mercredi 22 décembre 2010

le sexe des anges

Le désaccord concernant la manière de réformer la loi de financement est frappant. Ces dissentiments portent sur des aspects techniques. Certains partis ne jurent que par la technique des « split rates », d'autres privilégient les additionnels. Des partis marquent vivement leur opposition aux crédits d'impôt. Pour d'autres, ceux-ci sont parfaitement acceptables. Or les différences entre ces techniques sont minimes. Elles font penser aux discussions byzantines sur le sexe des anges. Il n'empêche qu'elles sont grossies à souhait. Des partis n'hésiteraient pas à en faire un point de rupture.
PAUL DE GRAUWE Professeur d'économie internationale à la KU Leuven
Il est clair que ces modalités qui divisent les partis flamands pourraient être résolues très facilement. Mais ces disputes techniques cachent un problème plus grave. En fait, Bart De Wever ne veut pas d'accord. Il l'a dit dans le passé et redit dans l'interview qu'il a accordée cette semaine au magazine Der Spiegel. Si la N-VA entrait maintenant au gouvernement, les nationalistes flamands perdraient très probablement les prochaines élections. Il est très difficile de retirer un avantage politique d'un discours technique sur la loi de financement. De plus, les inévitables revers de la médaille liés à un compromis reviendront comme un boomerang sur la N-VA. Celle-ci est donc plutôt acquise à de nouvelles élections. Un retour aux urnes permettrait à Bart De Wever de se poser de nouveau en chevalier blanc de la Flandre et de désigner la Wallonie comme l'ennemie. Cette tactique lui a fort bien réussi jusqu'à présent. Pourquoi donc cette stratégie éprouvée en viendrait-elle à rater ses effets ?
Les autres partis ne sont pas dupes. Ils redoutent que la popularité de Bart De Wever augmente encore. Mais aucune formation n'ose prendre l'initiative de faire sauter les négociations, parce que, cette fois-ci et c'est nouveau, les marchés financiers risquent de réagir négativement. Les disputes techniques sont là pour cacher cette réalité. Aussi joue-t-on à la diversion. En attendant que la partie adverse commette des fautes pour pouvoir passer à l'attaque. Tout le monde temporise et s'occupe à décrocher la pole position en vue de la prochaine bataille électorale.
C'est la débâcle de la politique ! Les Flamands méprisent la politique belge, en croyant que le monde politique flamand fait mieux. Or ils devraient réaliser que cette croyance a perdu toute sa pertinence.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN FAIT DE WEVER NE VEUT PAS D’ACCORD
«S’il y a dans l’aspirine effervescente qu’est la Belgique un élément qui ne se dissoudra pas de soi, c’est bien Bruxelles. ». On est bien d’accord mais comment alors résoudre le problème bruxellois en dehors d’une tutelle des communautés dont les habitants ne veulent à aucun prix ?

BART DE WEVER : « JE SUIS EPUISE »
DIRK VANOVERBEKE
Dans un entretien accordé à l’Humo, Bart De Wever a reconnu être « VIDÉ, PSYCHOLOGIQUEMENT ET PHYSIQUEMENT ». Le président de la N-VA a également constaté que les Wallons ne réagissaient « pas négativement quand l’autorité s’attribuait des prébendes ».

Bart De Wever a fêté ses 40 ans mardi. Le président des nationalistes flamands a accordé, pour l’occasion, une longue interview dans la dernière édition du magazine Humo.

L’homme le plus populaire de Flandre avoue qu’il est au bout du rouleau : « Ça fait six mois qu’on se heurte à un mur, sans savoir si on y arrivera, sans connaître les conséquences ni ce qu’en dira l’électeur. Je ne me plains pas mais c’est très dur ! Dantesque pour quelqu’un qui a mon caractère. Leterme a sombré lui aussi, alors qu’il est physiquement plus résistant que moi et très fort mentalement. Je suis un sceptique, toujours en recherche. Celui qui me qualifie de radical, convaincu d’avoir raison, me connaît mal. Chaque argument peut me faire douter. Je ne devrais pas le dire, mais JE SUIS EPUISE. PHYSIQUEMENT ET MENTALEMENT. J’ignore ce qui se passera dans les prochaines semaines. Il faut une percée, mais je ne sais pas si cela réussira. Et j’ignore ce que seront les conséquences d’un échec. Cela me hérisse. J’aime m’appuyer sur ma connaissance du passé pour décrypter l’avenir. Mais maintenant ? Je ne vois pas. »

Le patron de la N-VA revient sur Bruxelles. L’os. « S’IL Y A DANS L’ASPIRINE EFFERVESCENTE QU’EST LA BELGIQUE UN ELEMENT QUI NE SE DISSOUDRA PAS DE SOI, C’EST BIEN BRUXELLES.

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