samedi 15 janvier 2011

De Gucht relativise l’importance de la N-VA

Karel de Gucht, commissaire européen et l’une des figures de l’Open Vld, a décrété jeudi sur Eén (VRT) que si la N-VA n’était pas en mesure de conclure un compromis, d’autres partis pourraient s’y atteler. D’autre part, il rappelle que le parti de De Wever ne représente finalement "qu’un petit 30 pc dans la moitié du pays".

"Si la N-VA , pour des raisons politiques que je respecte, n'est pas en état actuellement de conclure un compromis sur la réforme de l'Etat, alors il faut penser à d'autres solutions", et cela vaut pour "tous les autres partis", a déclaré Karel de Gucht.

Par cette déclaration, M. De Gucht détonne dans le discours flamand, jusqu’à présent uni autour de la participation de Bart de Wever au compromis. Une nouvelle sortie, signe de son franc-parler, qui arrive le lendemain d’un discours musclé qui mettait en garde la classe politique belge sur les risques qu’elle fait encourir au pays.

"Je crois que Bart De Wever, pour une fois, a raison. Soit on s'en sort à très court terme et alors je comprends que cela se fasse selon ses critères, qui sont intenables selon moi. Soit on doit passer à autre chose", a commenté M. De Gucht, dont le parti avait provoqué la chute du gouvernement Leterme II au printemps dernier.



LA N-VA, SIMPLEMENT LE FRUIT D’UN MECONTEMENT FLAMAND
À la question de savoir si les autres partis pouvaient se passer de la plus grande formation politique du pays, Karel De Gucht a relativisé la puissance de la N-VA. Certes , "tous les partis (flamands, ndlr) craignent énormément" de se passer de la N-VA , mais "en réalité, la N-VA représente un petit 30 pc dans la moitié du pays".

À ses yeux, le succès des nationalistes flamands aux législatives du 13 juin dernier doit surtout être vu comme un vote traduisant le "mécontentement justifié" de la Flandre face au refus francophone exprimé depuis plusieurs années de réformer l'Etat.
(Le Vif.be, avec Belga)

LES BOURGEOIS DE CALAIS SONT FRANCOPHONES
Marc Uyttendaele Constitutionnaliste

En 1347, six bourgeois de Calais, pour sauver leur ville assiégée depuis onze mois, se sont présentés aux Anglais en chemise et la corde au cou. Ils leur ont remis la clef de la Cité , et les Calaisiens furent saufs. Mais Calais devint ville anglaise pour plus de deux cents ans. Voilà la méthode que certains responsables politiques francophones veulent utiliser pour résoudre la crise de régime que traverse aujourd’hui la Belgique.

Plus précisément, ils proposent, à l’instar du leader de N-VA, d’en revenir à une page blanche, de ne pas prendre comme point de départ la situation institutionnelle actuelle, mais d’examiner ce que francophones et Flamands peuvent ou veulent encore faire ensemble. Ceux-là ont lu la Constitution et ils y ont trouvé l’article 35. Cette disposition prévoit que « l’autorité fédérale n’a de compétences que dans les matières que lui attribuent formellement la Constitution et les lois portées en vertu de la Constitution même. Les communautés ou les régions, chacune pour ce qui la concerne, sont compétentes pour les autres matières, dans les conditions et selon les modalités fixées par la loi (spéciale) ». Il est également prévu que cette disposition ne pourra être mise en œuvre qu’après une nouvelle révision de la Constitution qui définira les compétences de l’autorité fédérale. L’article 35 est donc purement incantatoire, sans effet juridique aucun. Il a été inscrit, en 1993, dans la Constitution à la seule fin de convaincre les parlementaires de la Volksunie – ancêtre de la N-VA – de soutenir une réforme qui parachevait le modèle fédéral belge. C’était une manière de dire aux nationalistes flamands que leur heure n’était pas venue, mais qu’un jour peut-être… Il est donc étrange que ce soient des responsables politiques francophones qui proposent aujourd’hui de donner vie à une disposition constitutionnelle qui, dans l’esprit de l’essentiel de ses auteurs, devait rester lettre morte. L’article 35 est donc inapplicable sans révision constitutionnelle préalable. Il suppose, en outre, un choix crucial. Faut-il délaisser les compétences aux régions ou aux communautés ? Le texte constitutionnel ne le précise pas. Or répondre à cette question est impossible, ce qui démontre le leurre d’une solution présentée comme un « Sésame » des problèmes existentiels de la Belgique. Qui peut croire, en effet, que les Flamands accepteront que toutes les compétences aillent aux régions, et notamment à la région niée et honnie de Bruxelles-Capitale ? Qui peut croire que les francophones accepteront que toutes les compétences aillent aux communautés, niant ainsi l’existence de cette région centrale qu’ils ont voulue à part entière et dont l’existence a été conquise de haute lutte ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Un internaute commente : Très bien Marc, mais c'est quoi exactement ta vision du futur de la Belgique , de la Communauté Francaise , des régions wallonne et bruxelloise ? Car si tu n'as pas encore compris que les Flamands ne veulent des francophones ( et pas seulement son parti leader) , il est temps d'ouvrir les yeux. Face à leur dessein, quel est celui du PS et de ses succursales ?

« Voilà comment pourrait se présenter le dialogue entre l’homme fort de la Flandre et les partis francophones. Ceux-ci poseront les questions et celui-là apportera les réponses :

– Pouvons nous gérer la sécurité sociale, ensemble ? Non, sauf peut-être les pensions.

– Pouvons-nous, ensemble, gérer la Justice , l’Intérieur, la sécurité ? Non, je ne le sens pas.

– Pouvons-nous au moins gérer en commun la fiscalité, celle des personnes physiques et des entreprises ? Non, c’est une assez mauvaise idée.

– Mais alors que pouvons-nous encore faire ensemble ? La défense nationale, d’ailleurs l’armée belge est déjà largement flamandisée et peut-être un peu d’Affaires étrangères. Et si vous le voulez vraiment, on peut aussi gérer en commun la protection animale pour autant que cela ne porte pas atteinte à la politique agricole flamande…

Voilà à quoi mène la « méthode miracle » proposée par d’aucuns. C’est une manière d’offrir à la N-VA , à peu de frais et à vitesse accélérée, la réalisation de son programme.

Pour sauver la Belgique , il n’y a donc pas d’autre méthode que celle qui est utilisée aujourd’hui. A défaut, les partis francophones se transformeront en bourgeois de Calais, une ville qui, à la suite de leur initiative, fut pendant deux siècles sous domination étrangère. »

Un autre vitupère : « Très bien Marc, mais c'est quoi exactement ta vision du futur de la Belgique , de la Communauté Francaise, des régions wallonne et bruxelloise ? Car si tu n'as pas encore compris que les Flamands ne veulent des francophones ( et pas seulement son parti leader) , il est temps d'ouvrir les yeux. Face à leur dessein, quel est celui du PS et de ses succursales ? »

Et un troisième de s’inscire en faux contre ce raisonnement « La démonstration de l'argument me semble bien courte. C'est une charge contre les libéraux francophones. Quand on défend l'intérêt général, j'aime qu'on soit honnête. Ce n'est pas parce qu'on pose des questions que les réponses que l'on y apportera seront la loi de demain. Mais cela a l'avantage non négligeable d'une clarté vraiment indispensable dans toute négociation. Je ne dis pas que la méthode d'aujourd'hui n'est pas la bonne, je n'en sais rien. Mais cette querelle entre francophones est médiocre et même bien plus "calaisienne" que le fait de se concerter au préalable entre francophones (y compris donc les libéraux). »

En conclusion, de 2 choses l'une ! Soit le programme de la NVA est réellement scandaleux, et l'on se demande alors pourquoi vous négociez avec depuis 8 mois. Soit il ne l'est pas et dès lors la méthode Reynders a au moins le mérite de rendre clair et compréhensible pour tout le monde le futur qui nous attend de toute façon. Car, selon De Gucht, « le succès des nationalistes flamands aux législatives du 13 juin dernier doit surtout être vu comme un vote traduisant le "mécontentement justifié" de la Flandre face au refus francophone exprimé depuis plusieurs années de réformer l'Etat. »

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