vendredi 24 juin 2011

Moureaux conteste agir avec laxisme à Molenbeek

‘Immigranten kunnen zich over het algemeen geen appartement aan de kust permitteren’, aldus Moureaux.
‘Zij komen naar onze gemeente. Daardoor ontstaat er een model dat gebaseerd is op de ontmoeting tussen culturen. Hier wonen moslims samen met Oost-Europese fascisten. Of je het nu graag hebt of niet, dat is wel de realiteit.'
'In die zin zijn wij een laboratorium voor Europa, want het hele continent is in die richting aan het evolueren. Maar dat ziet men niet graag. Daarom probeert men dat model te vernietigen. Als ze dat willen doen, zullen ze over mijn lijk moeten gaan.’ (De Morgen)

Le bourgmestre de la commune de Molenbeek Philippe Moureaux a fermement contesté jeudi agir avec laxisme dans la prise en charge d'un certain nombre de faits de délinquance qui se sont produits sur le territoire de sa commune.
Ne masquant pas sa colère devant la presse dont il tient une partie responsable de "mensonges" à l'encontre de sa commune, il a exhibé plusieurs documents destinés à démontrer le contraire. Le bourgmestre s'était entouré pour l'occasion des responsables de la zone de police de Bruxelles ouest qui ont formellement démenti que Philippe Moureaux soit intervenu pour que les policiers ne se nourrissent pas en période de ramadan ou verbalisent moins.

Le chef de corps Johan De Becker, néerlandophone, a souligné à ce sujet qu'il interdisait aux agents de manger ou de boire pendant les opérations, mais durant toute l'année.

Il a ajouté que, durant la dernière période de ramadan, les policiers avaient rédigé plus de 600 PV de plus que le mois précédent sur le territoire de la commune et près de 420 de plus que le mois suivant.

Philippe Moureaux a par ailleurs lu lui-même, devant témoins, un courrier qu'il a adressé à son chef de corps le 19 juin 2008 pour lui demander de rappeler aux policiers qu'il considérait la lutte contre la drogue comme prioritaire.

Il a ajouté que depuis 2008, il avait pris 40 arrêtés de fermeture de commerces se livrant au trafic de drogue.

Pour le bourgmestre, les problèmes de sécurité sont constitués d'un ensemble de paramètres. Il est impossible d'en venir à bout en agissant sur un seul de ces éléments.

"Nous sommes un symbole que beaucoup veulent détruire, celui la cohabitation avec des populations étrangères". C'est "laboratoire qui dérange et qui continuera de déranger", a-t-il encore dit.

Sarah Turine (Écolo) a répondu aux questions de la DH.
Écolo siège dans l’opposition. Quel regard portez-vous sur ce qui s’est dit, ces derniers jours ?
“La question est complexe parce que le quartier maritime est un lieu de tensions. Cependant, il ne s’agit pas uniquement de délinquance, mais de la problématique du vivre ensemble. Les femmes, travaillant dans le quartier, sont insultées ou injuriées.”

La faute à la commune ?
“Ce serait trop simple de parler ainsi. Philippe Moureaux est parvenu à aller chercher des subsides – par exemple, pour la CLES : Cellule de lutte contre l’exclusion sociale – mais, à mon sens, cet outil n’est pas bien utilisé.”

Il y a une ghettoïsation, en quelque sorte…
“Le mot est trop fort. Je parlerais plutôt d’homogénéisation. On a rénové le quartier afin que les gens s’y sentent mieux, mais ils ne sortent pas. Voilà pourquoi ils se sentent mal à l’aise .”

Philippe Moureaux a toujours dit qu’il voulait faire de Molenbeek un “laboratoire social” : a-t-il raté son coup ?
“Il y a du positif, dans ce qui a été fait à Molenbeek, mais il n’existe pas de projet politique d’émancipation. Les contrats de quartier… tout cela est bien, mais on ne donne pas à la population les outils pour qu’elle appartienne à son quartier.”

Pour en revenir au quartier maritime…
“Le chômage des jeunes est fort important et les assistants observent une forte radicalisation. Le quartier se situe entre de gros pourvoyeurs d’emplois comme Tour et Taxis. Ceux qui y travaillent n’habitent pas là. Pourquoi ne créerait-on pas des activités qui leur permettraient de rencontrer les habitants du quartier...”

Manque-t-il de policiers ?
“Certes, mais s’ils étaient fournis, il faudrait les payer. Le problème réside surtout dans la rotation des policiers et dans le fait qu’ils ne sont pas bruxellois et ne connaissent pas la réalité du quartier. Il manque aussi cruellement d’agents de quartier, de patrouilles à pied ou à vélo.”

On reproche à Moureaux d’être trop proche de la communauté maghrébine à laquelle il laisse tout faire par électoralisme…
“Il est bon qu’un bourgmestre soit en contact avec cette communauté. Reste à voir ce qu’il fait avec eux…”

Ces derniers jours, il a minimisé les tensions…
“Moureaux ne se remet pas en question. Il est dangereux de laisser le couvercle sur la marmite. Si on le fait trop longtemps, cela pètera un jour.”

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MOLENBEEK LABORATOIRE DE TOUS LES POSSIBLES ?
La cohabitation de populations d'origines ou de cultures diverses sur un territoire n'exclut ni les ghettos ni le communautarisme. Le partage géographique n'a jamais garanti le « bien vivre ensemble » ni même la paix civile.
« Nous sommes un laboratoire pour l'Europe, parce que tout le continent évolue dans cette direction ».
Effectivement, d'une part les flux migratoires vont s'accélérant, mais d'autre part, la tendance générale est au frileux repli nationaliste et identitaire et un virage à droite se profile partout,y compris dans la moitié la plus riche de notre pays.
Il serait vain de nier les difficultés rencontrées sur le terrain molenbeekois. L'homogénéisation, le conformisme et le contrôle social qui règnent dans certains quartiers sont de réels défis pour l'interculturalité. L'homogénéité est bien sûr le résultat des conditions sociales et de la dualité quartiers riches- quartiers pauvres. Mais une zone défavorisée ne peut en aucun cas devenir une zone de non-droit. Il faut que que les vecteurs de créativité, individus ou entreprises, puissent sans crainte s'y installer afin qu'y circule un souffle nouveau d'ouverture sur la ville et au monde.
VDB

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