dimanche 19 décembre 2010

La grande pagaille des universités francophones

Décidément, en Belgique, rien n'est simple. Mettre d'accord trois Régions, des clubs de foot de D1 ? Impossible. Mais même lorsqu'il s'agit de réunir quatre universités, pourtant toutes d'obédience catholique, localisées dans un mouchoir de poche vu d'Europe (Mons-Bruxelles-Louvain-la-Neuve-Namur !), cela capote. Une malédiction semble s'abattre sur tout corps belge dès lors qu'il veut s'unir à un autre pour se renforcer et s'affirmer face à la concurrence européenne.
Ce qui valut pour les banques belges il y a dix ans, est en train de se répéter pour les universités, aujourd'hui.

Six ans après le regroupement en « académies », le monde universitaire belge francophone est dans le flou total.

L'académie ULB ne sait toujours pas si elle va englober Mons, qui fait sécession avec la bénédiction muette d'Elio Di Rupo. Et depuis vendredi, l'académie Louvain ne sait plus si son avenir se conjugue à trois ou à quatre, dès lors que quelques-uns, à Namur, viennent de tout faire imploser. Le ministre en charge, lui, délivre un message sibyllin sur ses intentions et ses convictions. La lumière, à ce stade, ne viendra pas de lui.

Le vote intervenu à Namur, refusant la fusion avec les trois universités sœurs, est évidemment démocratique et suit les règles. Mais au final, cette situation d'incertitude, tant dans l'académie ULB qu'à l'UCL, est hautement préjudiciable. Aucune des universités francophones ne sait avec clarté de quoi son avenir sera fait. Quelles collaborations entre quelles facultés ? Quels étudiants sur quels campus ? Et les recherches : regroupées, pas regroupées ?

Les négociations menées ressemblent aux rounds infinis des hommes politiques pour refonder la loi de financement. Ce qui se joue ici, ce n'est pas du foot. Ce sont les forces et l'élite de demain, les jeunes francophones et leur avenir, qui sont les otages de cet imbroglio. Cela réclame autre chose que des jeux de pouvoir et des tergiversations sans fin.

Il faut rapidement concrétiser des stratégies claires, ambitieuses et compétitives face à l'étranger. Cela exige des certitudes.

Nous en sommes désormais très loin.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUEL CIRQUE !
Nous vivons à l’ère du provincialisme triomphant. Surtout pas question de changer quoi que ce soit, on est tellement bien chez soi, entre soi ! Tendre une passerelle vers l’autre ? Pas question ! Touche pas à mon université ! Touche pas à ma faculté ! Et surtout pas d’économie d’échelle !

Un exemple extrême Le montois Di Rupo, au demeurant grand belgicain parmi les belgicains, veut sa gare mégalo, son Mons capitale de l’Europe et désormais son pôle universitaire, rien qu’à lui.

Essayons de raisonner à l’envers du courant dominant. Imaginons, par pure hypothèse, une université francophone brabançonne unique et restructurée (UCL-ULB- Saint Louis, le cas échéant avec la VUB ) dispensant de nombreux cours en anglais et animée d'un esprit franchement interculturel voire cosmopolite.

Quid des engagements et des antagonismes philosophiques ?

Qu'on m'explique quelle est la différence entre de la chimie, des maths, de la physique, polytech UCL-ULB ? Surtout y a dans les deux universités de mini facultés telles que la géographie par exemple qu’on pourrait d’office regrouper en une plateforme unique. Bruxelles, ville de la connaissance aurait tout intérêt à bénéficier d’un pôle universitaire unique puissant et de haute qualité. Il semble bien que les esprits ne soient pas mûrs pour cela. Le seront-ils jamais. Ce sont les impératifs financiers et budgétaires qui auront le dernier mot. Et plus vite qu’on ne l’imagine.
MG

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