lundi 28 février 2011

«On ne crée pas une nation sur l’identité»

Marcel Sel était jusqu’ici un type multi-disciplines étiqueté humoriste. Le voilà devenu éditorialiste politique respecté. Et anti-nationaliste. Un entretien avec Thierry Fiorilli

«MAIS C’EST QUI CE TYPE ? IL SORT D’OU ? »
Questions fréquentes, ces temps-ci, dans le monde des médias dits traditionnels, quand on parle de Marcel Sel. Bonnes questions : parce que Marcel Sel donne des interviews à la BBC , à la VRT , à la RTBF , à Michel Field, parce qu’il a 60.000 visiteurs par semaine sur son blog, que la vidéo qu’il a scénarisée, « Do you want to know more about Belgium ? », a été visionnée plus d’1.200.000 fois sur le Net et que son livre, Walen Buiten (éditions Jourdan) se vend joliment ! Essentiellement pour l’entendre et le lire sur la crise politique belge et sur le combat à mener contre le nationalisme identitaire à l’œuvre en Flandre.

Marcel Sel, donc : 50 ans, marié, deux enfants, 1 m 95, dans les 90 kilos, bruxellois, parle parfaitement 6 langues, se débrouille avec une demi-douzaine d’autres, 15 ans de pub.

Métier : auteur et traducteur. Chroniques hebdomadaires dans Télépro, essayiste, romancier (« Je vise une publication, bientôt, en France »), scénariste (radio, télé, vidéo). Joue tous les instruments (« Mais personne ne me connaît comme musicien, j’ai vendu 200 exemplaires de mon seul album »).

Et Marcel Sel, c’est son vrai nom ? « Non. Marcel, oui. On m’appelait Sel. J’ai pris ça en 1979, pour faire les infos, le matin, sur Radio Plus.»

Parce que quand j’ai décidé de sortir Walen Buiten, je ne voulais pas le faire sous mon nom. J’y attaque quand même pas mal de groupuscules qui sont d’extrême droite. Je peux juste vous dire que je suis d’origine italienne. Du côté du lac Majeur. Je suis de la 6e ou 7e génération.

COMMENT ETES-VOUS DEVENU CETTE SORTE D’EDITORIALISTE POLITIQUE, BILINGUE, DONT LES AVIS, LES CHRONIQUES SONT DE PLUS EN PLUS ATTENDUS ?
En fait, on m’a demandé en 2007 d’écrire des scénarios pour TV Belgiek et puis pour Votez pour moi, avec André Lamy. Je me suis donc davantage informé, en lisant la presse néerlandophone et la francophone. Et je me suis rendu compte du gros problème politique qu’on avait en Belgique et du fait que personne n’avait l’air d’en prendre la mesure. Quand je lisais le journal, je partageais les analyses qui y étaient faites, mais pas les conclusions. Je me souviens d’un éditorial, francophone, frappant, qui disait encore en juin dernier qu’on n’avait aucune possibilité de trouver un accord, vu l’éloignement qui existe entre le PS et la N-VA , mais que comme on n’avait pas d’autre choix que d’en trouver un, eh bien, on en trouverait un ! C’était absurde, pour moi. Et puis, il y avait tous ces non-dits, étranges.

LESQUELS ?
En Flandre. Mon analyse : quand le Vlaams Blok/Belang a atteint un quart d’électeurs flamands, en 2003, la société médiatique a dit « si on qualifie le Vlaams Belang d’extrême droite, on dit qu’un quart des Flamands sont des fachos ». Or, on ne vote pas pour un parti comme ça par conviction forcément. L’électeur, il a 40.000 raisons de voter pour tel ou tel parti. La meilleure preuve, en 2007 : la moitié a voté pour un autre parti, le CD&V. L’analyse vaut pour la N-VA. « Si vous dites qu’elle a des relations avec le Vlaams Belang, ça veut dire que vous traitez ceux qui ont voté pour la N-VA d’être des fachos.» Et on est reparti dans la même sémantique qui est de dire : on ne peut pas critiquer un parti parce qu’il est susceptible d’avoir beaucoup d’électeurs. Et c’est une sémantique, selon moi, tout à fait nationaliste. C’est arrivé avec le message qu’un parti qui a beaucoup d’électeurs est forcément démocrate ou démocratique. Or ce message est absurde et dangereux.

VOUS ATTAQUEZ, INLASSABLEMENT, CE QUE VOUS APPELEZ LE NATIONALISME IDENTITAIRE QUI EXISTE EN FLANDRE. VOUS AVEZ REÇU DES MENACES ?
Jamais. Même, j’en recevrais, je ne suis pas sûr que je le dirais. Il y a une sorte de mode, de victimisation, aujourd’hui, qui consiste à dire, comme Bart De Wever, «j’ai reçu des lettres de menaces», comme si ça signifiait quelque chose. Quand on prend des positions radicales, voilà. Maingain en reçoit aussi et il ne le crie pas sur tous les toits.

IL Y A 60.000 PERSONNES QUI LISENT VOS CHRONIQUES, LONGUES, ENGAGEES, ARGUMENTEES, REPRISES PAR D’AUTRES MEDIAS…
Bon, disons qu’on est dans une autre culture, ici, je parle de la culture française : on n’accepte pas trop le mélange des genres, l’humour avec le sérieux par exemple. Comme si je devais changer de nom pour la partie sérieuse. Moi, j’essaie d’être un humoriste mais je peux être très sérieux. Et il y a plein d’humoristes, Kroll, Desproges, Coluche, qui ont dit des choses importantes, qui restent bien davantage que la plupart des choses dites par des gens sérieux.

BIEN, MAIS VOTRE CHRONIQUE RECENTE, APRES LES FUNERAILLES DE MARIE-ROSE MOREL, DANS LAQUELLE VOUS EXPLIQUEZ POURQUOI BART DE WEVER A REUSSI A METTRE AU PAS LES MEDIAS FLAMANDS ET A TETANISER LES MEDIAS FRANCOPHONES, PLUS D’UN EDITORIALISTE A DU PENSER : « CELLE-LA, J’AURAIS BIEN VOULU L’ECRIRE MOI-MEME. » VOUS AVEZ DIT DES CHOSES QUE PERSONNE N’A DITES, OU ECRITES, DANS LES AUTRES MEDIAS : « LA LIBERTE DE LA PRESSE EST MENACEE DANS CE PAYS PAR LA N-VA. »
Je ne sais pas. Je suis d’une famille bruxelloise. Je suis anti-identitaire. L’identité, c’est quelque chose de privé. Ce n’est pas quelque chose qui permet de créer des nations. On crée une nation sur des valeurs, point. Mais bon, oui, c’est vrai, je reçois des mails de gens qui me disent « continuez ! ». Mais je ne suis pas un gourou. Je pense que je réponds à un besoin, sans doute, tout simplement. Boris Vian disait : « J’écris des livres que j’ai envie de lire. » Moi, j’écris le livre que je ne trouvais pas en librairie. Mais que je trouvais indispensable.

PARCE QUE LA PRESSE NE FAIT PAS SON JOB ?
Je ne sais pas. Disons que, moi, je ne dois pas évoluer dans un cadre. Je ne suis pas politique, je ne suis pas proche du pouvoir, je n’ai pas de liens avec les gens qui font de la politique, je peux écrire aussi long que je veux, j’ai un contrôle immédiat sur les commentaires que ça suscite, sur mon blog, je peux répondre tout de suite. Et je ne connais pas cette sorte de paralysie qui fait que, dans la presse, si on dit certaines choses, on sait que ça va susciter des pressions, des représailles, etc. Je suis beaucoup plus libre. Et mon lectorat n’est pas le même.

QUELLE RESPONSABILITE LA PRESSE FLAMANDE A-T-ELLE DANS LE NATIONALISME IDENTITAIRE QUE VOUS DENONCEZ ?
Elle a, parfois à son corps défendant, intégré les codes de ce nationalisme. Elle ne se dit pas, comme dans l’affaire Morel, « ah, c’est peut-être vrai, ce qu’on dit, sur cette sorte d’estompement de la limite entre le côté émotionnel, privé et politique de tel ou tel événement, on devrait y réfléchir, réexaminer comment on a travaillé ». Non, au contraire : Het Laatste Nieuws a titré : « Les Wallons blasphèment sur Morel ! » C’est inouï. On remplacerait Wallons par Juifs, il serait poursuivi !

On est dans une relation malsaine, désormais : on finit par écrire ce que la presse flamande ou certains hommes politiques flamands sont prêts à accepter… On a là un contrôle sur les médias, comme il y en a un sur la culture, avec Bart De Wever qui qualifie de mauvais Flamands certains artistes anti-nationalistes et la N-VA qui s’interroge sur les subsides à leur accorder encore. C’est prendre un contrôle sur la culture. Et c’est ce que font, dans tous les cas, comme en Croatie avec Franjo Tudjman, les nationalistes identitaires.
(blog.marcelsel.com)

Le nationalisme a besoin de mythes. Pour les installer, il a besoin du monde culturel. Quelquefois, celui-ci les lui livre inconsciemment, même innocemment. C'est la cas, par exemple, du « Lion des Flandres » d'Henri « Hendrik » Conscience, l'un des mythes fondateurs du Mouvement flamand, écrit in tempore non suspecto, pourrait-on dire, même s'il est vrai que Conscience était (très) sensible à l'émancipation flamande. Quand au contraire, les artistes refusent d'entrer dans le moule mythologique voulu par les nationalistes, deux choses peuvent arriver. Si le nationalisme en a le pouvoir, le mouvement est écrasé, l'artiste déclaré subversif, et envoyé aux îles Lipari. Si le nationalisme en question doit, pour garder une figure démocratique, retenir ses fourrés, l'artiste sera mis à l'index selon une dichotomie semblable à celle des « bons » et des « mauvais » flamands.

C'est pour cela que les nationalistes, contrairement aux démocrates, se mêlent plus souvent qu'à leur tour de ce qu'il faut lire, et de ce qu'on peut, ou ne peut pas dire ou faire quand on est un artiste. Le tout sera difficile à percevoir, surtout en ce qui concerne la N-VA , parce que si De Wever tenait un discours radical, il perdrait à coup sûr les prochaines élections (qui pourraient se tenir encore cette année, par exemple). Alors, il utilise le porte-voix que lui offre De Standaard, sa chronique bimensuelle, pour régler ses comptes. Et cette semaine, non sans avoir préalablement consacré les deux tiers de sa chronique à présenter le nationalisme sous un jour démocratique et généreux, il réserve ses foudres à personne de moins que Tom Lannoye, probablement l'un des plus grands auteurs flamands actuels, et Paul Goossens, l'ancien rédacteur en chef du journal "de gauche", De Morgen. En France, ce serait Sarkozy incendiant Houellebecq et insultant July. Pour bien comprendre qui est Paul Goossens, lire cette interview du Soir, très actuelle, mais datant du 6 octobre… 2007). De Wever n'oubliait pas non plus de s'en prendre aux artistes qui se sont opposés au discours très radicalement nationaliste de Jan Peumans, président du parlement flamand et autre homme fort de la N-VA , en lançant le mouvement "Niet in onze Naam" (Pas en notre Nom). Ce mouvement a commencé "son combat" au KVS (Koninklijke Vlaamse Schouwburg, Théâtre royal flamand, Bruxelles).

On doit déjà se poser la question suivante : l'homme politique le plus fort de Flandre (et de Belgique) a-t-il sa place dans le Standaard en tant que chroniqueur ? Ce mélange des genres n'est-il pas dangereux, surtout si le même politicien n'hésite pas à arroser d'autres organes de presse de comparaisons scatologiques ? Ne devrait-il pas, à tout le moins, s'extraire lui-même des sujets qu'il y aborde ? Et bien entendu, question subsidiaire : n'est-il pas foncièrement dangereux de laisser une telle tribune apparemment indépendante et crédible (De Standaard est un peu "Le Monde flamand") à un politicien qui l'utilise plus souvent qu'à son tour pour défendre son combat idéologique ? La liberté de la presse est-elle possible quand des hommes d'un tel pouvoir y influencent le lectorat autant que l'électorat ?

Il y avait déjà insinué que Le Soir (actuel) était un journal (issu) de (la) collaboration, souligné, voir caricaturé la collaboration d'Hergé et affirmé, grand dadais, que les Wallons, en gros, n'étaient pas en état intellectuel de comprendre à quel point leurs aïeuls avaient collaboré de façon intensive, alors que quelques semaines plus tôt, il faisait preuve d'un aveuglement pire encore, puisqu'à propos son pépé condamné pour collaboration, il disait à la RTBF (en substance) : « Ce n'était pas un collaborateur dans le sens où il n'a pas porté l'uniforme nazi » (sic).

Aujourd'hui, il fait ce que font les grands nationalistes : il attaque le sommet de la culture, lui reprochant de ne pas travailler « pour » ce formidable nationalisme si ouvert et si démocrate ! Et c'est qu'il mord, le mamamouchi : « La prise de plus en plus lâche de la droite radicale [on note que Bart De Wever n'utiliser pas "extrême droite", mais "droite radicale", comme le font les gens du Vlaams Belang ou de la NSV ] sur le processus de formation de la nation flamande n'a pas auprès de beaucoup d'artistes flamands comme effet de les mener à l'enthousiasme, mais bien à une grande inquiétude. C'est pour cela que le soussigné [Bart De Wever parle ici à la 3e personne pour s'attribuer le rôle d'arbitre] a été présenté comme "beaucoup plus dangereux" que le Vlaams Belang par le grossier peintre Luc Tuymans, et que Tom Lanoye ouvre tous les registres [des grandes orgues] contre ce qu'il appelle avec mépris "L'Élite Néo-Flamande". Par leurs plaintes larmoyantes, ils montrent avec beaucoup d'ironie à quel point ils ont perdu le combat contre leur fond petit-bourgeois ».

On notera la fin de la tirade. « Petit bourgeois » est un choix étrange. Généralement, on la trouve plus volontiers dans des discours communistes ou fascistes. Dans un discours démocrate, on se demande bien d'où vient l'expression. La violence des attaques de Bart contre les « soi-disant porteurs de notre culture du KVS bruxellois » laisse pantois de la part de quelqu'un qui crie haut et fort que la liberté d'expression doit être totale, et qui excuse avec autant de facilité le passé raciste d'un ex-président du Vlaams Belang, qu'il n'assomme tout artiste qui oserait dire tout haut ce qu'il pense de lui, du nationalisme néo-flamand, de l'ambiance délétère de la Flandre , où De Wever peut crier haut et fort « le Soir, c'est du caca », mais où personne n'a plus le droit de relever les problèmes de démocratie que posent, par exemple, les discours de Jan Peumans un jour de fête nationale sans s'attirer les foudres de Mijnheer Bart.

Un démocrate ne se mêle pas de la création artistique. Tout au plus peut-il s'inquiéter quand un groupe de rap attaque « les pédés », parce que c'est plus ou moins illégal. Mais jamais, il ne pointerait le doigt vers tel ou tel artiste pour lui reprocher qu'il est « petit-bourgeois » pour décrédibiliser son pouvoir artistique et populaire !

Je vous laisse sur cette réflexion, et tire conclusion de ce nouvel affront d'un membre de l'élite néo-flamande (N-VA) contre les artistes, que ce parti est, comme le dit Luc Tuymans, bien plus dangereux que le Vlaams Belang.

MISE A JOUR : comme pour me donner raison, "Christophe" m'envoie un article paru la semaine passée dans De Morgen , où il est question d'un étrange débat parlementaire. Il commence par " La N-VA a désormais dans le colimateur les centres culturels dont la programmation serait trop belge au goût du parti". Du coup, le parti de De Wever lance des questions insidieuses, comme celle de savoir quel fut le coût de la soirée de Niet in Onze Naam au KVS, et de quelle façon le théâtre flamand a été indemnisé pour l'événement. Ou encore "pourquoi la vente de billets s'est-elle faite via le KVS" ; "de quelle manière le KVS fut-il impliqué dans l'initiative"… Le journaliste écrit très clairement : "Le parti radical-flamand veut mener une investigation pour savoir si de l'argent public flamand a été utilisé pour un événement culturel avec un message politique qui ne lui convient pas". Ceci n'est pas une première, l'an passé, le même député mettait une "Soirée Belge" d'un centre de débat flamand sur la sellette. Une phrase du journaliste Bart Eeckhoud vaudrait à un journal francophone une accusation de diabolisation : "Il n'est pas habituel que des politiciens se mêlent de la programmation artistique d'institutions subsidiées. En 2005, le Vlaams Belang avait cependant déjà demandé le retrait des subsides au KVS… aujourd'hui, les critiques proviennent de la majorité flamande (dont la N-VA fait partie NDT)." Dont acte.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CUM GRANO SALIS
Jean Weisgerber, un des meilleurs connaisseurs du roman flamand actuel et spécialiste de Claus, utilisait volontiers l’expression « cum gnano salis » pour prendre quelque distance critique par rapport à une tendance un peu trop en vogue ou un point de vue jugé excessif.

J’ai apprécié, "cum grano salis", dans le Soir, en buvant une Rochefort au café de l’Athénée, une pleine page consacrée à Marcel Sel et l’immense succès de son blog consacré notamment à l’évolution des esprits sur l’identité flamande, le nationalisme de la NVA etc.

Piqué par la curiosité, j’ ai jeté un oeil sur son fameux blog.

Certes, l’article que nous reprenons ci-dessus ici est joliment documenté et fort à jour quant à la polémique qui secoue les milieux culturels flamands en ce moment (et dont DiverCity a rendu largement compte) mais je le trouve un tantinet confus, confondant Paul Gossens, fondateur du Morgen et chroniqueur européen et Jan Goossens, son fils, le bouillant animateur et directeur du KVS qui accueillit dans « son « théâtre cette grand soirée qui fut très peu du goût de meneer Bart (la formule mijnheer De Wever est complètement ringarde et témoigne d’une connaissance approximative du néerlandais).

C’est pourquoi, j’ai préfère renvoyer nos fidèles lecteurs au texte que Geert Istendael a publié dans De Morgen de ce week-end et qui fait le point sur cette question avec sa finesse et son ironie habituelles.

Geert est un ancien journaliste de la VRT (comme son cadet Sigrfried Bracke) devenu chriniqueur indépendant est essayiste de talent ? (Belgisch labyrinth, )

· Sa thèse, elle n’est pas neuve, ses livres l’illustrent abondamment c’est que si la Belgique est un état artificiel-qui le nierait- la Flandre en est un autre et la Wallonie un troisième, ce dernier étant singulièrement plus « fabriqué » que les deux autres.

·“Flaminganten roepen graag dat België een kunstmatige staat is. Ze hebben honderd procent gelijk. Echter, indien België kunstmatig is, dan is Vlaanderen en ergo de Vlaamse identiteit kunstmatig in het kwadraat”

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