jeudi 6 janvier 2011

Belgique : les indépendantistes flamands menacent de faire échouer le compromis

Sept partis impliqués dans des discussions censées servir de prélude à la formation d'un gouvernement devaient, mercredi 5 janvier, donner leur avis sur ce rapport longuement mûri. Les observateurs attendaient surtout la prise de position de la Nouvelle Alliance flamande (NVA, droite indépendantiste), le premier parti de Flandre.
Dans la soirée de mercredi 5 janvier, le parti de Bart De Wever a formulé des "observations fondamentales quant au contenu et à la portée" du texte qui lui était proposé. Il les a transmises aux six autres partis, attendant leurs réactions. C'est en fonction de ces dernières que la NVA décidera si elle poursuit, ou non, les discussions, a-t-elle expliqué.
La formation indépendantiste, qui a déjà menacé à plusieurs reprises de rompre le dialogue, tente donc rejeter sur d'autres la responsabilité d'un éventuel échec de la mission de M. Vande Lanotte.
"ÉQUILIBRER LE PROJET FINAL"
M. De Wever n'est toutefois pas seul à formuler des objections. Le CD&V (chrétien démocrate et flamand) réclame, lui aussi, des adaptations sur des "points essentiels". Du côté francophone, des amendements seront déposés par le Centre démocrate humaniste (CDH) afin de "préciser et équilibrer le projet final".
Le PS, qui se réunissait dans la soirée, a appelé à une reprise immédiate des discussions institutionnelles et à la formation d'un gouvernement. Du côté écologiste francophone, on disait "oui, mais" au texte, en réclamant toutefois une reprise rapide du dialogue entre les communautés, interrompu depuis le début du mois d'octobre.
Après plus de deux cents jours de crise, il est urgent, selon les partis francophones, de songer désormais à la formation d'une coalition qui devrait, notamment, définir un plan de redressement des finances publiques.
Même s'il est soutenu par sa propre formation (le SPA, socialiste flamand) et les écologistes flamands de Groen!, M. Vande Lanotte semble assez clairement désavoué. Il devra décider rapidement s'il poursuit ou non la mission que lui a confiée le chef de l'Etat. Les objections de la NVA et du CD&V, alors même que son texte avait été jugé plus défavorable aux francophones qu'aux Flamands, semblent toucher au fond de ses propositions.
BHV ET BRUXELLES EN DÉBAT
Ces dernières envisagent un transfert d'une série de nouvelles compétences (la justice, l'emploi, une partie de la sécurité sociale, le statut des fonctionnaires…) aux régions. Quelque 26 % de l'impôt seraient régionalisés.
L'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) serait scindé, avec maintien de droits électoraux et administratifs pour une partie de la population francophone vivant sur le territoire flamand. Bruxelles, troisième région qui connaît des difficultés financières et sociales serait partiellement refinancée.
Enfin, la note envisage la suppression du Sénat, appelé à devenir un "carrefour des régions" et la limitation du budget de la famille royale : seuls le roi et le prince héritier bénéficieraient, dans un avenir assez lointain, d'une dotation publique. Le statut financier des élus serait revu à la baisse.
Ce sont les points concernant BHV et Bruxelles qui suscitent, apparemment, le plus de réserves de la NVA et du CD&V.
Jean-Pierre Stroobants

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE JOUEUR
Tandis que la Belgique retient son souffle, que chacun se prononce sur la note clef de Johan Vande Lanotte, Bart De Wever non seulement se garde bien de prendre position mais il apparaît sur les écrans de la VRT dans un jeu télévisé débile : « de slimste mens van de wereld » où il amuse la galerie avec un taux d’audience inouï.
Cet homme est un joueur. Comble de dérision, il remporte le jeu ! Seul Michel Dardenne oserait en faire autant.
Cet homme joue avec notre avenir, comme Chaplin avec le globe terrestre dans le Dictateur.
Est-ce que ce mec est sérieux ?
MG

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