samedi 12 février 2011

N-VA ? Tout et n’importe quoi"

Mathieu Colleyn

SAUF ENORME SURPRISE, RUDI VERVOORT SERA ELU CE WEEK-END A LA TETE DE LA FEDERATION BRUXELLOISE DU PS. IL SE POSE EN DIGNE HERITIER DE PHILIPPE MOUREAUX.
Entretien
Sauf énorme surprise, Rudi Vervoort sera élu ce week-end à la tête de la Fédération bruxelloise du Parti socialiste. En héritier idéologique de son prédécesseur, Philippe Moureaux, le chef de groupe PS au Parlement bruxellois et bourgmestre d’Evere, se penche pour " La Libre " sur l’actualité politique.
HERITIER DE MOUREAUX, VOUS ASSUMEZ ?
Pleinement. Cela fait une décennie que je travaille avec Philippe Moureaux. Notre relation est basée sur la loyauté. Je me trahirais si je disais renier cet héritage. Mais attention, je suis moi.
QU’EST CE QUI VOUS DIFFERENCIE ?
La génération d’abord. Je pourrais être le fils biologique de Philippe Moureaux. Rien que cela, c’est une autre vision du monde, une autre histoire, un autre parcours personnel, une autre approche citoyenne. Même si Philippe Moureaux n’a rien de ringard.
VOUS POUVEZ DONNER DES EXEMPLES ?
Tout marxiste qu’il est, il est le produit d’une classe sociale et moi aussi, ce qui nous différencie beaucoup.
VOUS VOULEZ DIRE QU’IL EST ISSU D’UN MILIEU BOURGEOIS ?
Oui, ce qui n’enlève rien à la sincérité de son parcours. Mais le mien ne pourra jamais être comparable au sien.
ON LUI REPROCHE UN COTE AUTOCRATIQUE, CE SERA VOTRE CAS ?
Il faudrait poser la question à ceux qui travaillent avec moi. Un parti politique ce n’est pas une assemblée libre. La parole est libre mais on n’est pas là pour faire des discussions à n’en plus finir. Il y a un moment ou on doit être dans l’action. Il faut pouvoir dire stop à un moment.
SUR LE PLAN DES ALLIANCES, PHILIPPE MOUREAUX EST UN PERE DE L’OLIVIER, C’EST EGALEMENT VOTRE FORMULE PRIVILEGIEE ?
J’ai été de ceux qui ont contribué à ce modèle. En 1999-2004, à l’époque de la coalition PS-MR à la Région , face à une certaine désinvolture, une incurie parfois, on a eu droit à tout de la part de la ministre-Présidence, il me semblait assez naturel que l’Olivier s’impose.
VOUS LE DEFENDEZ TOUJOURS ? PAS DE DECEPTION PAR RAPPORT A LA FORMULE ?
Le jour où on me présentera une union sans déception Mais voilà, je suppose que nous décevons aussi nos partenaires. Il n’y a jamais de mariage à vie en politique.
QU’ATTENDEZ-VOUS DE L’INFORMATION DE DIDIER REYNDERS MAINTENANT QUE LE MR EST REVENU DANS LA COURSE ?
Il est un peu tôt pour dire que le MR est revenu dans la course. Il est normal que le jeu soit rouvert.
IL Y A EU CES HUIT MOIS D’ECHEC…
La question est de savoir si avec le MR, on peut avoir des perspectives d’accord. QUAND JE LIS QUE LE LENDEMAIN DE LA DESIGNATION DE DIDIER REYNDERS, OLIVIER MAINGAIN EST LE PREMIER A CIRCONSCRIRE LA FEUILLE DE ROUTE DE LA MISSION , JE ME DEMANDE QUELLE EST LA VOLONTE DE CETTE FORMATION POLITIQUE.
MAINGAIN NE FAIT QUE REPETER LA POSITION FRANCOPHONE.
Nous sommes au point zéro de la négociation, nous avons tous nos positions. Pour le PS, l’élargissement de Bruxelles fait partie des options. La note Vande Lanotte n’a pas reçu l’assentiment de toutes les formations politiques, on en revient donc au point de départ. Cela ne veut pas dire que tout ce qui a été fait jusqu’à présent n’existe pas. EN LISANT CE QU’A DIT MAINGAIN, J’AVAIS L’IMPRESSION DE ME RETROUVER EN 2007.
VOUS PENSEZ QUE LES SORTIES DE MAINGAIN ONT VRAIMENT UN IMPACT SUR LES CHANCES DE REUSSITE DU PROCESSUS ?
Oui. Qu’on le veuille ou non, dans le poto-poto interne au MR, il a un rôle à jouer. Je crois que Charles Michel est en mesure de faire ce constat-là aussi. Malgré le fait que le FDF ait soutenu Bacquelaine, Charles Michel qui a bien compris le rapport de force à Bruxelles, devra réconcilier le FDF et les libéraux wallons sur le dos des Bruxellois. LE MR EST EN PHASE DE CHANGEMENT PROFOND. Il doit à la fois resserrer les rangs en interne et avoir un discours cohérent vers l’extérieur. Aujourd’hui, la priorité du MR est d’abord de panser les plaies d’une campagne qui a été douloureuse. Le pire ennemi de Reynders est dans son camp.
EST-IL POSSIBLE DE CONCLURE UN ACCORD AVEC LE CD&V QUI AFFICHE DE PLUS EN PLUS CLAIREMENT SA VOLONTE DE COGESTION DE BRUXELLES ?
Lorsqu’on démarre une négociation, on est chacun dans des jeux de rôle. Et c’est en cela que je critique ouvertement Brigitte Grouwels car elle sort du cadre de son mandat de ministre bruxellois. Mais le discours du CD&V est légitime en démocratie.
MAIS VOUS AVEZ SIGNE, AVEC LE CD&V, UN ACCORD DE GOUVERNEMENT QUI EST EN CONTRADICTION AVEC CE DISCOURS.
La contradiction n’est pas là, elle est à l’intérieur du CD&V; il a accepté la note Octopus qui porte un certain nombre de fondamentaux par rapport à la gestion de Bruxelles par les Bruxellois. Puis dans une espèce de surenchère communautaire, le CD&V retourne à ses propres fondamentaux, ce n’est pas uniquement Grouwels, C’EST AUSSI VANACKERE QUI S’AVERE UN ENNEMI OBJECTIF DE BRUXELLES. Pour sa part, Grouwels est sur la ligne rouge. Elle se doit de jouer loyalement le jeu des institutions.
ET SI ELLE CONTINUE ?
Si elle persiste, elle va poser un problème de confiance, c’est évident. Mais on en est pas encore là. Le CD&V est dans une situation particulière par rapport à la N-VA.
PEUT-ON SEPARER L’INSTITUTIONNEL DU SOCIO-ECONOMIQUE DANS CES NEGOCIATIONS ?
LE PIEGE SERAIT DE FAIRE CROIRE QUE LE SOCIO-ECONOMIQUE EST FONDAMENTALEMENT DISTINCT DU COMMUNAUTAIRE. Aujourd’hui, le gouvernement est amené à prendre des mesures en urgence. Mais c’est un exercice qui a ses limites. Il y a des assemblées qui sont nées des élections du 13 juin, et dont la majorité ne correspond pas à celle du gouvernement. D’accord, on redécouvre ce que sont les affaires courantes, mais ça n’est pas la situation idéale. L’enjeu, au-delà du communautaire, c’est aussi un enjeu social, gauche-droite. ON FAIT CROIRE A L’OUVRIER FLAMAND QU’IL VAUT MIEUX SE SEPARER DU FAINEANT FRANCOPHONE OU WALLON COMME ÇA IL GAGNERA PLUS ET IL FERA PARTIE D’UNE FLANDRE FORTE ET FIERE.
DONC LA QUESTION QUI VA SE POSER, C’EST : EST-CE QU’ON PEUT FAIRE UN GOUVERNEMENT STABLE AVEC LA N-VA ?
Oui mais pour cela il faut d’abord être sûr qu’il y a une vraie volonté de la N-VA d’arriver à un accord. Je n’ai pas le sentiment aujourd’hui qu’il y ait des signes en ce sens. A un moment donné, ils ont dit que c’était dommage que le MR ne soit pas autour de la table et quand on les ramène, ce n’est pas une bonne idée ! Cela fluctue. Je ne suis même pas sûr qu’ils veulent un gouvernement. QUAND ON VOIT QUE SIGFRIED BRACKE A ETE LE NEGRE DU SP.A, ON PEUT SE POSER DES QUESTIONS DE LA SINCERITE DE SON DISCOURS. Cela veut dire QU’AU SEIN DE LA N-VA , IL Y A TOUT ET N’IMPORTE QUOI. Est-ce que c’est un vrai parti ? UN PARTI SE CARACTERISE PAR SA CAPACITE A FAIRE UN COMPROMIS.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RUDY LA MODERATION
Cet homme vaut son pesant de bon sens. Il y a beaucoup de sagesse dans son propos cartésien, toujours modéré et infiniment pragmatique. Certes il n’a ni l’expérience, ni le mordant de Philippe Moureau mais tout en étant tout aussi intelligent que lui et attentif aux intérêts des Bruxellois, il est moins blessant pour ses adversaires et excellent diplomate. Espérons qu’il ne sera pas coiffé au poteau par la dame rouge de Lasne qui brique le maïorat schaerbeekois.
MG

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