dimanche 5 juin 2011

Benoît XVI : «Sans retour à l’éthique, l’Europe régressera»

En visite en Croatie, le Pape a plaidé pour un retour de la religion et de la morale au-delà du « subjectif ». Il revendique de ne plus cantonner l’Église à la sphère privée.

Le pape Benoît XVI a averti samedi à Zagreb que l’Europe était « vouée à la régression » et que « la crise de l’Occident n’avait pas de remède » si l’éthique et la conscience morale n’étaient pas remises au centre de l’éducation et de l’action politique.

Benoît XVI soutient l’adhésion de la Croatie à l’UE
« Je pense que la majorité des Croates envisagent avec une grande joie le moment de la prochaine adhésion à l’UE, a déclaré, optimiste, le pape dans l’avion qui le conduisait vers Zagreb.

« Depuis ses origines, votre nation appartient à l’Europe », a-t-il lancé ensuite sur le tarmac de l’aéroport, en s’adressant au président croate, Ivo Josipovic. Il a vanté « treize siècles de liens forts et spéciaux » avec le Saint-Siège.

« Puisse cette chère nation contribuer à ce que l’Union européenne valorise pleinement sa richesse culturelle et spirituelle ».

« À vingt ans de la proclamation de l’indépendance et à la veille de la pleine intégration de la Croatie dans l’UE, l’histoire passée et récente de votre pays peut offrir un motif de réflexion à tous les autres peuples du continent, en aidant chacun d’eux et tout son ensemble à conserver et à revivifier l’inestimable patrimoine commun des valeurs humaines et chrétiennes », a-t-il insisté.

Dans l’avion qui l’amenait à Zagreb, Joseph Ratzinger avait dit comprendre le « scepticisme » et la « peur » de certains Croates face à la « bureaucratie » et à un « rationalisme abstrait » de l’UE, alors que le pays espère devenir membre en 2013.

Selon un sondage début mai, 44,6 % des Croates sont pour l’adhésion et 41,8 % contre.

Le dernier voyage à l’étranger du pape, 84 ans, remonte à novembre.

Parlant au Théâtre national croate devant des personnalités de la culture, du monde politique et de la société civile, Joseph Ratzinger a préconisé la construction d’une « polis » (cité) « qui ne soit pas vide, ni faussement neutre, mais riche de contenus humains, à la forte consistance éthique ».

« Si la conscience, selon la pensée moderne prédominante, est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l’Occident n’a pas de remède et l’Europe est vouée à la régression », a-t-il mis en garde.

Reprenant une thèse du sociologue polono-britannique contemporain Zygmunt Bauman, Benoît XVI avait déjà dénoncé début mai « l’inconsistance » qui caractériserait, selon lui, la société contemporaine, privilégiant « l’éphémère » et qu’il avait comparée à « une cité liquide ».

L’Église revendique de ne pas être cantonnée à la sphère privée et de pouvoir faire entendre ses objections, par exemple sur les lois de la bioéthique, sans se voir reprocher des ingérences.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RECOURS A L’ETHIQUE
Le pape a raison sur un point essentiel : faute d’un recours à l’éthique, notre civilisation européenne et mondiale ne survivra pas.

L’église catholique, loin s’en faut, n’a pas le monopole de la morale. De plus le comportement des ecclésiastiques montre à quel point l’éthique est au dessus de la religion et des religieux.

Enfin et surtout, le papa allemand a tort quand il prêche un retour de la foi dans la sphère publique.

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