samedi 5 février 2011

Bruxelles, je t’aime/Brussel, ik hou van jou

Il est faux de dire que le CD&V est contre le renforcement de la Région de Bruxelles-Capitale. Pour Brigitte Grouwels, un transfert intégral de compétences aux Régions mettrait le modèle fédéral entier en cause.

Cette semaine encore, le chef de l’opposition dans le Parlement bruxellois, Didier Gosuin (FDF), a tenté de faire éclater la majorité en prétendant que le CD&V ne respecterait pas l’accord de gouvernement bruxellois dans les discussions institutionnelles fédérales. C’était une manœuvre plutôt transparente, mais on ne peut pas en vouloir à Monsieur Gosuin de tenter de mener l’opposition. Ce qui est moins compréhensible est le fait que certains, supposés surveiller et exécuter avec nous l’accord de gouvernement jouent, dans ses cordes et osent prétendre que l’opposition a raison.

Il est correct que le CD&V rejette l’introduction de listes bilingues pour les élections régionales à Bruxelles et que nous refusons la régionalisation de la politique des familles et la scission entre les Flamands bruxellois et la Communauté flamande. Celui qui relit la note Octopus du gouvernement bruxellois précédent et l’accord du gouvernement actuel constate que ces sujets y sont totalement absents. Le CD&V respecte donc parfaitement les engagements de l’accord de gouvernement. Nous sommes à vrai dire préoccupés par le fait que certains souhaitent jeter par-dessus bord ces accords convenus.

Il est d’ailleurs faux de dire que le CD&V serait contre le renforcement de la Région de Bruxelles-Capitale. Cependant, nous souhaitons rester au sein du modèle fédéral belge composé de Régions et de Communautés. Lorsque des compétences territoriales sont défédéralisées, celles-ci doivent être transférées aux Régions et donc également à la Région bruxelloise. Mais lorsqu’il s’agit de matières culturelles ou personnalisables, celles-ci doivent être transférées aux Communautés. Celui qui a l’outrecuidance de mettre ceci en doute et qui souhaite tout transférer exclusivement aux Régions, met le modèle fédéral entier en cause.

Quiconque connaissant un peu l’histoire institutionnelle de Bruxelles, sait parfaitement pourquoi des listes bilingues lors des élections régionales sont inacceptables, pour nous et pour la majorité des Flamands bruxellois et des partis flamands-bruxellois. Ceci signifierait l’abandon de toutes les garanties dont disposent les Flamands bruxellois et placer les élus flamands-bruxellois sous curatelle francophone. Nous rejetons en effet une telle offre de reprise francophone de nos institutions flamandes-bruxelloises propres. Cela revient d’ailleurs à détruire les éléments les plus fondamentaux du compromis sur lequel est basée la Région de Bruxelles-Capitale. Et on oserait nous blâmer de ne pas assez respecter la Région bruxelloise ? Ce n’est pas sérieux. Notre modèle belge de concertation est fondé sur le respect mutuel entre les groupes linguistiques, au niveau fédéral et dans la capitale.

Le CD&V attache également une attention très particulière au rôle et à la responsabilité des deux grandes Communautés dans leur capitale commune. Premièrement, les Bruxellois néerlandophones et francophones ont pleinement le droit de bénéficier sur un même pied d’égalité de la politique développée par leurs Communautés respectives. Deuxièmement, il serait absurde d’isoler Bruxelles, qui connait une gigantesque croissance démographique, en ce qui concerne la politique familiale, la garderie, l’enseignement… des deux grandes communautés de notre pays. Enfin, dernier point et non des moindres, Bruxelles doit rester pour nous le symbole d’union de tous les Belges et donc également entre les deux grandes Communautés de notre pays. Ceux qui souhaitent négliger les Communautés au sein de Bruxelles, préparent en réalité la scission du pays, le plan B auquel certains – pas le CD&V – reviennent régulièrement. N’est-ce d’ailleurs pas un peu étrange que ceux qui crient au plus fort « Bruxelles, Région à part entière « - détachée des Communautés – soient souvent les mêmes que ceux qui plaident pour un axe renforcé Wallonie-Bruxelles ? N’est-ce pas une tentative assez flagrante de faire de Bruxelles une Région purement francophone comme préparation d’une scission de la Belgique ?

Les chrétiens démocrates flamands étaient également à la source de la Région de Bruxelles-Capitale. Nous aimons Bruxelles et nous souhaitons en faire une Région encore plus forte, dynamique et combative pour tous les Bruxellois. D’ailleurs, cette réforme bruxelloise interne, afin d’aboutir à une meilleure répartition des compétences entre la région et les communes, est bel et bien reprise dans l’accord de gouvernement bruxellois. Etrange que Monsieur Gosuin ne l’ait apparemment pas vue dans son assiduité à défendre notre accord de gouvernement. Mais bon, pour certains, une politique régionale de sécurité et de mobilité efficace est encore toujours synonyme de complot flamand. Comme si nos citoyens francophones et internationaux n’étaient pas tout autant demandeurs !

Mais soyons clairs : pour nous, Bruxelles reste aussi la capitale de la Belgique et des deux grandes Communautés, et un symbole d’union pour tous les Belges. Et nous n’avons pas l’intention de tolérer que le gouvernement bruxellois, qui a suffisamment de travail pour respecter ses engagements vis-à-vis de tous les Bruxellois, soit utilisé à tort dans une surenchère communautaire ou dans le plan B de ceux qui ont déjà abandonner la Belgique. Bruxelles nous est beaucoup trop chère pour cela !
Brigitte GROUWELS

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BLA, BLA, BLA
Franchement Madame le ministre, pensez-vous rallier les suffrages des Bruxellois avec ce charabia politico linguistique dont le seul mérite est de donner des gages à votre parti et de ne pas trahir la vulgate sociale démocrate dans sa traduction flamande.

Pauvre Bruxelles qui croule sous les problèmes et a besoin de leaders pragmatiques, charismatiques et visionnaires. Et voilà que la mère Flandre nous impose la Castafiore du CD&V !
MG

Aucun commentaire: