mardi 21 juin 2011

Le modèle chinois de contrôle social est en crise

Patrouille de la police anti-émeute chinoise dans les rues de Xintang, près de Guangzhou, dans la province du Guangdong (Sud).REUTERS/Daniel Wallis1
Le Parti communiste chinois (PCC) s'est longtemps vanté de l'efficacité de son mode de gouvernance, mettant en avant que la stabilité qu'il a apportée, dans un pays aussi grand et peuplé, était essentielle au décollage économique de ces trente dernières années. Aujourd'hui, ce consensus se fissure.
L'outillage sophistiqué de "maintien de la stabilité" mis en place par l'Etat-parti non seulement peine à calmer les esprits – les manifestations populaires, souvent violentes, ciblent la police et les administrations, tandis que des pétitionnaires individuels se suicident ou organisent des attentats vengeurs –, mais il s'avère contre-productif, dans une société de plus en plus informée, mature et ouverte aux débats.
Les signes d'usure du modèle de gouvernance s'accumulent. Dans les régions de minorités ethniques, répression culturelle et religieuse se font au nom d'un arsenal idéologique mis au placard partout ailleurs en Chine. Dans les villes, la corruption exaspère les petites gens. Toute une bourgeoisie émergente accepte mal de ne pas avoir de prise sur les affaires qui la concernent.
Quant aux migrants des campagnes, grands perdants du miracle économique chinois, ils se réveillent, au point que la province du Guangdong, le cœur de la machine à exporter, a connu deux émeutes ces dernières semaines, un an après les grèves chez Honda et les suicides d'ouvriers de Foxconn.
"PRISONS NOIRES"
Si les migrants "ne sont pas absorbés dans la société urbaine et ne jouissent pas des droits qui leur sont dus, les conflits ne vont cesser de s'accumuler… Les politiques doivent faire face à la réalité pressante que la nouvelle génération de travailleurs migrants veut rester dans les villes", lit-on dans un rapport publié, mardi 14 juin, par le Centre de recherche pour le développement du Conseil d'Etat, un think tank du gouvernement chinois.
Les rouages de la "machinerie de préservation de la stabilité" ont même fait l'objet, sous ce titre, d'une grande enquête dans l'hebdomadaire libéral Caijing, le 6 juin. Une première. Divers médias avaient, ces dernières années, levé un coin du voile sur les aberrations de la politique sécuritaire, comme les "prisons noires" pour les récidivistes de la pétition. Ou encore, dans une version plus douce, les "commentateurs du Net" qui s'immiscent dans les conversations en ligne pour appeler à l'apaisement.
Les tabous se brisent. Tout un pan de la société chinoise, mais aussi du parti, milite pour une approche différente du "maintien de la stabilité" et l'abandon d'une mentalité répressive social".
LE MAINTIEN DE LA STABILITÉ
La "machinerie de préservation de la stabilité" décrite par Caijing est contrôlée au sommet par le Comité politico-légal du parti, dont les extensions locales décident des verdicts dans les tribunaux, selon la ligne politique du parti.
Brice Pedroletti (Le Monde)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN CHINE AUSSI ET EN INDE EGALEMENT

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