samedi 12 février 2011

La cathédrale d'Anvers est bondée pour les funérailles de Marie-Rose Morel

BELGA
Peu de temps après son passage de la N-VA au VB, elle est devenue une figure de proue au sein du parti extrémiste.
Les personnes souhaitant assister aux funérailles de Marie-Rose Morel se sont déplacées en masse samedi matin dans la cathédrale d'Anvers. L'ancienne députée flamande du Vlaams Belang est décédée mardi d'un cancer. Elle avait 38 ans et était mère de deux enfants. Une demi-heure avant le début de la cérémonie, la cathédrale était comble et ses portes ont été fermées pour empêcher les nouveaux arrivants d'entrer. Un millier de personnes attendent devant la cathédrale. Marie-Rose Morel, ancienne Miss-Flandre issue d'une famille démocrate-chrétien, a fait ses premiers pas en politique à la demande de son camarade d'étude Bart De Wever. Peu de temps après son passage de la N-VA au VB, elle est devenue une figure de proue au sein du parti extrémiste.
Après des affrontements entre dirigeants du parti, elle et Frank Vanhecke ont été mis sur une voie de garage avant de quitter finalement le parti. Entre 2004 et 2009, elle a occupé un siège au Parlement flamand.Début 2009, Marie-Rose Morel a annoncé qu'elle souffrait d'un cancer de l'utérus. Fin 2009, elle a été déclarée
guérie, mais un an et demi plus tard, son cancer est revenu. Sa lutte contre la maladie a été médiatisée et a fait l'objet d'un livre.

CE QUE LA MORT DE MOREL DIT DU FOSSE NORD-SUD
Marie-Rose Morel est décédée mardi soir. L’ancienne princesse de beauté, devenue élue Vlaams Belang, n’a pas vaincu le cancer contre lequel elle luttait en public depuis janvier 2009. A 38 ans, elle avait deux enfants dont s’occupera Frank Vanhecke, ex-président du parti d’extrême droite. Les deux amants se sont mariés le 8 janvier dernier, dans la perspective de sa mort annoncée.
La saga a fait la « une » des journaux flamands. Hier encore, l’annonce de sa mort faisait les (très) gros titres de la presse au Nord tandis que les quotidiens francophones se contentaient d’articles modestes en pages intérieures. Une « petite » histoire qui dit beaucoup de la fracture communautaire. A quatre niveaux, au moins.
LA PIPOLISATION.
En Flandre, le vedettariat a atteint des sommets que l’on ne connaît pas du côté francophone. Les « bekende Vlamingen », les Flamands connus, déferlent dans tous les partis depuis les années 1990. Ils viennent de tous milieux : médical, sportif, télévisé… Un phénomène accru par la participation des responsables politiques aux jeux et autres télé-réalités. Marie-Rose Morel a fait partie de cette vague en optant pour la N-VA en 2003, puis en rejoignant le Vlaams Blok (devenu Belang) un an plus tard. Elle y a rejoint une autre miss sulfureuse, Anke Vandermeersch. Incontournable en Flandre, Marie-Rose Morel n’avait pas la même notoriété du côté francophone, d’où l’intérêt plus mesuré des médias. Deux paysages médiatiques, deux opinions publiques… Du côté francophone, la « sauce » des Wallons et Bruxellois connus n’a pas pris.
L’IDENTITE. Le choix d’un parti indépendantiste (et raciste), Marie-Rose Morel l’a assumé sans complexe. L’identité flamande, elle la mettait fortement en avant dans toutes ses communications publiques. Un nationalisme assumé, une certaine forme d’extrémisme « soft » qui ne dérangeait pas l’opinion publique. C’est une autre réalité incomparable avec ce qui se vit en Wallonie ou à Bruxelles : si le régionalisme y est bel et bien présent, la quête forcenée d’une identité nationale n’a pas de tels porte-drapeaux « people ».
LE CORDON SANITAIRE. Si les médias francophones ont accordé moins de place à la sage Morel, c’est – aussi – en raison de son appartenance à un parti d’extrême droite. Le cordon sanitaire médiatique reste une réalité au Sud, alors qu’il a disparu depuis longtemps au Nord. Une nuance importante, toutefois : si la presse flamande a accordé tant de place à Marie-Rose Morel, c’est – aussi – parce qu’elle fut la figure glamour qui a séparé le clan Vanhecke du clan Dewinter – Annemans à la tête du Vlaams Belang. Elle reprochait l’autoritarisme des deux derniers cités, figures historiques du parti. Ce faisant, elle a contribué à l’affaiblissement de l’extrême droite. Tout en restant une de ses adeptes.
LA TRANSPARENCE ABSOLUE. C’est un autre trait distinctif du Nord du pays : la presse y est agressive, corrosive parfois, mais elle a aussi battu en brèche de nombreux tabous. La « mise en scène » de la fin de vie de cette responsable politique n’a pas d’équivalent du côté francophone. Marie-Rose Morel publiait régulièrement des chroniques dans les journaux, chaque étape de sa maladie était commentée et sa mort a été annoncée rapidement… via Twitter. Sur son site internet, une page de garde a été immédiatement installée avec une photo – choisie par elle – en compagnie de ses enfants. Vie privée et vie publique, en Flandre, se donnent souvent la main. Pour expliquer le monde tel qu’il va. Ou, plus prosaïquement, pour répondre aux attentes du public.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES LARMES DE BART ET LE CHAGRIN DES NATIONALISTES FLAMANDS REUNIS DANS LE DEUIL
Larmes de crocodile ? Sans doute pas. Le Bart des Flandres est sensible et cela fera pleurer dans les chaumières et les lotissements de fausses fermettes. Cela gonflera encore sa côte dans les sondages avant que la bulle n'éclate. Le couple Morel De Wever qui n’en fut jamais un que sur les affiches électorales, est entré, ce samedi-matin dans l’inconscient flamand. On se serait cru à St Paul’s aux funérailles de Diana, quand Bart De Wever, visiblement bouleversé, prit la parole. Le banc et l'arrière banc du nationalisme flamingant était présents sous la nef totélaire.
On aura remarqué que la dépouille mortelle de «la mère courage des Flandres » avait été recouverte de la bannière jaune au lion noir des Flandres. La vaste nef de la Onze Lieve Vrouw kerk était bondée, c’est dire combien la Jeanne d’Arc du mouvement nationaliste flamand était appréciées dans le plat pays que le spectre de Brel ne reconnaîtrait pas s'il devait hanter ses paysages de cathédrales.
Mais attention, on vient d'assister au premier acte dans la conquête par Bart du maiörat anversois; notez le bien !
ONZE LIEVE VROUW VAN VLAANDEREN
Cérémonie hollywoodienne réglée comme du papier à musique pour frapper l’inconscient des nationalistes du plat pays. Elle permit à la belle Marie Rose de régler définitivement ses comptes avec Philippe de Winter et l’avocat Annemans du VB, personae non gratae, à qui elle donna le coup de grâce après avoir épousé, au bord de l’agonie, l’ancien président du Vlaams Belang (VB) qui, très ému, aida à porter la bière. On n’attend plus qu’une chose, le transfert de celui-ci vers la N-VA. Décidément le nationalisme flamand est de plus en plus proche du nationalisme allemand d’avant guerre qui pratiqua jusqu'à l'extrême la mise en scène wagnérienne du politique et le culte de la personnalité. Ceci n’est guère pour nous rassurer. On lira à ce propos l’interview lucide de Hugo De Ridder reprise du Standaard.
Et voilà que l’ex miss Flandre et pasionaria de la droite extrême nationaliste entre dans la légende en symbolisant, dans une Flandre sécularisée une version païenne de Onze Lieve Vrouw van Vlaanderen :
« Groot en edel, schoon en zoet
Maar geen eeen die 't hart der Vlamen
Even hoog verblijden doet »
« Grande, douce, noble et belle
Personne autant que toi n’est chère aux cœur des Flamands »
“Blijf in 't Vlaamse harte tronen
Als de hoogste koningin”
« Oh ,Toi reine suprême, qui trône au plus haut dans le cœur de notre mère la Flandre »
MG
ONZE LIEVE VROUW VAN VLAANDEREN (AUGUST CUPPENS)
Liefde gaf u duizend namen
Groot en edel, schoon en zoet
Maar geen eeen die 't hart der Vlamen
Even hoog verblijden doet
Als de naam, o moedermaagd
Die gij in ons landje draagt
Schoner klinkt hij dan al d'and'ren
Onze Lieve Vrouw van Vlaand'ren
Onze Lieve Vrouw van Vlaand'ren
Waar men ga langs Vlaamse wegen
Oude hoeve, huis of tronk
Komt men u, Maria, tegen
Staat uw beeltenis te pronk
Lacht ons toe uit lindegroen
Bloemenkrans of blij festoen
Moge 't nimmer dier verand'ren
O gij Lieve Vrouw van Vlaand'ren
O gij Lieve Vrouw van Vlaand'ren
Blijf in 't Vlaamse harte tronen
Als de hoogste koningin
Als de beste moeder wonen
In elk Vlaamse huisgezin
Sta ons bij in alle nood
Nu en in het uur der dood
Ons, uw kind'ren, en ook d'and'ren
Liefste Lieve Vrouw van Vlaand'ren
Liefste Lieve Vrouw van Vlaand'ren

MASSAAL AFSCHEID VAN MARIE-ROSE MOREL

Echtgenoot Frank Vanhecke en VB-senator Jürgen Ceder dragen mee de kist de kathedraal binnen. © belga
DM In de kathedraal van Antwerpen is zaterdagvoormiddag onder massale belangstelling de begrafenisplechtigheid van Marie-Rose Morel gehouden. Het gewezen Vlaams parlementslid en de ex-Vlaams Belangpolitica overleed dinsdagavond aan de gevolgen van kanker. Ze werd 38 jaar, was moeder van twee kinderen en sinds een maand de echtgenote van Europarlementslid en erevoorzitter Frank Vanhecke. Een half uur voor de start moest de kerk reeds voor de mensen afgesloten worden. In de kerk waren ruim 1.100 mensen aanwezig terwijl buiten nog meer volk stond.

De kist werd binnengedragen door Frank Vanhecke en Morels naaste vrienden Koen Dillen (gewezen europarlementslid Vlaams Belang), Jurgen Ceder (VB-senaatsfractieleider) en Tom Van Den Troost (woordvoerder VB). Intussen zong Free Souffriau "De Roos" van Ann Christy, de zangeres die eveneens op haar 38ste aan kanker overleed. De kist werd overdekt met een Vlaamse Leeuwenvlag.

AANWEZIGHEID VB-PARTIJTOP NIET GEWENST
De plechtigheid duurde meer dan tweeënhalf uur. Onder de aanwezigen bevonden zich politici van N-VA (Jan Peumans, Liesbeth Homans, Siegfried Bracke, ...), CD&V (Ludwig Caluw¿, oud-minister Leo Delcroix) en Vlaams Belang (Yves Buysse, Bart Laeremans, Francis Van den Eynde, Wim en Rob Verreycken, ...). De top van haar vroegere partij - Filip Dewinter, Gerolf Annemans en Bruno Valkeniers - was uitdrukkelijk gevraagd niet te komen. Er waren ook enkele Europarlementsleden van Frankrijk naar Antwerpen afgezakt.

Tijdens de plechtigheid werd het woord gevoerd door onder meer N-VA-voorzitter Bart De Wever, een studiegenoot van Marie-Rose Morel en de man die haar in de politiek loodste, en Jurgen Ceder. DE WEVER SPRAK BIJ WIJLEN ERG EMOTIONEEL OVER HUN STUDENTENJAREN, DE MENINGSVERSCHILLEN EN HUN VERZOENING. "PARTIJPOLITIEK EN TROTS STONDEN JARENLANG ALS EEN MUUR TUSSEN ONS", KLONK HET. Ook de zus en moeder van Marie-Rose Morel namen het woord.

De plechtigheid werd opgeluisterd met Morels favoriete muziek en ook de twee dochters van Frank Vanhecke zongen enkele liedjes.

Door de grote toeloop moest de kerk reeds een half uur voor de plechtigheid afgesloten worden. Van de meer dan duizend mensen die op dat ogenblik nog stonden aan te schuiven, onder wie nog een aantal parlementsleden, bleven er heel wat staan tot het einde van de dienst. Het plein stond dan nog volledig gevuld. (belga/mvdb)

Aucun commentaire: