samedi 30 avril 2011

Vox populi, vox Dei

APRÈS LE NOEUD PAP', LE SLIP DE BAIN ROUGE... Tout ça pour gagner un, deux, trois électeurs ? Prochaine étape, on retire le bas ?

Sacro-sainte communication qui vient désormais se substituer aux idées, aux débats, aux projets politiques. Rien moins qu'un cynisme pragmatique pour engranger des voix, encore des voix. Et dans cette spirale aussi incontrôlable qu'incontrôlée qui veut que la réalité soit remplacée par sa représentation, le réel par l'image, nul doute qu'Elio Di Rupo apparaît comme un professionnel redoutable. Entouré d'un staff puissant, maîtrisant avec brio l'art de la mise en scène de soi, il a su lustrer son profil pour mieux câliner l'électorat, occupant en permanence le devant de la scène, condamnant ses adversaires à se tasser dans la semi-obscurité. Il est fort, très fort. Parce que, bien avant les autres, il a tout capté.

Il a compris que l'air du temps est infantilisant. Que la communication-spectacle fragilise la perception des faits et conduit à nous détourner des sujets majeurs. Que désormais on consomme même le politique et que le politique consomme, lui aussi, l'électeur. Que ce qui intéresse d'abord le citoyen, de gauche comme de droite, c'est la préservation de son confort et de son statut. Que notre existence est de moins en moins régie par nos convictions personnelles et de plus en plus par nos émotions. Qu'aujourd'hui les programmes électoraux doivent être conçus davantage en fonction d'une clientèle que d'idéaux. Et que le PS devait se hisser en tête de gondole de cet immense supermarché.

365 jours de crise, 365 jours de com' pour Di Rupo. Une com' qui oscille entre le discours de fond et la théâtralisation, entre les déclarations solennelles et le show politique. Tout est dans l'art de la narration, le désormais célèbre story telling censé tenir l'électorat potentiel en haleine. Rien, comme le prouve notre enquête, n'est laissé au hasard. Dans ce contexte, le récent plongeon d'« Elio » dans la piscine de Mons, alors que les négociations sur le futur de notre pays étaient totalement ensablées, en dit long. Ce qu'on « doit » en retenir ? Que Di Rupo et son parti, malgré la crise, « sont en pleine forme ». En omettant bien sûr de jeter un oeil sur la facture de ladite piscine qui s'élève à 19 millions d'euros ! De « l'infotainment » pur jus, comme Bart De Wever, au Nord, en a le secret.

Car le Sud n'a pas, loin de là, le monopole de la « berlusconisation » rampante de la vie politique. Tout aussi futé, tout aussi intuitif, tout aussi offensif, le président de la N-VA se veut « l'imperator » de la pipolisation en Flandre. Slogans simplistes, proximité, familiarité, formule percutante, humour mâtiné de rouerie... un vrai champion. Di Rupo, De Wever, le choc de deux ego, mais aussi de deux stratèges. Deux vainqueurs qui tiennent entre leurs mains le sort d'un pays en piteux état. Hélas, une fois les spots éteints, nos deux faiseurs de marques ont jusqu'ici pataugé lamentablement. Normal, à ce stade-là, le marketing politique ne pouvait plus rien.

Quel avenir pour nous, pour nos enfants, pour la Belgique ? Une question lancinante dont ils nous détournent par des tours de passe-passe médiatiques d'autant plus désolants qu'ils nous renvoient une bien piètre image de nous-mêmes, celle de citoyens, d'électeurs aveuglés, démotivés, déresponsabilisés, voire indifférents, prêts à gober tout cru n'importe quelle facétie électorale. Ne serait-il pas plus que temps de nous réveiller ?
Christine Laurent (Le Vif)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
REMBOURSEZ!
Elio est Bert ne sont certes pas moins brillants que ce bouffon de Dardenne, dit papa, dit l’histrion, dit l’amuseur, le barde, le batteleur.
On n’a que faire de leurs gesticulations sarkoziennes ou berlusconiennes, ni de leur cynisme et de leur sacro-sainte « communication qui vient désormais se substituer aux idées, aux débats, aux projets politiques. ». Qu’ils aillent pratiquer leur "art de la mise en scène " dans leurs partis respectifs, les maisons du peuples et les arrières salles de province, partout hormis dans l’enceinte parlementaire et le landerneau fédéral.
On le sait : « l'air du temps est infantilisant » mais quand même, le ridicule, à défaut de tuer, détruit l’image de la Belgique et le moral des Belges qui entendent le rester.
Le PS, comme la N-VA se sont « hissés en tête de gondole d’un immense supermarché. »

Tout ce cirque médiatique vise uniquement à « tenir l'électorat potentiel en haleine. »
« L'infotainment » et la pipolisation on en n’a franchement rien à battre.
Deux bouffons tiennent entre leurs mains le sort d'un pays.
« Quel avenir pour nous, pour nos enfants, pour la Belgique ? Une question lancinante dont ils nous détournent par des tours de passe-passe médiatiques d'autant plus désolants qu'ils nous renvoient une bien piètre image de nous-mêmes, celle de citoyens, d'électeurs aveuglés, démotivés, déresponsabilisés, voire indifférents, prêts à gober tout cru n'importe quelle facétie électorale. »
Attention encore un pas et on plonge dans l’abîme.
Assez rigolé toi l’Auguste BDW et toi l’ Elio clown blanc.
Le peuple hurle : remboursez !
MG

jeudi 28 avril 2011

"Vlaams-Waalse transfers lopen op tot 11 miljard euro"

De Vlaams-Waalse transfers bedragen meer dan 11 miljard euro en geen 5,7 miljard euro zoals algemeen wordt aangenomen. Dat leert een nieuw onderzoek van het Vlaams Instituut voor Economie en Samenleving (K.U.Leuven), meldt Trends.

De meeste studies over de Vlaams-Waalse geldstromen focussen op de transfers via de sociale zekerheid en de bijzondere financieringswet, die de geldstromen van de federale overheid naar de deelstaten regelt. Het Leuvense onderzoekscentrum kwam vorig jaar zo tot 5,7 miljard euro die jaarlijks van het noorden naar het zuiden vloeit.

RENTELASTEN
Vives voegt daar in een nieuw onderzoek nog een ander soort geldstroom aan toe: de intergewestelijke transfers uit rentelasten. In België zijn die de voorbije decennia aanzienlijk geweest wegens de begrotingstekorten en de daaruit voortvloeiende hoge rentelasten. Het Vives-onderzoek wijst die rente-uitgaven toe aan het gewest dat de uitgaven veroorzaakt heeft. Volgens senior economist Geert Jennes lopen de intergewestelijke transfers in België uit rentelasten in het jaar 2007 op tot nog eens 5,7 miljard euro. Dat bedrag ging dat jaar zo goed als volledig naar Wallonië. Het betekent dat de noord-zuidtransfers in België meer dan 11 miljard euro per jaar bedragen.

"BEGROTINGSSANERING = DALING VAN DE TRANSFERS"
"Op basis van de transfers uit intrestlasten kunnen we niet anders dan besluiten dat elke begrotingssanering een daling van de transfers betekent. Nog verder oplopende begrotingstekorten zouden nog meer transfers veroorzaken, waarvoor Vlaanderen de prijs zou betalen", stelt Jennes tot slot. (belga/tma)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE NOEUD DU PROBLEME
Qu’on ne tourne plus autour du pot:les noeud duy problème, il est exactement la!

Dessine-moi le BXL de demain

PRDD 3 : le Bruxelles de dans dix ans à l’étude. Grands enjeux en débat et site web participatif
AVENIR Ca peut paraître dingue mais l’avenir de Bruxelles se dessine en ce moment, là maintenant, tout de suite. Comment ? Via le lancement d’une vaste discussion sur la troisième version du plan régional de développement durable (PRDD) bruxellois, chargé de baliser les grands chantiers de demain en terme de cohésion sociale, de croissance démographique, d’environnement, de lutte contre la pauvreté, d’économie, de logement, de sécurité, etc. Cette papote générale s’organise en trois phases.
1 La première est réservée aux forces vives de la capitale : associations, syndicats, services publics, intellectuels, etc. Les deux régions voisines ont été invitées à la danse.
2 La deuxième ouvre le bal au peuple. Oui, oui… Deux panels représentatifs de la population bruxelloise seront sélectionnés pour débattre des propositions faites par les forces vives et apporter leurs idées.
3 Un dernier atelier permettra à tout ce petit monde de confronter idées et propositions dans le but d’ébaucher une version 3 du PRDD bruxellois. Pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de faire partie du panel populaire, un site web vient d’ouvrir ses portes. www.bruxellesplus10.be offre toute l’information nécessaire à une bonne prise en main de ce PRDD 3.
La lumière ne viendra peut-être pas de cette vaste de consultation éclairée et populaire. Le processus consultatif reste néanmoins indispensable car “il permet de créer de l’identité. Il faut un projet identitaire fort pour Bruxelles” , estime le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS). Plus encore, “il est indispensable d’avoir une bible objective de référence pour toutes les politiques sectorielles à mener”.
Le débat sur le Bruxelles de dans dix ans s’écoulera tout au long de l’année. Tandis que l’enquête publique devrait organiser après les élections communales d’octobre 2012 “histoire de ne pas polluer le dossier”.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAS PICQUÉ DES VERS
Les commentaires d’internautes sont hallucinants :
«Bruxelles c'est fini. Grâce à nos décideurs c'est le Brusselistan. Les Bruxellois sont obligés de fuirent leur ville. J'ai passé 23 ans a bxl, ce week end j'y suis retourné, je suis dégoûté, le Bruxellois est l'étranger dans sa ville. » Roger Nols n’aurait pas dit autre chose et ça lui valait les voix du troisième âge que dévore le cimetière des éléphants.

« Je suis bruxellois et tous mes liens sont ici, dans cette ville....et comme les choses sont parties, je n'ose imaginer un futur très positif. J'ai l'impression que la criminalité se renforce et que cette convivialité assez bruxelloise dont je pouvais me vanter perd chaque jour du terrain. Pour beaucoup de gens, l'avenir a bl signifie un repli dans son quartier... »

Tout ce qui est excessif est insignifiant. Cela dit, il faut bien voir que cette initiative ne rencontre pas un écho très favorable.
Pourtant, en tout état de cause, c’est une excellente initiative.
Nous y reviendrons bien entendu.
MG

Au moins 15 morts dont des Français dans un attentat à Marrakech

Reuters
La foule s'est vite amassée sur la place Jamaa el-Fnaa où a eu lieu l'attentat.

Un attentat «terroriste» a tué au moins 15 personnes dont des étrangers, jeudi à Marrakech, la grande ville touristique du Maroc et le roi Mohammad VI a exigé une enquête rapide.
Selon des sources officielles marocaines, un kamikaze s’est fait exploser dans un café très fréquenté de la célèbre place Jamâa El-Fna, à Marrakech, la grande ville de villégiature, à 350 km au sud de Rabat.
Cette attaque a fait quinze tués dont six Français et trois Marocains et une vingtaine de blessés, dont sept Français, selon des sources médicales citées par la télévision publique marocaine ou contactées par l’AFP.
Rabat et Paris ont dénoncé un acte terroriste.
Le président français Nicolas Sarkozy a condamné cet «attentat terroriste», un «acte odieux, cruel et lâche». Paris a reconnu qu’il y avait des Français parmi les victimes, sans préciser s’il s’agissait de tués ou de blessés.
Dans une déclaration à l’AFP, le ministre marocain de la communication Khalid Naciri, à stigmatisé «un acte terroriste». «Le Maroc est confronté aux mêmes menaces qu’en mai 2003 et il y fera face avec la diligence et volontarisme», a-t-il ajouté.
Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière dans cette monarchie d’Afrique du Nord depuis des attentats menés par des extrémistes islamistes à Casablanca en 20O3, qui avaient tué 33 personnes et 12 kamikazes.
Le Maroc, un pays de 32 millions d’habitants dont l’économie est en notamment liée au tourisme, a été relativement épargné par les révoltes qui secouent le monde arabe depuis le début de l’année.
Toutefois, des manifestations en faveur de changements démocratiques ont eu lieu dans le pays en février, et le roi Mohammed VI a promis d’importantes réformes démocrate.
Le souverain, qui a succédé à son père en juillet 1999, a prestement réagi et exigé que la police et la justice tiennent le public informé des conclusions de leur enquête, selon un communiqué du cabinet royal.

Un responsable de la préfecture de Marrakech a estimé qu’«il pourrait s’agir d’un acte perpétré par un kamikaze». «Nous avons trouvé des clous dans l’un des corps», a-t-il indiqué, suggérant que la bombe était composée d’explosif et de morceaux d’acier.
L’attentat a visé le café-restaurant Argana, un lieu très fréquenté par les visiteurs étrangers à Marrakech.
L’explosion s’est «produite sur la terrasse du café», a assuré à l’AFP Latifa Idrissi, la femme d’un serveur --Yassine Bouzidi, 28 ans--, tué dans l’attentat.
Selon un autre client du café, indemne, «un individu est rentré au café. Il a commandé un jus d’orange et quelques minutes plus tard, il s’est fait exploser».
La façade du café et le premier étage ont été soufflés, et les tables et les chaises de la terrasse ont été dispersées.
Un étudiant qui se trouvait devant l’établissement a raconté avoir entendu trois fortes détonations et avoir vu des victimes fuir après l’explosion.
«Une femme a été projetée du haut de la terrasse du café. J’ai vu ensuite un homme complètement défiguré. Puis une fillette de 14 ou 15 ans, elle aussi défigurée. Les trois étaient des étrangers», a-t-il assuré au téléphone à l’AFP.
Un important dispositif policier a été mis en place pour évacuer les victimes et pour tenir à distance la foule des badauds.
REFORMES
Cette explosion intervient huit ans après les attentats islamistes du 16 mai 2003 à Casablanca. En 2007, un tentative avait été déjouée, toujours à Casablanca, et l’un des trois kamikazes avait été tué.
A la mi-avril, le roi Mohammed VI avait gracié de nombreux détenus politiques, dont des islamistes, dans un geste d’apaisement à l’égard des contestataires qui exigent des changements politiques profonds.
Début mars, le roi, dont le pouvoir n’a pas été remis en cause comme d’autres dirigeants arabes notamment en Tunisie, en Egypte et en Libye, a annoncé son intention de mettre en oeuvre d’importantes réformes avec un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et du Parlement.
(Source AFP)
LE KAMIKAZE A COMMANDE UNE BOISSON AVANT DE SE FAIRE EXPLOSER
Un homme a été vu commander un jus d'orange dans le café Argana de Marrakech, où a eu lieu l'attentat meurtrier de jeudi, avant de se faire exploser, a indiqué un témoin à l'AFP. "Un individu est rentré au café. Il a commandé un jus d'orange et quelques minutes plus tard, il s'est fait exploser", a déclaré ce témoin présent dans le café Argana.
Cette explosion, qui a causé la mort de 14 personnes, dont 11 étrangers, a été attribué à un kamikaze par un officiel marocain,. Un responsable de la préfecture de Marrakech a en effet indiqué à l'AFP que "selon les informations que j'ai, il pourrait s'agir d'un acte perpétré par un kamikaze".
Cependant, selon un autre témoin, cité par plusieurs radios marocaines, l'auteur de l'attentat aurait déposé une valise et aurait quitté immédiatement le café, ce qui n'accrédite pas la thèse de l'attentat perpétré par un kamikaze.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A QUI PROFITE CE CRIME?
Sur la place la plus touristique de Marrakech, lieu symbolique par excellence vient d’avoir lieu l’attaque terroriste la plus meurtrière depuis 20O3. Cet attentat est de nature à tuer dans l’œuf le climat de réforme amorcé par le roi et à porter un coup fatal au développement du tourisme au Maroc.
Cet évènement intervient alors que le roi Mohammed VI s'apprête à instaurer une monarchie parlementaire, répondant à un mouvement de contestation de la jeunesse. Une réforme qui déplairait aux conservateurs. Une question taraude : à qui profite ce crime ?

LE MAROC CRAINT UNE TENTATIVE DE DESTABILISATION
Dans le contexte des printemps arabes, l'attentat de Marrakech est vécu comme un traumatisme par les Marocains.

Le roi veut relancer la modernisation. Il entend changer la justice, lutter contre la corruption, favoriser la transparence. La Constitution doit être modifiée pour instaurer une monarchie parlementaire aux contours encore un peu flous
Sous l'influence du printemps arabe, une partie de la jeunesse est en ébullition alors que la parole se libère dans une ambiance de Mai 68. Le mouvement de contestation n'a pas de leader désigné, les mots d'ordre passent sur Facebook, les opinions s'entrechoquent. Certains réclament de pouvoir manger dans les espaces publics durant les jours de ramadan au nom des Droits de l'homme. D'autres osent remettre en question, au nom du sectarisme religieux, le rôle de commandeur des croyants de Mohammed VI.
L'attentat de Marrakech est vécu dans ce contexte comme un traumatisme. «C'est le pire événement qui pouvait nous arriver. Un coup de massue. Cette catastrophe va être exploitée par les milieux conservateurs et par les faucons, partisans de la répression à outrance qui sont nombreux chez nous», résume, sous le choc, Karim Boukhari, le directeur de la rédaction du magazine Tel quel.
Au Maroc, le terrorisme islamiste avait connu son apogée en mai 2003 avec les attentats de Casablanca (45 morts).
Parfois torturés, des centaines de sympathisants de la cause islamiste avaient été arrêtés pour l'exemple et condamnés à de lourdes peines à l'issue de procès à la chaîne. Les attentats avaient marqué une première fracture dans le règne de Mohammed VI. Le libéralisme de ce roi moderne, monté sur le trône en 1999, avait peu à peu cédé la place à un attentisme prudent.
DES DJIHADISTES GRACIES
Soucieux de prendre les devants face à la contestation, le roi a fait libérer le 14 avril des prisonniers d'opinion parmi lesquels des Sahraouis proches du Front Polisario, mais aussi des membres de la Salafia djihadia, considérée comme le creuset de l'extrémisme radical. 96 détenus ont été libérés immédiatement, 41 ont bénéficié d'allègement de peine et 53 d'une mesure de libération provisoire
Les associations de défense des Droits de l'homme avaient insisté sur l'absence de preuves et de liens entre les accusés et un réseau belgo-marocain qui aurait préparé une vague d'attentats. Ces levées d'écrou ont été bien accueillies par les partisans des réformes qui ont perçu la grâce royale comme un signe d'apaisement.(Figaro)

‘Brusselse jongeren hebben zwemverbod in eigen stad’

Het zwembad zaliger zou aan het Becodok komen

De moeilijkheden in Hofstade tonen nog maar eens aan dat Brusselse jongeren een plek nodig hebben om te ontspannen in eigen stad. Dat zegt Vlaams parlementslid Yamila Idrissi (SP.A), die meteen pleit om het openluchtzwembad van onder het stof te halen.

Idrissi vindt dat de Brusselse jongeren in de steek worden gelaten. “Vandaag zetten we onze jongeren liever op een bus in plaats van hen zelf mogelijkheden tot ontspanning en plezier te bieden. Brussel wacht liever tot de boel ontploft, en liefst op een ander, in plaats van haar verantwoordelijkheid te nemen.”
Om het tij te keren vraagt het parlementslid om de plannen voor een openluchtzwembad – van voormalig Brussels minister Pascal Smet (SP.A) - opnieuw op te diepen. Naast ontspanning bood dat project ook perspectieven voor werkgelegenheid en opleiding voor diezelfde jongeren, die het zwembad daardoor als ‘hun’ stek zouden kunnen beschouwen. "Uiteraard lost dit niet alle problemen op, maar je zit tenminste wel op de goede weg," aldus Idrissi.
De Brusselse regering besliste om het openluchtzwembad af te voeren om budgettaire redenen, toen Smet geen deel meer uitmaakte van die regering.

Wablief??? Dus de boel op stelten zetten, het varken uithangen zowel in de Brusselse zwembaden als erond en dan lees ik hier dat Brussel 'onze jongeren in de steek laat'. Laat ze potverdikke in het kanaal zwemmen! daar horen die amokmakers thuis en niet in een geciviliseerd domein.

Een opneluchtzwembad in Brussel? Waar? En tegen welke prijs? Er zijn maar 3 europese steden/gemeenten waar dit functioneert en dan nog wel tegen een aanzienlijke inkomprijs (van meer dan 25 EUR voor een halve dag). Dat is onmogelijk in het Brussels gewest met haar doelgroepen-prijzenbeleid. Vandaag mogen de allochtone vrouwen komen zwemmen tegen 5 EUR, morgen de kansarmen tegen 1 EUR, overmorgen de kinderen gratis en nadien alle anderen tegen 15 EUR.
Tegelijk een massa veiligheidsmensen voorzien en een pak onderhoud aan een bad dat amper een paar weken per jaar zal worden benut.
Rendabiliteit 0% en overlast 100%.
"Ontspannen"?. Dus mensen lastig vallen, vrouwen en jonge meisjes voor hoer uitschelden, amok maken met de politie dat is tegenwoordig ontspannen? Dan moeten we niet investeren in nieuwe faciliteiten, in Brussel hebben we al het ideale recreatiedomein. Het noemt de metro. Ik zie daar dagdagelijks hoe een zeer specifiek deel van de Brusselse jeugd zich "ontspant". De linkse redeneringen zijn meer en meer hilarisch. Als Brusselse middenklasser die met zijn belastingscenten heel dit circus moet financieren wil ik eerst praten over verantwoordelijkheid. Dit om eerst en vooral de mentaliteit en gedrag van deze groep dringend bij te sturen. Daarna kunnen we praten over het besteden van mijn euro's. No taxation without representation.
“Dit is toch wel een beetje de wereld op zijn kop. Het is niet omdat er geen openluchtzwembad in je eigen stad is, dat je het recht hebt om ergens anders de boel om zeep te gaan helpen.”
“Er moet niet één openluchtzwembad komen in Brussel, maar drie. Eén aan het kanaal, één in het zuidoosten, aan de rand van het terkamerenbos, en in Neerpede een zwembad met een mooie zwemvijver.
En buiten die openluchtzwembaden moeten er natuurlijk dringend allerlei recreatie en sportinfrastructuur bijkomen.
Tijd dat deze regering eens investeert in de levenskwaliteit van onze stad.”
Brusselse jongeren worden in de steek gelaten...door hun ouders! er wordt veel en goed werk verricht door jongerenwerkers...
ecologische zwemvijvers in de verschillende Brusselse parken zou een goed idee zijn.

GEEF EEN OPENLUCHTZWEMBAD AAN JONGEREN IN BRUSSEL (BIS)
Dat Brusselse jongeren keet schoppen in het Bloso-domein van Hofstade valt niet goed te praten (DM 27/4). Maar dat die jongeren door het Brusselse beleid in de steek worden gelaten evenmin. Pascal Smet blaast het stof van zijn vroegere plan voor een Brussels openluchtzwembad. Smet (sp.a) is Vlaams minister van Onderwijs, Jeugd, Gelijke Kansen en Brussel.

· Brussel heeft nood aan hoop. De hoop dat Brusselse kinderen en jongeren opgroeien in een omgeving die een stuk van hen is, en die hen leert voor hun eigen omgeving zorg te dragen
Kinderen in Brussel komen pas in het nieuws als ze problemen hebben. Jongeren in Brussel komen vooral in het nieuws als ze een probleem zijn. Ik - Brusselaar in de Vlaamse regering - word kwaad als ik zie hoe door overlast en agressie een hardnekkige kern van Brusselse jongeren niet alleen zichzelf maar ook andere Brusselse jongeren het recht ontzeggen op ontspanning en ontplooiing. Kwaad op die jongeren, maar ook kwaad op het beleid in Brussel.

Ze zijn niet goed te praten, de stadsjongeren die van de gastvrijheid van de provincie misbruik maken om er keet te gaan schoppen. Wie ruimte eist, moet verantwoordelijkheid willen nemen. Brussel telt meer dan een kwart miljoen inwoners jonger dan twintig. De meesten daarvan wonen in gemeenten met de minste ruimte, en groeien op in gezinnen met de minste kansen, en vaak de minste structuur. Ruimte zonder structuur leidt tot chaos. Chaos die bestreden moet worden met repressie. Maar chaos die ook vermeden kan worden door preventie.

PRESTIGE MAG NIET
De eerste daad van de nieuwe Brusselse regering (zonder sp.a), bijna twee jaar geleden was er een om iets niet te doen: het bouwen van een openluchtzwembad. Een 'prestigeproject', heette het. Elke stad in West-Europa heeft er echter wel een. Amsterdam heeft er zeven, Berlijn drieëntwintig, zwemmeren inbegrepen, Parijs één en vijf met een dak dat kan worden opengeschoven. Brussel mag, nee, moet hoofdstad van Europa zijn, zolang het prestige daarvan vooral niet zichtbaar en voelbaar is in projecten van en voor Brusselse kinderen. Een jaar geleden kwam Brussel dan in het nieuws met het "fait divers" dat een overijverige schepen mosterdgras gezaaid had op een terrein in Neder-over-Heembeek waar nogal wat jeugdbewegingen kwamen spelen. Een stad die spelende kinderen als overlast beschouwt, en niet als een troef, is niet bezig met haar toekomst, en ondergraaft haar eigen imago.

Brussel heeft nood aan een visie op ruimtelijke ordening die wijken en mensen verbindt. Vandaag sluit Brussel wijken op in zichzelf, en sluit zo mensen uit. Geef aan de kinderen van Brussel, werknemers van internationale bedrijven, pendelaars en toeristen de keuze tussen een materialendorp en vrachtwagens in hartje Brussel of een openluchtzwembad, en ze maken dezelfde keuze.

Zo kan ook het kanaal, dat al twintig jaar een ader van kansarmoede is, een ader van kansen worden. De ruggengraat van Brussel in plaats van de achillespees. Iedereen heeft recht op veiligheid. Maar alleen het beveiligen van publieke domeinen door ze te omheinen, een stuk te privatiseren, en te commercialiseren, versterkt de dualiteit die er de oorzaak van is. Onveiligheid is een sociaal probleem, niet alleen in zijn oorsprong, maar ook in zijn effect. De kinderen van de Bonnevie en Kuregem zijn er de eerste slachtoffers van. Het negatieve effect is dubbel, want het jaagt ook de middenklasse weg.

TEGEN DE STROOM IN
Meer nog dan aan liefde heeft Brussel nood aan hoop. De hoop dat Brusselse kinderen en jongeren opgroeien in een omgeving die een stuk van hen is, en die hen leert voor hun eigen omgeving zorg te dragen. Een hoop die vertolkt kan worden door politici die de kracht van de stroom kennen omdat ze er tegen in durven zwemmen. Het openluchtzwembad aan Tour & Taxis, was en is zo'n project dat kon zorgen voor een opwaardering van een hele wijk, een hele stad. Een project dat kon zorgen voor sociale cohesie, voor werk, waar jongeren van de stad mede-eigenaar konden van zijn, dat hen trots kon maken op hun stad. Het dossier lag klaar. De locatiestudie was af, er lag 10 miljoen euro federaal en Europees geld klaar, de ministerraad had de nodige protocollen met de bedrijven afgesloten, en de architecten waren aan het tekenen. Maar het mocht niet zijn.

De Brusselse kinderen moeten tussen april en oktober in hun eigen stad kunnen zwemmen onder (sociale) controle in hun eigen stad. Brussel-bad in de zomer toont aan dat het anders kan. Ik roep de Brusselse regering op om eindelijk eens een "hoopbeslissing" voor de stad te nemen: bouw het openluchtzwembad aan het kanaal, recht tegenover Brussel-bad. Geef de kinderen van een Brussel een plaats in uw beleid.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PISCINE OUVERTE OU PAS PISCINE DU TOUT
Pascal Smet ne rêvait que de cela : créer une piscine ouverte à Tour et Taxis. L’idée fut rejetée par le gouvernement bruxellois dont il faisait partie. Après les événements de Hofstade, on reparle du projet dont il ressort les esquisses du tiroir.
Il y eut une piscine solarium autrefois à Evere.
Elle était très fréquentée au premier soleil mais fut victime du boom immobilier des années septante.
Le vrai problème n’est pas de créer oui ou non un, deux voire trois bassins de natation ouverts. Le problème c’est d’assurer une bonne formation scolaire ainsi qu’une formation professionnelle de qualité à la jeunesse sortie de l’immigration. Charles Picqué aura beau proposer x moutures du plan régional de développement, tant que Bruxelles ne s’attaquera pas à ce problème majeur, son avenir sera incertain.
MG

La N-VA ne veut plus du vote obligatoire

© PY Thienpont – Le Soir

Quatre députés du parti nationaliste ont déposé à la Chambre un ensemble de textes visant à supprimer l’obligation de se présenter aux urnes.

La N-VA s’attaque au vote obligatoire. Jan Van Eesbroeck, Ingeborg De Meulemeester, Theo Francken et Steven Vandeput ont déposé début avril quatre propositions de loi visant à mettre un terme à l’obligation de voter, en vigueur en Belgique. Cette proposition a-t-elle une chance de réunir le nombre suffisant de parlementaires pour se transformer en textes de loi ? « Cela nécessite de réviser la Constitution , or l’article qui régit le droit de vote n’est pas soumis à révision. C’est donc un coup d’épée dans l’eau », estime Francis Delpérée, sénateur CDH et constitutionnaliste. Les députés de la N-VA proposent donc d’ouvrir l’article 62 de la Constitution à révision. Ils proposent aussi de supprimer les sanctions pour ceux qui ne votent pas, ce qui ne nécessite pas de révision de la Constitution et peut se faire via une majorité simple, sans attendre la législature prochaine. Le vote serait toujours obligatoire, mais la loi ne prévoirait plus de sanctions pour ceux qui ne se rendent pas aux urnes. Ce qui est déjà, dans les faits, le cas. Lors des dernières élections législatives, le ministère de l’Intérieur estimait à 15,9 % le nombre de bulletins blancs et nuls. Tandis que 10,8 % des personnes convoquées ne s’étaient pas déplacées.

Comment interpréter cette proposition de la N-VA ? « Beaucoup d’hommes politiques, notamment côté flamand, sont contre l’obligation de vote. Par exemple Guy Verhofstadt, Jean-Luc Dehaene se sont prononcés contre le vote obligatoire. Ce n’est pas spécifique à la N-VA », explique Francis Delperée. Charles Michel (MR), interrogé par Le Soir en mars 2010, s’exprimait en ces termes, à propos du vote obligatoire : « Je suis pour la liberté de vote et non pour l’obligation contrainte. Je parie sur la liberté et la responsabilité. La situation actuelle est d’une parfaite hypocrisie puisque le vote est obligatoire mais on sait qu’on ne sanctionne plus (ceux qui ne se déplacent pas). Pour une matière aussi fondamentale, qui touche à l’organisation de notre démocratie, c’est inacceptable. »

Au CDH, on est «200 % en faveur du vote obligatoire, car les enquêtes montrent que s’il n’était pas obligatoire, 50 % des citoyens n’iraient pas voter», affirme Francis Delpérée. A l’Open VLD, on se dit favorable à la suppression des sanctions pour ceux qui ne se rendent pas aux urnes.

Le débat pourrait donc être relancé, avec cette nouvelle proposition de la N-VA , premier parti à la Chambre désormais.

Enfin une proposition positive de la NVA ! Ajoutez-y la suppression de la fausse proportionnelle intégrale instauré par les membres de la particratie et son remplacement par un système majoritaire à 2 tours, un accès égal aux médias et aux subsides fédérales pour l'ensemble des partis et vous commencerez à ressembler à une démocratie

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA N-VA VEUT CHANGER LE PEUPLE
«Si les dirigeants voient juste et que le peuple se trompe, il faut changer le peuple !» Brecht.
La N-VA rêve de changer le peuple de ceux qui ne parlent pas flamand ; pardon, de ceux qui ne pensent pas flamingant :les mauvais flamands (SV : slechte Vlamingen), les francophones et les zinnekes de Bruxelles.
Un internaute se fâche et DiVercity avec lui : « La n-va ne veut plus du vote obligatoire, la n-va ne veut pas d'un impôt européen, la n-va veut reprendre la main,... Le soir est devenu la gazette de la n-va ou quoi ? »
C’est quoi ces donneurs de leçons qui refusent de mouiller leur maillot au fédéral de peur de perdre des voix aux communales (2012) et aux régionales (2014).
La NV-A, avec ou sans latin, comme dirait Brassens: "franchement elle nous emmerde".
MG

WATHELET : « LA N-VA EST COMPLETEMENT INCOHERENTE»
Le secrétaire d’État au Budget, Melchior Wathelet (CDH) ne cache pas son étonnement face à l’attitude des nationalistes flamands, ce mercredi, au Parlement, lors d’un débat européen. Par Véronique Lamquin

Pour rappel, la N-VA s’est prononcée, lors d’un débat conjoint des commissions Finances de la Chambre et du Sénat, contre une augmentation des ressources propres de l’Union européenne, notamment par la création d’un impôt européen. Selon la formation nationaliste, l’Europe ne serait « pas suffisamment démocratique pour cela ».
« Ils disent exactement l’inverse de ce qu’ils réclament au niveau national ! », dénonce Melchior Wathelet. « Ce qu’on propose pour l’Europe, c’est précisément de responsabiliser les instances européennes. Elles auraient leurs ressources propres, et non plus les dotations des États. Et leur utilisation serait contrôlée par le Parlement. Donc un mécanisme qui responsabilise et démocratise. Nous sommes pour ! »

Et le secrétaire d’État d’ajouter : « Je croyais que la N-VA défendait ces principes au niveau national. Si ce n’est pas le cas, qu’elle nous le dise ! »

Et de conclure en déplorant une position « si peu pro-européenne » dans le chef du parti de Bart De Wever.

Démission ? La police a utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants dans la ville de Taiz, au sud du Yémen. Lundi 25 avril, les protestataires ont manifesté pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, et réaffirmer leur rejet du plan de sortie de crise du Conseil de coopération du Golfe. (Khaled Abdullah Ali Al Mahdi/REUTERS)

Le printemps arabe au Maroc est aussi culturel

Par Guy Duplat

Nouvelles manifestations, ce dimanche, dans les villes marocaines. La culture est un acteur essentiel de la “révolution douce” au Maroc.
Au milieu des manifestants, souvent très jeunes, on reconnaît Abdellatif Laâbi, le grand écrivain et poète marocain, figure tutélaire de la culture au Maroc. Il sera d’ailleurs le "parrain" du festival sur la culture marocaine d’aujourd’hui que la Communauté française (avec les Halles de Schaerbeek) organisera à l’automne 2012 à l’instar du festival "Masarat" sur la Palestine. Abdellatif Laâbi, 69 ans, fonda en 1966 la revue "Souffles" qui joua un rôle considérable dans le renouvellement culturel du Maroc. Mais son combat lui valut d’être emprisonné sous Hassan II pendant huit ans et de s’exiler ensuite en France. Depuis l’envol des révolutions du printemps arabe, il revient souvent au Maroc où on le retrouve partout. "J’ai été surpris mais heureux, la parole se libère, nous dit-il, et je constate que ces révolutions se propagent dans le monde arabe malgré les oppositions entre pays exacerbées parfois par les gouvernements."
Dimanche à Rabat, ils étaient quelque 10 000 à manifester dans le quartier populaire de Yacoub El Mansour afin de toucher les populations des faubourgs, un lieu symbolique aussi, puisque c’est là qu’est né Ben Barka, l’opposant à Hassan II, assassiné en 1965 et dont le meurtre ne fut jamais totalement éclairci. Le soleil était généreux, la manifestation très vivante. S’il y avait des groupes islamistes peu nombreux réclamant la liberté de certains des leurs, des jeunes diplômés chômeurs réclamaient, eux, du travail, et d’autres dénonçaient la corruption et l’affairisme. Beaucoup de jeunes portaient une écharpe au nom du mouvement du 20 février, la date de la première manifestation marocaine réclamant plus de démocratie, et suscitée par des communautés de bloggeurs. La politique intelligente du Roi, lâchant du lest en annonçant une réforme de la Constitution et libérant des prisonniers politiques, ne les a pas convaincus. Ils se méfient et dénoncent la persistance du Mahkzen, le noyau politico-affairiste au sommet de l’Etat.
Des manifestants dénoncent aussi le festival Mawazine, qui est pourtant un énorme événement à Rabat. A l’initiative du Roi, dit-on, et avec l’aide de sponsors privés généreux, ce festival annuel se tiendra du 20 au 28 mai avec une pléiade de stars : Elton John, Mika, Shakira, Stevie Wonder, Withney Houston, Sting, Joe Cocker, Cat Stevens et plein d’autres. L’entrée est gratuite et les organisateurs attendent au total des 120 concerts, deux millions de spectateurs. Le coût (surtout les cachets) serait de 70 à 100 millions de dirhams (7 à 10 millions d’euros). Un somme gigantesque à l’échelle des budgets culturels marocains, car il n’y a presque rien pour financer la culture au jour le jour; "Tout va à l’événementiel, à une opération de relations publiques du pouvoir", dénoncent ces jeunes. Les rappeurs (spécialité marocaine) sont ici étonnamment discrets. "Ils ne mordent pas la main qui les nourrit", disent les manifestants.
Jaouad Essounani participe à la marche, aux côtés de Laâbi. Il devrait, lui aussi, être une des vedettes du prochain festival de la Communauté française. Né dans un village du Haut-Atlas, il eut la révélation du théâtre quand, enfant, il croisa une troupe de comédiens ambulants. Depuis, il se consacre au théâtre. Il a travaillé à Londres avec Harold Pinter et sillonné l’Europe. Il écrit des pièces (il en prépare une sur le "lion du Rif", Khatabi, mort en exil au Caire et une autre pour 2012, sur Ben Barka), et met en scène. Mais c’est surtout la création du "Dabateatr" qui le rend passionnant. "Les fonctionnaires me refusent tout subside. Leur argument est basé sur la jalousie. Nous, on crée 98 jours de culture à Rabat par an, bien plus que ce que fait l’Etat !"
"Dabateatr" veut dire "théâtre maintenant", tout de suite, par besoin du théâtre. Mais c’est aussi un théâtre branché sur les réalités d’aujourd’hui. Créé en 2004, en résidence à l’Institut français de Rabat (Jaouad revendique d’avoir un jour, un lieu à lui), le Dabateatr s’est transformé en collectif d’une trentaine de personnes dont cinq metteurs en scène (avec une chorégraphe, Salima), des acteurs, des auteurs. Ils proposent des créations ("Il", écrit par Driss Ksikes et mis en scène par Jaouad, couronné par plusieurs prix, fut prémonitoire du printemps arabe). "Nous avons créé un rituel pour le public, créant chaque mois, pendant une semaine, le ‘Dabateatrcitoyen’, fort attendu" (on refuse chaque fois du monde). Pendant une semaine, il y a un concert, de la danse, un débat entre bloggeurs (Dabablog) et, surtout, une création théâtrale inspirée par l’actualité (cette fois, ce sera au départ du festival Mawazine). Des ateliers d’écriture fonctionnent en amont pour écrire les textes, mis ensuite en scène. "J’ai choisi ce mode collectif, car j’avais vu qu’au Maroc, chaque fois qu’une initiative était bonne, elle était liée à un homme et disparaissait avec lui. J’ai voulu créer une structure pérenne." Rien n’est acquis, mais Jaouad Essounani et le Dabateatr pourraient venir un mois aux Halles pour réaliser là, avec un atelier d’écriture, ce qu’ils font si bien à Rabat.

Driss Ksikes est une autre personnalité incontournable de la nouvelle culture marocaine. Cet écrivain et dramaturge est aussi journaliste. Il a longtemps dirigé le très bon magazine "TelQuel", mais il dut partir après avoir été condamné en 2006 pour avoir publié un dossier sur "l’humour des Marocains" jugé blasphématoire ! Il fut condamné à trois ans de prison avec sursis. Aujourd’hui, il dirige entre autres, la brillante revue économique "Economia" (qui parle aussi de politique). "En 1999, à la mort d’Hassan II, nous avions cru en un printemps marocain avec l’arrivée de Mohammed VI. Mais les attentats de Casablanca en 2003 servirent de prétexte à un nouveau tour de vis, le pouvoir expliquant fallacieusement que le Maroc devait choisir entre un pouvoir fort - le sien - ou l’islamisme." Pour Ksikes, la culture n’est pas à la base du mouvement actuel, mais bien "la non-vertu de l’Etat, la non-éducation, la corruption. Même les espaces culturels de médiation ont été confisqués par le pouvoir; comme le montre Mawazine." Mais, dit-il, "je crois que la culture peut rester comme une mouche qui tourbillonne dans la tête de chacun".
Driss Ksikes est aussi cofondateur des Rencontres d’Averroès à Rabat, des débats, conférences, spectacles, qui aident à "penser la Méditerranée des deux rives". Dans ce cadre, il avait organisé sur plusieurs carrefours de Rabat des happenings littéraires avec des acteurs lisant à voix haute des textes dits"subversifs" (parler du Roi, de l’islam ou d’érotisme reste difficile). "La parole est libre, la censure vient plutôt du côté du financement", explique Jouad.

Pendant ces rencontres, le metteur en scène tunisien Fadhel Jaïbi est venu jouer à Rabat "Amnesia", spectacle stupéfiant. Par sa forme très moderne, dynamique, originale, avec dix excellents acteurs, mais encore plus par son sujet : "Amnesia" raconte comment un dictateur tunisien apprend, le jour de l’anniversaire de sa fille, par la télé, qu’il est destitué. Il cherche à fuir mais est rattrapé et enfermé dans un hôpital psychiatrique. Le spectacle fut créé à Tunis, le 2 avril 2010, soit un an avant le déclenchement de la révolution du jasmin ("Je n’aime pas ce terme, dit le metteur en scène, car le jasmin se fane et je veux une révolution pérenne"). Il a dû affronter la censure (pour un spectacle précédent, la censure demanda 265 coupures qu’il refusa !). Joué pendant deux mois, à Tunis, puis en France et en Italie, il venait pour la première fois dans un autre pays arabe.
A Casablanca aussi, la culture bouge grâce, entre autres, au dynamisme d’Abderrahim Kassou, l’infatigable animateur de "Casamémoire" qui se bat pour que survive la magnifique architecture moderniste de Casa. Avec douze associations, il a aussi ouvert une friche industrielle (la seule d’Afrique) très originale dans la banlieue de Casa. "Les Abattoirs", ce sont 20 000 m2 consacrés à la culture. Le festival de musique Tremplins s’y déroulera mi-mai. Du cirque, des manifestations, des débats, un skate park, une culture alternative vivante : un très beau projet.
Un grand nombre de ces acteurs culturels seront présents en 2012 lors du festival des Halles, pour partager avec nous cet incroyable vent d’humanisme et de citoyenneté qui est en train de souffler sur le monde arabe.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ARTISTES ET INTELLECTUELS DU MONDE ENTIER UNISSEZ VOUS FACE A L’OPRESSION
C’est terrible à dire, mais on a l’impression que partout dans le monde, les politiques sont en train de perdre sinon la main, du moins la face.

Les intellectuels se font très silencieux mais les artistes partout sont sur la brèche et les barricades. Sans doute sont-ils, sont-elles, les seuls hommes et les seules femmes vraiment libres dans cette société mondialisée qui dispense le consumérisme et le divertissement médiatique comme un opium qui endort les souffrances des opprimés, un fascisme light comme le coca cola du même nom : « diet fascism ! »

Nous irons donc aux Halles de Schaerbeek les applaudir et les soutenir.
Et nous irons aussi assister à la Conférence-Débat organisée le mardi 10 mai 2011, à 19h, à Hôtel communal de Schaerbeek à l’initiative d’Afaf Hemamou
MG

«FEMMES, RELIGIONS, ET LAICITE»
Hervé Hasquin : Président de séance.
Nawal El Saadawi : Médecin psychiatre et écrivain, militante de tous les combats pour l’émancipation de la femme égyptienne. «Avec l’âge les écrivains s’adoucissent ; moi, je suis de plus en plus en colère».

Joumana Haddad : Poète, journaliste, et traductrice, elle est également rédactrice en chef de Jasad, une revue spécialisée dans la littérature et les arts du corps pour «briser les tabous qui perdurent au sein du monde arabe»;

Thérèse Liebmann : Docteur en Histoire (ULB), elle est membre de l’UPJB et active notamment parmi les femmes belges solidaires de la WOFPP (Women’s Organization for Political Prisoners-Tel Aviv), une organisation israélienne de femmes pour la défense des prisonnières politiques palestiniennes;

Soumeya Naamane Guessous : Sociologue et Professeur à l’Université Hassan II de Casablanca et écrivain féministe francophone dont les écrits traitent de sujets tabous, au Maroc. Dans ‘Au-delà de toute pudeur’, la sociologue traite de la sexualité féminine;

Noëlle Hausmann : Docteur en Théologie (UCL), Professeur de Théologies fondamentale et morale, auteure de ‘Comme elles l’avaient dit. Etre femme aujourd’hui’;

Malika Hamidi : Docteur en Sociologie, elle s’est intéressée à l’émergence d’un mouvement de pensée féministe musulman transnational en Occident, et dans le monde arabo-musulman. Elle contribue au débat sur la question du féminisme islamique et de l’identité musulmane en Europe, et dirige le think thank ‘European Muslim Network’.

mercredi 27 avril 2011

Bruxelles, vers son nouveau plan de développement durable

Un rapport de synthèse est attendu pour décembre. Le projet de PRDD devrait être finalisé pour l'été 2012.
Le ministre-président bruxellois Charles Picqué a présenté mardi les 300 pages d'un état des lieux de la Région en vue de l'élaboration du nouveau plan régional de développement durable (PRDD), troisième du genre. Le PRDD constituera "une nouvelle Bible" de la politique bruxelloise en matière de mobilité, aménagement territorial, logement, etc, a souligné M. Picqué.

Les cinq défis principaux sur lesquels travailleront les "ateliers de prospective territoriale" jusqu'en octobre prochain concernent le "boom démographique" attendu, le socio-économique, l'environnement, l'aménagement territorial et la dualité entre les différents quartiers, ainsi que le rôle international de Bruxelles."Je suis persuadé que l'élaboration collective de l'avenir de la ville constitue le meilleur moyen, ou l'un des meilleurs, pour renforcer l'identité de Bruxelles", a commenté le ministre-président.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« PAS DE VAGUES, SURTOUT PAS DE VAGUES »
La ligne politique du gouvernement Picqué se résume à une formule incantatoire: « Pas de vagues, surtout pas de vagues .»
Son administration hyper politisée est impuissante et largement incompétente; le cabinet Picqué est pléthorique et surtout, il est à la botte du Ministre-Président.
Le Parlement bruxellois est peuplé de députés inféodés à doubles casquettes et doubles traitements: bourgmestres, échevins ou conseillers communaux.

Un internaute ironise:
« Le développement durable précédent était tellement durable qu'il n'a pas tenu 5 ans. En cause ? L'hyper natalité dans les communes de la première couronne»

Un autre met le doigt sur la racine du mal:
«Le problème de Bruxelles, c'est que là où l'immigration se concentre pratiquement plus rien n'est viable car le trio infernal de l'échec scolaire , du chômage et de la délinquance (300 jeunes terrorisaient hier Hofstade...) font que tous les moyens d'une politique sociale qui pourrait être ambitieuse sont concentrés sur une population qui les absorbe comme de l'eau dans le désert.»

Vous avez-dit enseignement et formation? Pas entendu qu’on en parle vraiment dans le plan. Bien sûr, ce n’est pas une compétence régionale mais communautaire. Laisser donc baisser les bras? Le lecteur connaît notre position sur le sujet:pas de salut sans une révolution copernicienne de l’enseignement tel qu’il est prodigué à Bruxelles!

Un troisième se montre plus sarcastique encore:
« c'est vrai que les deux premiers ont tellement bien marché, faut absolument en faire un troisième : »
« ben ouè, c'est l'occasion de confier un marché d'étude à des proches du parti..... »

Le quatrième internaute surenchérit: « c'est incomplet....il manque le chapitre le plan important de ce plan: 6ème défi: "de la manière de faire déguerpir la classe moyenne belge de souche pour laisser la place aux nouveaux arrivant démunis qui sont la base de l’électorat de l‘olivier"

« Ah, après le "tissu associatif" (lisez asbl d'extrême gauche, financées avec l'impôt du citoyen lambda), on va avoir droit à des "ateliers de prospective territoriale". En tant que petit-fils d'ouvriers, pour moi, le terme d'atelier est synonyme de TRAVAIL, et pas de "réunions" de pseudos élites intellectuelles gauchisantes se gargarisant de leur idéologie utopique. »

« Les Flandres font reposer l'entièreté du problème de l'accueil des réfugiés sur les deux Régions francophones»

On le voit, ces 300 pages, on les lirait volontiers pour s’en faire une opinion pas forcément négative, sont loin d’enthousiasmer les électeurs. On aimerait un supplément de pédagogie de la part de Charles Picqué qui pourtant, en principe, n’en manque pas. Surtout on attend avec impatience les réactions de l’opposition démocratique au sein du parlement bruxellois.
Puisqu’il a le mérite d’exister, ce plan ne devrait-il pas être la feuille de route d’une réforme de la politique de la Région Bruxelles Capitale, à soumettre à la table des négociations où se réunissent les mandataires wallons et flamands, en vue de redessiner le plan de la maison Belgique en plein travaux de rénovation?
MG

mardi 26 avril 2011

Des policiers agressés à Hofstade par de 200 à 300 personnes

De 200 à 300 personnes, principalement des jeunes Bruxellois, ont agressé des policiers au domaine du Bloso dimanche soir. Coups, jets de bouteilles et autres projectiles.

Des fauteurs de troubles s’en sont pris lundi soir à des policiers dans un domaine public à Hofstade (Brabant flamand), a confirmé la police locale. Les circonstances des faits ne sont pas encore clairement définies.
Un groupe d’au moins 200 personnes ont subitement agressé, vers 18 heures, les policiers, qui ont été frappés et ont été la cible de jets de bouteilles et de projectiles. Les fauteurs de trouble ont encerclé les agents, qui ont mis un certain temps pour réussir à se mettre à l’abri. Selon la police, les individus étaient principalement des jeunes originaires de Bruxelles.
Des patrouilles de police de toute la région ainsi que des équipes d’intervention de la police fédérale ont été mobilisées en masse au domaine pour soutenir leurs collègues.
(belga)
200 herrieschoppers vallen agenten aan in Bloso-domein

Politie nog massaal aanwezig in Hofstade
Amokmakers hebben vanavond heel wat problemen veroorzaakt op het Bloso-domein in het Vlaams-Brabantse Hofstade (Zemst). Over de exacte aanleiding en omstandigheden van de problemen is nog geen duidelijkheid.
Een groep van minstens tweehonderd herrieschoppers sloot omstreeks 18 uur plots de politiemensen op het terrein in. De inspecteurs kregen klappen en werden bekogeld met flessen en projectielen.

De amokmakers omsingelden de politiemannen en het duurde geruime tijd alvorens de agenten zichzelf in veiligheid konden brengen. Onder de amokmakers zaten volgens een politiebron heel wat jongeren uit Schaarbeek en Brussel.

Politiebegeleiding
Politieploegen uit de hele regio en ook interventieteams van de federale politie zakten massaal af naar het domein om de agenten bij te staan. Enkele honderden bezoekers werden vanaf 19 uur in bussen gestopt en onder politiebegeleiding richting Vilvoorde en Brussel overgebracht.

De uittocht van de bezoekers van het domein is nog volop aan de gang. De politie blijft voorlopig massaal aanwezig. (belga/svm)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ETE BRUXELLOIS CHAUD EN PERSPECTIVE
Voilà qui va faire monter d'un cran la tensions entre hommes politiques flamands et bruxellois et faire les choux gras de la N-VA.
Par chance, les vacances se terminent aujourd'hui et ces charmants jeunes gens vont retourner à leurs chères études.
Après un prentemps arabe éblouissant, l'été risque d'être chaud dans les communes bruxelloises du croissant pauvre.
MG

Klaus Kreiser - Atatürk. Een biografie

Eerst heette hij gewoon Mustafa. Vervolgens werd het Mustafa Kemal en uiteindelijk Mustafa Kemal Atatürk - vader van alle Turken.
Klaus Kreiser - Atatürk. Een biografie
Uitgeverij: Atlas
Aantal pagina's: 366
Prijs: 29.95 euro
ISBN: 978-90-450-1752-5

De lijst van alle andere namen en titels waarmee de stichter van de Turkse republiek werd aangeduid, is oeverloos lang. De personencultus rond Atatürk begon al tijdens zijn leven. Zijn portret is ook vandaag in Turkije nog overal te zien.

De Duitse professor Klaus Kreiser publiceerde drie jaar geleden een biografie van Atatürk, die nu in het Nederlands is vertaald. Hij vertelt niet alleen over het leven van de man, maar biedt ook inzicht in de Turkse cultuur en in het boeiende tijdsgewricht waarin Atatürk leefde en dat een kantelmoment was in de recente geschiedenis: de eerste decennia van de twintigste eeuw.

Mustafa Kemal werd in 1880 of 1881 in een bescheiden gezin geboren in de Griekse stad Saloniki, die toen nog deel uitmaakte van het Ottomaanse rijk. Hij ontpopte zich tot een briljant militair en een bevlogen politicus, die na de verloren Eerste Wereldoorlog de Turkse onafhankelijkheid bevocht, het sultanaat opdoekte en de Turkse republiek uitriep.

Atatürk brak met de tradities van de ingeslapen reus en richtte zijn land rigoureus op het Westen. Hij bande het dragen van de fez voor mannen en de gezichtssluier voor vrouwen uit het publieke domein, verplaatste de hoofdstad van Istanbul naar Ankara, verving het Arabische schrift door het Latijnse alfabet en voerde een strijd voor de gelijkberechtiging van de vrouw.

Vrouwen verwierven in Turkije al in de jaren dertig van de vorige eeuw stemrecht - meer dan tien jaar voor dat, bijvoorbeeld, ook in België het geval was. Tegelijk was de assimilatiedruk op minderheden zoals Koerden en Armeniërs in het Turkije van Atatürk groot.

Kreiser vertelt het verhaal nuchter en objectief. Zo vergeet hij niet te vermelden dat Atatürk meer dronk dan goed voor hem was. Hij liet zijn macht niet altijd democratisch legitimeren, maar het Turkije van Atatürk was ook geen dictatuur zoals die van zijn tijdgenoten Benito Mussolini of Adolf Hitler.

Tegelijk beseft Kreiser dat het nieuwe burgerlijk wetboek, waarin in 1926 de basis werd gelegd van het Turkse laïcisme, toen niet bij referendum zou zijn goedgekeurd.
(Hubert van Humbeeck)

COMMENTAIRE DE DIVERCIY
A l’évidence et sans être très versé sur le sujet, la « kémalisation » de l’empire ottoman fut une tentative largement réussie d’européaniser la Turquie. Certes comparaison n’est pas raison, mais on peut affirmer Mustapha Kemal fut en quelque sorte le de Gaulle turc, celui qui le mieux incarna l’esprit de la Turquie.
Pour le surplus notons à toutes fins utiles que « L’Europe ne se limite pas à la construction institutionnelle européenne. Elle lui donne un sens contemporain, en termes d’échanges, de liberté de mouvement, de dialogue, de projet de société transnationale, mais toujours est-il que l’Europe précède l’UE. Si cette dernière faillit, le Vieux Continent n’en maintiendra pas moins ses assises historiques, sociologiques et civilisationnelles. »
L’Europe n’est pas une nation, ni même un fédération ou confédération de nation. On peut le regretter mais l’Europe est une idée. Certains, comme nous rêvent d’un rêve européen susceptible de détrôner le rêve américain qui tourne au cauchemar.
(Le blog de Mehmet A. Saygin)

LA TURQUIE EST EUROPEENNE
L'Europe ne se limite pas à la construction institutionnelle européenne. La Turquie est européenne indépendamment de son adhésion ou non à l'UE. Une opinion de Mehmet A. SAYGIN, Juriste.
La question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ne cesse d’être d’actualité depuis 1959, date à laquelle cet Etat, par le biais de son premier ministre de l’époque, adressa à la Communauté économique européenne (l’ancêtre de l’UE) une demande officielle d’association.En dépit de l’importance de cette question, d’autant plus grande que cette aventure coïncide pratiquement avec l’histoire de l’"immigration turque en Europe" (nous reviendrons sur cette terminologie), ce ne sera pas l’objet de mon propos.
En effet, le débat politique "Turquie-UE" ne doit pas occulter une double réalité, à savoir que l’Europe ne se limite pas à la construction institutionnelle européenne (première clarification) et que la Turquie est européenne indépendamment de son adhésion ou non à l’UE (deuxième clarification). Développons.
L’Europe ne se limite pas à la construction institutionnelle européenne. Elle lui donne un sens contemporain, en termes d’échanges, de liberté de mouvement, de dialogue, de projet de société transnationale, mais toujours est-il que l’Europe précède l’UE. Si cette dernière faillit, le Vieux Continent n’en maintiendra pas moins ses assises historiques, sociologiques et civilisationnelles.
La Turquie est européenne indépendamment de la question de son adhésion à l’UE. Cette mise au point découle directement de la précédente. En effet, le débat sur l’accession de la Turquie à l’UE est très généralement présenté comme suit : la Turquie et l’Europe forment deux entités séparées par une ligne (historique selon certains, géographique selon d’autres) étanche et la Turquie souhaite rompre cette ligne de démarcation pour intégrer la "famille" Europe.Or, cette présentation résulte d’une double désinformation : la première tend à amalgamer l’Europe à la seule UE (la Suisse et la Norvège : des Etats extra-européens ?), la seconde tend à considérer que parce que la Turquie ne fait pas partie de l’UE, elle ne fait forcément pas partie de l’Europe.
Cela n’a pas de sens de mettre en avant l’argument géographique pour décider si la Turquie est dans l’Europe ou pas, en particulier sur la base d’une grille de lecture contemporaine. Sans compter que l’application stricte de cet argument exclurait de fait un Etat membre de l’UE, à savoir Chypre. Ce sont donc les arguments politique et historique qui doivent être analysés pour apprécier l’européanité de la Turquie. Il faut vérifier si la Turquie (a) fait partie d’un ensemble appelé "Europe".
Pour ce faire, les archives ottomanes constituent une source d’informations extraordinaire. Prenons quelques exemples, parmi beaucoup d’autres, qui illustrent l’européanité de la Turquie au-delà des affirmations parfois entendues selon lesquelles "l’Empire ottoman a été présent en Hongrie et dans les Balkans durant plusieurs siècles" et "l’Empire ottoman a été l’homme malade de l’Europe".1560. Lettre impériale du Sultan Soliman le Magnifique envoyée au Roi de France François II. Le Sultan y répond à l’appel à l’aide adressé par François II contre ses ennemis, y rappelle les liens d’amitié qui ont prévalu entre le père de François II et lui et y insiste sur la continuité de ces liens d’amitié et de bonne intelligence.
1565. Lettre impériale du Sultan adressée au Roi de France, faisant suite à une lettre adressée au Sultan par le Roi de France dans laquelle ce dernier l’informe que les tensions qui dominent les relations de la France avec la Reine d’Angleterre ont été dissipées au profit de la paix, ce à quoi le Sultan répond par un message de contentement et d’appel au renforcement des relations bilatérales.
1565 toujours. Lettre impériale du Sultan adressée au Roi du Portugal, consacrant l’appel de ce dernier au renforcement des liens d’amitié entre les deux puissances.
Ces exemples proviennent du XVIe siècle et ont pour objectif d’illustrer l’ancienneté de l’européanité de la Turquie. Mais il est possible de choisir des exemples plus récents également.1838. Le Sultan Mahmud II entérine le premier accord commercial entre l’Empire ottoman et la Belgique. C’est la même année, d’ailleurs, que le Sultan signe l’ordre impérial de reconnaissance de l’Etat belge.1847. Des représentants irlandais adressent une lettre de remerciements au Sultan Abdülmecid suite à l’aide financière que celui-ci fait acheminer à destination des nécessiteux de ce pays.
C’est bien en tant que puissance européenne que l’Empire ottoman a envisagé sa relation aux autres puissances européennes. Certes, cette histoire commune a été parsemée de conflits divers mettant en scène la Sublime Porte. Mais cette donnée ne lui est nullement applicable de façon exclusive, puisque cette histoire commune a été traversée par d’innombrables querelles opposant les autres puissances européennes entre elles, France et Angleterre en tête.
Ces quelques pièces d’archives suffisent à (dé) montrer que l’européanité de la Turquie , à savoir son intégration politique et historique dans la "famille" Europe, est à tout le moins pluriséculaire. Il s’agit d’une histoire partagée de longue date. C’est pourquoi il ne me semble pas correct de faire coïncider la présence des Turcs en Europe avec l’histoire de l’"immigration", de même qu’il me paraît rigoureusement inexact sur le plan historique de présenter le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE comme une rencontre inédite à peine vieille d’un demi-siècle.
Je suis convaincu qu’il faut réhabiliter ce passé commun, réaffirmer l’européanité de la Turquie et, de toutes parts, éviter de tomber dans le piège tendu par l’amalgame réducteur entre les formulations "Europe" et "UE". Les mots, ici comme ailleurs, sont importants.

L’hypocrisie de l’espace Schengen

Pierre-Etienne VANDAMME, Etudiant, chaire Hoover d’éthique économique et sociale, UCL

L'Europe peut conquérir le monde, l'exploiter, lui donner des leçons, mais en accueillir la misère, non.
Jouissant jadis d’une position stratégique sur la Méditerranée , qui contribua à son rayonnement, l’Italie se trouve aujourd’hui confrontée, plus que tout autre pays européen, aux vagues de migrants venus notamment du Maghreb. Refusant d’assumer seule cette problématique, l’Italie a décidé d’accorder des permis de séjour de six mois aux migrants, misant sur la libre circulation des biens et des personnes au sein de l’espace Schengen pour "refiler" la patate chaude à ses voisins.
La France a réagi en arrêtant temporairement le trafic ferroviaire entre Vintimille et Menton, tandis que la Belgique annonçait des contrôles accrus aux frontières, faisant ressurgir le spectre du retour des douanes dans l’UE.
Au-delà d’une certaine lâcheté de la décision italienne, guidée par les pressions populistes de la Ligue du Nord et par la roublardise de Silvio Berlusconi, on est en droit de se demander si l’Italie a vraiment tort et si ce ne sont pas les réactions de ses voisins qui sont condamnables. D’une seule voix, tous les pays membres de l’UE ont salué le Printemps arabe, le réveil de la démocratie dans le Maghreb. En payer les conséquences sociales, par contre, il n’en est pas question. L’Europe peut conquérir le monde, l’exploiter, lui donner des leçons, mais en accueillir la misère, non. Les autres n’avaient qu’à naître au bon endroit, après tout. Et l’Italie n’avait qu’à pas se trouver aussi proche du continent africain.
C’est cet égocentrisme national simplet qui préside aujourd’hui à la politique migratoire européenne, qui n’est pas une politique commune. Avec elle, on est amené à considérer les accords de Schengen d’un autre regard. S’ils pouvaient être vus à l’échelle européenne comme un progrès politique, il s’agit en réalité, à l’échelle mondiale, d’une vulgaire réplique de la logique de l’Etat-nation dans une version supranationale, à savoir le repli. La circulation n’est tolérée que si elle enrichit, telle est l’hypocrisie de l’espace Schengen. Ce qui doit circuler, à en croire Karl Marx, c’est le Capital, dont les biens et les personnes - liés de manière suggestive dans la convention - ne sont que les porteurs. Prière de faire circuler le capital à l’intérieur de l’Union afin qu’il s’accroisse, et de n’autoriser à rentrer dans la danse que ceux qui contribueront efficacement à cette mission.
Notre projet européen n’est-il qu’économique et (donc) égocentré ? C’est ce qui transparaît dans ces périodes où sa stabilité se voit quelque peu mise en crise. Pourtant, les deux grands défis mondiaux de l’époque, à savoir la protection de l’environnement et la régulation d’un marché creusant les inégalités entre les individus et les peuples, réclament une véritable politique supranationale qui ne se réduise pas à la gestion des avantages naturels ou acquis. A cette fin, il est grand temps que l’UE se dote d’une politique migratoire commune. S’offriront alors deux solutions : soit dissuader les migrants économiques en œuvrant efficacement à la réduction des inégalités entre les peuples, soit ouvrir les frontières extérieures de l’Europe. Toute autre voie serait égoïste et hypocrite.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUO VADIS EUROPA ?
En effet telles sont les deux branches de l’alternative :
« soit dissuader les migrants économiques en œuvrant efficacement à la réduction des inégalités entre les peuples, soit ouvrir les frontières extérieures de l’Europe. Toute autre voie serait égoïste et hypocrite. »
Les internautes ont beau protester sur le site de la Libre , l’analyse de cet étudiant perspicace est implacable.
Mais tout se passe comme si l’Europe n’avait d’autre ambition que de devenir une grosse Suisse, j’ai envie d’écrire un grosse Flandre, inspirée de l’esprit des Tea Parties qu’incarne Bart De Wever et son alter ego finlandais. Roger Nols, le démagogue, serait-il en train de renaître de ses cendres ?
MG

lundi 25 avril 2011

Indignes de nous-mêmes !

Krauze

Mais d'où vient ce climat délétère qui s'abat sur l'Europe ? Au repli sur soi des citoyens répond le comportement irresponsable de leurs dirigeants. Résultat : l'idée européenne devient scandaleuse. Le coup de gueule d'un chroniqueur belge.
Hugo Camps
Quelqu’un a-t-il encore envie d’être qualifié d’européen ? On peut espérer que quiconque a une once d’humanisme serait mieux inspiré. Ceux qui sont actuellement aux manettes du vieux continent n’obtiendraient pas même l’asile au sein de la lie de l’humanité.
Pour ce qui est des Finlandais, inutile de nous étendre su le sujet : c’est à croire qu’ils se promènent encore avec des peaux d’ours sur le dos. Asseyez-les sur une luge s’arrête à la limite des neiges, c’est le charme du folklore. et ils partent dans toutes les directions.
Les Hongrois sont moins innocents, c’est même un peuple étrange. Le Parlement a adopté une nouvelle Constitution qui stipule que Dieu et le christianisme soudent la nation hongroise. Quid des des musulmans et des athées dans tout ça ! Il y a longtemps que la discrimination n’avait pas été inscrite de façon aussi éclatante dans une Constitution. Plus hardi encore : les enfants doivent naître d’une union maritale entre un homme et une femme. Bonjour les homos, bonjour les mères célibataires. Pour couronner le tout, retour au Moyen-Age : le fœtus doit être protégé dès la fécondation.

L'EUROPE EST UNE CHRONIQUE DES SCANDALES
En l’an 2011, sous le regard Europe, les femmes hongroises sont renvoyées, aux aiguilles à tricoter des plus obscures faiseuses d’anges. Et tout ça sans bûchers publics ! En Europe, tout est possible : les principes sont passés de mode, l’ultime charte c’est le marché ce qui laisse en rade les dilemmes éthiques.
Mais que va donc faire Herman Van Rompuy? Va-t-il soudain pouvoir s’accommoder d’un rebut institutionnel? Président des pustules venimeuses – ça marche aussi? Les haïkus ne peuvent tout de même pas consoler de toutes les dépravations. L’Europe est une chronique des scandales.
Aux Pays-Bas, un xénophobe peut impunément prendre le gouvernement en otage. A Rome, un délinquant sexuel d’un âge plus que respectable est sous l’emprise de son sexe tricolore. A l’Elysée, un président assez particulier se prend pour une Ferrari. "Quand vous ouvrez le capot, c’est avec des gants blancs" (phrase attribuée à Nicolas Sarkozy dans La Conquête , un film qui sort en mai sur son arrivée au pouvoir). Un forain n’aurait pas pu mieux le dire. Le Président ? Un farfelu ?
Et la Belgique pour terminer : une ferme pédagogique pour enfants où les culottes claquent au vent sur le fil à linge des populistes. L’Europe: une vue de l’esprit fascinante dégénérée en tumeur ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAUVRE EUROPE
Nous n’avons pas retrouvé le texte original de Hugo Camps dans de Morgen on line. Dommage, il nous faudra donc nous contenter de cette traduction imprécise qui circule sur la toile. Les textes de Camps sont à mon sens intraduisibles (je ne m’y risquerais pas) mais toujours irrésistibles. L’Europe nous dit Camps est une idée géniale, un projet fascinant que les Européens, en particulier certains de leurs dirigeants nationalistes, dénaturent de toutes les manières. Une Europe résolument interculturelle est un géant, une nouvelle Andalousie potentielle, un phare capable de sauver ce monde en détresse en volant au secours des insurgés du printemps arabe. Apparemment, de cela personne ne veut ! Et pendant ce temps-là nos dirigeants européens sombrent dans un populisme et un nationalisme digne du 19 siècle qui précipiteront son déclin.
Certains politiciens (des vrais politichiens, disait de Gaulle) font du sublime projet européen une « véritable tumeur.»
C’est tragiquement vrai.
Chronique d’une mort européenne annoncée ? C’est beaucoup dire. Et notre Hermann Van Rompuy qui se tait dans toutes les langues.
Mais, pas de panique, on songe à Schwarzennegger pour lui succéder.
MG

ARNOLD SCHWARZENEGGER, FUTUR PRESIDENT ...DE L'UE?
Arnold Schwarzenegger. © ImageGlobe

Celui qui est déjà gouverneur de l'Etat de Californie pourrait, jouissant de ses origines autrichiennes, briguer le poste de président de l'Union européenne. Alors, Schwarzie pour remplacer Van Rompuy? Pour l'instant, ce n'est qu'une théorie très sérieusement évoquée par un ancien chef de cabinet du principal intéressé.

Arnold Schwarzenegger, déjà passé avec succès des films d'actions hollywoodiens au siège de gouverneur de Californie, aurait des vues sur la présidence de l'Union Européenne (UE), rapportent mardi les médias américains. A 63 ans, l'ancien "Monsieur Univers", d'origine autrichienne, s'interroge toujours sur son avenir politique et son entourage lui conseillerait de revenir en Europe pour se présenter à la présidence de l'UE, selon le magazine Newsweek.
"Dans les prochaines années, l'Union Européenne va devoir se trouver un président de plus grande envergure, quelqu'un capable d'unifier l'Europe", a déclaré au magazine Terry Tamminen, l'ancien chef de cabinet de M. Schwarzenegger. "Les Français ne voudront pas d'un Allemand, et les Allemands ne voudront pas d'un Italien. Et s'ils choisissaient plutôt un Européen parti aux Etats-Unis, ressuscitant la vision d'un Washington ou d'un Jefferson d'une Europe nouvelle et unifiée?", a ajouté M. Tamminen, sans nommer explicitement son ancien patron.
Après deux mandats à la tête de la Californie , les rumeurs vont bon train sur l'avenir politique ou cinématographique du Governator. Une chose est certaine, cependant: il ne pourra pas briguer la présidence des Etats-Unis, réservée aux personnes nées sur le territoire américain... n'en déplaise au Premier ministre britannique David Cameron, qui aurait plaisanté avec M. Schwarzenegger sur le sujet lors d'une récente rencontre à Londres. "Nous devons changer la constitution (américaine) afin que vous puissiez vous présenter (comme président). C'est ce que nous allons faire", lui aurait-il dit.
(Avec Belga)

De la révolution

Jean-François Kahn Journaliste et essayiste

Après l'enthousiasme, retour au réel.

Phases toujours difficiles.

Ce sont celles que vont traverser, ces prochaines semaines, les régimes provisoires issus des révolutions égyptienne et tunisienne.

Puisse-t-on ne pas passer d'un excès d'euphorie à un excès de pessimisme.

On a crié au scandale parce que Nicolas Sarkozy avait mis en garde contre les évolutions négatives que pourraient connaître les révolutions arabes. Pour le coup, il avait raison. Le propre de toute révolution, c'est de porter en elle les deux issues possibles : l'une positive, l'autre négative. La première révolution anglaise déboucha sur une dictature militaire et une restauration. La seconde, celle de 1688, sur l'instauration de la première vraie démocratie parlementaire au monde.

La révolution de 1830, en France, fut suivie de 18 ans de stabilité et de croissance. Celle de 1848, d'une nouvelle insurrection, 4 ans plus tard et d'un coup d'Etat en 1851.

Il se trouve que j'ai commis, sous le titre De la révolution, un ouvrage consacré aux phénomènes révolutionnaires. Ce que leur systématique analyse m'a appris, c'est :

1. Qu'une révolution n'est jamais la résultante mécanique d'une situation économico-sociale qui la rendrait fatale. (La situation était bien pire, et donc plus potentiellement révolutionnaire, à l'extrême fin du règne de Louis XIV qu'en 1788).

2. Qu'on ne la prépare, qu'on ne la planifie jamais et que, moins on la prévoit, plus son déclenchement est redoutable.

Deux exemples : en décembre 1847, Tocqueville ayant, à la tribune de l'Assemblée Nationale, évoqué un « risque révolutionnaire », fit se tire-bouchonner de rire tous les députés de droite comme de gauche. Deux mois plus tard, Paris se couvrait de barricades. Le 1er mai 1968, L'Express publia, sur toute une page, un dessin montrant un défilé syndical réduit à des ouvriers se rendant en automobile vers les plages. Trois semaines plus tard, c'était la grève générale.

3. L'événement déclencheur, qui n'est jamais sur l'instant perçu comme tel, symbolise toujours une régression de trop. Ainsi, l'arrestation de deux parlementaires qui provoqua, sous Mazarin, une fronde généralisée. L'intervention policière à la Sorbonne en mai 1968. Ou, encore, au Mexique en 1911, la décision prise par le président Porfirio Diaz, au pouvoir depuis 36 ans, de se représenter à 80 ans après avoir fait adopter une loi permettant l'appropriation privée des terres communales. A Téhéran, en 1979, ce fut la répression sanglante et inutile d'une manifestation de rue qui provoqua la chute du Shah.

4. Un processus révolutionnaire ne peut se développer que si les aspirations populaires parviennent à converger avec celles des classes moyennes et d'une fraction de la bourgeoisie. Voire de l'aristocratie. Ainsi, ce qui la rendit possible, en 1789, ce fut la constitution d'un front qui allait des futurs Montagnards à la noblesse libérale représentée par Lafayette. C'est pourquoi ce sont toujours des personnalités relativement modérées (Washington, Mirabeau, Thiers en 1830, Lamartine en 1848, Gambetta en 1870) qui enclenchent les processus révolutionnaires.

En ce sens, le gauchisme, replié sur lui-même, est objectivement contre-révolutionnaire. Blanqui n'a jamais réussi, lui, à provoquer la moindre révolution.

5. Les réalisateurs d'une révolution se vivent toujours en situation défensive et non offensive. On ne prend pas d'initiative, on réagit à… Les vainqueurs de la Bastille cherchaient des armes pour s'opposer à un coup de force militaire. Ils ne découvrirent qu'après coup qu'ils venaient de faire une révolution.

Il y a donc des régularités que l'on peut presque considérer comme des lois.

Or, une fois un processus révolutionnaire déclenché, à la suite d'un effet boule de neige, ces lois sont presque identifiables à celles de la thermodynamique.

C'est ainsi que le modèle de la première révolution anglaise, celle de Cromwell – révolution libérale, puis démocratique, puis radicalisation avec guerre civile débouchant sur une dictature de fait, instauration d'un pouvoir militaire, contre-révolution, restauration – a été reproduit une cinquantaine de fois. Tel quel ! Sous des formes évidemment différentes et, surtout, en un laps de temps qui pouvait aller de 70 ans (des révolutions des Gracques à Jules César à Rome), à 10 ans (de la prise de la Bastille au coup d'Etat de Bonaparte), à 4 ans (de la révolution de Février 1848 à Napoléon III) ou à 8 mois (de la révolution démocratique de Février 1917 en Russie à la tentative de coup d'Etat contre-révolutionnaire de Kornilov, puis au putsch bolchevique d'Octobre).

Dans tous les cas, répétons-le, le radicalisme ultra joue un rôle contre-révolutionnaire, en cela qu'il fait régulièrement le jeu de la réaction la plus droitière. (Au Chili, sous Allende, il fut le fourrier de Pinochet). Si l'on ne veut pas que les mêmes formidables espérances engendrent les mêmes déconvenues ou tragédies, il faut que le monde démocratique, que tous les démocrates se mobilisent massivement, sans arrière-pensées, en faveur des révolutions arabes.
(www.jeanfrancoiskahn.com)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PRINTEMPS ARABE OU DEBUT DE REVOLUTION MONDIALE ?
«Il faut que le monde démocratique, que tous les démocrates se mobilisent massivement, sans arrière-pensées, en faveur des révolutions arabes. »

Mais bon sang que fait l’Europe, ce géant économique en déclin qui refuse de comprendre que c’est politiquement qu’elle se sauvera de l’effondrement ?

Mais non, plutôt que de voler au secours du printemps arabe, l’Europe se racrapote et se crispe sur ses anciens démons : le nationalisme populiste et démagogique.

Au moment où le cri de « démocratie » partout retentit dans les nations opprimées, l’Europe renoue avec sa tradition antidémocratique et ses démons d’avant guerre. En Europe nous observons en effet tous les symptômes d’une crise de la démocratie que, assez paradoxalement, internet renforce plutôt qu’elle ne l’enraye. En effet, on voit fleurir de plus en plus dans les forums d’internautes la prose désabusée de râleurs permanents qui pourrissent le climat ambiant et favorisent le réflexe anti démocratique et le vote protestataire.

«Le radicalisme ultra joue un rôle contre-révolutionnaire, en cela qu'il fait régulièrement le jeu de la réaction la plus droitière.»

L’analyse de J.F. Kahn est éclairante. A un élan révolutionnaire mondial réclamant plus de démocratie, de liberté et d’autonomie pour les peuples opprimés s’oppose une lame de fond populiste, nationaliste et chauvine qui préconise partout en Europe (Finlande, Hongrie, Flandre, Hollande, France demain et Allemagne aujourd’hui) le repli identitaire, l’isolement et le refus de toute forme de solidarité sur le modèle des Tea Parties qui pourrissent le climat aux Etats Unis.

L’Europe est-elle en train de se transformer en une grosse Suisse d’où la Suisse s’exclut obstinément depuis cinquante ans ?
MG

Maroc: Manifestations pour la démocratie dans plusieurs villes

AFP
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement dimanche dans des villes du Maroc, pour la troisième fois depuis le début de l'année, pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale, malgré la récente libération par le roi Mohammed VI de prisonniers politiques et sa promesse d'importantes réformes.
D'autres manifestations sont prévues plus tard dans la journée, à partir de 16h00 (19h00, heure de Bruxelles), dans d'autres villes comme Rabat et Fès, à l'appel du Mouvement de jeunes du 20 février qui revendique des changements politiques et sociaux au Maroc. Dans certaines villes comme Casablanca, Tanger et Marrakech, les manifestations ont commencé à partir de 13h00.
Près de 10.000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Casablanca et ont marché jusqu'à la place Mohammed V, selon un journaliste de l'AFP. Les organisateurs estiment à "près de 20.000" le nombre de manifestants. "Je suis ici parce que je veux un Maroc plus juste, dans lequel les chances sont les mêmes pour tous les jeunes, notamment pour ce qui concerne l'emploi", a déclaré à l'AFP Mohammed, un jeune de 23 ans qui a une licence en économie.
La limitation des pouvoirs politiques du roi, la lutte contre la corruption et l'indépendance de la justice sont les principales revendications des manifestants de Casablanca, pour la plupart des jeunes du Mouvement du 20 février, d'après la date des premières manifestations au Maroc dans le contexte des révolutions et troubles dans différents pays arabes. D'autres manifestations avaient eu lieu le 20 mars.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE DOMINO MAROCAIN ?
Tandis que la Belgique à l’agonie se prélasse dans la posture de pays le plus chaud d’Europe, le « printemps arabe » n’en finit pas d’éclore et de toucher un nombre croissant d’Etats régis par des régimes dits forts. Et voilà que même le Maroc serait touché. La plus grande prudence s’impose pour interpréter les mouvements qu’on y observe.
Déjà les délires des internautes éclatent sur la toile, lisez plutôt :

« Cela doit être la panique à bord, pour tous ces Européens qui ont investi au Maroc, surtout dans le domaine des "loisirs", pensant faire une bonne affaire d'évasion fiscale ou de sous-traitance à bas salaires.

Il y a moins d'un an, je rencontrais quelqu'un qui se félicitait de l'ambiance décadente des nuits et boîtes de nuit à Marrakech ou les filles dansaient dans des tenues très osées sur les tables...

C'est encore mieux qu'à Palma de Majorque", disait-il en faisant peu de cas de mon avis selon lequel ce type de comportement finira par alerter et scandaliser les islamistes et amener les fondamentalistes au pouvoir. »
Notons tout de même le contraste entre la langue de bois et politiquement correct pratiqué par beaucoup de journalistes et le catastrophisme populiste souvent carrément poujadiste qu’adoptent beaucoup de commentateurs spontanés dans les forums des journaux. Cela donne incontestablement du blé à moudre aux moulins démagogiques que sont les partis de la droite extrême qui prospèrent en Europe en ces années d’incontestable déclin. Quand on assiste au phénomène de dewaversiation qui oppose en Flandre « de goede en de slechte Vlamingen », il y a de quoi se poser des questions.
MG

PROTEST JEMEN DUURT VOORT ONDANKS TOEZEGGINGEN SALEH
Reuters
Duizenden antiregeringsdemonstranten zijn zondag in de Jemenitische hoofdstad Sanaa de straat op te gaan. Ze weigeren hun protesten te staken, ondanks toezeggingen van president Ali Abdullah Saleh om onder bepaalde voorwaarden af te treden.
Saleh kondigde zaterdag aan bereid te zijn binnen dertig dagen af te treden. Hij stemde in met het voorstel van de bemiddelaars van de Golf Samenwerkingsraad (GCC). Het was een draai van honderdtachtig graden van de autocratische leider die al 32 jaar in het zadel zit.
Saleh draagt onder de overeenkomst de macht over aan zijn plaatsvervanger in ruil voor immuniteit voor rechtsvervolging. Een coalitie van zeven oppositiepartijen heeft de deal aanvaard, maar onder voorbehoud.
De jongerenbeweging, een van de belangrijkste organisatoren van de demonstraties, heeft al gezegd dat een overeenkomst die Saleh tegen rechtsvervolging beschermt onaanvaardbaar is. 'De jongeren van de revolutie verwerpen elk initiatief dat de president immuniteit verschaft. Hij was betrokken bij de dood van burgers en bij corruptie. Het initiatief van de GCC schendt in feite de basisprincipes van de rechtspraak', zegt woordvoerder Khaled al-Ansi.
De coalitie van oppositiepartijen heeft onder meer bezwaar geuit tegen het voorstel om binnen zeven dagen na het tekenen van de overeenkomst een regering van nationale eenheid te vormen. Mohammed Kahtan, woordvoerder van de oppositie, zegt dat Saleh eerst moet aftreden. 'We zouden dan een eed aan Saleh moeten afleggen, die zijn legitimiteit al verloren heeft', zegt Kahtan. Ze willen ook niet dat het parlement - dat gedomineerd wordt door de partij van Saleh - de macht krijgt om zijn ontslag goed of af te keuren. Het zou de president meer tijd in functie kunnen geven.
Al twee maanden demonstreren honderdduizenden mensen in het straatarme Jemen tegen de president. Saleh heeft de onrust met harde hand de kop in proberen te drukken.

De sluier ontsluierd in Villa Empain

‘Sluier’ is tegenwoordig een woord met een beladen betekenis. Voor de ene staat het dragen van een sluier symbool voor de onderdrukte vrouw; de andere noemt het dan weer deel van de eigen identiteit. De prachtig gerestaureerde Villa Empain, nu een centrum dat de dialoog wil aanwakkeren tussen de oosterse en westerse cultuur, gaat alvast de controverse niet uit de weg.

Tot 25/09 in Villa Empain
Vrouwen tussen schroom en toorn brengt een dertigtal kunstenaars uit Oost en West samen die op een heel eigen manier hun visie op de vrouw illustreren zonder daarbij te vervallen in dooddoeners als ‘mannen zijn van Mars en vrouwen van Venus’. Vrouwen onderwerpen zich aan een hoop rituelen: van het dragen van make-up en sjaals tot pruiken en sluiers. Veel rituelen vinden we religieus geïnspireerd, maar daarbij vergeten we gemakshalve dat het dragen van een sjaal ook hier de norm was. Getuige daarvan is de carré van Hermès. De foulard was hier in de jaren 1950 immens populair.
De tentoonstelling opent met sculpturen van de Franse kunstenares Orlan. Différences et répétitions, robes sans corps is alvast subtieler dan haar video’s uit de jaren 1990 van plastisch-chirurgische ingrepen, uitgevoerd op haar eigen gezicht, waarmee Orlan zichzelf het ideale vrouwengezicht wilde aanmeten. Maar ook met haar recente sculpturen trekt Orlan ten strijde tegen de tirannie van het schoonheidsideaal.
Nog een opvallende aanwezigheid is de Egyptische Ghada Amer. Zij verheft handwerk tot kunst. De prachtige borduursels op een kussen blijken erotische taferelen. Voor heel wat moslimvrouwen speelt het leven zich voornamelijk binnenskamers af. Iets waar Amer met haar borduurwerk op alludeert.
Like everyday, foto’s uit de serie Domestic life van de Iraanse fotografe Shadi Ghadirian, onderzoekt het leven van de huisvrouw. In Iran is het niet toegelaten een ongesluierde vrouw te fotograferen. Een beperking die ze met veel humor weet te omzeilen.
In de vroegere badkamer van de villa staat Aquarium aux danseuses van de videokunstenaar Pierrick Sorin. Het aquarium met echte vissen en een hologram van bewegende gogodanseressen werkt op de lachspieren, maar onze lach illustreert ook dat we vrouwelijk naakt minder choquerend vinden dan een gesluierde vrouw. Iets om over na te denken
Heleen Rodiers © Agenda

dimanche 24 avril 2011

Emmanuel Levinas face à l'arrogance de la pensée

Emmanuel Levinas© Photographed by Bracha Ettinger
Grâce à ces neuf conférences que Levinas a prononcées, de 1947 à 1964, devant un public d'initiés réunis par le Collège philosophique (une institution hors norme créée par le philosophe Jean Wahl), le lecteur pourra reconstituer l'itinéraire qui a mené Levinas jusqu'à Totalité et infini (1961), l'un des ouvrages philosophiques les plus marquants et les plus originaux du XXe siècle, en dépit de la confidentialité de sa diffusion.
A travers ces textes exigeants, le lecteur verra s'ouvrir des perspectives qui n'apparaîtront plus, ensuite, dans l'oeuvre, comme la réflexion sur le son, la "phosphorescence de l'être" ou la métaphore... Mais l'élément vraiment nouveau que cette édition fait découvrir, c'est le dialogue que Levinas, en pleine élaboration de sa propre doctrine, engage avec les grands courants de son époque : la phénoménologie, dont il a été l'un des pionniers dès l'avant-guerre en traduisant Husserl, mais également l'existentialisme, qui triomphe dans la France intellectuelle du temps, dominée par la figure de Sartre, ici discuté surtout à partir d'Heidegger.
Dans ces pages surchargées de ratures et de rajouts scrupuleusement reproduits par les éditeurs, on voit Levinas tâtonner dans un style nourri de références littéraires pour parvenir à ce qui sera son concept princeps : le "visage d'autrui". Ce "visage" mystérieux, qui n'est pas sans rapport avec la face de Dieu, définit une extériorité irréductible, une "transcendance" qui se révèle sur le mode le plus concret : dans la relation entre maître et élève, entre père et fils ou, dira Levinas plus tard, dans la quête de celui qui a faim et me demande à manger.
LA "GLOIRE DE L'ETRE"
Parce que le visage n'est jamais réductible au moi, à l'ego ni à la pensée, seul le face-à-face avec autrui me fait éprouver tout le poids de la réalité. Ce poids, Levinas l'appelle dans ces conférences la "gloire de l'être", en donnant au mot "gloire" le sens de "pesant" qu'a aussi l'équivalent hébraïque du terme (kavod). Non content d'introduire ainsi de l'hébreu dans la philosophie, Levinas accomplit un coup de force théorique qui va transformer l'expérience éthique en voie royale pour la pensée. En véritable historien de la philosophie, ce marginal, encore à l'écart des grandes institutions universitaires, va montrer comment, depuis Platon, la pensée philosophique fait fausse route en prenant pour point de départ la connaissance du monde plutôt que l'épreuve éthique de la rencontre avec autrui.
Certes, pour Levinas, l'existentialisme représente un progrès. Car, au lieu de réduire l'homme et la nature à des abstractions ou à des idées, il part de la position que l'individu occupe dans un monde où il est irrémédiablement "jeté" et face auquel il ne saurait, sans illusion, prétendre à une situation de surplomb. Mais Levinas décèle encore, derrière cette revendication existentialiste de la finitude et la reconnaissance des limites de l'humanité, des traces de suffisance. A ses yeux, ni l'"être-pour-la-mort" heideggerien ni l'"être en situation" sartrien ne permettent vraiment de sortir de la solitude pour répondre à l'appel d'autrui.
C'est là que les références juives, biblique et talmudique, qu'Emmanuel Levinas commence alors à manier vont jouer tout leur rôle pour sortir des impasses de la philosophie et battre en brèche le désir de maîtrise. Ces textes inédits montrent que, chez Levinas, la pensée juive détermine déjà sa confrontation avec l'héritage grec et occidental. Entre les deux traditions, la porosité est ici frappante.
Parole et silence et autres conférences inédites
Œuvres 2 d'Emmanuel Levinas
Grasset, 404 p., 23 €.
(Nicolas Weill)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RÉPONDRE À L’APPEL D’AUTRUI
« Seul le face-à-face avec autrui me fait éprouver tout le poids de la réalité. Ce poids, Levinas l'appelle dans ces conférences la "gloire de l'être".
L’éthique pour Levinas est ce qui est en moi, mais ne vient pas de moi. Quelque chose d’étranger vient rompre cette spontanéité, c’est le «visage» de l’autre qui fait effraction dans mon être et rompt ma tranquillité.
Le visage levinassien c’est « l'interpellation éthique dans le face-à-face. « Le sujet est structuré comme autre dans le même»
L’éthique ne s’enracine pas dans une « polis », un monde commun, un être ensemble dans un lieu. Elle n’est pas contenue dans le « nous », mais se tient dans un « hors-lieu », un au dessus de nous des dieux et des religions, dans un rapport « je-tu » où personne ne peut me remplacer .
« Être libre, c'est faire ce que personne ne peut faire à ma place. »
« Depuis Platon, la pensée philosophique fait fausse route en prenant pour point de départ la connaissance du monde plutôt que l'épreuve éthique de la rencontre avec autrui. »
Mais, comment « répondre à l'appel d'autrui ? C’est tout le problème du dialogue inter et transculturel !
Lévinas aborde de face la problématique du dialogue avec l’autre. Rien de plus difficile. Le dialogue passe par l’appréhension du visage de l’autre.
Ces textes inédits montrent à tout le moins que chez Levinas, la pensée juive détermine déjà sa confrontation avec l'héritage grec et occidental. « Entre les deux traditions, la porosité est ici frappante. » Cette porosité procède du dialogue (dia logos) entre deux dynamiques de civilisation.
Lévinas, apatride d’origine lithuanienne est avant tout un cosmopolite au carrefour des civilisations et des pensées.
Il est en cela bien sûr un maître à penser irremplaçable mais surtout un maître à « vivre ensemble ».
MG (d’après wikipédia)