mardi 14 décembre 2010

Le tourisme raffole de la belgitude

Henri de Giey a misé sur des valeurs sûres telles que le chocolat et la Grand-Place. Une étonnante success story basée sur l'industrie du tourisme.

Comme au bon vieux temps. A la « Belgique gourmande » de la rue de l'Etuve, le typiquement belge est de rigueur. Quatrième magasin de l'enseigne, il appâte désormais les touristes aussi facilement que la lumière attire les papillons. Une histoire belge qui tourne bien.
Du faux vieux à la Grand-Place pour mieux attirer les touristes
Henri de Giey, 45 ans, a un don : il inspire confiance. Blond, le visage passe-partout, il incarne le bon sens. D'origine flamande, il parle un français impeccable et un anglais qui coule de source. Mais derrière son visage jovial, se cache un homme d'affaires avisé. Il a derrière lui un beau parcours : Xerox (les photocopieuses), puis la « Chocolate Company » sise à l'aéroport de Bruxelles qui fit les délices des magasins hors taxes. C'est après la disparition de la Sabena qui fit chuter ses ventes qu'il a misé avec succès sur la belgitude.

Henri de Giey rassure d'autant plus qu'il admet s'être fourvoyé. Comme lorsqu'il ouvrit un court moment une boutique à Wijnegem (le plus grand centre commercial belge) : « Je m'étais fié aux 10 millions de clients annoncés. En oubliant que, contrairement aux touristes avides de chocolat qui ne viennent qu'une fois à Bruxelles, les Flamands de Wijnegem n'achètent pas toutes les semaines des pralines ».

Henri de Giey prend peu de risques. Ce n'est pas un hasard si « La Belgique gourmande » s'est installée galerie de la Reine , à la Grand-Place ou à 50 m de Manneken Pis. Et puis, l'homme, un vendeur-né, vous enrobe comme une fontaine de chocolat : « Savez-vous qu'à peu près toutes les décorations des bistrots de la Grand-Place datent de l'Expo universelle de 1935 ? Le mot d'ordre était de mettre du faux vieux partout pour attirer les touristes ». Le faux vieux est toujours là. Et les touristes aussi.

A « La Belgique gourmande », tout n'est que chocolat et l'amande grillée embaume l'air. Ici, on travaille la belgitude. On la met dans les pralines onctueuses à l'abri des ballotins. Elle est dans les nougats, dans les spéculoos et dans les cuberdons. D'accord, l'ambiance est un peu racoleuse. On ressasse les clichés que l'on emballe de jolies boîtes en fer griffées Magritte. Le bois est rugueux et rustique, la brique est espagnole. Et si la vieille caisse enregistreuse et les gravures à l'ancienne forcent un peu la note, il règne ici une douce chaleur confortable et rassurante. Manifestement, les touristes raffolent de « la Belgique gourmande ». C'est dans nos vieilles casseroles qu'on fait les meilleures soupes…

Etonnante success story que celle de cette enseigne. On connaît les difficultés des PME bruxelloises confrontées aux guichets de banque qui se referment. Les niches technologiques et informatiques sont saturées tant la concurrence est féroce. Henri de Giey, fondateur de « La Belgique gourmande », est allé à à contre-courant et a misé sur les hordes de touristes qui arpentent la galerie de la Reine puis remontent la rue de la Colline vers la Grand-Place. Lançant le concept il y a cinq ans à peine, Henri de Giey détient aujourd'hui, avec son acolyte Vinod Gautam, quatre magasins sous l'enseigne « La Belgique Gourmand » et deux boutiques sous l'enseigne « Belgian Beer ». Tous sont situés dans le quartier touristique de la Grand-Place et distribuent un assortiment de produits gastronomiques bien de chez nous (chocolats, biscuits et confiserie).

L'homme d'affaires détient aussi dans le quartier la « Cure gourmande », qui sent les bonbonnières et les sucettes. Au total, cela fait pas mal d'emplois, un chiffre d'affaires de 6,5 millions d'euros et 11 magasins (6 à Bruxelles, 2 à Bruges et 3 à Paris).

La réussite de « La Belgique Gourmande » aurait été impossible sans le coup de pouce de la Région. La SRIB (Société régionale d'investissement) est intervenue, lui donnant sa caution aux banques. Sa filiale B2E vient encore de lui venir en aide (un prêt de 875.000 euros), pour acquérir son magasin de la rue de l'Etuve. Pratiquement en face de Manneken-Pis.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BELGIQUE GOURMANDE ET BELGITUDE JOYEUSE

Au risque de passer pour un rabat joie et malgré l’apport socio économique de l’opération Belgitude Joyeuse et gourmande, je trouve confondante la manière dont Bruxelles se prostitue sur le plan touristique.

Commençons par l’envahissement annuel des baraquements en planches destinés à abriter des marchés de camelote pour touriste pompeusement baptisés marchés de Noël.

Poursuivons avec le son-lumière sponsorisé de la Grand Place , il est franchement d’un goût douteux qui dénature le cachet inouï de la plus belle place du monde. Quant aux rues avoisinantes, elles sont devenues repoussantes de laideur avec leur alignement de boutiques cheap à pitas et à durums dégoulinants de graisse. Mais en finale rien n’est plus débectant que les environs immédiats du manneken pis. Rien de plus déprimant que cette rue de l'étuve!

On finira par comprendre pourquoi les Tour opérateurs évitent Bruxelles au profit d’ Amsterdam, de Copenhague ou de Berlin. Heureusement et malgré l’effondrement du quartier Louise Porte de Namur, il reste le Sablon, Flagey et le quartier Dansaert.

Avant toute autre chose, Bruxelles a besoin d’un plan lumière cohérent commun au 19 communes ainsi qu’un véritable lifting de City Imaging.
MG

BRUXELLES CULTIVE SON IMAGE DE CAPITALE DE L'EUROPE
Bruxelles est le siège des plus importantes institutions de l'Union européenne, ce qui ne lui confère pas pour autant un véritable statut de capitale européenne. Faire de Bruxelles la capitale de l'Europe, nécessite encore beaucoup d'efforts. En effet, les citoyens doivent le ressentir aussi bien de raison que de cœur. Mais comment y arriver ?


Aussi Bruxelles est-elle souvent perçue comme le symbole d'une Europe bureaucratique, peu démocratique et trop centralisée. Comment Bruxelles pourrait-elle se défaire de cette image négative et se faire accepter par tous les Européens en tant que capitale légitime de l'Europe?

Ces questions sont à la base d'une étude réalisée par COSMOPOLIS, City, Culture & Society (groupe d'étude interdisciplinaire de la VUB ) soutenue financièrement par la Région de Bruxelles-Capitale.

Selon les chercheurs, la solution se trouverait dans une sorte de 'CITY IMAGING' durable pour Bruxelles en tant que capitale de l'Europe : Bruxelles n'a pas uniquement besoin d'un projet urbanistique ambitieux (ayant un impact sur la réalité urbaine), mais il serait également nécessaire d'améliorer la qualité de la communication vers le citoyen ('branding').

Une partie importante de cette étude indique la façon dont la capitale est "vécue" par les fonctionnaires européens. A cette fin, un questionnaire a été rédigé ; celui-ci est actuellement soumis à un nombre représentatif de fonctionnaires de la Commission européenne. L'enquête étudiera l'image qu'ils ont de Bruxelles, la manière dont s'est déroulée leur intégration, l'organisation de leurs loisirs, leurs attentes, …

Les enquêteurs souhaitent aussi examiner l'empreinte laissée par la présence de ces Européens sur l'"identité bruxelloise" et dans quelle mesure ils contribuent aujourd'hui au développement de la ville. La question des perspectives pour Bruxelles est également au centre de l’étude : comment pourrions-nous sensibiliser davantage les Européens à la construction d'un projet de ville bruxellois ?

Les résultats de cette enquête seront également très utiles à d’autres fins. Les différentes autorités pourront les exploiter notamment pour améliorer l'accueil, la qualité de vie et les conditions de travail des fonctionnaires. Ils pourront également contribuer à corriger l'image stéréotypée de « l'Eurocratie » présente

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