lundi 6 juin 2011

Di Rupo devra trouver 22 milliards

Alors qu’on évoquait une somme entre 17 et 20 milliards, c’est, selon « De Standaard », près de 22 milliards que le formateur devra trouver pour assainir les finances d’ici 2015.

Le formateur Elio Di Rupo devra trouver non pas 17 à 20 milliards d’euros, mais près de 22 milliards d’économies pour assainir les finances d’ici 2015. Le nouveau chiffre est avancé dans un nouveau projet de note du comité de monitoring, indique De Standaard lundi.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MOUILLE TON MAILLOT ROUGE, ELIO!

Money make the world go round

Yes it does

Un lecteur, manifestement flamand, commente:

Les partis flamands, le NVA en tête, ont dit avant les élections qu'il faudrait épargner 22 milliards, le PS lui a promis de dépenser encore 8 milliards supplémentaires. Qui trompe ses électeurs ? La plupart des Flamands (les électeurs de la N-VA en particulier) sont convaincus que ce sont les partis de gauche francophones qui bloquent le pays dans le seul but de profiter le plus longtemps possible de l'argent flamand sans avoir à se responsabiliser. » Le slogan électoral de JM Dedecker était limpide : « uw centen !» : « votre pognon ! »
Faut pas avoir fait sciences Po ou Solvay pour comprendre : pour la N-VA vainqueur en Flandre, il faut assainir les finances publiques (flamandes) et mettre fin à la solidarité qui subsidie les déficits (wallons). Pour le Ps vainqueur en Wallonie, il faut continuer à traire la vache à lait flamande (ou à euro si on préfère) le plus longtemps possible. Au niveau européen c’est pareil, la banquière Merkel ne veut plus subventionner les déficits grecs.
Le slogan électoral de De Wever fut longtemps : « België ontstrikken » : « débarasser le pays du nœud papillon ». Il fut reçu en Flandre cinq sur cinq. L’homme au nœud pap se porte bien, malgré son opération aux cordes vocales, il ne manque pas de voix. Avec ou sans nœud pap (rouge), il va falloir qu’il se jette à l’eau et qu’il mouille son maillot (rouge), comme il le fit si médiatiquement à Mons. En bon français, comme en flamand ou en latin, ça veut dire qu’il faut responsabiliser la Wallonie et arrêter d’y subventionner l’aide sociale au-delà de nos moyens financiers.
Tout le reste n’est que cinéma et untertainment : Vander Aelst est aussi pathétique que le clown Dardenne. « Money makes the world go round. »
Pendant ce temps, le génial Verhofstadt a concocté un plan en six points pour sortir l’euro du merdier. (Lisez plutôt ce qui suit, c’est tout simplement génial ! )
Le problème belge est une équation à plusieurs inconnues, un exemple d’école de complexité « moranique », un nœud gordien que personne n’arrive à démêler. Guy Verhofstadt, député européen par dépit, comme Cohn Bendit, Toscan malgré lui, ami de Hugo Claus, dernier joker d’Albert II notre king Lear qui soudain se fait très vieux, serait-il le seul capable de fendre ce nœud de vipères ?
La Belgique est un chef d’œuvre en péril, à réinventer d’urgence nonobstant la rage hargneuse des politiques à la démanteler.
La situation est grave mais non encore désespérée. Comment empêcher que le barde des Flandre ne dise demain en français ou en latin : la cause belge est désespérée mais ce n’est vraiment pas grave ?
MG

VOICI COMMENT IL FAUT SAUVER L’EURO
Guy Verhofstadt Député européen, chef du groupe libéral au Parlement européen, ancien Premier ministre belge

Aux grands maux, les grands remèdes », dit le proverbe. Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui avec l’euro. Aussi les tensions dans la zone euro prennent-elles des proportions jamais vues. Sans aide extérieure, la Grèce est à la merci du moindre prédateur.

Mais la différence de taux a également augmenté avec l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, et ce malgré les 400 milliards d’euros que les États membres et la Banque centrale européenne ont injectés, avec le Fonds monétaire international.

La raison de cette instabilité n’est pas difficile à déterminer. Dès le début de la crise grecque, la plupart des dirigeants européens ont affiché une attitude hésitante. On s’est même ouvertement demandé s’il était encore raisonnable de maintenir la Grèce dans la zone euro. Il a finalement fallu plus de six mois avant de mettre en chantier un premier instrument, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), destiné à réellement venir en aide aux pays menacés de la zone euro.

Il ne faut pas s’attendre à une amélioration dans un avenir proche. Le durcissement du pacte de stabilité a été qualifié aussi bien par les marchés financiers que par les principaux responsables de la Banque centrale européenne de « too little, too late ». Et le pacte euro plus, qui aurait dû compléter l’union monétaire par une véritable gouvernance économique de la zone euro, est dépourvu de toute crédibilité. Finalement, le mécanisme de crise permanent, le mécanisme de stabilité européen, qui prendra la relève du FESF, n’a que peu d’impact sur les marchés financiers. Tout comme le FESF, il ne s’agira jamais que d’un simple instrument intergouvernemental fondé sur l’unanimité, si bien qu’il suffira d’un seul pays réticent dans la zone euro pour que toute opération de sauvetage vole en éclats. Bref, pour réellement convaincre les marchés, il faut radicalement changer de méthode. Celle-ci doit reposer sur six piliers.

1 La définition d’une solution structurelle pour la Grèce. Il est temps d’arrêter de tourner autour du pot et de jouer à cache-cache. Le problème grec doit être résolu, et le plus vite possible. Tant qu’il ne l’est pas, le Grèce continuera à empoisonner la zone euro. Faire sortir la Grèce de la zone euro n’est pas une solution. Cela ne ferait qu’affaiblir la zone euro, sinon l’anéantir. Il n’y a donc pas d’autre solution que de s’atteler tous à sortir la Grèce de l’impasse.

Cela nécessitera un effort de la part de tous : de la Grèce , qui devra adopter des mesures et des réformes plus lourdes et plus profondes ; des autres pays de la zone euro également, qui devront procéder à une baisse substantielle des intérêts à payer, pour atteindre de préférence le niveau facturé à la Grèce par le FMI; de tous les détenteurs d’obligations souveraines grecques, enfin, en acceptant soit l’allongement de la durée de ces obligations, soit, comme le propose Paul De Grauwe, que ces obligations soient transformées en un plus petit nombre d’obligations européennes, mais qui seraient alors assorties d’une notation bien meilleure.

2 Un durcissement réel du pacte de stabilité. Indispensable pour que la situation grecque appartienne définitivement au passé. Les mesures qui sont actuellement sur la table ne vont certainement pas assez loin. En effet, le problème est et reste que ce sont les États membres qui sont chargés de leur propre contrôle et des sanctions à appliquer. Personne n’y croit, et certainement pas les marchés financiers. Il faut qu’une instance indépendante, à savoir la Commission européenne, fasse respecter les règles de convergence inscrites dans le pacte de stabilité. Les sanctions doivent y avoir un caractère obligatoire. De toute manière, pour que le Parlement européen, colégislateur en la matière, marque son accord, le durcissement du pacte de stabilité est une condition sine qua non.

3 Il faut créer d’urgence un pilier économique dans la zone euro aux côtés du pilier monétaire. La gouvernance économique doit aller bien au-delà de la simple coordination. Comme je l’ai déjà dit avec les anciens présidents de la Commission Jacques Delors et Romano Prodi, il faut une « loi communautaire pour la gouvernance et la convergence économiques », une politique commune de convergence économique obligeant les États membres à prendre diverses mesures indispensables : réformes du marché de l’emploi, de la formation des salaires, du régime fiscal, du régime de retraite, de la politique industrielle, de la recherche scientifique. Elles doivent permettre à l’économie, ou du moins au pouvoir économique de tous les pays de la zone euro, d’évoluer dans la même direction et à la même vitesse.

4 Nous devons faire du MSE un véritable FME, un organe géré au niveau communautaire afin qu’il ne puisse pas être bloqué par un membre réticent. Ce Fonds monétaire européen doit être chargé de la surveillance de la stabilité financière de la zone euro, de la définition des programmes de réforme des pays en difficulté, du financement de ces programmes et du contrôle de leur bonne exécution. Il est évident que la règle actuelle de l’unanimité est dangereuse parce que le refus d’un seul pays peut mettre en péril la stabilité de toute la zone euro. C’est pourquoi il faut appliquer, au FME et au sein de l’Eurogroupe, la règle de la majorité qualifiée.

5 Les banques européennes doivent être assainies. Les exemples du Japon et de la Suède , qui ont traversé des crises bancaires similaires, sont édifiants. La Suède a procédé à des tests de résistance approfondis sur ses banques et les a recapitalisées lorsque c’était nécessaire. Le problème a vite été résolu et l’économie suédoise a rapidement redémarré. Le Japon a mis douze ans à assainir ses banques, ce qui a provoqué douze années de stagnation. Les tests de résistance menés en Europe ont été ridicules. La preuve en est que la banque qui a mené l’Irlande au bord de l’abîme n’a même pas fait l’objet d’un test de résistance. Tant qu’il n’y a pas d’assainissement sérieux des banques en Europe, l’octroi de crédits restera en veilleuse et notre économie ne connaîtra pas de reprise suffisante.

6 En plus d’un pacte plus strict, une politique d’investissement et de croissance est indispensable. Des finances publiques saines constituent la meilleure garantie de croissance et de prospérité à long terme. Il faut toutefois veiller à ne pas entrer, à court terme, dans une spirale économique négative qui ne ferait qu’aggraver les problèmes financiers de ces pays en diminuant les recettes. D’où la nécessité d’adopter, aux côtés d’une politique d’austérité rigoureuse, une série de mesures d’incitation, et en particulier des investissements dans la recherche, les infrastructures, l’énergie ou l’internet. La mise en place d’un tel marché européen d’obligations liquides pour attirer l’épargne européenne et extra-européenne est la pierre angulaire de la vaste stratégie nécessaire pour juguler la crise de l’euro.

Le marché des euro-obligations permettrait essentiellement de placer deux types d’obligations. Les project bonds, spécialement émis pour financer des investissements à long terme, et les eurobonds. Il s’agit d’obligations qui doivent permettre l’assainissement général de l’économie européenne. L’Union européenne bénéficiant d’une notation globale de AAA et la liquidité étant plus élevée, l’intérêt qui sera versé sur ces obligations sera plus bas que celui de n’importe quel pays européen. Une partie des recettes servira à assainir les banques, notamment pour les recapitalisations indispensables.

Par ailleurs, les obligations européennes serviront à régler le problème de la dette. Une partie de la dette des États membres pourra être placée en obligations européennes. L’État dont les résultats sont bons et qui réduit sa dette pourra bénéficier intégralement des faibles taux d’intérêt des obligations européennes. Celui dont les résultats sont mauvais et dont la dette reste élevée ne pourra pas participer dans une mesure aussi grande au système des obligations européennes.

De la sorte, les obligations européennes deviendront un instrument permettant d’obliger les pays à adopter une discipline plus rigoureuse et à se réformer davantage sans que la stabilité de la zone euro en tant que telle ne soit mise en péril.

Depuis un an et demi, l’Union européenne a affiché son hésitation manifeste, son absence d’unanimité et son manque de solidarité et de responsabilité. L’euro risque de ne pas y survivre. Il est donc plus que temps d’abandonner la voie des solutions bancales.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SOLIDARITE INTERCULTURELLE
Que ce soit au niveau belgo belge ou intra européen, voire entre l’Europe et le grand printemps libérateur (qui agite le Maghreb et le monde arabe en général) il faut commencer enfin à penser une solidarité humanitaire qui ne soit pas fondée sur les transferts financiers purs et simples mais sur une vraie responsabilisation des débiteurs et des créditeurs. Assainir d’abord et ensuite prôner ou imposer une plus grande sobriété. Car si demain le monde vivait comme vivent les Européens il faudrait trois planètes terres pour subvenir à ses besoins énergétiques. Il en faudrait cinq si le monde entier imitait Les américains. Sobriété et solidarité interculturelle, voire cosmopolitique, sont donc les maîtres mots si l’humanité entend survivre au XXIème siècle. « Aux grands maux, les grands remèdes »
MG

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