samedi 15 janvier 2011

Le décret inscriptions en partie annulé

On vient d’apprendre que la Cour constitutionnelle a annulé une disposition importante du décret organisant les inscriptions en 1re année secondaire. Par Pierre Bouillon

Les inscriptions reposent désormais sur une série de critères, comme, parmi d’autres, la distance domicile de l’élève/école secondaire, distance domicile/ancienne école primaire, distance ancienne école primaire d’origine/école secondaire.

La Cour annule la disposition relative à la distance ancienne école primaire/école secondaire. D’après le décret, si cette distance est inférieure à 4 kilomètres , l’élève se voit gratifié d’un indice favorable, augmentant ses chances d’être inscrit dans l’école secondaire qu’il convoite.

Épaulée par l’avocat Vincent De Wolf, la commune de Villers-la-Ville avait attaqué le décret à l’été. Elle a fait valoir qu’il n’existe pas d’école secondaire à moins de 4 kilomètres de ses écoles primaires et que, dès lors, les enfants scolarisés dans la commune sont pénalisés. La Cour constitutionnelle a suivi ce point de vue. Elle annule l’article incriminé. Mais elle accorde un délai à la Communauté française pour réécrire le décret. Le décret devra être revu d’ici décembre 2011, signale la Cour. En d’autres termes, le texte, inauguré au printemps dernier, sera d’application cette année-ci, avant d’être corrigé.

Si la Cour ne conteste qu’une disposition du texte, celle-ci est cependant centrale, dans le dispositif mis au point. Il est encore un peu tôt pour savoir si cette annulation partielle conduira la ministre de l’Éducation Marie-Dominique Simonet à repenser le décret dans sa globalité ou à simplement rectifier la disposition incriminée.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ECHEC AU DECRET
Il y a le fond et la forme.
Commençons par la forme : une légère toilette de pure forme du décret n’en changera pas la nature profonde, autrement dit le fondement.
Sur le fond : les écoles de la Communauté française, comme les écoles de France et de Navarre, sont les plus élitaires d’Europe. Parce que fondées sur une sélection des élèves qui équivaut à inscrire les meilleurs élèves dans les bahuts de bonne réputation (c'est-à-dire à hait taux de réussite dans le supérieur). On y accepte que la crème de la crème, autrement dit on y pratique une ségrégation de caractère social et par conséquent indirectement ethnique. Le pari de Marie Dominiquer Simonet c’est de diminuer le taux d’échecs et de redoublement en mélangeant les élèves de toutes origines. Autrement dit, pour elle, les classes homogènes sont mortes, vivent les classes hétérogènes ( « mixifiées ») et les écoles à discrimination positive. Les adversaires de ces décrets ont beau jeu d’affirmer que celui-ci est une manière de faire tomber la fièvre en cassant le thermomètre.
La discussion est ouverte.
Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance des réactions des lecteurs :
« La politique de "l'échec à l'échec" est à mon sens la première chose à revoir... comment voulez-vous qu'un élève soit motivé pour travailler si il peut réussir en ne foutant rien? ...après ça, rien d'étonnant à le voir se complaire dans un chômage de longue durée où on le paie aussi pour ne rien faire... Pour qu'un élève travaille, il faut qu'il ait une motivation et/ou une crainte de sanction (échec)... et cela n'a rien à voir avec le fait que son voisin en classe ait un père qui gagne le million ou le smic, ni même qu'il soit blanc, noir, jaune ou vert... »

»La base même de ce décret "mixité sociale" est une solide ânerie. Je ne vois pas en quoi cela pourrait améliorer la qualité de l'enseignement que de mélanger les "vilains riches à qui on a enfin arraché leurs vilains passe-droits" et les "pauvres malheureux qui se faisaient rejeter partout malgré une forte envie de travailler"... Je pousse la caricature, mais ce n'est pas loin de la majorité de ce que les gens écrivent sur ce sujet... c'est à faire peur... »
A faire peur en effet !
MG

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