mardi 21 décembre 2010

La photo qui fait jaser la Toile

La Belgique, ses tensions et dérives, en un cliché, sur le Net. Choc.

BRUXELLES Pour tout vous dire, c’est un fidèle lecteur webovore (un certain Lionel D.) qui attirait notre attention sur la naissance du phénomène, dès dimanche soir. Quelques heures plus tôt, un site (une page, plutôt) web voyait le jour : www.belgianwar.com. En quelques heures à peine, la photo pleine page, postée sur le site avait été vue par 3.500 personnes. Et tournait plein pot, sur Twitter ou Facebook.

“Aujourd’hui, ce chiffre a encore fortement augmenté” , nous confiait l’homme derrière le déclencheur de cette sulfureuse, mais esthétiquement sublime fresque (à mi-chemin entre la Liberté guidant le peuple de Delacroix et Le Radeau de la Méduse ).
Qui donc ? Alexis McDrew, photographe indépendant, qui shoote pour Paris Match en Belgique, et dont le nom commence à s’imposer. Souvenez-vous : les photos de Papa Daerden en Jules César, c’était lui. “Ma démarche, ici, était de proposer une rétrospective belge, en 2010, en un seul cliché. Et de laisser les gens réagir, et se faire leur propre histoire. Après, la guerre, et l’actu, sont fort présents : la jeune fille qui tient le prêtre en joue , De Wever et sa gaufre, Di Rupo… Le nu, c’est pour l’esthétique” Et le drapeau qui brûle ? “Trop choquant, selon certains. Pas pour moi. Regardez qui tient le drapeau…”
On n’a sûrement pas fini d’en parler. (DH)
(Alexis Carantonis)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
THIS IS NOT A BELGIAN WAR
Plus d’un esthète, plus d’un galeriste me l’ont confirmé, si le cinéma est l’ « art pilote » du XXsiècle, en revanche, la photographie risque bien d’être celui du XXIème. La preuve : cette mise en scène audacieuse et hyperréaliste qui incite à l’interprétation. Elle suggère plus qu’elle n’explique. On pourrait paraphraser Magritte et sous titrer l’image : « ceci n’est pas une guerre des Belges. » ou affirmer à la de Wever (c’est lui qui tient d’une main notre drapeau national en feu et de l’autre sa gaufre de Liège) « de bello non gallico »
Belgica gît à terre, nue. A moitié morte, elle est menacée par un fusilier blessé au torse nu, casqué à l’anglaise.
Une autre, nue également, est coiffée d’une sorte de voile ; une fillette menace un prêtre d’un fusil et Di Rupo est dans le rouge avec son nœud pap ; un noir lève la main gauche comme pour arrêter le massacre.
Le ciel est noir de menaces, la terra belgica est comme brûlée.
Mais où donc est passé notre roi ?
MG

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