vendredi 11 février 2011

Cessons d'entretenir la méfiance sur la révolte des peuples musulmans

Tariq Ramadan, professeur d'études islamiques contemporaines au St Antony's College, Oxford

Depuis près de deux semaines, le peuple égyptien défie son gouvernement autocrate et, ce faisant, convoque l'Histoire. L'heure est effectivement grave. Si le régime égyptien, si central d'un point de vue économique, géostratégique et sécuritaire, tombe, alors tout est effectivement possible dans le monde arabe et au Moyen-Orient. Les administrations du monde entier, au premier rang desquelles les Etats-Unis, Israël, l'Europe et les Etats arabes dans leur ensemble, le savent, le sentent et se sont mobilisées dans les coulisses d'un drame populaire qui, en s'allongeant dans la durée, leur permet de chercher des alternatives, de protéger leurs intérêts, de se préparer, pour le meilleur ou pour le pire. DERRIERE LES DISCOURS DE CIRCONSTANCES CELEBRANT LA DEMOCRATIE , LA LIBERTE ET LES DROITS DE L'HOMME, LES CALCULS LES PLUS FROIDS ET LES PLUS CYNIQUES SONT A L'OEUVRE. De Washington à Tel-Aviv, du Caire à Damas, Sanaa, Alger, Tripoli ou Riyad, la même préoccupation demeure : COMMENT CONTROLER LE MOUVEMENT, COMMENT EN TIRER PROFIT ?
CAR ENFIN QUI, EN EGYPTE ET DANS LE MONDE ARABE, VEUT VRAIMENT UNE DEMOCRATIE REELLE ? Hormis les peuples et les voix de la société civile, qui donc a intérêt à ce que les protestations de masse parviennent à atteindre leurs objectifs de liberté, de dignité et de démocratisation réelle ? ON ENTEND AUJOURD'HUI BARACK OBAMA, ANGELA MERKEL, DAVID CAMERON OU D'AUTRES FAIRE LA LEÇON AUX PEUPLES EN EXPLIQUANT CE QUI EST JUSTE ET ATTENDU DU POINT DE LA DEMOCRATIE , ALORS QUE CES MEMES DIRIGEANTS N'ONT PAS HESITE, DES DECENNIES DURANT, A COMPOSER AVEC LES PIRES DICTATEURS, DONT BIEN SUR MOUBARAK, QU'ILS APPELLENT AUJOURD'HUI A DEVENIR PLUS DEMOCRATE. QUI DONC EST ASSEZ NAÏF POUR CROIRE A CES DISCOURS DE RECUPERATION POLITICIENNE ?
place Tahrir ("libération") .
IL IMPORTE QU'ILS SOIENT LUCIDES, COURAGEUX ET SANS NAÏVETE : la libération ne sera pas aussi "facile" qu'en Tunisie et la révolution sera mille fois encore l'objet de récupération. Les enjeux sont de taille : SI LE PEUPLE EGYPTIEN REUSSIT A RENVERSER LE REGIME AUTOCRATIQUE ET A S'ASSURER UN MINIMUM DE DEMOCRATIE REELLE, ALORS PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT ET LE MONDE ARABE POURRAIT VIVRE L'EMERGENCE D'UNE NOUVELLE ERE QUE TOUS LES VRAIS DEMOCRATES DEVRAIENT APPELER DE LEURS VOEUX.
Les femmes et les hommes, leaders politiques, intellectuels ou encore les représentants d'organisations de la société civile ou de l'opposition (de la gauche aux islamistes tels que les Frères musulmans) sont devant un choix non moins historique : soit ils arrivent à s'entendre en créant un front d'opposition respectueux de la volonté de liberté du peuple, soit ils essaient de récupérer à leur tour le mouvement populaire et ainsi risquer la division et entraîner la révolution vers un échec programmé.
Car enfin ni la gauche, ni les syndicats, ni les Frères musulmans ne peuvent s'arroger le droit de représenter exclusivement un mouvement de masse qui les dépasse et qu'ils doivent servir. L'AVENIR DU MONDE ARABE DEPENDRA BEAUCOUP DE L'INTELLIGENCE DES OPPOSITIONS QUI L'ANIMENT : à terme, celles-ci ne pourront blâmer qu'elles-mêmes. On a même entendu des représentants religieux (à l'instar du mufti d'Egypte) se placer du mauvais côté de l'Histoire en condamnant les protestations populaires : si l'islam institutionnel, l'islam serviteur de l'Etat, ne peut (ou n'a pas le courage de) s'opposer au gouvernement qui l'emploie, alors il est préférable qu'il se taise et n'instrumentalise point la religion. L'AVENIR DEPENDRA DE LA CAPACITE A METTRE SUR PIED DES PLATES-FORMES REUNISSANT LES VOIX D'OPPOSITION PLURIELLES ; et les élections démocratiques décideront plus tard de qui a la légitimité de représenter le peuple.
Les citoyens occidentaux épris de liberté et de valeurs démocratiques sont aussi devant des choix historiques. Ils peuvent faire semblant de croire à la rhétorique de leurs gouvernements respectifs. Continuer à être naïfs - et se laisser manipuler - en pensant que les Etats-Unis ou les Etats européens redoutent les conséquences des révolutions populaires arabes car ils craignent "sincèrement" que les islamistes s'installent au pouvoir et mettent à mal les droits de l'homme, ceux des femmes et les principes de la démocratie.
Quelle hypocrisie ! LES ETATS-UNIS N'ONT-ILS PAS UNE LONGUE HISTOIRE DE COLLABORATION ET DE TRACTATIONS AVEC LES FORCES ISLAMIQUES ET ISLAMISTES LES PLUS TRADITIONNELLES, rétrogrades, voire extrémistes, de l'Afghanistan à l'Arabie saoudite ? Ont-ils donc jamais été gênés par l'absence de démocratie et par le manquement aux droits des femmes ? Les Etats-Unis, l'Europe et les Nations unies n'ont-ils pas contribué (avec l'accord du gouvernement israélien) à la mise sur pied des premières élections libres et transparentes dans les territoires occupés en acceptant que le mouvement islamiste Hamas changeât de nom sur leur liste, et qu'il les emporte de façon prévisible... pour ensuite punir et étouffer le peuple palestinien responsable de cette erreur politique ?
L'histoire des relations stratégiques des gouvernements occidentaux avec les mouvements islamistes est longue et faite parfois d'alliances : elle fut déterminée par les intérêts économiques et géostratégiques, et les gouvernements démocratiques n'ont eu aucun état d'âme à s'allier aux forces les plus extrêmes. Il appartient aux citoyens occidentaux de rester cohérents avec leurs principes et d'exiger que leur gouvernement respecte les principes démocratiques et le choix des peuples et qu'ils cessent d'être (volontairement ou non) naïfs devant la diabolisation à géométrie variable des oppositions dans le monde arabe et les sociétés majoritairement musulmanes.
NOTRE RESPONSABILITE EN OCCIDENT EST IMMENSE EN EFFET : PARCE QUE NOUS AVONS LA LIBERTE , PARCE QUE NOUS AVONS ACCES A L'EDUCATION ET A L'INFORMATION, IL EST DE NOTRE RESPONSABILITE DE SOUTENIR LES REVENDICATIONS POPULAIRES LEGITIMES SANS HYPOCRISIE NI ANGELISME. Des forces d'opposition populistes, conservatrices ou même potentiellement radicales existent dans toutes les sociétés d'Orient et d'Occident. Les principes de la démocratie consistent à s'y confronter par le débat et la contradiction politique tant que celles-ci respectent l'Etat de droit, le principe des élections libres et le processus démocratique. IL NE PEUT JAMAIS ETRE QUESTION POUR LES "DEMOCRATES DU NORD" D'ACCEPTER, AU NOM DE LA SECURITE ET DES INTERETS ECONOMIQUES ET GEOSTRATEGIQUES, LA DICTATURE , LA REPRESSION ET LA TORTURE.
Ce que nous avons entendu ces derniers jours du gouvernement israélien appelant l'Occident à soutenir le dictateur Moubarak est proprement sidérant pour un pays qui s'honore d'être la seule démocratie de la région. Comme si sa sécurité dépendait du fait d'être entouré de dictateurs réprimant leur peuple ! Quelle étrange équation ! Or, un Etat soucieux de sa sécurité et de la stabilité régionales ne fait pas la paix avec des tortionnaires mais avec des peuples libres et dont la dignité est respectée.
DEPUIS DES ANNEES, A LA SUITE DES ATTENTATS TERRORISTES, ON A LANCE DES DEBATS ET DES FORUMS DE "DIALOGUE" ET/OU D'"ALLIANCE DES CIVILISATIONS". A la lumière des événements très concrets du monde arabe, ceux-ci apparaissent comme des exercices très théoriques voire des manoeuvres de distraction stratégique destinés à nous empêcher d'aborder les vraies questions politiques à la lumière des nouvelles relations internationales.
Au lieu de répéter jusqu'à l'ivresse en Occident que les forces d'opposition dans le monde arabe sont dangereuses, parce qu'exclusivement islamistes et radicales, et que, implicitement, il serait donc justifié que l'on limitât l'accès des Arabes et des musulmans à la démocratie, il serait bon d'accompagner les peuples vers leur liberté. Quant à la défense de "nos" intérêts qui nous fait parfois oublier bien vite nos principes, il faut rappeler qu'à long terme, le respect des peuples et de leur dignité est le seul moyen de sécuriser notre avenir en Occident. Car l'établissement de peuples du Sud libres et ayant accès à leurs richesses est le seul moyen d'endiguer les déséquilibres internationaux, l'immigration et l'insécurité. Notre avenir est lié, et donc commun.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PLACE TAHRIR ("LIBERATION")
Analyse séduisante de Ramadan à qui on a souvent reproché son double langage. Est-il sincère en écrivant ceci ? C’est toute la question. On peut au demeurant se demander la même chose à propos de Barak Obama à la relecture de son fameux discours du Caire à laquelle nous invitons les lecteurs de ce blog.

OBAMA: 'EN NU EERLIJKE VERKIEZINGEN'
'Het Amerikaanse volk is geraakt door de beelden in Egypte', zegt de Amerikaanse president Barack Obama in een reactie op het aftreden van Moebarak en de daaropvolgende vreugdetaferelen in Caïro. 'Ze illustreren onze drang naar vrijheid.'
'De mensen van Egypte hebben gesproken. Hun stemmen zijn gehoord', begon Obama zijn speech in Washington. 'En Egypte zal nooit meer hetzelfde zijn.'
Hij zei ook dat 'president Moebarak is ingegaan op de vraag naar verandering van het Egyptische volk.' Het was de enige keer dat Obama de aftredende president vermeldde.
Obama maakte duidelijk dat zijn land, ook onder het bewind van Moebarak een bondgenoot, een vriend van Egypte blijft en het land zal steunen in de overgang naar een democratie. Die overgang is overigens niet voltooid, maar pas net begonnen, stelde de president.
Hij richtte zich voornamelijk tot het leger, 'dat nu de verantwoordelijkheid heeft om een pad uit te stippelen naar vrije en eerlijke verkiezingen.'
Obama benadrukte dat het Egyptische leger zich waardig en vaderlandslievend heeft opgesteld in de voorbije weken van protest. Een ordelijke overgang naar een democratie moet nu verzekerd worden, met respect voor het Egyptische volk, zo zei de president.
De overdracht van de macht van Moebarak naar het leger roept vragen op, merkte Obama op. Maar hij is er zeker van dat de Egyptenaren 'voor antwoorden zullen zorgen'.
Obama riep het leger op om een einde te maken aan de noodtoestand die Moebarak had uitgeroepen.

BARACK OBAMA, DISCOURS DU CAIRE, 4 JUIN 2009
Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum ». (Applaudissements)
Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale. Les relations entre l’islam et l’Occident se caractérisent par des siècles de co-existence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s’est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l’Occident un élément hostile aux traditions de l’islam.
Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d’une minorité de musulmans, qui pour être réduite n’en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l’islam inévitablement hostile non seulement à l’Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l’homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.
Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C’est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.
UN NOUVEAU DEPART
JE SUIS VENU ICI AU CAIRE EN QUETE D’UN NOUVEAU DEPART POUR LES ÉTATS-UNIS ET LES MUSULMANS DU MONDE ENTIER, UN DEPART FONDE SUR L’INTERET MUTUEL ET LE RESPECT MUTUEL, ET REPOSANT SUR LA PROPOSITION VRAIE QUE L’AMERIQUE ET L’ISLAM NE S’EXCLUENT PAS ET QU’ILS N’ONT PAS LIEU DE SE FAIRE CONCURRENCE. Bien au contraire, L’AMERIQUE ET L’ISLAM SE RECOUPENT ET SE NOURRISSENT DE PRINCIPES COMMUNS, A SAVOIR LA JUSTICE ET LE PROGRES, LA TOLERANCE ET LA DIGNITE DE CHAQUE ETRE HUMAIN.
Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l’espace de cet après-midi, je n’ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu QUE POUR ALLER DE L’AVANT, NOUS DEVONS DIRE OUVERTEMENT ENTRE NOUS CE QUE NOUS RECELONS DANS NOTRE COEUR ET QUE TROP SOUVENT NOUS N’EXPRIMONS QU’A HUIS CLOS. NOUS DEVONS CONSENTIR UN EFFORT SOUTENU AFIN DE NOUS METTRE A L’ECOUTE ET D’APPRENDRE LES UNS DES AUTRES ; DE NOUS RESPECTER MUTUELLEMENT ET DE RECHERCHER UN TERRAIN D’ENTENTE. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et DIS TOUJOURS LA VERITE ». (Applaudissements) C’est ce que je vais essayer de faire aujourd’hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.
Cette conviction s’enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.
Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’islam. C’est l’ISLAM - dans des lieux tels qu’Al-Azhar -, qui A BRANDI LE FLAMBEAU DU SAVOIR PENDANT DE NOMBREUX SIECLES ET OUVERT LA VOIE A LA RENAISSANCE ET AU SIECLE DES LUMIERES EN EUROPE. C’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c’est de l’innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l’algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l’écriture et de l’imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l’élan des flèches de pierre vers le ciel, l’immortalité de la poésie et l’inspiration de la musique, l’élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l’histoire, l’islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale. (Applaudissements)
Je sais aussi que l’islam a de tout temps fait partie de l’histoire de l’Amérique. C’est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n’ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »
Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements) J’ai donc connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l’Amérique et l’islam doit se fonder sur ce qu’est l’islam, et non sur ce qu’il n’est pas, et J’ESTIME QU’IL EST DE MON DEVOIR DE PRESIDENT DES ÉTATS-UNIS DE COMBATTRE LES STEREOTYPES NEGATIFS DE L’ISLAM OU QU’ILS SE MANIFESTENT. (Applaudissements)
Or ce même principe doit s’appliquer à la façon dont l’Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier d’un empire qui n’a d’autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l’une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d’une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l’idéal de l’égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul ».
Eh bien, qu’un Américain d’origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d’encre. (Applaudissements)
Mais mon parcours n’est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s’est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd’hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d’éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements) En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C’est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu’on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C’est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)
Le doute n’est pas permis : l’islam fait bel et bien partie de l’Amérique. Et je suis convaincu que l’Amérique contient en elle la proposition vraie qu’indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C’est cela que nous avons en commun. C’est l’espoir de l’humanité tout entière.
Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C’est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu’êtres humains.
C’est une responsabilité difficile à assumer. Car l’histoire de l’humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s’asservissent en visant leur propre intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est auto-destructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d’individus au détriment d’un autre est inévitablement voué à l’échec. Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)
Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d’ignorer les sources de tension. C’est l’inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m’exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.
La première est celle de l’extrémisme violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j’ai fait clairement savoir que l’Amérique n’est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l’islam. (Applaudissements)
En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants innocents. Et il m’incombe d’abord, en tant que président, de protéger le peuple américain. La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l’Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d’un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans.

AFGHANISTAN
Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu’un, sauve l’humanité tout entière. (Applaudissements)
La foi enracinée de plus d’un milliard d’habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s’agit de combattre l’extrémisme violent, l’islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix. Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C’est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d’écoles et d’hôpitaux, de routes et d’entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C’est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.
IRAK
Nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J’espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu’elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l’effet. »
Aujourd’hui, l’Amérique possède une double responsabilité : aider l’Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l’Irak aux Irakiens. J’ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) La souveraineté de l’Irak appartient à l’Irak. Nous aiderons l’Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c’est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.
Enfin, tout comme l’Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes.

CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN
La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l’Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l’aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.
À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l’antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d’un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l’esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich.
Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d’Israël aujourd’hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu’à évoquer dans l’esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d’un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n’ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l’occupation. Il n’est pas permis d’en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos à l’aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)
Depuis des dizaines d’années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l’attention sur la dislocation consécutive à la fondation d’Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l’hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l’objet à l’intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l’une ou de l’autre partie, nos oeillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C’est dans l’intérêt d’Israël, dans l’intérêt de la Palestine , dans l’intérêt de l’Amérique, dans l’intérêt du monde. C’est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu’exige cette tâche. (Applaudissements)
Les obligations qu’ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au coeur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du sud à l’Asie du sud ; de l’Europe de l’est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. Ce n’est pas de cette manière que l’on revendique l’autorité morale ; c’est ainsi qu’on l’abdique.
Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent bâtir. L’Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l’existence d’Israël. En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l’existence d’Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)
Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d’Israël, l’absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.
Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l’initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d’asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d’Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.
L’Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements)
Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu’Israël ne disparaîtra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d’un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.
Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d’oeuvrer pour le jour où les mères d’Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d’Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l’histoire d’Israh, (Applaudissements), - comme dans l’histoire d’Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)

DEMOCRATIE
Je sais - je sais qu’il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu’une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.
Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l’égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L’Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d’une élection pacifique. Mais J’AI LA FERME CONVICTION QUE TOUS LES PEUPLES ASPIRENT A CERTAINES CHOSES : LA POSSIBILITE DE S’EXPRIMER ET D’AVOIR UNE VOIX DANS LA FAÇON DONT ILS SONT GOUVERNES ; LA CONFIANCE EN L’ÉTAT DE DROIT ET L’APPLICATION EQUITABLE DE LA JUSTICE ; UN GOUVERNEMENT QUI EST TRANSPARENT ET QUI NE VOLE PAS CE QUI APPARTIENT A SON PEUPLE ; LA LIBERTE DE VIVRE SELON LEUR CHOIX. IL NE S’AGIT PAS SIMPLEMENT D’IDEAUX AMERICAINS, IL S’AGIT DES DROITS DE L’HOMME ET C’EST POURQUOI NOUS LES ENCOURAGERONS DANS LE MONDE ENTIER. (Applaudissements)
C’est vrai, il n’y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, LES GOUVERNEMENTS QUI DEFENDENT CES DROITS SONT A TERME PLUS STABLES, MEILLEURS ET PLUS EN SECURITE. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L’AMERIQUE RESPECTE LA LIBERTE D ’EXPRESSION DE TOUS CEUX, DANS LE MONDE ENTIER, QUI SONT PACIFIQUES ET RESPECTUEUX DE LA LOI , même si nous ne sommes pas d’accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu’ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.
Ce point est important CAR IL Y A CEUX QUI ENCOURAGENT LA DEMOCRATIE UNIQUEMENT LORSQU’ILS NE SONT PAS AU POUVOIR ; ET UNE FOIS AU POUVOIR ILS SONT SANS SCRUPULES DANS LA SUPPRESSION DES DROITS D’AUTRUI. (Applaudissements) QUEL QUE SOIT LA OU IL PREND FORME, LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE ET PAR LE PEUPLE EST LE SEUL ETALON PAR LEQUEL ON MESURE TOUS CEUX QUI SONT AU POUVOIR : IL FAUT CONSERVER LE POUVOIR PAR LE CONSENTEMENT DU PEUPLE ET NON LA COERCITION ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.
LIBERTE RELIGIEUSE
L’Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l’histoire de l’Andalousie et de Cordoue pendant l’Inquisition. Je l’ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C’est cet esprit qu’il nous faut aujourd’hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d’après leur conviction d’esprit, de coeur et d’âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s’épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.
Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l’aune du rejet des croyances d’autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements)
Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.
LA LIBERTE DE RELIGION JOUE UN ROLE CRUCIAL POUR PERMETTRE AUX GENS DE VIVRE EN HARMONIE.
De fait, la foi devrait nous C’est pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d’Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l’Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.
DROIT DES FEMMES
Je rejette l’opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d’une façon ou d’une autre moins égale, mais j’ai la conviction qu’une femme que l’on prive d’éducation est privée d’égalité. (Applaudissements) Et ce n’est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements)et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l’humanité, hommes et femmes.
DEVELOPPEMENT
Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.
Je sais qu’un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu’il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s’affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans. Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n’irons jamais de l’avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.
Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu’il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d’entente, pour nous concentrer sur l’avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.
Tout ceci n’est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s’examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités.
Cette vérité transcende les nations et les peuples. C’est une croyance qui n’est pas nouvelle, qui n’est ni noire ni blanche ni basanée, qui n’est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C’est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le coeur de milliards d’êtres humains. C’est la foi dans autrui et c’est ce qui m’a mené ici aujourd’hui.
Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l’esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit : ‘Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez."
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous.

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