jeudi 20 janvier 2011

N-VA : occuper l'espace médiatique...

La chose peut paraitre curieuse... mais en pleine négociation politique la radio publique flamande "concède" une émission journalière... au numéro 2 de la N-VA : Het dagboek van Siegfrid Bracke que l'on pourrait traduire "au jour le jour : chronique de Siegfrid Bracke"...
Imaginez Philippe Moureau tenir une chronique journalière dans Matin Première...
Mais ce n'est pas tout : Bart De Wever, himself... tient tous les quinze jour une autre chronique... dans le premier media flamand de presse écrite : De Standaard.
C'est comme si Elio Di Rupo avait sa carte blanche bi-mensuelle dans Le Soir...
C'est Berlusconi en Flandre...
Alors, comment ne pas s'interroger sur la communication de la N-VA ?

Entre un président sur-médiatisé et un vice-président professionnel des médias depuis plus de 30 ans, l'alliance est détonnante.
D'autant que si l'on s'en tient aux commentaires de l'époque, le passage de Sigfrid Bracke de la VRT à la N-VA a été longuement soupesé, estimé, calculé !

Sigfrid Bracke passe de la parole aux actes : il n'est pas à la N-VA pour y faire de la figuration.

En juillet 2010 déjà, il se faisait protecteur de Bart De Wever "Si un otage commence à éprouver de la sympathie pour son ravisseur alors que celui-ci menace sa vie, que ne pourrait-il alors se passer à une table de négociations entre Flamands et francophones, entre gens de centre droite et socialistes ? » (De Standaard, 21 août)

De allerslimste mens, diffusé en pleine crise, montre un président de la N-VA à l'esprit subtil et enjoué...
Peut-il en être autrement à la table de négociation ?
L'aura de Bart De Wever fait recette...
Si Sean Connery a eu un certain mal à quitter la peau de James Bond, Bart De Wever bénéficie aux yeux des téléspectateur flamands du statut de slimste man de la négociation.

La tactique de la N-VA semble être d'occuper le champ médiatique à tout propos :
En juillet-août, elle réclamait le transfert des allocations familiales, des soins de santé et de la politique de l’emploi.
En août-septembre, il fallait y ajouter la loi de financement.
En septembre octobre les entités fédérées devraient avoir au moins 50 % d’autonomie fiscale propre.
Mais aujourd'hui, Bart De Wever ressert le plat : il faut transférer désormais la politique de l'emploi, toute la politique de l'emploi aux régions.

Avec un double message de la N-VA : Bart De Wever fait passer le message que la discrétion est la meilleure garantie de succès, tandis que son numéro 2 se répand en confidences...
Vous en doutez ?
Consultez donc le compte rendu d'Alain Gerlache sur le timing d'une précédente manoeuvre...

Bart De Wever et Sigfried Bracke, c'est désormais comme Tintin et Milou, Jo et Zette, Lucky Lucke et Joly Jumper, Blake et Mortimer... deux stars de l'imaginaire virtuel...
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COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CERTES OUI MAIS…
Tout ceci est exact mais il faut ajouter que ceci n’est pas le seul fait de la N-VA.
Rik Torf a sa chronique dans De Standaard et Louis Toback la sienne dans De Morgen et Guy Verhofstadt n’est pas avare de cartes blanches.
Il est vrai que la N-VA donne l’impression d’avoir le don d’ubiquité.
Les politiciens du sud du pays semblent donner la préférence à l’interview.

1 commentaire:

Ann Dejean a dit…

Génial cette analyse !!!