jeudi 2 juin 2011

La N-VA, stade bac à sable

Avouons-le, c'est fatigant. Alors que les hommes politiques doivent faire aboutir une refonte fondamentale du pays, la N-VA ramène à nouveau le débat au niveau du bac à sable.

Toutes les quatre ou cinq semaines en fait, souvent d'ailleurs quand la tension retombe ou lorsqu'on entre dans une partie plus souterraine des pourparlers, le parti nationaliste lance via l'un ou l'autre de ses membres, plus ou moins connu, plus ou moins crédible, un nouveau « brûlot » façon bonne vieille provoc, histoire de redonner un petit coup de chauffe au ressentiment des Flamands face aux francophones. Un coup on ressort les collabos pendant la guerre, un autre le mépris pour le néerlandais. Toujours efficace…

Cette fois la ficelle est connue, archi-rabâchée et ultrapopuliste : la méconnaissance du néerlandais par des francophones arrogants qui soit ne le parlent pas, soit le massacrent. Peu importe la façon dont on leur sert la critique, ces francophones n'ont qu'à se taire, car comme on dit dans le préau nationaliste : « Il n'y a que la vérité qui blesse. » On vous laisse juge du chic de la réplique… Nous n'avons pas ici l'envie d'évoquer le fond de ce sujet linguistique, qui vit de fait comme une frustration quasi psychanalytique, parmi d'autres thèmes, au nord du pays. Même ceux qui sont bilingues aujourd'hui ou font l'effort de parler la langue sont confrontés au « pas suffisant, trop tard, ne sert quand même à rien ».

En flattant le tréfonds historique des frustrations flamandes, en retouchant ce qui fai(sai)t mal, là ou cela fai(sai)t mal, en rappelant aux Flamands que les francophones au fond, c'est juste bon à être détesté, la N-VA exploite avec une régularité d'horloge son fonds de commerce électoraliste. « Ce pays a toujours vécu par la grâce des Flamands bilingues. Même aujourd'hui, les négociations gouvernementales sont en français, ce n'est quand même pas normal », nous disait hier Bart De Wever. Ils en sont toujours là à la N-VA ? Au fond, ils sont à plaindre…

Peut-on juste demander à M. De Wever de se retirer de la négociation proprement et franchement, plutôt que de la miner de l'intérieur avec cette ponctualité puérile ? On gagnerait du temps. Merci.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HORS JEU
Superbe édito, bravo Béatrice.

C’est l’escalade. Ca sent la campagne électorale à plein nez ou le refus radical de participer au gouvernement fédéral, ce qui revient au même. On l’avait senti, dès juin De Wever est en hors jeu permanent.

La N-VA se lâche de plus en plus : « ficelles connues, archi-rabâchée et ultrapopulistes. » On se demande où cela va s’arrêter.

Visiblement les Flamands en redemandent ce qui n’est pas sans nous inquiéter. Le climat se détériore à vue d’œil. Grosse panne du vivre ensemble.

Comme dirait Morin, seul l’imprévisible peut nous tirer de cette vilaine ornière.
M.G.

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