samedi 12 février 2011

Begin

Yves Desmet

De revolutie heeft haar grootste doel bereikt, de vraag rijst nu wie de vruchten zal plukken. Wordt vicepresident Suleiman, in wezen niet veel meer dan een kloon van Moebarak en een man met behoorlijk wat folterbloed aan de handen, gewoon de nieuwe naam op het oude regime? Neemt het leger de macht in handen, definitief of voor een overgangsperiode? Komen er verkiezingen, en zo ja, welke maatschappelijke kracht zal de overhand krijgen? Betekent dit een intrede in de democratische moderniteit of wordt de revolutie naar Iraans model gekaapt door islamitische geestelijken? Het zijn vragen waarop nog geen zinnig antwoord te geven valt. Maar de verheugende vaststelling die nu al wel kan gemaakt worden is dat het geen natuurwet dient te zijn dat de Arabische wereld enkel door dictatoriale of autoritaire regimes kan geleid worden. Dat ook daar, dankzij een jonge en hoger opgeleide bevolking, de stem van het volk niet langer kan genegeerd worden. Laten we daar samen met de honderdduizenden op het Tahrirplein even bijzonder blij over zijn.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MODERNISATION DE L’ISLAM OU ISLAMISATION DE LA MODERNITE ?
Jamais la question de Mohammed Arkoun n’a été posée en termes plus clairs qu’en ce début d’année. L’année de tous les dangers.
Nous pensons, en toute candeur, mais aussi en toute rigueur, que la probabilité de la modernisation de l’islam selon le modèle turc a plus de chance de triompher dans le Nord de l’Afrique et le monde arabe que le modèle iranien d’islamisation de la modernité.
Nous vivons sous le règne de l’improbable et tout peut arriver, le pire comme le meilleur. Mais comme le pensait Hölderlin “Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.”
MG

BEN ALI, MOUBARAK: ET DE DEUX! AU SUIVANT?
Le tsunami démocratique qui a emporté Ben Ali et Hosni Moubarak pourrait-il s’étendre à d’autres régimes autoritaires en dehors du monde arabe ? En d’autres termes, le basculement historique auquel nous assistons est-il lié essentiellement aux conditions spécifiques qui règnent dans les pays arabes ou s’agit-il d’un phénomène plus large qui pourrait s’étendre à des pays comme Cuba, le Gabon, la Birmanie , la Chine ou la Corée du Nord ?

Le politologue américain Samuel Huntington avait tenté de théoriser sur ces « vagues démocratiques » depuis le 19ème siècle et il ressortait de sa théorie (très contestée par d’autres chercheurs) que ces phénomènes étaient fortement liés aux traditions politiques, aux évolutions économiques et à la culture des pays concernés.

Les années 1970 virent ainsi la fin des vieilles dictatures du sud de l’Europe : la Grèce des colonels, le Portugal de Salazar-Caetano, l’Espagne franquiste.

Les années 1980 furent marquées par le retour de la démocratie en Amérique du Sud : l’Argentine en 1983, le Brésil en 1985, le Chili en 1990.

En 1989, la chute du Mur de Berlin provoqua la chute des dominos dans l’espace soviétique et l’Europe de l’Est. Mais si elle bouscula en Afrique les régimes de parti unique qui s’étaient alignés sur Moscou, elle n’affecta pas Cuba ni la Corée du Nord.

Dans ces trois exemples, même s’il y eut des interactions entre les milieux dissidents des pays concernés, les politologues hésitent, toutefois, à parler de phénomène d’imitation.

A l’inverse de la thèse de la « contagion », les printemps démocratiques peuvent provoquer des glaciations autoritaires dans les régimes qui se sentent menacés. En Chine, l’année 1989 fut marquée par la répression brutale du mouvement de la place Tien an men. A Cuba, l’affaissement du régime soviétique provoqua un durcissement du gouvernement castriste.

Aujourd’hui, si les politologues évoquent avec prudence des scénarios de contagion démocratique au-delà du monde arabe, les gouvernements autoritaires concernés n’ont pas les mêmes doutes intellectuels. La plupart prennent des mesures qui témoignent de leurs inquiétudes. Certains s’efforcent de cacher à leur opinion les événements d’Afrique du Nord, d’autres en soulignent les dangers pour la stabilité ou la prospérité, d’autres encore jouent sur la corde patriotique et dénoncent le complot des puissances occidentales.

Ainsi, la Chine s’est-elle empressée de bloquer les mots-clés subversifs des moteurs de recherche sur Internet. Cuba, de son côté, a condamné l’ingérence des Etats-Unis en Egypte, tandis que l’Iran, inquiète d’un remake à la sauce Tahrir des protestations postélectorales de 2009, vient d’arrêter des dirigeants de l’opposition et de brouiller le signal des chaines internationales.

Certes, peu d’observateurs se sentent à même de prédire sur quel type de régime débouchera le départ de Moubarak : une dictature militaire, une récupération par les Frères musulmans, une maturation politique débouchant sur un vrai processus démocratique ? Le sphinx égyptien garde ses énigmes.

Il n’empêche que la Révolution du jasmin en Tunisie et la Révolution du Nil en Egypte ont démontré une aspiration universelle à la liberté. Ceux qui proclamaient hier que les droits humains étaient une invention ou une importation occidentales se retrouvent aujourd’hui Gros-Jean comme devant, perplexes, mal à l’aise et inquiets.

Les Révolutions tunisienne et égyptienne, nous confiait un diplomate européen expert de l’Amérique latine, ont sans aucun doute donné des idées à ceux qui contestent les régimes gérontocrates, autocrates et kleptocrates. « ELLES INSPIRENT EN PREMIER LIEU LES JEUNES EDUQUES, BRANCHES ET TECHNOPHILES, QUI SE SONT RECONNUS DANS LES REVENDICATIONS ET LES MODES D’ACTION DE LA GENERATION INTERNET DE LA PLACE TAHRIR », ajoutait-il.

Selon ce spécialiste de la démocratie business, les régimes les plus menacés pourraient être ceux qui ont atteint un niveau d’éducation appréciable et qui comptent une population jeune lassée de l’autoritarisme, de l’immobilisme et du paternalisme de ses patriarches. En d’autres termes, concluait-il, un régime comme celui des frères Castro à Cuba devrait davantage craindre ce printemps démocratique arabe que la dynastie nord-coréenne. A suivre… Le blog de Jean-Paul Marthoz

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