samedi 26 février 2011

Un plan Marshall pour les pays arabes

L’incendie démocratique qui embrase la planète ne doit pas mourir de notre somnolence.
Iran, Bahreïn, Yémen, Libye à qui le tour ? Les pays arabes et l’Iran sont toujours en ébullition et les répliques du tremblement de terre tunisien n’ont pas fini de faire vaciller les régimes autoritaires et corrompus sur le versant sud de la Méditerranée. Les populations arabes, nos voisins immédiats, aspirent à la démocratie et à la bonne gouvernance. Et certains ont décidé de risquer leur vie pour réaliser leurs rêves. Ces rêves qui ressemblent tant à nos droits fondamentaux européens.
Mais, tiens, justement, où est l’Europe pendant ce temps-là ? Frileuse et assoupie, elle observe, inquiète, les révolutions et les révoltes en cours dans les pays arabes. Elle papote. Elle colmate ses frontières, elle craint les islamistes. Au mieux, comme pour la Tunisie, elle sort son (maigre) chéquier et Catherine Ashton dit "espérer" (!) que le statut avancé nouant une relation privilégiée entre l’UE et la Tunisie pourra être activé quand un nouveau gouvernement issu d’élections démocratiques sera en place Chacun de ces mots, qui ponctuent autant d’étapes où les Tunisiens seront seuls pour affronter les défis qui les attendent, vaut son pesant d’attentisme.
Or ils ont raison, ceux qui affirment que ce qui se passe à notre porte sud est aussi fondamental que les bouleversements de 1989 à l’est de l’Europe. Ce n’est rien de moins que nos valeurs, notre prospérité et notre sécurité à long terme qui sont en jeu dans les révolutions en cours. Sans que personne ne l’ait vraiment vu venir, nous pourrions enfin, grâce au courage extraordinaire de simples habitants de Tunis, du Caire ou de Bengazi, sortir d’un modèle médiocre et dangereux, qui prévaut depuis des décennies : celui d’une Europe qui soutient des dictatures à ses marges pour qu’elles maintiennent un mur étanche empêchant leurs misérables victimes de quitter le pays. Car l’Europe a bâti de singulières alliances avec ces régimes infâmes, partant du principe que ces dictatures conviennent pour autant qu’elles maintiennent leurs peuples à domicile. Et les gouvernements européens injectent même pas mal d’argent pour consolider le système : le chèque de 5 milliards d’euros à Kadhafi par le gouvernement Berlusconi en est un des exemples les plus choquants. Ce modèle, pour odieux qu’il soit, n’en est pas pour autant efficace : l’islamisme n’est pas enrayé et les côtes européennes sont depuis longtemps assaillies par les émigrants africains.
Il ne s’agit donc pas seulement d’admettre que les populations arabes ont le droit de vivre selon nos valeurs de liberté et de démocratie, mais de prendre la mesure de l’opportunité qui s’offre enfin à nous de voir les pays arabes prospérer au bénéfice de leur population et ne plus sombrer dans la violence contre eux-mêmes et contre les autres via l’islamisme intégriste comme exutoire à l’absence d’espoir de justice sociale et d’oxygène démocratique. Il est grand temps pour l’Europe de sortir de l’apathie et des initiatives maigrichonnes.
Il faut convoquer d’urgence UNE CONFERENCE INTERNATIONALE, NON SEULEMENT POUR COLMATER NOS FRONTIERES, COMME LE SUGGERE LA COMMISSAIRE EUROPEENNE MALMSTRÖM, MAIS POUR ACCOMPAGNER POLITIQUEMENT, ECONOMIQUEMENT ET SOCIALEMENT L’EMERGENCE DES LIBERTES DANS LES PAYS ARABES, POUR TISSER DES LIENS POLITIQUES FORTS QUI FAVORISENT LES DROITS DE L’HOMME ET COMBATTENT LA REPRESSION DES LIBERTES. Pour leur montrer que nous n’avons pas peur puisque nous voulons tracer l’avenir avec eux plutôt que le subir. POUR LEUR MONTRER NOTRE AMITIE, PUISQU’ILS REVENDIQUENT POUR EUX-MEMES LES VALEURS QUI FONDENT L’EUROPE. Pour leur faire part de notre admiration, puisqu’ils font des émules et des envieux jusqu’en Iran, en Chine, en Birmanie. C’EST UNE IMMENSE BOUFFEE D’OPTIMISME QU’ILS INSUFFLENT A L’ORDRE D’UN MONDE QU’ON CROYAIT VOUE AU CYNISME DES NOUVELLES PUISSANCES COMME LA CHINE. Nous pouvons élargir l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) aux nouveaux Etats démocratiques arabes.
CINQUANTE-SIX PAYS SONT DEJA MEMBRES DE CE FORUM INTERNATIONAL DE GESTION DES CRISES QUI A L’EUROPE POUR EPICENTRE ET DONT PLUSIEURS PAYS D’ASIE CENTRALE ET D’AMERIQUE DU NORD FONT PARTIE. ALORS POURQUOI PAS NOS VOISINS DEMOCRATIQUES DU MONDE ARABE ?
Mais l’Union européenne doit aussi créer des conditions ambitieuses pour financer de grands projets industriels, dans le domaine des énergies renouvelables par exemple ou des infrastructures. A-t-elle oublié qu’elle avait créé la BERD en 1989 pour financer le développement économique des nouveaux pays démocratiques d’Europe Centrale ? Pourquoi ne pas doter la BERD ou la BEI de moyens analogues pour des initiatives semblables dans les pays qui se débarrassent de leur tyran ?
Et puis il faut aussi rappeler aux industriels et hommes d’affaires qui commercent avec les régimes autoritaires que leurs investissements ne doivent pas servir la corruption des puissants aux dépens de leur peuple, mais au contraire permettre à chacun de ces peuples de s’émanciper et de vivre dignement. Il y a des règles pour cela, qui sont édictées par l’OCDE ou l’OIT. L’Europe doit redoubler de vigilance pour qu’elles soient respectées, affinées même, pour permettre des échanges qui profitent aux populations et non à ceux qui les dirigent. Combattre la corruption et l’opacité, sanctionner les infractions aux règles du commerce international, voilà aussi des domaines à booster sans délai.
ENFIN, IL FAUT TISSER DES LIENS ET DES PONTS ENTRE NOS SOCIETES CIVILES. Cela se fera par des projets concrets. Pourquoi pas une immense opération de jumelage à l’échelon européen, financée par la Commission européenne, entre villes et villages des deux bords de la Méditerranée, qui verrait les hommes, les femmes, les fonctionnaires, les médecins, les agriculteurs, les artistes, les écoliers, les projets et les idées circuler, s’échanger, se rassembler pour que le savoir, la culture, l’économie prospèrent au profit de la paix et du développement durable. Ces milliers de connexions synaptiques nourriront la stabilité, la prospérité et le savoir.
Bref, il faut d’urgence un plan Marshall, une initiative exceptionnelle de la part de l’Europe pour transformer l’espoir en projets, les révolutions en reconstruction, les craintes en confiance. Si par la faute de la somnolence européenne, cette immense volonté de progrès démocratique et social qui s’exprime dans les pays arabes devait s’éteindre sous les coups des ennemis de la démocratie, qu’ils soient islamistes ou dictateurs ou les deux, ce serait une tragédie pour nos contemporains, qu’ils soient chinois, européens, africains ou arabes.
(Georges Dallemagne)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VAN ROMPUY,VERHOFSTADT ET AUTRES COHN-BENDIT, REVEILLEZ VOUS ET SECOUEZ NOUS CE PARLEMENT EUROPEEN ET CET EXECUTIF QUI ROUPILLENT ET VOUS CYBERMILITANTS COSMOPOLITES A VOS CLAVIERS !
« L’incendie démocratique qui embrase la planète ne doit pas mourir de notre somnolence. ».
« Les populations arabes, nos voisins immédiats, aspirent à la démocratie et à la bonne gouvernance. Et certains ont décidé de risquer leur vie pour réaliser leurs rêves. Ces rêves qui ressemblent tant à nos droits fondamentaux européens. »
Mais, diable que fiche l’Europe pendant ce temps-là ? « Frileuse et assoupie, elle observe, inquiète, les révolutions et les révoltes en cours dans les pays arabes. Elle papote. Elle colmate ses frontières, elle craint les islamistes. » La belle affaire, les islamistes eux s’inspirent du modèle turc ; une Turquie dont l’Europe justement ne veut pas et elle s’en mordra les doigts car là n’est pas « le problème » mais précisément « la solution » : une « démocratie islamique » inspirée du modèle européen de l’ancienne « démocratie chrétienne » pour faire pièce à la république islamiste à l’iranienne.
Comment le dire, comment l’écrire et le hurler : l’Europe par ses silences coupables se montre indigne de son formidable projet, de sa charte, de ses valeurs, de sa raison d’être. Décidément, que ce soit au plan national, sur le front Belge ou au niveau européen, le politique brille par sa médiocrité, sa pusillanimité, son incohérence et surtout son manque de volonté.
Paralysé par l’opinion publique, les sondages et désormais internet le monde politique est devenu inexistant.
Face aux menaces et aux périls, les grandes nations ont toujours confié leur destin à des caractères forts : Bismarck, Clemenceau, Churchill, De Gaulle, Spaak, Helmut Schmidt et même Mitterrand ou Kohl.
Nous vivons un moment historique comparable à la chute du rideau de fer et le monde politique est aux abonnés absents.
Même le président Hussein Barack Obama et la vaillante Hilary Clinton, dont on attendait monts et merveilles, sont comme tétanisés. Tous des dégonflés, des agités (Sarko), des nains de jardin parmi lesquels beaucoup de profiteurs passant leurs vacances sur le compte des tyranneaux sanguinaires et kleptocrates.
Alors pourquoi, en effet, ne pas lancer sur internet et ses réseaux sociaux une immense opération de solidarité, de dialogue, d’échanges interculturels et, le cas échéant, « de jumelages à l’échelon européen, financés par la Commission européenne, entre villes et villages des deux bords de la Méditerranée, qui verrait les hommes, les femmes, les fonctionnaires, les médecins, les agriculteurs, les artistes, les écoliers, les projets et les idées circuler, s’échanger, se rassembler pour que le savoir, la culture, l’économie prospèrent au profit de la paix et du développement durable.»(…) « Ces milliers de connexions synaptiques nourriront la stabilité, la prospérité et le savoir. »
Debout, cybermilitants européens, arabes, asiatiques et jeunes démocrates du monde entier ! Devenez maintenant sur internet les citoyens du monde qu’attend cette planète avant que complètement elle ne se démonde dans la détresse et le désespoir.
Pourquoi faut-il qu’une suggestion aussi noble, aussi hardie et aussi fondamentale, aussi simple surtout, soit reléguée en fin de journal (La Libre). Pourquoi faut-il que cette voix de diplomate éclairé soit condamnée à clamer dans le désert médiatique. Pourquoi les cris des prophètes sonnant l’alarme en sont-ils réduits à être, selon le mot de l’apôtre Paul, comme « l'airain qui résonne ou une cymbale qui retentit ».
Oui, il faut de surcroît « convoquer d’urgence une conférence internationale pour accompagner politiquement, économiquement et socialement l’émergence des libertés dans les pays arabes, pour tisser des liens politiques forts qui favorisent les droits de l’homme et combattent la répression des libertés. »
Printemps 2011 : une aube nouvelle s’élève à l’horizon, un printemps des démocrates, dont le printemps de mai 68 et les révolutions de velours de 1989 ne furent qu’un avant goût.
Un plan Marshall pour les pays arabes ? Oui tout de suite et de toute urgence. On a su trouver des milliards pour renflouer les banques scélérates ; qu’on finance donc un vaste plan Europa pour financer un immense chantier d’infrastructures civiles et économiques et d’écoles dans l’ensemble du Maghreb et dans tous les pays où les peuples conquièrent la démocratie.
C’est la meilleure manière de faire pièce à la Chine totalitaire et tentaculaire en unissant le monde arabe et l’Europe sous la bannière de la démocratie.
C’est aussi une façon de résoudre indirectement l’abcès israélo-palestinien.
Marc Guiot

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