lundi 17 janvier 2011

Armand De Decker: "Exclure la N-VA serait irréaliste"

Par Vincent Rocour

Armand De Decker (MR) estime qu’il faut associer les libéraux à la négociation, mais sans exclure la N-VA. Il dit préférer le candidat Bacquelaine pour le MR.
Entretien
Le sénateur MR Armand De Decker a failli s’étrangler en lisant l’interview de Charles Michel dans " La Libre " du week end. Imposer les libéraux à la table de négociation, c’est pour lui une bonne chose. Mais demander, comme Charles Michel, que ce soit sans la N-VA, c’est "assez maladroit à ce stade". Une sortie qui semble avoir convaincu M. De Decker de préférer Daniel Bacquelaine comme prochain président du MR.
Charles Michel plaidait samedi pour des négociations institutionnelles avec les libéraux, mais sans la N-VA. C ’est la première fois qu’un libéral francophone s’exprime aussi nettement que cela. Vous êtes d’accord ?
Cela me paraît maladroit de faire une telle proposition à ce stade. Le problème aujourd’hui, c’est que l’on persiste à vouloir négocier avec les 7 mêmes partis, qui ne se sont d’ailleurs plus parlé tous ensemble depuis le 4 septembre. Il est évident que pour que quelque chose change, il est temps d’associer la famille libérale à la négociation.
Pour vous, la formule à 7 ne marchera jamais ?
Elle ne marchera pas pour une raison très simple : elle n’est pas équilibrée. Vouloir la faire aboutir, c’est vouloir faire entrer dans le prochain gouvernement 3 ministres N-VA entourés de 12 ministres de gauche. Et cela, la N-VA ne le fera pas.
Inviter les libéraux, c’est une façon de retrouver un certain équilibre, c’est cela ?
Exactement. N’oublions pas que pour la N-VA , qui est quand même le premier parti de Flandre, les objectifs socio-économiques sont aussi importants que les objectifs institutionnels. Nombre de ses électeurs ne savaient sans doute même pas qu’ils votaient pour un parti séparatiste. Mais vouloir faire un gouvernement sans la N-VA est pour le moment irréaliste. Nous ne sommes pas en mesure d’exclure qui que ce soit. Et c’est bien pourquoi la déclaration de Charles Michel est maladroite à ce stade. Ce n’est que si la formule avec les libéraux conduit à l’échec qu’on peut envisager de former un gouvernement d’union nationale classique. Car alors, mais alors seulement, on aura démontré que la N-VA ne veut rien.
Pensez-vous que les autres partis sont d’accord d’ouvrir le jeu aux libéraux ?
Elio Di Rupo lui-même en a parlé. Et je suis sûr que ce n’était pas une parole en l’air. Il est évident qu’après 6 mois, on peut conclure que la formule à 7 ne marchera pas et qu’il faut se préparer à autre chose. N’oublions pas que la famille libérale est la deuxième famille politique du pays.
Jusqu’à ce week-end, l’Open VLD préférait l’opposition. C’est cela qui a changé, non ?
C’est certain. Il y a une évolution de ce côté-là. On ne peut plus dire que l’Open VLD ne veut pas y aller. C’est le résultat du dialogue constant que nous avons entre libéraux du nord et du sud du pays.
Une formule avec les libéraux suppose l’éviction d’un ou plusieurs partis actuellement associés à la négociation. Qui ?
Si nous entrons, il y aura sans doute un groupe qui décidera d’en sortir de lui-même. Et ce pourrait être Groen ! et Ecolo. C’est possible.
Jusqu’à accepter de se retirer des majorités régionales ?
Mais ce n’est pas la question à ce stade. Ce qui compte pour l’heure, c’est de sauver l’Etat belge. Pour le reste, et les conséquences de la formation du gouvernement sur les majorités régionales, il faudra voir plus tard. Ce n’est pas la priorité. Il ne faut pas unir les problèmes à ce stade. On n’en est plus là. Il faut donner un gouvernement à la Belgique, un gouvernement qui peut gérer la crise économique et financière.
Si on vous convie à la négociation, accepteriez-vous de partir de la note du conciliateur Vande Lanotte ou voulez-vous une page blanche ?
J’ai parcouru la note du conciliateur. Il y a certainement de bonnes choses. Mais ne me demandez évidemment pas de l’accepter telle quelle. C’est le résultat d’une négociation entre les 7 partis. La question de Bruxelles et celle de la périphérie n’ont certainement pas été bien négociées à ce stade. Mais je suis persuadé que pour ce problème, il est possible de trouver des formules plus équilibrées, permettant aux Flamands et aux francophones de sortir la tête haute de cette histoire.
Comment jugez-vous alors la sortie de Charles Michel ?
Je ne comprends pas. Je crois que c’est un jeune candidat à la présidence du MR qui veut se positionner. En tout cas, ce qu’il a dit n’est pas conforme à ce que pense la majorité du MR.
C’est une sortie non concertée ?
Non concertée et maladroite.
Il y a deux candidats à la présidence du MR : Charles Michel et Daniel Bacquelaine. Lequel de ces candidats a votre préférence ?
Ce sont indiscutablement deux hommes de qualité. Je suis sûr que Charles Michel se renforcera au fil du temps. Mais ce qui vient de se passer, avec cette interview à " La Libre ", me fait craindre un certain "jeunisme", qui est un mal de plus en plus présent dans la politique belge aujourd’hui. Prenez Alexander De Croo à l’Open VLD, qui a indiscutablement fait une erreur en faisant tomber le gouvernement. Prenez encore Wouter Beke au CD&V. On a des gens à des postes clé de la politique belge qui sont très très jeunes. Dans ce contexte-là, Daniel Bacquelaine, qui a 12 ans d’expérience au plus haut niveau à la Chambre , qui est sans doute moins spontané, mais très talentueux, excellent orateur, ferait un bon président aujourd’hui comme Charles Michel ferait un bon président, mais peut-être devrait-il attendre encore un peu.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« POUR UNE FOIS DE DECKER DIT DES CHOSES SENSEES »
« Pour une fois De Decker dit des choses sensées. » commente un internaute lucide. Et de justifier son commentaire « Faire un gouvernement sans la NVA n'est possible que si ce gouvernement peut devant les électeurs présenter un bon rapport sinon les partis flamands seront encore plus petits et la NVA plus grande.
Il faudrait donc pour les francophones aller bien plus loin dans les réformes que ce qu'ils admettent aujourd'hui. »
C’est le bon sens même. La Belgique est l’otage de Di Rupo qui, jusqu’il y a peu, ne voulait pas entendre parler d’un élargissement en direction du MR et forcément du VLD à l’exclusion des verts.
Mais attention il y a au moins deux obstacles : d’abord il y a le cactus Maingain dans la poche du potentiel négociateur MR. Ensuite il faudrait que Di Rupo accepte de négocier de nouvelles alliances (sans les verts) à la Région wallone, à la Communauté française et à Bruxelles. On en est loin.
A moins que les marchés ne mettent le feu aux poudres en minant le pouvoir d’achat de tous les Belges.
Depuis le 13 juin, nous sommes persuadé que cette crise de régime-la plus aiguë- depuis la question royale-ne saurait se résoudre sans les bleus.
C’est évidemment ce que redoute le PS qui depuis trois ans au moins forme cartel avec le CDH et les Verts.
Pour Di Rupo, le grand danger ce n’est pas De Wever mais un bloc De Wever-Reynders qui le minorisarait au fédéral et lui ferait perdre sa position dominante dans les gouvernements régionaux. Il est urgent que le MR sorte de sa guerre de succession interne pour recouvrer sa crédibilité. MG
“De bittere vaststelling blijft dat niemand van de onderhandelaars, die het nu toch al meer dan een half jaar hebben over responsabilisering van de deelstaten en de burgers, die responsabilisering op het eigen handelen durft te betrekken. Het blijft in deze lethargische uitputtingsslag wachten op de eerste die echt zijn verantwoordelijkheid durft te nemen: door een akkoord te sluiten, of door eruit te stappen.”

'LOS HET OP' EN 'GEEF NIET TOE'
Meer dan ooit zit de Wetstraat gevangen in de schizofrenie tussen 'Los het op' en 'Geef niet toe'. Allebei lovenswaardige verzuchtingen, maar helaas in een consensusmodel niet verenigbaar. Maar wat wel blijkt uit de welig tierende burgerinitiatieven, is dat het deel van de publieke opinie dat een oplossing wil, stilaan een stem gevonden heeft en dat het publieke debat niet langer alleen aangevoerd wordt door de herauten van het eigen Grote Gelijk.

Tegelijk zit men gevangen in de schizofrenie tussen het besef dat men stilaan echt begint te rammelen met de welvaart van dit land en al zijn bewoners, de wetenschap dat men België bewust in het vizier brengt van internationale speculatie, en de vrees dat men de eigen partij zware schade zal toebrengen als men als eerste een stukje van het eigen grote gelijk durft op te geven.

Bovendien is het inhoudelijke debat verdrongen door het strategische: niet meer zozeer de wil om een akkoord te bereiken primeert, maar wel de vraag wie voor het mislukken daarvan de zwartepiet zal oprapen. De anderen hopen dat de N-VA er zelf uittrekt, zodat nieuwe mogelijkheden zich openen, de N-VA hoopt dat de anderen haar eruitgooien, zodat ze met onbezoedeld blazoen verder kan.

De bittere vaststelling blijft dat niemand van de onderhandelaars, die het nu toch al meer dan een half jaar hebben over responsabilisering van de deelstaten en de burgers, die responsabilisering op het eigen handelen durft te betrekken. Het blijft in deze lethargische uitputtingsslag wachten op de eerste die echt zijn verantwoordelijkheid durft te nemen: door een akkoord te sluiten, of door eruit te stappen.
(Yves Desmet)

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