lundi 14 février 2011

Courez voir " La Cerisaie " aux Martyrs jusqu'au 5 mars 2011

La Compagnie "Théâtre en Liberté" présente
"la cerisaie" de tchékhov
adaptée par Jacques De Decker et mise en scène par Daniel Scahaise
La dernière pièce de Tchékhov se joue à Bruxelles au Théâtre des Martyrs jusqu’au 5 mars 2011.
Pour en savoir davantage, cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter (ou podcaster) l'interview radio de Jacques De Decker au micro d'Edmond Morrel.
Passionnant.

http://www.demandezleprogramme.be/La-Cerisaie-dans-une-nouvelle?rtr=y

La Compagnie "Théâtre en Liberté" présente
" La Cerisaie " de Tchékhov
adaptée par Jacques De Decker et mise en scène par Daniel Scahaise
"Tchékhov aurait aimé cette Cerisaie".
« Chacun d’entre nous à sa cerisaie intérieure »
La pièce commence par un retour, celui de Lioubov après cinq ans passés à Paris - elle trouve d’ailleurs tout le monde vieilli ! En compagnie de son frère et de quelques parents et amis, elle contemple les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété onduler doucement dans la brise, en pensant au passé. Rien ne semble avoir changé depuis l’âge d’or de son enfance. Pourtant rien n’est plus comme avant. Lioubov a dilapidé son héritage au profit d’un amant français, et la propriété ne rapporte plus autant de revenus que du temps de ses parents. Aveuglés par la nostalgie, le frère et la sœur refusent pourtant d’adapter leur chère Cerisaie aux nouvelles contraintes de ce monde moderne en pleine émergence.
Elle s’achève par un départ, celui de la famille au grand complet. Mais avant de déserter les lieux, tous auront dansé, chanté, joué et ri. Désespoir élégant, sautillements puérils : la légèreté, le mouvement et l’humour pour braver le déchirement. "Le dernier acte sera drôle. D’ailleurs toute la pièce est gaie et légère (…) Ma pièce n’est pas un drame, mais une comédie, et par moments même une farce". Ainsi donc, tout au long des quatre actes, on s’émeut, on rit aussi.
La Cerisaie… une célébration du temps, des passés et des avenirs plus ou moins illusoires que chacun emporte avec soi, un dernier hommage à la beauté vouée à disparaître, un salut à la mort qui rôde, adressé avec un certain sourire qui n’est pas seulement d’ironie - après tout, qu’y aurait-il là qu’il faille prendre au tragique ? Un poème aux reflets insaisissables, dont l’approche exige une grande délicatesse : mélancolie sans complaisance, d’une sombre légèreté, autour d’un jardin invisible et promis à la destruction..
Avec en fond sonore les coups de haches violents, lancinants, qui déciment les arbres de la Cerisaie , le vieil homme parcourt la maison vide. Démarche hésitante, pas lourd, silhouette ronde voûtée sur sa canne, voix cassée. On l’a oublié. Il s’allonge avec grand mal sur le seul meuble restant dans le salon, un canapé et lâche : "La vie a filé, on a comme pas vécu… Je vais m’étendre un moment… C’est que tu n’as plus de forces, il n’en reste plus, plus du tout !"
Quatre tranches de temps réel, faussement simples. Une par saison. La symphonie nocturne et blanche, en quatre mouvements, d’un long adieu à la Cerisaie telle que chacun l’a aimée. Pour Lioubov, elle a la grâce gratuite de l’enfance, mais c’est là que son fils s’est noyé. Pour Lopakhine, elle vaut de l’or, mais il faut la détruire à la hache. Beauté stérile ou trésor à défigurer, chacun porte en soi sa Cerisaie. Et pour tous, l’avenir s’ouvre sur les décombres de son charme.
Après le succès des Trois sœurs et d’Oncle Vania, Théâtre en Liberté est heureux de vous présenter cette « comédie » crépusculaire et lumineuse, le dernier chef-d’œuvre de Tchekhov.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« CHACUN D’ENTRE NOUS A SA CERISAIE INTERIEURE »
Plus encore que dans ces autres pièces, Tchekhov est ici notre frère et notre contemporain.
Esprit cosmopolite nourri par une âme profondément russe, Tchekhov nous bouleverse à chaque fois qu’un metteur en scène réussit le miracle de le réincarner sur scène avec bonheur.
Nonobstant quelques rares imperfections, la mise en scène « crépusculaire et lumineuse » est très réussie et les acteurs dirigés avec bonheur servent un texte qui a la fluidité de la prose très inspirée de Jacques De Decker. Il s’est surpassé et les acteurs le sentent.
Notre « cerisaie » à nous, c’est notre rêve européen ou notre Belgique « chérie » qu’on finira par brader à vil prix sous la pression d’un nationalisme flamand de plus en plus gourmand, comme son nouveau roi.
Comment ne pas ressentir en voyant ce spectacle, l’approche de l’inéluctable, cette révolution qui couvait alors en Russie comme elle couve aujourd’hui dans les pays arabes et partout dans le monde.
Un très beau moment de théâtre à ne pas manquer. « Tout au long des quatre actes, on s’émeut, on rit aussi. »
MG

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