comme elle ne manque pas de temps libre, elle, elle teste alors ces activités devant la caméra.
Le site fait un véritable buzz, avec plus de 30.000 visiteurs par mois et la blogueuse, dont l’agenda commence à être bien chargé, surfe sur la vague du succès, avec notamment un partenariat avec le journal Marianne. Elle n’en tire pour l’instant aucune rémunération, mais c’est sans aucun doute le début de la gloire. Alors, le ‘funemployment’, la nouvelle voie vers le succès?
Extrait du reportage "Pas de travail, pas de problème", Envoyé Spécial du 25 novembre

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVRE ET TRAVAILLER AUTREMENT
C’est une métamorphose individuelle qu’accompagne une révolution collective. Peut-être en est-elle le signe avant coureur : un symptôme de décadence ou de renaissance ? C’est toute la question !
Qui a vu le film Copacabana (Marc Fitoussi, sorti en 2010) possède une partie de la réponse.
De quoi s’agit-il ? Babou, quinqua déjantée (Isabelle Hupert), ancienne baba-cool qui se soigne, a gardé sa belle singularité au fil des années, au grand dam de sa fille, Esmeralda. Cette dernière, entichée de « normalité » (boulot, métro, dodo), annonce à sa mère son mariage prochain ainsi que son souhait de ne pas y inviter sa maman qui lui fait honte.
Babou meurtrie décide sur le champ de prouver à sa fille qu'elle est capable de se racheter une conduite, notamment en trouvant un travail ( « funemployement ») et part aussitôt à Ostende vendre des appartements en multipropriété.
Jamais elle n’a vécu pour travailler. Cette fois elle apprend à travailler pour vivre. Pour le reste elle ne rêve que de convivialité avec les paumés et de grandes escapades au Brésil « où on vit pour rien ».
Elle se fait virer pour bonne conduite morale : elle a prêté un des apparts à deux jeunes sans abris sympa ; touche le pactole, mise tout sur le « quatorze » au casino d’Ostende (la roulette de la vie) et c’est le jackpot happy end avec mariage chic pour la fille et départ pour le Brésil pour la fille.
Ce film délicieux est une allégorie sur un mode mineur d’un monde qui change sur un mode majeur.
Curieusement, c’est ici la mère qui rue dans les brancards, pas la fille.
Les quinquas en goguette seraient-ils les révolutionnaires de demain ?
MG

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