samedi 8 janvier 2011

Dans le mur

Deux cent huit jours, un clarificateur, un préformateur, un conciliateur, trois notes, des milliers d'articles de presse et rien, nada, niets. L'impasse, le cul-de-sac. Pire : la Belgique est dans le mur.

Quelle solution ? Qui appeler pour reprendre le gouvernail et sortir des eaux ce bateau qui sent le naufrage ? Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Prolongation de Vande Lanotte, désignation de Didier Reynders, prise de responsabilité de Bart de Wever – il s'est dit prêt –, initiative commune de Wever-Di Rupo, élections, etc. Toutes ces choses sont envisageables. Mais le problème n'est hélas pas celui-là.

Outre la très très très grosse fatigue qui nous saisit soudain à la pensée de reprendre tout à zéro, de changer de méthode, de repartir d'une feuille blanche… – mais bon s'il le faut, on le fera –, C'EST SURTOUT LE SENTIMENT QUE CELA NE VA RIEN CHANGER, QUI TUE.

Car ce ne sont pas des dossiers précis, des points concrets qui séparent les partis francophones, de deux partis flamands, la N-VA et désormais le CD&V. Ce sont des conceptions profondément différentes, des positions idéologiquement opposées sur des points fondamentaux liés à l'avenir de ce pays, sa structuration et la manière de le réformer. Que changera l'arrivée du MR dans une négociation où le CD&V refuse que Bruxelles soit reconnue comme Région à part entière et une N-VA qui souhaite la scission de BHV sans concession ?

Que change la prolongation de l'un, la nomination de l'autre si, six mois, un clarificateur, trois notes… plus tard, on ne sait toujours pas répondre à cette question : la N-VA veut-elle d'un accord ? Pire, à cette question permanente se sont ajoutées désormais depuis mercredi des interrogations fondamentales sur les projets du CD&V pour ce pays et sur le sens des responsabilités de ce parti qui semble soudain avoir perdu pied.

« Il faudra un jour que les partis franchissent ce pas (faire un compromis, NDLR), dans l'intérêt de la prospérité de notre pays. C'est la mission démocratique la plus difficile mais la plus essentielle que les partis politiques ont à remplir. » Cette phrase concluait jeudi le discours de Johan Vande Lanotte. Pas sûr qu'elle soit partagée par MM. De Wever et Beke, dont les pas semblent dictés par le seul destin flamand.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE ROUGE ET LE NOIR
Il semblerait selon la Libre que ce sont Chris Peeters, Stephan Van Acker et Yves Leterme qui ont incité Beke à « flinguer » la note Vande Lanotte en vue de « flamandiser » l’image de leur parti en détresse.. Tous les regards sont désormais tournés vers le MR. Reynders est sorti de son silence, le cactus Maingain a mis un bœuf sur sa langue et Louis Michel est devenu invisible. La libre reparle de la rencontre des excellences MR avec De Wever et son lieutenant Sigfried Brake chez Bruneau. On y aurait ourdi une noire conspiration contre les rouges de Wallonie et de Flandre.

Un lecteur perspicace commente :
Bart De Wever est en train de devenir le leader incontestable de la droite largement majoritaire en Flandre. Son message politique est très clair, il est plus libéral que libéral et défend une rationalisation des dépenses, une responsabilisation des citoyens à tout les niveau, bref une politique à l'allemande (largement appréciée par l'électorat flamand) ».
Le contraste entre le wallon Elio et le Bart flamand est saisissant : « le rouge et le noir ». On se retrouve dans un cas de figure qui, toute chose étant égales, rappelle celui de la dramatique crise royale. A l’époque une Flandre très à droite avait dit oui au retour du père d’Albert II tandis qu’une Wallonie plus rouge que rouge y avait opposé son veto. La Flandre noire a plié et cédé devant la Wallonie rouge sous la menace d’une insurrection.
Aujourd’hui les républicains sont du côté flamand tandis que le PS, dans son souci de « maintenir l’intégrité du territoire belge » se montre plus monarchiste que le roi.
Il faut un arbitre.
Didier Reynders, très affaibli dans son propre parti mais dopé par ses succès sur le parquet européen a proposé de siffler la fin de la mi temps. Après avoir sorti de sa poche cartes rouges et cartes jaunes, il lance un ballon d’essai aussi bleu que sa bannière libérale : une formule « pour apaiser les marchés » et s’assurer, in extremis, un avenir politique. Reste à voir si le taureau De Wever réagira plus favorablement à la muleta bleue qu’à la muleta rouge
MG

REYNDERS VEUT UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE AUX COMPETENCES LIMITEES
Dans plusieurs journaux flamands, Didier Reynders a plaidé pour un gouvernement provisoire. Malgré des compétences limitées, ce gouvernement pourrait rassurer les marchés.

Le président du MR, Didier Reynders, plaide samedi, dans plusieurs journaux flamands, pour la constitution d’un gouvernement provisoire doté de compétences limitées, afin d’apaiser les marchés financiers pendant les négociations communautaires. Au Laatste Nieuws, il affirme que ce gouvernement pourrait être mis en place jusqu’à l’été.

Selon M. Reynders, qui est aussi ministre des Finances, l’évolution des marchés financiers est inquiétante pour la Belgique. « C’est pourquoi nous devons travailler dans les prochains jours à un gouvernement, avec un programme limité, pour régler les questions budgétaires et peut-être d’autres problèmes urgents, comme l’asile et l’immigration », selon l’interview donnée au Laatste Nieuws. « Cela se pourrait via de nouveaux accords avec le gouvernement d’affaires courantes ».

Ce dernier ne dispose toutefois pas de majorité du côté flamand. « C’est pourquoi nous devons aussi conclure des accords avec la N-VA sur ce programme limité », poursuit-il.

Le gouvernement provisoire n’aurait, dans l’idée de M. Reynders, qu’une durée limitée. « Pour quelques mois, jusqu’à la fin de la crise et jusqu’à ce qu’il y ait un accord sur la réforme de l’Etat », estime-t-il. Mais « sans accord d’ici l’été, il faudra tirer les conclusions. Et peut-être aller aux élections », conclut M. Reynders.
(Belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RETOUR DE LA DROITE AGRESSIVE ?
Philippe Moureaux qui n’est jamais avare d’un bon mot, le traita un jour de « banquier de rupins ». Un lecteur qui visiblement l’apprécie modérément, commente «C'est un drogué du pouvoir, sa suffisance légendaire, ses coups fourrés, ses manoeuvres au cours des discussions passées, son droitisme si compatible avec la droite agressive d'un De Wever »
CHEZ BRUNEAU: MENU COPIEUX, ADDITION SALEE
Fin août 2010 : Bart De Wever n’en peut plus de la négociation à 7. Il invite le MR à se mettre à table. Le leader nationaliste ne digère pas bien les confidences libérales. Entre Di Rupo et lui, la confiance se brise.
D’un côté, le clan N-VA: Bart De Wever, Sigfried Brake, l’ancien journaliste devenu député N-VA et un proche de Bart De Wever. De l’autre, le clan MR: Didier Reynders, Louis Michel et Jean-Claude Fontinoy, un ami de Reynders, président du Conseil d’administration de la SNCB holding. L’homme a ses habitudes chez Bruneau.
Que diable font-ils ensemble alors que Bart De Wever négocie depuis plus de deux mois avec 6 autres présidents de parti, les présidents du PS, du CDH, d’Ecolo, de Groen !, du CD&V et du SPA. Tous mais pas les libéraux. C’est que les négociations patinent depuis plusieurs jours. Bart De Wever n’y croit plus. D’ailleurs, DEPUIS LE DEBUT, C’EST AVEC LES LIBERAUX ET SINGULIEREMENT LES LIBERAUX FRANCOPHONES, QU’IL VOUDRAIT NEGOCIER...
Pour le MR, la N-VA est un parti respectable qui défend, sur le plan socio-économique, des idées exactement calquées sur celles des libéraux flamands. Un parti autonomiste, certes. Une tendance que le MR ne partage pas mais peut comprendre lui qui a dans ses rangs les anciens du Rassemblement wallon et un FDF, parti régionaliste bruxellois. Seul point noir : cette proximité “brune” de certains membres de la N-VA , une dérive que l’on déteste chez les libéraux
Lors d’un débat organisé fin mai 2010 à Bruxelles, Louis Michel et Bart De Wever se sont violemment heurtés. . ( La Libre )

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PEUPLE RENACLE
« ...notre système électoral engendre le chaos fruit d'une particratie peu ragoûtante ...
Le peuple en a marre de tous ces parvenus ...qui ne pensent qu'à leur carrière et à leur pognon... »

« Le repas chez Bruneau. Que doivent penser les observateurs étrangers à qui on explique qu'un pays est au bord de l'éclatement à cause d'une rencontre entre personnalités politiques de 2 partis? »
Et tout le monde de retenir son souffle en attendant une initiative royale.
On peut imaginer que les blackberries chauffent les oreilles du personnel politique de haut niveau.
Il y aura de l’ambiance sur les plateaux de télévision dimanche midi.

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