vendredi 29 juillet 2011

Norvège : les enquêteurs déroutés par la personnalité de Breivik

Les enquêteurs norvégiens sont déroutés par la personnalité « maléfique » d’Anders Behring Breivik, qui a avoué le carnage de vendredi mais vit dans son propre monde, selon une interview à l’AFP du chef du renseignement norvégien. C’est une personne «absolument maléfique, (…) très calculatrice, très froide et très intelligente », a déclaré à l’AFP Janne Kristiansen, la directrice du Service de sécurité de la police (PST) norvégien.

« Il a préparé ça depuis un temps fou », a souligné Mme Kristiansen. « Je pense qu’il n’a probablement pas de complices, en conséquence il a le contrôle total (…). Il a le contrôle de la situation parce que lui seul peut nous dire quoi faire, et que nous n’avons pas de source », a-t-elle regretté.

La police norvégienne cherche toujours à savoir s’il y a un ou plusieurs complices et d’autres bombes, la « priorité » à l’heure actuelle, a ajouté Mme Kristiansen. Mais « nous n’avons aucun indice parce qu’il ne communique qu’avec lui-même. Il mène une vie parallèle : les gens autour de lui pensent qu’il est une personne ordinaire, mais en son for intérieur c’est quelqu’un de complètement différent. D’absolument maléfique », selon la chef du PST.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VOUS AVEZ DIT MALEFIQUE ?
Vous avez dit maléfique, autrement dit satanique ? C’est quoi cette vieillerie qui refait surface quand l'Eglise catholique, en pleine débâcle, tente de revenir à ces pratiques burlesques dans l'espoir de revigorer par ce moyen son prosélytisme chancelant et d'attirer à nouveau à elle certains esprits faibles éventuellement hypnotisés ou effrayés par le barnum satanique.

Breivik suppôt de Satan ? Mais qui est au fond ce Satan qui longtemps démodé et démonétisé refait surface massivement au XXIème siècle ?

Interrogeons internet :

DIABLE : (du latin "diabolus, et du grec "diabolos", calomniateur, dénégateur, « l’esprit qui toujours dit non »(Goethe)

Le diable représente dans la religion chrétienne l'esprit du mal, le mauvais génie, le malin. Pour la théologie, il est un ange déchu qui s'oppose à Dieu. Pouvant prendre des apparences séduisantes, il essaie de corrompre l'homme et de l'entraîner dans le pêché.

SATAN : (de l'hébreu "haschatan", adversaire). Satan, qui apparaît souvent dans la Bible , est le chef des anges qui se sont rebellés dans la Genèse , devenant ainsi des démons. C'est lui qui tente Eve dans l'Eden en prenant la forme d'un serpent ou qui tente Jésus dans les évangiles. On lui prête la faculté de changer d'apparence pour mieux séduire. Satan est représenté sous des traits différents, serpent, mi-homme mi-bouc (inspiré du dieu Pan), dragon, Léviathan. On lui attribuait la présidence du Sabbat des sorcières.
Satan est honoré en tant qu'adversaire de Dieu et de l'Eglise dans des cultes appelés satanisme.

LUCIFER : (du latin "lux", lumière et "ferre", porter, littéralement : "Porteur de lumière").
En tant que Dieu latin, Lucifer était le porteur de lumière, l'esprit de l'air et personnifiait la connaissance.
L'expression "Porteur de lumière" était aussi utilisée durant les premiers siècles après J.C. pour désigner le Christ. Ce n'est qu'au Haut Moyen Age que le nom de Lucifer a été employé pour désigner Satan. Dans la Vulgate (première traduction de la Bible en latin par saint Jérôme), il est la transcription du mot hébreu Heylel en "Astre du matin" (planète Vénus). Lucifer était le plus beau des anges, chef de la milice céleste. Par orgueil et avidité du pouvoir, il a voulu devenir l'égal de Dieu et s'est révolté contre lui. Chassé du ciel et envoyé en enfer, il est devenu Satan, le chef des démons.
Sa révolte est considérée par les gnostiques comme celle de la recherche de la connaissance que Dieu voulait cacher aux hommes. Porteur de lumière, il serait, pour les sectes lucifériennes, plus puissant que Dieu, simple Démiurge
Les termes de diable, Satan, Lucifer, démon, Belzébuth, Belial, Méphisto... sont souvent employés comme synonymes. Autres noms du diable ou de Satan : le prince de ce monde, le prince des ténèbres, le Malin, "le Mauvais", le "Tentateur", le chef des démons, le Maître de l'enfer....
Dans la religion musulmane, le diable s'appelle Iblis ou Chaytan le « maître d’illusion, », « l’instigateur sournois » .


SYMBOLIQUE DE SATAN
Pour certains psychologues, Satan représenterait l'homme lui-même et tout ce qu'il renferme comme perversions pouvant le conduire à sa perte.


SATAN ET LES JEUNES
Les nombreux jeunes séduits par le concept de Satan, voire par le satanisme, croient-il vraiment que ce personnage existe ? Ne serait-ce pas plutôt une forme de révolte contre l'autorité quelle qu'elle soit, contre la dureté de la réalité, contre la complexité d'une société dans laquelle il leur apparaît difficile de s'insérer...
Vivant au sein de familles souvent éclatées et dans un monde perdant ses repères, certains adolescents paumés peuvent être inconsciemment tentés de rechercher dans le satanisme un encadrement qui les structure et les rassure.

Le grand Goethe, se sentait écartelé par un combat intérieur ; « es kämpfen ach zwei Seelen in meiner Brust » deux âmes se font la guerre en moi » : Faust le zélé, le prométhéen et Méphisto « l’esprit qui toujours nie ».

Bush comme Reagan partirent en croisade contre l’empire du Mal ; pour Khomeiny et ses successeurs les States sont le grand Satan. L’enfer c’est les autres disait Sartre. Pour Breivik, le diable c’est ceux qui pensent autrement que lui qui se veut fondamentaliste chrétien, hypernationaliste, populiste, islamophobe et ennemi du multiculturalisme.

« Souvent, au cinéma, le diable est une illusion. Il n’est pas nommé sous son « véritable » nom – d’ailleurs, le personnage diabolique refuse souvent de dévoiler son identité. Rares finalement sont les apparitions du diable, en tant que tel. Souvent, le diable envoie sur terre un de ses serviteurs, un démon de seconde zone, un sbire pour s’atteler à la basse besogne.

L’incarnation diabolique est suggérée dans les figures des serials killers, mais simultanément évitée pour que l’on doute à chaque instant de la présence du diable.
L’hésitation – associée au thème de la folie- est pourtant une constante dans l’iconographie diabolique puisque le paradoxe du diable est d’être, tout en n’étant pas, et de faire croire à l’illusion. Mais cet évitement n’est pas le fruit d’une évolution propre à la fin du XXe siècle. Le diable a toujours joué des apparitions / disparitions depuis qu’il a accédé au statut de mythe. Depuis quelques années par exemple, il retrouve ses oripeaux de scène (cornes, queue…) dans les comics ou les films d’animation. Demain, il se fera peut-être plus discret, au détour de signes et d’évocations subliminales. »

Et voilà qu’il apparaît en chair et en os sous les traits d’un nouvel Hamlet norvégien, un dandy au visage lisse et angélique, luciférien.

Est-ce que ce monde est sérieux ?
MG

Incidents antisémites : Brotchi a quitté la Fondation ULB

Le professeur Jacques Brotchi dénonce plusieurs incidents antisémites au sein de l’université. Depuis sa démission, il a rencontré le recteur : « J’ai l’impression qu’il y a une reprise en main », nous confie-t-il. Par Pascal Lorent

Le neurochirurgien de renommée internationale et professeur honoraire à l’ULB était membre du conseil de la Fondation ULB qui recueille des fonds pour la recherche. « Ma démission remonte au 5 mai, nous a-t-il expliqué par téléphone lundi soir. Voyant que les autorités de l’ULB ne réagissaient pas face à des faits qui se sont déroulés sur sept ou huit mois, j’ai préféré démissionner. Je ne me sentais plus chez moi, au sein même de mon université car elle n’a pas eu le courage de réagir. C’était tout à fait inadmissible, dans l’université du libre-examen, qui ferma ses portes plutôt que d’obéir à l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale ».

Jacques Brotchi, par ailleurs sénateur MR, évoque plusieurs incidents successifs. Un baptême du Cercle Solvay avec simulacre de check-point israélien. Une conférence-débat associant l’« humoriste » Dieudonné, « avec des prises de position antisémites et l’absence de réaction du vice-recteur qui présidait les débats ce soir-là ». Ou encore la distribution de tracts antisémites lors de la venue de l’auteur Stéphane Hessel. Jacques Brotchi a alors décidé de démissionner du conseil d’administration de la Fondation ULB : « On ne pouvait plus tolérer cela. Sinon, à quand le prochain incident. »

Le professeur émérite de la Faculté de Médecine explique avoir, depuis sa démission, rencontré le recteur de l’ULB, à sa grande satisfaction. « J’ai l’impression aujourd’hui qu’il y a une reprise en main de l’ULB par le recteur, qui s’est engagé à organiser dès l’année prochaine des séances d’information sur la Shoah pour les étudiants ».

Ce revirement peut-il le conduire à revenir sur sa démission ? « On verra. En général, quand je donne une démission, ce n’est pas pour revenir en arrière. Et d’autres que moi sont compétents pour assumer ces fonctions. Et puis, je verrai si on veut que je revienne

COMMENTAIRE

DEMISSION DU PR BROTCHI : UN SIGNE FORT

Jacques Brotchi ne se sent plus chez lui à l’ULB
On a régulièrement évoqué sur ce site les incidents ou dérapages antisémites qui se sont produits à l’ULB ces derniers mois. Pour les condamner mais aussi les dédramatiser. Côté Solvay, il semble bien qu’il s’agissait surtout d’inconscience et d’ignorance.

Quand aux vrais rares dérapages antisémites, ils sont dus à une poignée d’individus haineux comme il s’en trouve, hélas, partout.
Autre chose est l’annonce de la démission du Pr Brotchi de ses fonctions à la « Fondation ULB ». Ce n’est pas un gamin surexcité, lui, ni un de ces ultra-sionistes qui hurlent à l’antisémitisme à la moindre critique des colons de Cisjordanie.
Neurochirurgien de renommée mondiale, sénateur, le Pr Brotchi est un homme aussi pondéré que brillant. Il connaît l’impact des mots et le poids des gestes, il sait que les uns et les autres peuvent sauver ou détruire.

Qu’une poignée de crétins ou de canailles dérapent est un souci. Que les hommes libres qui président aux destinées de l’ULB les laissent faire est une catastrophe. Et une insulte aux idéaux qui la fondent.

Une lueur d’espoir cependant : l’ULB a un nouveau recteur et après l’avoir rencontré, le Pr. Brotchi est beaucoup plus optimiste : «J’ai l’impression qu’il y a une reprise en main... »

Huytebroeck plaatst twintig picknicktafels

Vorige zomer waren er de ligstoelen. Nu zijn er twintig picknicktafels geplaatst in de Brusselse parken. Het gaat om een initiatief van milieuminister Evelyne Huytebroeck (Ecolo).

Twintig tijdelijke picknicktafels in de Brusselse parken (© Leefmilieu Brussel)
De picknicktafel van hout en staal bieden plaats aan ongeveer twaalf personen en zijn aangepast aan personen met verminderde mobiliteit. "Dankzij hun design en schoonheid zullen de tafels snel vereenzelvigd worden met de parken van het Brussels Gewest," zegt de minister in een mededeling. "Zorgen voor een duurzame stad, is ook zorgen voor het samenbrengen van mensen en plaatsen!"
De picknicktafels zijn te vinden in onder meer het Jubelpark, het Woluwepark, het Park van Laken en op verschillende plaatsen langs de Groene Wandeling.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
WHY NOT
L'idée est séduisante mais cela sent à plein nez le gadget électoraliste. Mais c'est bien sûr, 2012 est une année élecorale au niveau communal.
MG

Bruxelles, capitale verte à 50 %

Trois modes de gestion se conjuguent pour conserver le patrimoine naturel
BRUXELLES “La verdure, ce n’est plus uniquement la campagne comme auparavant. Les Bruxellois n’ont pas besoin de franchir les frontières de la capitale pour se promener dans de véritables havres de paix naturels” , confie-t-on au cabinet de la ministre bruxelloise de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck (Écolo).
Suite à une promenade guidée dans divers poumons verts de la ville, nous pouvons en effet encenser l’affirmation. Marais, forêts, prairies, friches… Les paysages naturels bruxellois regorgent de richesses gérées avec passion et savoir-faire.
Fier d’être l’un des membres actifs qui œuvrent à la préservation de ces joyaux naturels – qui rendent la vie citadine plus agréable -, Jean-Christophe Prignon, l’un des responsables du département gestion nature de l’IBGE (ex Bruxelles-Environnement). Avec lui, nous avons exploré trois lieux verts, symboles d’une triple gestion.
1 La protection intégrale. En lisière de la chaussée de La Hulpe , la réserve du Grippensdelle en forêt de Soignes est l’exemple type d’une nature laissée à elle-même. “Sur près de 30 hectares , nous laissons les arbres morts à terre pour que ceux-ci puissent accueillir des hôtes de la faune ou de la flore” , explique le spécialiste. Zone totalement autorégulée, cette réserve participe à l’équilibre général de la forêt.
2 La combinaison d’histoire et de nature partiellement gérée est, elle, illustrée par le Rouge-Cloître d’Auderghem. Autour de cette ancienne abbaye bordée d’espaces naturels, toutes les initiatives sont prises pour être le moins interventionniste possible. “En certains endroits, des fauchages ne sont réalisés que deux fois par an” , explique Jean-Christophe Prignon.
3 La gestion de l’environnement. Suite à des erreurs passées, le marais de Ganshoren s’est peu à peu asséché, privant notamment la rivière le Molenbeek de ses bienfaits. Une bourde partiellement réparée suite à la récente remise à ciel ouvert du cours d’eau. “Le marais constitue encore l’un des témoins de l’ancienne activité agricole de Bruxelles qu’il convient de préserver” , justifie-t-il. Outre l’aspect patrimonial, ces zones humides contribuent également à éviter les inondations dans la ville.
Pourquoi ces différences de gestion ? Pour appliquer une attention et un soin personnalisés à chaque espace, géré selon ses propres spécificités. “La bonne gestion des ressources naturelles bruxelloises est propice à débat. Entre les positions conservatrices, les enjeux économiques ou sociaux et les fervents défenseurs de la biodiversité, l’avenir passera par une rencontre entre les autorités, les associations et les citoyens” , conclut-on au cabinet.
(Fanny Leroy)

COMMENTAIRE VDE DIVERCITY
LANGUE DE BOIS
« Marais, forêts, prairies, friches… Les paysages naturels bruxellois regorgent de richesses gérées avec passion et savoir-faire » mais souvent sans la moindre cohérence !
Sait-on que notre sublime forêt de soigne est gérée par trois pouvoir régionaux concurrents :la région Bruxelles capitale, la Région wallonne et la région flamande. Est-ce que ce pays est sérieux ?
MG

Taal

De talennota van Pascal Smet is zoals alles wat deze minister onderneemt: groots en meeslepend. Hij wil dat kinderen alreeds vanaf het derde leerjaar drietalig worden. Niet langer vrolijke, zorgeloze dwergjes - nee, wereldburgers.

Drie talen, is dat niet wat zwaar voor veredelde kleuters die nog in stripverhalen denken? Mogen zij ook nog kind zijn voor ze wereldburger worden? Dat ze bijvoorbeeld leren knopen leggen?

Niets tegen meertaligheid, maar hoe zit het met de staat van het Nederlands in het onderwijs? Ik vrees dat het niet overhoudt. Er wordt slecht gesproken in dit land. Door kinderen en volwassenen. Het Nederlands dreigt een soort tussentaal te worden. In tv-series en op sportvelden al helemaal. De Tom Boonentaal: sympathiek, familiair, maar meer klank dan taal.

Zo is ook de taal van politici. Van Bart De Wever om er een te noemen: verkaveld Vlaams. Uit de mond van Pascal Smet komt nog minder zingzang. Hij spuugt taal.

Tussen bekakt Nederlands en binnentaal van het peloton ligt kennelijk een taalwoestijn. Ik ben gek op dialecten, maar niet om het even waar en niet om het even wanneer. Overigens hoor je kinderen op het strand alleen nog in het Engels vloeken. Ook jammer.
(Hugo Camps)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BEKAKT NEDERLANDS
« Bekakt Nederlands! » L’expression est irrésistible sous la plume d’un des journalistes les plus doués de sa génération qui certes plaide le trilinguisme à la hussarde de Pascal Smet ; mais s’inquiète du délabrement de la langue de Vondel telle qu’elle se parle désormais dans les barbecues organisés dans des lotissements hyper américanisés de Flandre, du Limbourg et du Brabant.
MG

Langues : «Les programmes sont mauvais»

«La Communauté Française se conforme à un programme branlant », selon Dany Etienne (UCL), auteur d'une thèse sur l'enseignement des langues. Le résumé du chat

L'ENSEIGNEMENT EST-IL REELLEMENT DE MAUVAISE QUALITE ? (GUEST)

Dany Etienne : Il y a trop de choix pour les élèves et cela mène à un manque d'efficacité. De plus, les programmes sont mauvais, les classes surpeuplées et le matériel pas ''au top''.

EST-CE LA FAUTE DES ENSEIGNANTS ? (BOF)

Dany Etienne : Non, même s'il existe de mauvais enseignants, comme il existe de mauvais maçons ou de mauvais fonctionnaires. Une majorité écrasante des personnes qui j'ai rencontré sont motivées et « au point ».

D'OU VIENT LE PROBLEME ALORS ? (BOF)

Dany Etienne : Principalement de la Communauté Française. Elle freine les élans, tout cela pour se conformer à un programme branlant. Cela va réduire peu à peu la motivation des enseignants. La CF tarde à mettre en œuvre des référentiels de niveaux qui permettraient aux professeurs de s'évaluer et progresser.

QU'EST-CE QUI PEUT MOTIVER LES JEUNES FRANCOPHONES A SE LANCER DANS L'APPRENTISSAGE DU NEERLANDAIS ? (THIBAULOR)

Dany Etienne : Il est clair que la situation politique actuelle ne favorise pas la motivation. Mais il ne faut pas oublier que le premier vecteur de motivation des jeunes est le contact avec leurs parents et le regard de ceux-ci sur l'autre. Et malheureusement, il est effrayant de constater les stéréotypes véhiculés sur les communautés linguistiques par les parents. La responsabilité parentale est aussi grande que la responsabilité politique.

ANGLAIS OU NEERLANDAIS, QUE DOIVENT CHOISIR LES FRANCOPHONES ? (NICO)

Dany Etienne : Plusieurs scénarios sont possibles, de plus que la situation géographique en Wallonie est plus complexe qu'en Flandre. Il faudrait en effet pouvoir imposer le néerlandais comme première langue à Bruxelles ainsi que dans certaines parties de la Wallonie. Mais l'Allemand pourrait être tout aussi utile dans les provinces de Liège et du Luxembourg, pourtant, nous n'en parlons pas. L'anglais, lui, devient indispensable.

EXISTE-IL UNE METHODE EFFICACE POUR APPRENDRE LE NEERLANDAIS ?(PAUL ET NALIDRA)

Dany Etienne : La motivation est le premier moteur. Mettez-vous également dans un environnement aussi « bilingue » que possible pour progresser au plus vite.

Ce que je déplore, c'est qu'il n'existe plus de films, interviews en langue d'origine. Qu'il n'y ait plus les films en VO (par exemple sur ' La Deux' ), est dommage. Mais il faudrait aussi, tant à la radio qu'à la télévision, des présentateurs un peu plus « adroits » en langue étrangère.

SOMMES-NOUS EN FACE D'UNE « PARESSE INTELLECTUELLE » DE LA PART DES FRANCOPHONES ? (MONIQUE DITS)

Dany Etienne : Je ne pense pas que l'on puisse parler de paresse intellectuelle. Les décisions qui doivent être prises ne doivent pas provenir de la population, mais bien du monde politique.

Néerlandais, anglais, hindi : on attend quoi ?

Aucun adolescent francophone ne sort bilingue ou trilingue du secondaire. S'il l'est, c'est parce qu'il a choisi l'immersion. Ou parce que ses parents parlent une autre langue à la maison. Ou parce qu'ils ont cassé leur cochon pour l'envoyer dans des stages – souvent peu efficaces – à Anvers, Amsterdam ou Londres. Avant l'unif, c'est même carrément leur coffre-fort qu'ils explosent pour payer une année dans des pays étrangers, via des organisations privées, qui pullulent. Soyons lucides : c'est souvent péniblement, tout au long de leur carrière que les francophones courent derrière ce manque qui torpille leurs promotions. A Bruxelles, encore plus grave, le non-multilinguisme des jeunes défavorisés les prive d'un travail et d'un avenir. A l'unif, n'en parlons pas : les cours désormais se donnent en anglais, imposé souvent aussi pour le mémoire.

Le non-multilinguisme est l'un des grands échecs de l'école francophone et donc de ceux qui gèrent cette politique. C'est aussi la faute à un état d'esprit, à une paresse et à un environnement dominé par la France , cancre européen du genre. Les Wallons ne voient ainsi quasi jamais de films en version originale : The King's Speech y est bégayé par un francophone.

Internet a un peu sauvé la mise : nos ados y téléchargent parfois les séries télé en VO. La preuve que le problème n'est pas, quoi qu'en aient dit certains, génétique.

Laurette Onkelinx avait promis le bilinguisme. Mme Simonet fait de même, défiant les constats d'échec scientifiques. Regardons la Flandre : elle vient de faire un plan d'action. Il préserve le français et renvoie à leurs démons les Vic Van Aelst qui sévissent en terre flamande, en réaffirmant la nécessité d'ouverture des Flamands à la langue des chers compatriotes d'Albert II. Il n'y a rien de choquant à ce que l'anglais rejoigne le français au rang des priorités, dès lors que ce dernier est préservé, encouragé. A nous d'embrayer, vite, sur un plan Marshall du multilinguisme. De prévoir tous les dispositifs qui permettent aux jeunes Wallons et Bruxellois de sortir trilingues d'office. Et d'éradiquer cette aberration qui empêche que l'on recoure à des Flamands pour enseigner leur langue dans nos écoles… tout en pleurant sur la Belgique qui se perd. Néerlandais, anglais et autres si affinités : mettons-nous en ordre de marche du défi belge et de la globalisation.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VOX CLAMANS IN DESERTO
Le bon sens de Béatrice Delvaux fait merveille.

Difficile de ne pas adhérer à ce qu’elle affirme ici avec une lucidité cruelle.

L’enseignement de communauté française est nullissime en termes d’apprentissage des langues étrangères.

Au risque de faire hurler le troisième âge cultivé et la corporation des « classiques » ajoutons qu’il serait temps d’en finir avec ces reliques d’un autre temps que son l’enseignement élitaire du latin et du grec pour les remplacer utilement par celui de l’anglais et/ou de l’allemand, de l’espagnol, de l’arabe classique, du turc etc.

Non je n'oublie pas le néerlandais.

Pascal Smet a raison, il faut que les Bruxellois, les Belges soient demain trilingues. Mais si affirmer cela est un truisme, le faire est un exploit que réalisent certaines écoles flamandes de Bruxelles mais surtout les écoles européennes, ouvertes, hélas aux seuls enfants des privilégiés.

D’où la nécessité d’une révolution copernicienne de notre enseignement désuet de Communauté française.

Mais écrire cela ou élever la voix dans le désert, c’est pareil.

"Mettons-nous en ordre de marche du défi belge et de la globalisation."

Et ne perdons jamais de vue que seuls les polyglottes sont cosmopolites et ouverts au dialogue interculturel que nous prônons ic sans relâche.

MG

mercredi 27 juillet 2011

Breivik viseert België en citeert Dewinter

Anders Behring Breivik refereert in zijn manifest ook verschillende keren aan ons land. Hij haalt quotes van Jean-Luc Dehaene, Louis Michel en Paul-Henri Spaak aan om aan te tonen dat onze politici al lang gezwicht zijn voor het multiculturalisme. Voor Breivik is België daarom een belangrijk doelwit. Met een percentage moslims tussen 8 en 12 procent omschrijft Breivik ons land als 'extreem vijandig'.

De Noorse moordenaar identificeerde in ons land ook 10.807 zogenaamde 'verraders': leden van wat hij de cultureel marxistische, multiculturele elites van Europa noemt. Vermoedelijk gaat het om politici en opiniemakers die volgens Breivik een 'culturele genocide uitvoeren op de oorspronkelijke Europese volkeren', omdat ze de islamisering van Europa geen halt toeroepen. In zijn manifest roept hij op de 'verraders' via een bombrief-campagne om te brengen. "Wees creatief", raadt Breivik aan. "Creëer een briefhoofd zo dat de brief rechtstreeks bij het doelwit zal toekomen." Vervolgens zegt hij hoeveel anthrax er per brief moet worden gebruikt.

Maar ook de Belgische infrastructuur was volgens de plannen van Breivik niet veilig. Hij lijst alle nucleaire centrales en installaties in ons land op, net als andere potentiële doelwitten, zoals opslagplaatsen van petroleum en olieraffinaderijen.

Op politiek vlak maakt Breivik duidelijk waar zijn sympathie in ons land ligt. Alle partijen, van N-VA over PS en sp.a tot Lijst Dedecker, catalogiseert hij als 'cultureel marxisten, zelfmoordhumanisten of kapitalistische globalisten'. Enkel Vlaams Belang haalt zijn zwarte lijst niet. Breivik hekelt het feit dat de partij net zoals de Britse National Party steevast als racistisch of fascistisch worden afgedaan. VB-boegbeeld Filip Dewinter wordt bovendien geciteerd om zijn stellingen kracht bij te zetten.

In het document duikt nog een landgenoot op, zij het wel een anonieme. Een van de medestichters van de zogenaamde Tempeliersorde, waarvan Breivik naar eigen zeggen lid is, zou volgens de Noor immers uit ons land komen. Verzinsels van een gek of een heuse samenzwering? Bij de federale politie heeft men alleszins geen weet van een extreem rechtse organisatie die zich de 'Arme soldaten van Christus en de tempel van Salomon' noemt. (De Standaard)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN FOU (IR)RESPONSABLE?
Polonius à propos de Hamlet: « though this be madness, yet there is method in it. » Hamlet Act 2, scene 2, 193–206
Breivik serait « dément ». C’est en tout cas ce qu’a affirmé son avocat, sans indiquer s’il allait s’agir de sa ligne de défense.
« Il doit (d’abord) subir des examens médicaux », a-t-il déclaré en précisant que son client n’avait montré « aucun signe de commisération ».
Behring Breivik, qui reconnaît les faits, « déteste tous ceux qui croient en la démocratie » et « considère qu’une guerre est en cours contre elle».
Anders Behring Breivik s’est dit « surpris d’arriver à ses fins ». Il pensait être abattu lors de la fusillade de l’île d’Utoeya.
C'est qui ce fada? Quel est son histoire personnelle, que disent les psys?
Visiblement son avocat cherche à le faire passer pour irresponsable. Un irresponsable qui rédige un texte de 1500 pages aussi tordu que Mein Kampf, qui détient trois armes et fait montre d'une maîtrise de paracommando pour s'en servir.
Quel est le cursus scolaire de ce Anders Behring Breivik qui a fait l’objet d’un signalement aux services de sécurité norvégiens en mars, a annoncé Janne Kristiansen, la directrice de l’Agence de sécurité de la police (PST) et qui selon la même « a vécu une vie incroyablement respectueuse de la loi »?
Qui donc est ce loup solitaire? Ou ce tueur froid fait-il partie d'une meute de loups qui se préparent à entrer dans Paris et toutes les autres capitales européennes?
Le Nouvel Obs apporte une série de réponses intéressantes à ces questions que nous nous posons tous. MG
UN TUEUR SOLITAIRE ?
L’homme a agi seul, sur la foi d’obsessions personnelles, pour vivre l’ordalie de son fantasme.

Anders Behring Breivik, tout solitaire qu’il soit, tout déséquilibré qu’il pourrait paraître, est aussi l’homme d’une époque, le symptôme d’une pathologie ; en un mot, la première incarnation d’un spectre qui commence à hanter l’Europe.

Point d’amalgame dans ce diagnostic. Il ne s’agit pas ici d’accuser tel ou tel populisme qui reste dans une stricte légalité, de stigmatiser tous ceux qui se réfèrent à la nation ou qui critiquent l’islam, ni de rendre le Front national – auquel on pense naturellement quand il s’agit d’hostilité envers les étrangers – responsable d’actes qu’il a toujours réprouvés sans ambiguïté. Il ne s’agit pas non plus d’incriminer, selon la méthode de la causalité floue qui autorise toutes les confusions, "une atmosphère", qu’on qualifiera évidemment de "nauséabonde", un climat d’"intolérance" instauré par ceux qui s’inquiètent de l’immigration ou qui se réfèrent à l’identité nationale et avec lesquels on rompt habituellement des lances.

Tueur rationnel, organisateur solitaire mais diablement méticuleux, Anders Behring Breivik s’est longuement expliqué – 1 500 pages ?! – dans le texte qu’il a mis en ligne quelques heures avant de passer à l’acte. Chacun peut ainsi constater qu’il a agi sur la base d’un raisonnement et même en fonction d’une idéologie, sommaire, certes, mais aussi, comme toute idéologie, construite et dotée d’une certaine cohérence. L’obsession identitaire en forme le soubassement. (Though this be madness, yet there is method in it)

LES COLLABOS DE LA CONQUÊTE MUSULMANE

Cette identité, européenne et chrétienne, serait menacée dans son être profond par une invasion musulmane progressive et subreptice, qui finira par imposer aux Européens, paralysés et subjugués, un mode de vie et des valeurs qui sont à l’opposé de leurs traditions et dont ils ne veulent pas.

Dans cette vision paranoïaque et haineuse, la conquête en cours a ses complices et ses idiots utiles : les humanistes de tous poils, les antiracistes, les élites libérales et ploutocratiques, la gauche universaliste et, au premier chef, la social-démocratie européenne, alliée principale du "communautarisme" honni. Tous ces courants se résument en un seul qui est le poison de l’Europe du XXIe siècle : le multiculturalisme, doctrine pernicieuse des collabos de la conquête musulmane.

CHARLES MARTEL "FOR EVER"

A cette entreprise historique qui augure la disparition d’une civilisation au profit d’une autre, poursuivent les identitaires modernes, il faut opposer la foi et l’énergie des croisés. Ce n’est pas seulement par goût du folklore ou par imitation des jeux vidéo que Breivik se réclamait des Templiers. Comme au Moyen Age, il appelait aussi à la guerre religieuse, culturelle, politique et sociale et, en définitive, à la guerre civile. Charles Martel for ever !

C’est très consciemment, enfin, que Breivik s’est attaqué à de jeunes socialistes, à ses yeux les agents actifs du multiculturalisme, c’est-à-dire de la pénétration musulmane. Ainsi, une nouvelle extrême-droite activiste est en passe de voir le jour, après une incubation plus ou moins longue, dont le tueur d’Oslo est peut-être le précurseur.

AGRESSIVITÉ VERBALE

Où trouve-t-on les traces de ce nouveau fanatisme ? Sur Internet, bien sûr. Non que le réseau soit responsable de quoi que ce soit. L’accuser serait aussi ridicule que d’incriminer le téléphone parce que deux terroristes se sont appelés sur leur mobile. Mais la Toile est un moyen de diffusion moins contrôlé dont le coût est à peu près nul. Tout activiste, tout militant, tout prosélyte, de la pêche à la mouche comme du terrorisme chimique, y recourt naturellement. En France, trois sites se sont fait une spécialité de l’idéologie antimusulmane contemporaine.

Point de terroristes, évidemment, chez ces gens-là. Mais une agressivité verbale telle qu’elle finit par distiller une sémantique de guerre civile. Non dans les pages d’accueil ou dans les textes programmatiques, qui restent tenus par une obligation de réserve publique. Mais dans les forums de débats hypocritement laissés sous la responsabilité des contributeurs et dont on ne comprend pas que les pouvoirs publics les laissent libres de répandre diffamation et injures raciales. Dans cette sous-culture de la haine et de l’anonymat, les musulmans sont un ennemi atavique.

On les appelle "les muzz", mais aussi "les rats" ou "les blattes", et l’on attend avec impatience "l’épouillement de l’Europe". On anticipe la future guerre civile. On évoque l’exemple lointain de Richard Cœur de Lion, roi croisé, ou de Godefroid de Bouillon, massacreur de musulmans à Jérusalem. Bref, on prépare l’affrontement violent.

Phénomènes marginaux ? Le blog "fdesouche", pour prendre un exemple, réunit autant de monde que certains sites d’info ou que les portails des partis politiques classiques. Marine Le Pen s’y réfère avec une certaine admiration. La Toile recèle des forums de ce genre dans tout le continent. Sous l’apparence du défoulement verbal, c’est une école de la haine qui s’est ouverte à l’échelle européenne. Une école dont Anders Behring Breivik était l’élève assidu.
(Laurent Joffrin - Le Nouvel Observateur)

COMMENTAIRE DU MONDE:
LE DÉLIRE D'UNE CULTURE OCCIDENTALE QUI A PERDU LA RAISON.
Depuis l'arrestation d'Anders Behring Breivik, vendredi 22 juillet, les partis d'extrême droite européens condamnent à l'unisson le double attentat meurtier d'Oslo. De plus en plus intégrés au système politique européen, tous redoutent un amalgame entre leurs programmes et les principes au nom desquels aurait agi le Norvégien de 32 ans.
Le Parti du progrès (FrP) norvégien, formation de la droite populiste, a été le premier à prendre ses distances avec le suspect. Anders Behring Breivik avait adhéré au parti de 1999 à 2006, et avait même occupé un poste de responsable local pour son mouvement de jeunesse. "Cela m'attriste encore plus d'apprendre que cette personne a été parmi nous", a ainsi commenté la présidente du FrP, Siv Jensen. Mais le parti norvégien n'est pas le seul mis en cause au lendemain de ces attaques sanglantes. De nombreuses voix s'élèvent pour interroger la responsabilité des partis d'extrême droite, qui dénoncent presque tous une islamisation de la société occidentale.
PAS DE "RESPONSABILITÉ COLLECTIVE"

Du Front national (FN) français à la formation flamande Vlaams Belang, en passant par le Parti pour la liberté (PVV) néerlandais de Geert Wilders, tous ont ostensiblement pris leurs distances avec celui qu'ils ont décrit comme un "malade"ou un "psychopathe". En pleine ascension électorale dans leur pays respectif, plusieurs de ces formations ont mis en cause les tentatives de manipulation des partis politiques de gauche. "Traditionnellement, on veut compromettre les partis de droite avec des gens pareils", a déclaré à l'AFP l'homme fort de la formation flamande Vlaams Belang, Filip Dewinter, dénonçant un "amalgame".

Interrogé par L'Express, le sociologue Yannick Cahuzac, spécialisé dans l'étude de l'extrême droite sur le Web, note que les mouvements nationalistes "tentent de psychologiser l'affaire afin d'en dépolitiser l'acte".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Analyses brillantes qui « contextualisent » ce dramatique événement en le situant dans la perspective de la montée des périls dont l'occident est l'objet et le témoin sur fond de crise financière et politique majeure.

Encore une fois, le climat délétère qui afflige la Belgique est à peu de choses près celui qui pourrit l'atmosphère partout en Europe et aux Etats Unis; Un spectre hante les esprits: celui celui d 'un national-populisme (et des Tea Parties US) qui se nourrit de la crise profonde que traverse la démocratie (tout en la nourrissant) et plus particulièrement la social- démocratie cible du monstre Breivik. MG

UN ACTE "QUI REQUIERT UNE RÉPONSE POLITIQUE"

José Luis Zapatero, a jugé que les évènements survenus en Norvège appelaient"une réponse politique" concertée de l'Union européenne pour contrecarrer la montée des idées d'extrême droite.

"C'est une des plus grandes tragédies dont nous ayons été témoins depuis des décennies", a souligné le chef du gouvernement espagnol lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue anglais, David Cameron. Il a répété que le double attentat d'Oslo était "quelque chose d'extrêmement grave qui requiert une réponse, une réponse européenne, une réponse commune pour défendre la liberté, pour défendre la démocratie, demandant aux gens de se lever, de combattre le radicalisme et de réagir face à la xénophobie."

"L'EXTRÉMISME POLITIQUE A CESSÉ D'ÊTRE UN TABOU"

Cette préoccupation politique est partagée par la presse européenne. Dans un article intitulé "L'extrême-droite menace l'Europe", le quotidien espagnol El Pais dénonce "l'extrémisme politique, teinté de nationalisme et de xénophobie, qui a cessé d'être un tabou puisque des personnalités politiques aussi respectables que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ou David Cameron ont défendu tous trois l'idée que le multiculturalisme avait été un échec dans leur pays".

Le journal britannique The Guardian publie également un article intitulé "La tragédie norvégienne doit forcer l'Europe à agir sur l'extrémisme politique". Le journaliste insiste sur le fait que "tout comme les attentats du 11-Septembre ou du métro londonien, la folie commise par Anders Behring Breivik a une explication clinique mais aussi politique."

Sur son blog, l'éditorialiste du Daily Mail Melanie Philipps résume ainsi sa réflexion :"Breivik est peut-être un psychopathe déséquilibré, mais ce qui émerge maintenant de cet acte atroce, c'est le délire d'une culture occidentale qui a perdu la raison." (Charlotte Chabas)

"L’intégration ou l’éclatement"

Pour Daniel Guéguen, les écarts de compétitivité entre ses Etats membres menacent la zone euro. Hors une vision fédérale, point de salut, prévient-il.

Spécialiste des affaires publiques européennes, PDG de CLAN Public Affairs et président exécutif du European Training Institute, Daniel Guéguen est l’auteur d’un livre paru en 2004, au titre prémonitoire : "L’euro : outil de la construction européenne ou instrument pour sa décision". Le Français, qui se qualifie "de fédéraliste européen", n’est pas convaincu que les décisions prises lors du sommet de la zone euro suffiront à préserver l’union monétaire de nouveaux tourments.
RÉSUMÉ:
Les décisions prises lors du sommet de la zone euro ne suffiront à préserver l’union monétaire de nouveaux tourments.
La Grèce souffre d’un problème de compétitivité.
Les chiffres de l’économie grecque ont été faussés.
L’écart ne fera que se creuser avec les pays les plus compétitifs.
Il faut fortifier l’euro tel qu’il existe et pas l’affaiblir. Le problème grec va s’étendre au Portugal.
Une partie de l’espace euro est extrêmement vulnérable face à un pays dominant comme l’Allemagne, très compétitif, inscrit dans un cercle vertueux, avec un gros volume d’exportation, une réduction des déficits publics, de l’endettement, et qui est en train de recréer une zone mark - dont, la Belgique fait partie. Cette zone va gagner de la compétitivité et tout le reste va décrocher.
La France aussi est menacée pour n’avoir entrepris aucune réforme structurelle depuis trente ans.

Cela équivaut à remettre des dettes sur des dettes, alors qu’il faut faire des investissements pour relancer l’économie réelle.

L’Allemagne et l’ex-zone mark seront, au final, les seuls garants de l’ensemble, ce qui est impensable à long terme.
On ne doit pas avoir peur d’affronter des tabous et manifester une volonté politique de rebâtir la construction européenne à partir d’une logique, sinon fédérale, du moins d’intégration.
Il manque une coordination des politiques économiques,
Si nos économies ne se rapprochent pas, on ira inévitablement vers un éclatement de la zone euro.
Une mutualisation de la dette, est un non-sens tant qu'on n’opte pas pour une logique fédérale.
Le plus gros problème c'est celui de la faiblesse du leadership européen: les Etats membres se sont choisi des dirigeants européens faibles pour qu’ils n’aillent pas à l’encontre des intérêts nationaux.
Herman Van Rompuy agit trop dans les couloirs
Il faut changer de direction et adopter un autre discours européen.
Ces politiques d’austérité sont insoutenables et accroissent les inégalités. On tue la consommation, la prospérité et l’espoir pour la jeune génération. Notre société recule, sociologiquement
Cette situation d’avancée croissante de l’Allemagne porte en germe la destruction du système.
On dit que les Allemands ne sont pas solidaires. Ils l'étaient dans le système précédent des dévaluations-réévalutions
Quand l’Allemagne acceptait de réévaluer, c’est-à-dire de perdre de la compétitivité, elle était solidaire des pays qui réévaluaient pour en regagner. On a cassé ce système. En créant l’euro, on a mis la charrue avant les bœufs : le grand marché est inachevé, on n’a pas de règles fiscales et d’emploi communes et on a créé une union monétaire sans avoir de vision fédérale. C’est irresponsable et nous payons le prix de cette inconséquence.
L’Allemagne a opté pour un modèle d’exportations compétitif, la France a choisi un modèle néokeynésien, contracyclique, intenable, de relance par la dette. A long terme, l’écart entre la France et l’Allemagne va encore augmenter.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY.
HORS UNE VISION FÉDÉRATRICE, POINT DE SALUT
On ne le dira jamais assez: l'Allemagne prospère se comporte par rapport à la Grèce impécunieuse et endettée exactement comme la Flandre par rapport à la Wallonie, la fourmi par rapport à la cigale.
On se souviendra qu'en 1919 le traité de Versailles a si bien mis l'Allemagne sur la paille qu'elle ne put s'en sortir qu'en recourant à la pire des solutions:la dictature totalitaire.
En 1945, l'Europe brisée et ruinée par l'effort de guerre ne put se redresser que grâce au plan Marshall, sorte de New Deal à la Roosevelt nécessaire pour relancer l'économie du vieux continent.
Veut-on affamer la Grèce pour que les colonels grecs ressortent de leurs casernes pour mettre fin à la démocratie réinstaurée depuis 1973?
Veut-on désespérer les peuples au point qu'ils ne voient point de salut hormis un recours au populisme nationaliste, le populisme du pognon, le « centenpopulisme » De Wever et Dedecker.
Le national-populisme qui génère la barbarie (le tueur fondamentaliste norvégien s'en réclame) naît de destruction du « temple intérieur » (Morin). Il participe du culte du « fondamentalisme de l'argent » (Stiglitz) et induit le choc des cultures tandis que l'intégration par le dialogue et la solidarité au contraire résulte de l'empathie.
On appelle barbare les gens d'une autre civilisation. La vision commune à tous les intégrismes barbares renvoie à l'axe du mal. L'axe du mal , ce sont les autres; ce qui nous épargne l'effort de vaincre notre propre barbarie intérieure.
L'éthique de la compréhension (E. Morin) nous demande de comprendre l'incompréhension générée par l'indifférence à autrui, l'incompréhension de culture à culture(...) comme si nous étions entrés dans « une période de guerre de civilisation » (p. 22)
Le pari c'est l' « intégration de la certitude dans l'espoir » (p.31) et la construction européenne participe de ce pari; mais elle est aléatoire sans un recours hardi à la solidarité.
« L'humanité ne pourra réussi à éviter la sortie de route, que pour autant qu'elle sera capable de faire un travail colossal sur elle-même.
L'enjeu est bien de grandir en humanité » (Morin-Viveret, 2010 : « Comment vivre en temps de crise », p. 92)
Il faut que la monnaie, l'euro en l'occurrence, retrouve sa fonction de moyen et non de fin. La fin, c'est la réconciliation des peuples et le sauvetage de l'humanité.
Hors une vision européenne fédératrice, interculturelle et solidaire, point de salut.
MG

lundi 25 juillet 2011

Egypt: The Victorious Islamists


Coptic Christian women looking out from inside the Virgin Mary Church in the Imbaba neighborhood of Cairo, May 8, 2011. The church was set on fire during clashes between Christians and Muslims the previous night.

The forty-year-old Virgin Mary Church on Cairo ’s al-Wahda Street—the name means unity, or oneness—looks striking these days. Its cream and white façade is unscathed by the dust and smog that otherwise blanket neighboring buildings and the rest of the city, and inside, its walls and floors glisten with newly laid cappuccino-colored marble. The church, its guardians say, has never looked better. “Ever, in its entire history.”
On May 8, this church, in the impoverished Cairo neighborhood of Imbaba, a ten-minute drive from Tahrir Square , was a scene of devastation. It had been ravaged by flames and its insides gutted, smashed, looted, and charred after clashes broke out between Muslims and Christians over the case of a Coptic woman named Abeer Fakhri, an alleged convert to Islam whom ultraconservative Salafis had claimed was being held against her will at the nearby Church of St. Mina, which was also attacked. Fifteen people were killed in the violence and almost two hundred injured.
The attack was one of a series against Egypt ’s Coptic Christian minority in the weeks since President Hosni Mubarak stepped down on February 11. Since then, widespread and escalating crime has gripped the country. But the campaign against the Copts has stood out as by far the most egregious violence in post-revolutionary Egypt . “Stirring up sectarian tensions,” the Coptic activist Michael Meunier told me the week after the attack, “has always been the best way to keep the country divided—the Copts always get the biggest blow,” he said. “There are many actors who have stakes in causing this chaos.”
Copts have been outraged at the ruling military council’s lenient response to other recent incidents of violence against them. In March, armed thugs bulldozed a church on the outskirts of Cairo to its foundations, allegedly over an illicit relationship between a Coptic man and a Muslim woman. This led to riots and clashes that left thirteen people dead and 140 wounded. No arrests were made and no one was charged.
The day after the Imbaba attacks, several thousand Copts from across Cairo marched to Maspero, the state TV building, setting up tents for what they planned would be a lengthy sit-in. “We are here to make sure our demands are met,” Father Metias, one of the priests of the Virgin Mary Church, told me that day. “We want protection. We want the dozens of churches that the government has closed to be reopened. The people who are causing this trouble against us must be held accountable.”

Egyptian Christian Coptics protest outside the al-Abasseya Cathedral in Cairo on Jan. 2, following the car bomb attack on a church in Alexandria in which 21 people, mostly Coptic worshippers, were killed. ( KHALED DESOUKI/AFP/Getty Images)

For almost two weeks, the Copts—who were joined by several hundred Muslims who came out in solidarity—chanted outside the building, calling for protection and demanding that Field Marshal Mohamed Hussein Tantawi, the head of the military council and the de facto head of state, step down. They slept in tents made of nylon and blankets—sweltering in the rising temperatures of the city’s scorching summer heat—and on several nights, they warded off thugs who attacked them with guns, knives, and rocks.
Eventually, on the thirteenth day—May 21—after statements from the armed forces that they would “not clear them by force,” as they have done in the past, and that they would reopen three of the dozens of closed churches, the protesters agreed to pack up and go. One of the young organizers told me that they did so “to give the ruling military council the chance to act on demands.”
That week, the interior minister promised to clamp down with “an iron fist” on thugs and the general atmosphere of violence in the city. The prime minister said he would proclaim a general law covering places of religious worship; and the military council said it would act with urgency to prosecute those implicated in both the Imbaba and other recent sectarian attacks who had escaped disciplinary action.
The police quickly arrested more than two hundred people suspected of involvement in the Imbaba incident—radical Islamists, thugs, former members of the ruling party, and many Copts—and also swiftly moved to stop fighting in Ain Shams, on the outskirts of the city, when Muslims began demonstrating against the opening of a church in a former garment factory that they claimed lacked the necessary legal permits.
In the weeks since these promises were made, and since the Copts voluntarily abandoned their campsite at Maspero, sectarian tensions appear to have been pacified. The ultraconservative Salafis—whom many blamed for the Imbaba attacks and who had been staging weekly demonstrations against the Copts since Mubarak’s ouster, often at churches—have been largely quiet. (The Salafis are organized in several groups and parties outside the Muslim Brotherhood, such as the al-Nour party, which has just been officially approved.) YouTube videos of radical Islamists inciting violence against Coptic churches are no longer circulating widely; and the interim cabinet has just approved a draft law giving Muslim and Copts equal rights in establishing places of worship. THE ISLAMIST POLITICAL PARTIES AND MOVEMENTS—WHICH MANY FEAR MAY RISE TO POWER AND TURN EGYPT INTO AN ISLAMIC STATE MODELED ON SAUDI ARABIA —HAVE ALL DENOUNCED VIOLENCE AGAINST CHRISTIANS. Although stories of violence and crime are still frequent in the pages of the local press, none of them, these days, are about attacks on Copts.
Still, within Egypt’s Christian-minority community—which accounts for some 10 percent of the country’s 82 million people—the fear of further incidents of violence and persecution has not subsided, and daily life remains strained. Many Copts I have spoken to say they are considering emigrating to the US or Canada and seeking political asylum on the basis of religious persecution, though many also feel they have an obligation to stay in Egypt to “look after the churches and monasteries.” “The media quiet is deceptive,” Father Sarabamon—the pastor of Imbaba’s Virgin Mary Church—told me on June 5 as I sat with him on the ground floor of the church. Final touches of reconstruction were being put in place, among them a new protective metal fence surrounding the building. “There are no sizable attacks,” he said, but each week there are incidents of women having the cross grabbed from their necks as they walk in the streets. In this very neighborhood people are still being insulted as they leave church; and we still have young girls disappearing, kidnapped, being harassed for what they are wearing or for bearing the cross tattooed on their wrists.
As Father Sarabamon—who has been a priest at the church since the 1970s—spoke, men and women streamed in, kissing his hand, offering donations. Many shed tears at the sight of the renovated church. The father told some young women to cover themselves up or remove their crosses. “There are hungry, angry people outside,” he warned them.
Of those arrested for the attacks in the Imbaba quarter, many have been released without sentences—including Salafis who had been seen on videos inciting violence against the churches. One had said about the Coptic Church, “It’s a mafia that harbors weapons.” Of those still under investigation, forty-eight have recently been referred to the Supreme Court for trials—among them many Copts. Only two of sixteen people arrested for attacking the Copt protesters during their thirteen-day sit-in received sentences—two years, with bail. “It’s telling. These are all simply gestures,” Father Sarabamon told me between his conversations with well-wishers. “The government has made the gesture of arrests, of trials, but when you look at action, nothing has happened. Even the churches they promised to reopen have not been opened.”

In the case of the Ain Shams church, which remains closed, two Copts were sentenced to five years in jail—for violence, possession of weapons, and trying to turn a factory into an unlicensed church. When I visited the neighborhood in early June, even Muslim residents said there had clearly been bias in this case. “There were thugs who should have been sentenced too,” one eyewitness to the violence told me.
The referendum, which had set the military and the Muslim Brotherhood—the largest organized movement—against the liberals, exposed the first significant division in a movement for change that had otherwise united protesters during the eighteen days in Tahrir Square. In many ways it served as a harbinger of what was to come. Since then, THE ARMY HAS ACTED WITH LENIENCY TOWARD ISLAMISTS, AND HAS MOVED FORWARD IN STEP WITH THE MUSLIM BROTHERHOOD, WITH WHICH IT HAS CUT DEALS. AS THE LONGTIME BACKBONE OF THE REGIME, WITH ITS OWN BROAD ECONOMIC INTERESTS TO MAINTAIN, THE ARMY—SO IT IS WIDELY BELIEVED—WANTS TO CONSOLIDATE A STATUS QUO THAT IT WILL DOMINATE IN YEARS TO COME. It will do so in part by manipulating a parliament ready to cooperate with it. A retired general recently repeated to me what he has been saying during the past few months:
WITH THE BROTHERHOOD THEY [THE MILITARY] KNOW WHAT THEY ARE GETTING, WITH REMNANTS OF THE FORMER REGIME THEY KNOW WHAT THEY ARE GETTING, BUT WITH REVOLUTIONARIES AND LIBERALS, THEY DON’T. THE BROTHERHOOD NEEDS THEIR APPROVAL JUST AS THE ARMY NEEDS THE BROTHERHOOD RIGHT NOW.
Of all the organized political movements and groups, the Muslim Brotherhood, its Freedom and Justice party, and its loose alliance of similarly conservative political entities—such as the recently approved Islamist al-Wasat party—are the only ones pushing for elections in September. Liberal opposition groups have called for their postponement, citing the need for more time to organize, but the military, so far, has said it will not change the date.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COOPERATION ENTRE LES MILOTAIRES ET LES ISLAMISTES EN EGYPTE
Cet intéressant article du New York Review of Books suggère qu’en Egypte, une collaboration de fait s’est installée au détriment des coptes et des libertaires entre les militaires (qui contrôlent la situation) et les mouvements islamistes, à commencer par les frères musulmans que les militaires regardent comme un facteur de stabilité se méfiant des opposants plus « libéraux » et libertaires qui ont déclenché le mouvement de la place Tahir.
“The army has acted with leniency toward islamists, and has moved forward in step with the muslim brotherhood, with which it has cut deals. As the longtime backbone of the regime, with its own broad economic interests to maintain, the army—so it is widely believed—wants to consolidate a status quo that it will dominate in years to come.”
« With the brotherhood they [the military] know what they are getting, with remnants of the former regime they know what they are getting, but with revolutionaries and liberals, they don’t. The brotherhood needs their approval just as the army needs the brotherhood right now”

EGYPTE : VIOLENCES ENTRE COPTES ET MUSULMANS
Les coptes n'ont pas vu leur situation s'améliorer depuis le départ d'Hosni Moubarak SIPA

Plus que les agressions elles-mêmes, c'est la réaction des autorités égyptiennes qui a fait sortir les chrétiens de leurs gonds, eux qui préfèrent d'ordinaire garder profil bas dans un pays où ils représentent moins de 10% de la population. Pour le député copte Mounir Fakhri Abdel Nour. «Une haine s'est développée entre les deux communautés et nous devons affronter la question, au lieu de prétendre qu'elle n'existe pas», insiste-t-il.
S'ils ne sont plus, comme dans les années 90, la cible des groupes islamistes armés, les Coptes reprochent au pouvoir de minimiser les agressions dont ils sont victimes. En octobre dernier, Alexandrie avait déjà été le théâtre de violents heurts interconfessionnels. Des milliers de musulmans avaient pris d'assaut une église où une pièce de théâtre jugée insultante pour l'Islam avait été jouée. Trois manifestants musulmans avaient été tués par la police, des voitures et des magasins appartenant à des chrétiens brûlés, des appartements saccagés. Ce déchaînement de violence a semé la psychose chez les Coptes, de plus en plus nombreux à vouloir quitter le pays.

DISCRIMINATION RELIGIEUSE
«Je n'en peux plus de me faire insulter ou cracher au visage parce que je ne porte pas de voile, témoigne une chrétienne d'Alexandrie. Je suis devenue une étrangère dans mon propre pays. Je n'ai plus d'avenir ici.» Le score sans précédent des Frères musulmans lors des législatives a encore accru le malaise des Coptes, lassés par les appels au calme de leur patriarche Chenouda III.
Les voix qui comptent aujourd'hui, notamment chez les jeunes, ce sont celles de Zakaria Boutros, un prêtre connu pour ses diatribes anti-Islam sur la chaîne satellitaire al-Hayat, basée aux Etats-Unis, et de Michael Meunier, le responsable de la principale association copte américaine, qui milite pour que le Congrès des Etats-Unis place l'Egypte sur la liste des pays pratiquant la discrimination religieuse.
«Nous nous sommes tus trop longtemps, affirme un jeune Copte. Nous ne nous laisserons plus faire.»

Pour une circonscription fédérale, c’est maintenant ou jamais

Kris Deschouwer (VUB) et Philippe Van Parijs (UCL) Coordinateurs du Groupe Pavia

Pour la première fois dans notre histoire, une note rédigée en vue de la formation d’un gouvernement inclut l’idée d’une circonscription électorale fédérale. Dans sa note, Di Rupo propose que dix des 150 sièges de la Chambre soient attribués dans une circonscription couvrant l’ensemble du pays. En tant que coordinateurs du Groupe Pavia, nous ne pouvons que nous réjouir du regain d’intérêt pour l’idée que ce passage n’a pas manqué de susciter. Car on attribue parfois à la circonscription fédérale des conséquences qu’elle n’aura pas… et à ceux qui la proposent des intentions qu’ils n’ont pas.
L’objectif le plus important de la circonscription fédérale est de faciliter la prise de décision au niveau fédéral. C’est indispensable pour l’exercice quotidien des compétences fédérales, et plus encore pour la réforme de l’Etat. Le façonnement d’un Etat fédéral n’est jamais achevé. Un tel Etat est toujours à la recherche de la localisation optimale des compétences et des modalités de leur financement.

« Si j’ai fait une faute, dit Bart De Wever dans une interview publiée dans De Morgen (11/6/2011), c’est de ne pas avoir investi suffisamment dans l’opinion publique francophone. » Il s’agit en effet d’une faute, mais pas d’une faute de Bart De Wever. C’est une faute du système dans lequel il doit fonctionner. S’ils doivent se présenter dans une circonscription fédérale, les partis et les personnes qui ambitionnent de gouverner le pays feront spontanément l’effort d’expliquer ce qu’ils veulent à l’ensemble des citoyens. Ils iront eux-mêmes à la rencontre des électeurs de l’autre groupe linguistique et ne laisseront plus à ceux qui ont intérêt à les démoniser le monopole de l’emprise sur l’opinion publique de l’autre bord.

En proposant une circonscription fédérale, voulons-nous remonter dans le temps ? Voulons-nous réhabiliter la vieille Belgique unitaire ? Sortir du coma le sentiment national belge ? Ressusciter des partis nationaux ? Priver les entités fédérées de nouvelles compétences et de nouvelles responsabilités ? Compenser les francophones pour la scission de BHV ?

La réponse est chaque fois non. Ceux qui nous attribuent ces objectifs – ils sont parfois, mais pas toujours, de bonne foi – croient pouvoir se débarrasser à bon compte de notre proposition.

A condition d’être bien conçue, la circonscription fédérale n’aura rien d’un « grand BHV », où les partis francophones, et surtout les plus extrêmes, s’efforceront de renforcer la représentation francophone à la Chambre en courtisant le vote francophone dans toute la Flandre. Pour éviter pareil effet, il suffit de répartir d’avance les sièges de la circonscription fédérale entre les deux groupes linguistiques dans la même proportion que dans la Chambre sortante. Le but de la proposition n’est nullement de permettre à quelques milliers de francophones de Flandre de voter pour des candidats francophones, mais de permettre à des millions d’électeurs des trois Régions de voter pour celles et ceux qui leur proposent la vision de l’avenir du pays qui correspond le mieux à leurs aspirations. Ce n’est donc pas une compensation, mais un instrument au service de tous et de ceux qui veulent réformer vite et bien.

Nous n’avons pas le moindre désir de retourner en arrière. Nous voulons aller de l’avant. Un pays plurinational comme le nôtre a besoin d’institutions adaptées.

Seuls ceux qui pensent que l’Etat fédéral belge est sur le point de disparaître peuvent juger futile et contre-productif d’essayer d’en améliorer le fonctionnement.

Mais l’extrême modestie des changements réalisés au cours des quatre dernières années devrait suffire à elle seule à convaincre de la nécessité de pourvoir la Belgique d’institutions qui lui permettront d’être convenablement gérée et de continuer à se réformer. Nous sommes convaincus que l’introduction d’une circonscription fédérale est une condition nécessaire, sans être suffisante, d’une gouvernance fédérale plus efficace et plus démocratique. .

Il se peut certes qu’il y ait des propositions qui, mieux que la nôtre permettent d’éviter à notre fédération la répétition du pitoyable surplace dont nous sommes les témoins depuis quatre ans. S’il y en a, il est urgent de les formuler. Pour l’heure, seule la circonscription fédérale est sur la table. Et des personnalités éminentes de chacun des partis assis à cette table se sont exprimées en faveur de son instauration.

Alors, maintenant ou jamais ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PROMOUVOIR LES MODALITES DU VIVRE ENSEMBLE

Il est évident que la création d’une circonscription électorale fédérale est de nature à favoriser le vivre ensemble et de sortir de l’ornière dans lequel le pays s’est enfoncé tout seul.

Norvège : le manifeste de 1500 pages de Breivik

Ce document est aussi un véritable modus operandi. Breivik y explique les 82 jours de préparation qui ont mené au carnage et les raisons qui l’ont poussé à cet acte criminel.
Anders Behring Breivik, le tueur présumé de l'île d'Utoeya, a publié sur internet un manifeste de 1.500 pages critiquant l'islam, le multiculturalisme ou encore le marxisme. Il mentionne également des partis nationalistes, comme la N-VA.
Ce document est aussi un véritable modus operandi. Breivik y explique les 82 jours de préparation qui ont mené au carnage et les raisons qui l’ont poussé à cet acte criminel.
Le manifeste a été publié sur la toile le jour de la fusillade qui a fait au moins 85 morts. Anders Behring Breivik, désigné comme fondamentaliste chrétien par les médias norvégiens a rédigé pendant plusieurs années son ouvrage. Le manifeste redirige également vers une vidéo résumant son contenu. Il s’agit d’une suite d’appels à la haine contre l’Europe multiculturelle, le marxisme et l’islam. Breivik fait aussi un éloge des croisées du Moyen-Âge.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NATIONAL TERRORISTE
« Le tueur consacre aussi un chapitre où il prône le repli nationaliste et le rejet de l’autre. On retrouve beaucoup de références aux idéologies d’extrême droite européennes, et à certains partis, comme la N-VA. En effet, il cite des partis nationalistes ou anti-immigration, reprenant dans sa liste le parti de Bart De Wever. » (La libre Belgique)
Islamisme et nationalisme, deux étranges alliés stratégiques, menacent gravement notre démocratie.

Franse zakenman wil boetes van vrouwen in boerka betalen

Vrouwen die in België bekeurd zouden worden omdat ze op straat een boerka dragen, krijgen de steun van de Franse zakenman Rachid Nekkaz. Naar het voorbeeld van wat hij in Frankrijk heeft gedaan, verklaarde hij zich zaterdag bereid de boetes te betalen die de vrouwen zouden krijgen.
'Het is een duidelijke schending van de principes van fundamentele vrijheden en van de Europese Grondwet', aldus Nekkaz in een communiqué.
In juli 2010 zette de zoon van Algerijnse immigranten een fonds van 1 miljoen euro op, met het oog op het in voege treden een klein jaar later van de Franse wet die het dragen van gezichtsbedekkende kledij in de openbare ruimte verbiedt. Tot op heden werden er volgens Nekkaz bij onze zuiderburen 104 pv's uitgeschreven en slechts twee boetes. De zakenman betaalde er eentje van, de andere werd kwijtgescholden door de openbare aanklager.
In de Franse pers geldt Nekkaz als een wat vreemde snuiter. Sinds 2007 laat hij regelmatig van zich horen. In 2007 schoof hij bij de presidentsverkiezingen zichzelf naar voor als 'kandidaat van de voorsteden'.
In 2009 hield hij een hongerstaking ter ondersteuning van een advocaat die beschuldigd was van medeplichtigheid bij de ontsnapping van een overvaller. Sinds vorig jaar, en ondanks dat hij fel gekant is tegen de boerka, neemt hij de wetten in het vizier die het dragen van gezichtsbedekkende kledij verbieden.
RACHID NEKKAZ, UN «HURLUBERLU» AU SECOURS DES FEMMES VOILEES

Par PAULINE ANDRÉ (Libération)

Le président du Club des élus Allez France Rachid Nekkaz téléphone, le 14 mars 2006 devant l'Assemblée nationale à Paris, avant de faire sa déclaration de candidature à la présidence de la République. (AFP/BERTAND GUAY)
Le 13 juillet, à la veille du vote à l'Assemblée nationale sur le voile intégral, Rachid Nekkaz fait (à nouveau) parler de lui en annonçant la création d'«un fonds de solidarité» qui servirait à payer les amendes des femmes portant le niqab ou la burqa dans la rue. Rachid Nekkaz a trouvé un nouveau cheval de bataille.
Deux semaines après l'adoption du projet de loi par les députés, l'homme d'affaires aurait déjà épargné 200.000 euros et reçu plus de 42.000 euros de dons de «particuliers du monde entier». D'ici l'examen du projet de loi au Sénat en septembre, son association «Touche pas à ma Constitution» entend réunir un million d'euros.
L’objectif: rendre la future loi inapplicable en payant les amendes de ces femmes «uniquement pour celles qui seront verbalisées dans la rue», précise l'homme qui se positionne «contre le voile intégral, mais pas pour son interdiction dans la rue».
Dans un discours toujours pétri de formules coup de poing: «Je suis un entrepreneur au niveau du business et des valeurs républicaines. Dans une démocratie de droit, la rue est le patrimoine universel de la liberté. En ajoutant, de lui-même, la rue comme espace d'interdiction, le président de la République signe un acte de délinquance constitutionnelle». L'homme d'affaires assure qu'il ira «jusqu’au bout» de son «combat» quitte à «saisir la Cour européenne des droits de l’homme s’il le faut».
« CANDIDAT DES BANLIEUES » EN 2007
Depuis cinq ans, ce chef d'entreprise, qui a fait fortune dans la création de sites Internet, multiplie les coups médiatiques. En quête de reconnaissance politique, Rachid Nekkaz s’appuie sur un riche passé de militant associatif au sein du club des élus «Allez France» dont il est le cofondateur et qui milite depuis 2002 pour l’inscription automatique sur les listes électorales.
En novembre 2005, après les émeutes, Nekkaz est l’un des créateurs du collectif Banlieues respects, qui demande au gouvernement «une écoute forte et sincère» des habitants des quartiers populaires «relégués au rang de citoyens de seconde zone».
En mars 2007, il décide de se présenter à l'élection présidentielle et annonce: «Je vends ma maison pour financer ma campagne». En plein débat sur les quartiers, l'homme originaire de Choisy-le-Roi entend être le porte-voix de la banlieue. Mais son parti — le Rassemblement social-démocrate (RSD) — n’atteint pas les 500 signatures requises.
DES METHODES DETONANTES
Quelques mois plus tard, «le candidat de la banlieue» retente sa chance aux municipales. Candidat à Orly, il organise pour tous les nouveaux inscrits sur les listes électorales de la circonscription, un grand tirage au sort avec à la clé des voyages en Tunisie ou au Maroc. Dans la foulée, deux candidats de son parti aux municipales et cantonales de Denain (Nord) promettent en cas de victoire un chèque de 300 euros pour toute personne ayant un revenu de moins de 1500 euros.
«UN HURLUBERLU» ENCARTE PS
Encarté au Parti socialiste depuis la fin de l'année 2009, personne ne semble connaître Rachid Nekkaz rue de Solferino. «Inconnu au bataillon», assure la secrétaire nationale en charge des libertés publiques, Marie-Pierre Delagonterie intriguée par son initiative. Pour Sandrine Mazetier, secrétaire nationale en charge de l'immigration, le nom de Rachid Nekkaz ne lui évoque rien, pas plus que son initiative.
«Ça m'a tout l'air d'être un hurluberlu, non?» s'interroge-t-elle. Le service de presse du Parti assure quant à lui que «personne ici ne connaît ce monsieur, ni ne souhaite s'exprimer sur le sujet».
En se saisissant du débat sur la burqa et en dénonçant «la lâcheté» du PS qui s'est abstenu lors du vote du 13 juillet, l’homme d'affaires entend mettre le parti face à ses contradictions. «Il s’agit d’être cohérent, on ne dépose pas une proposition de loi pour ne pas se prononcer ensuite». Rachid Nekkaz revendique la même position que celle du Conseil constitutionnel qui avait jugé, en juillet dernier, cette loi «sans aucun fondement juridique» et émis «un avis défavorable». «Même si c'est une loi qui ne concerne pas plus de 500 femmes, ce qui est grave c'est qu'elle peut faire jurisprudence pour d'autres lois d'interdictions diverses dans la rue».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENCORE UN POPULISTE QUI S’IGNORE
Rachid Nekkaz a suivi des études d’histoire et de philosophie à la Sorbonne où il a obtenu une maîtrise. Il aurait fait fortune grâce à la "bulle internet", puis se serait reconverti dans l'immobilier.[]
Il décrit son épouse comme "une Américaine catholique", mais selon le Nouvel observateur elle serait franco-canadienne. Hurloberliu commente Libé…[]

Problematisch gamen en internetten neemt toe

In Vlaanderen is het percentage 11- tot 18-jarigen dat meer dan vier uur per dag computerspelletjes speelt, tussen 2006 en 2010 licht toegenomen van 13,4 tot 14 procent. De DrugLijn van de Vereniging voor Alcohol- en andere Drugproblemen (VAD) krijgt ook steeds meer vragen over problematisch gebruik van het internet en games.

In de Franse Gemeenschap was er in dezelfde periode een stijging van 12,4 tot 12,8 procent bij de 12- tot 20-jarigen, blijkt uit cijfers van minister van Volksgezondheid Laurette Onkelinx. Onkelinx baseert zich voor deze cijfers op onderzoek van respectievelijk de Vakgroep Maatschappelijke Gezondheidkunde van de UGent en de 'Service d'Information et Promotion Education Santé' van de ULB. Beide studies kaderen in de internationale studie 'Health Behavior in de School-Aged Children' die om de vier jaar wordt uitgevoerd onder toezicht van de Wereldgezondheidsorganisatie.

Overmatig gamegebruik - zowel via computer als via console - wordt gedefinieerd als meer dan 4 uren per dag. Zowel de Franstalige als Nederlandstalige jongeren bleven in 2006 onder het gemiddelde van de 40 landen die deze studie onderzocht. Uitzondering op deze regel zijn de 13- tot 15-jarige meisjes die wel hoger scoorden dan het internationaal gemiddelde. Voor 2010 zijn deze gegevens nog niet beschikbaar.

AANPAK
Omdat er vanuit de literatuur als hulpverlening signalen komen over toename van het aantal verslavingen, wordt het thema 'Riskant computergebruik in België: definitie, omvang en aanpak' opgenomen in het onderzoeksprogramma Drugs van het Federaal Wetenschapsbeleid. Dit onderzoek moet volgens Onkelinx ook nagaan of het bestaande hulpverleningsaanbod voldoende is. "Op dit ogenblik is het niet mogelijk cijfers te geven met betrekking tot het aantal gamers dat opgevangen wordt in afkickcentra", aldus de minister.

Een aantal hulporganisaties ontwikkelden reeds een hulpaanbod op vlak van preventie en hulpverlening inzake problematisch internetgebruik. Zo organiseert VAD sinds 2009 cursussen en studiedagen voor preventiewerkers en hulpverlening. Een in Nederland ontwikkeld behandelprotocol voor problematisch internetgebruik en/of gameverslag wordt uitgetest in samenwerking met centra voor geestelijke gezondheidszorg. Ook minstens 13 andere welzijnsorganisaties hebben een hulpaanbod. (belga/sam)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA TECHNIQUE REND LES PETITS DE L’HOMME FOUS
On est en train de rendre nos gamines et nos gamins cinglés avec ces jeux vidéo débiles et agressifs, l’intoxication face book et autres Ipod, Apod et que sais-je encore sans parler des sites pornos tandis qu’on les intoxique au fast food et aux sodas sucrés. Non content de les rendre « adicts » aux marques de vêtements de vélos et de motos.
Comment s’étonner donc de l’explosion des échecs scolaires.

Verlicht

De euro is gered, Europa kan weer verder. De Grieken kregen andermaal een reddingsplan van 140 miljard toegeschoven. Voor Portugal en Ierland zit er ook nog wat in de fles.

140 miljard: hoe ziet dat eruit? Kun je het thuis stapelen? En waar lag die berg geld dan toen het nog geen crisis was? Is het cash, of gaat het per overschrijving naar Athene? Vragen die geen antwoord krijgen. Geld is een ondergrondse.

En Europa een virtuele grootheid - vandaar zonder noemenswaardige publieke opinie. Niets is leuker dan met Grieken aan een krantenkiosk te staan lummelen, maar in de Borinage wonen ook werklozen.
Wat krijgen zij? Zou Europa wel weet hebben van gewetensproblemen?

Herman Van Rompuy alvast niet. Wat stond hij weer te glunderen. En terecht. Hij had ze toch maar aan tafel gekregen, die Europese leiders. En tegen alle averechtse veto's in ook nog tot akkoorden gedwongen. Glanzend als een oliebol declameerde hij: "Europa meent het." Terwijl hij het zei ontsprongen aan zijn hoofd duizend fonteinen. Hij dreigde zelfs even te gaan tapdansen.

Gelukkiger in het publieke mandaat dan Europees president Van Rompuy kom je ze in gremia niet meer tegen. Herman is helemaal verlicht, van binnen.
(Hugo Camps)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HERMAN A REUSSI SON COUP
Sur les images médiatisés le couple Nicolas Angela faisant mise de régner sur la « Sarkomerkellie ».
Dans la coulisse et les couloirs la petite souris grise Van Rompuy a réussi l’impossible :éviter que l’Euro ne se crache dès à présent. Que ce magicien du compromis, ce sorcier du consensus n’exerce-t-il plus ses talents dans le marais qu’est devenu la politique belge.
En attendant mieux les vieux briscards dans un beau texte invitent les chefs d’Etat et de gouvernement et leurs Grands argentiers à bien comprendre la nécessité d’un New Deal européen tant pour la survie de l’Eurozone que pour la cohésion économique et sociale de toute l’Union européenne.

Espérons que cet appel sera entendu

UN « NEW DEAL » POUR L’EUROPE
Giuliano Amato, Enrique Baron Crespo, Michel Rocard, Jacek Saryusz-Wolski, Mario Soares et Guy Verhofstadt (1)

L’Europe est la grande perdante de la guerre que se livrent les gouvernements des Etats membres et les agences de notation. Les premiers, démocratiquement élus, prétendent à ce titre gouverner alors que les secondes, sans légitimité, imposent en fait leur agenda. Cette paralysie politique inquiète les électeurs et certains tirent la conclusion de cette inquiétude qu’il faut freiner, voire s’opposer, à tout mécanisme de transfert budgétaire au sein de l’UE, interprétant le trouble des opinions publiques comme une incitation au repli nationaliste.
L’Allemagne est au cœur de cette ambivalence. Elle qui a tant gagné à un euro plus faible et plus compétitif que s’il s’était agi de la monnaie commune d’une Eurozone resserrée à l’ex-zone mark. Elle qui a tant à perdre d’une faillite des pays surendettés, laquelle emporterait dans la tourmente tout le secteur financier et bancaire tant dans la périphérie de l’Eurozone que dans son cœur rhénan. Elle qui ne comprend pas que le moment n’est pas à moins d’Europe mais au contraire à plus d’Europe.

Jean-Claude Juncker et Giulio Tremonti soutiennent que la conversion d’une partie des dettes souveraines nationales en euro-obligations permettrait de désamorcer la crise obligataire. Nous partageons le même avis. La décision de procéder à un tel échange de créances n’a nullement besoin d’être unanime. Une coopération renforcée pourrait fort bien engager le mouvement, ce qui n’est d’ailleurs somme toute que la manière dont l’euro a lui-même été créé. Ceux qui entendent préserver des taux faibles pour leurs propres obligations, comme l’Allemagne, seraient bien inspirés de se convertir à ce projet.

A l’instar de MM. Juncker et Tremonti, nous considérons que des euro-obligations constitueraient un marché global et liquide, susceptible d’attirer les excédents des fonds souverains et l’épargne des économies émergentes dont les gouvernements sont précisément à la recherche d’un système monétaire international plus diversifié. L’UE bénéficierait ainsi d’un apport en capital plutôt que d’avoir à procéder à des transferts budgétaires en son sein.

Toutefois nous proposons autre chose : qu’une partie de la dette souveraine dévolue à l’UE ne soit pas négociable mais détenue par l’Union elle-même. Cette sanctuarisation d’une partie de la dette commune la préserverait des agences de notation et la protégerait de la spéculation. Ce serait une obligation garantie par l’UE dont les taux d’intérêt seraient fixés sur une base soutenable par l’Eurogroupe. Les gouvernements pourraient alors à nouveau gouverner sans être bridés par les agences de notation.

Nous recommandons dans cette perspective de tirer les leçons budgétaires et fiscales du New Deal, mené aux Etats-Unis dans les années 30, ainsi que Jacques Delors avait déjà tenté d’en convaincre en 1993 les Douze de l’époque en préconisant d’adosser la monnaie unique à un programme d’investissement financé par emprunt obligataire. L’administration Roosevelt n’a en effet eu besoin de bons du Trésor pour financer le New Deal, ni de la garantie de la Californie ou du Delaware, ni d’aucune contribution budgétaire des Etats fédérés, ni même de rachat de leur dette. L’administration Roosevelt a financé ses émissions d’obligations pour investir dans le New Deal grâce à une politique fiscale commune qui le lui permettait.

L’UE n’a pas de politique fiscale commune. Les pays qui auraient converti une partie de leurs emprunts d’Etat en euro-obligations continueront donc à assurer le service de la dette grâce à leur propre système fiscal national sans transfert budgétaire. Dans ce contexte toutefois, l’UE a un avantage à ne pas négliger. Malgré les rachats massifs de dettes souveraines nationales intervenus ces derniers mois, sa propre dette reste sous la barre des 1 % de son PIB. C’est un dixième du niveau d’endettement fédéral où en étaient les Etats-Unis au moment d’engager le New Deal.

L’émission d’euro-obligations ne nécessiterait pas même de nouvelles institutions. Une obligation garantie pourrait fort bien être émise par le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) ou par un groupement bancaire européen. Leur contrepartie financière serait à tirer des revenus des projets co-financés, extrapolant et développant le modèle initié par la Banque européenne d’investissement (BEI). La BCE est la gardienne de la stabilité des prix en Europe, la BEI doit devenir la gardienne de sa croissance. La BEI finance déjà deux fois plus de projets que la Banque mondiale. Elle a émis depuis plus de 50 ans des milliards d’obligations sans transferts budgétaires nationaux.

Les obligations ne sont pas de la création de papier monétaire. Ce n’est pas du déficit budgétaire. L’émission d’euro-obligations par l’UE conduirait à financer la croissance et l’emploi européen, alors que les économies des Etats membres sont aujourd’hui en proie à l’austérité. Nous invitons les chefs d’Etat et de gouvernement et leurs Grands argentiers à bien comprendre l’enjeu d’un New Deal européen tant pour la survie de l’Eurozone que pour la cohésion économique et sociale de toute l’Union européenne.

(1) Giuliano Amato, Michel Rocard, Mario Soares et Guy Verhofstadt ont été respectivement Premiers ministres italien, français, portugais et belge. Mario Soares a été président du Portugal. Guy Verhofstadt est aujourd’hui président de l’Alliance des démocrates et libéraux au Parlement européen. Enrique Baron Crespo a été président du groupe socialiste puis président du Parlement européen. Jacek Saryusz-Wolski est vice-président du PPE et de la commission parlementaire des Affaires étrangères

Kom progressieven trekt ten strijde

Hoog tijd dat er een tegenbeweging op gang komt, tegen de N-VA, zegt Walter Zinzen. Gent met zijn kartel tussen SP.A en Groen! geeft het voorbeeld.
Met 28 procent van de stemmen spreekt de N-VA voor 100 procent van de Vlamingen: het is tekenend voor de arrogantie die zich van deze partij de afgelopen maanden heeft meester gemaakt.

NIET-NATIONALISTISCHE VLAMINGEN
Maar daarom heeft ze nog geen gelijk. Er zijn wel degelijk nog Vlamingen die het niet eens zijn met het nationalisme, het conservatisme en het populisme van de partij VAN Bart De Wever. Vlamingen die met afschuw luisteren naar Bart De Wever als die de Franstaligen consequent de 'tegenpartij' noemt. Vlamingen die dan ook niet vinden dat de huidige politieke crisis er een is van Vlaanderen tegen Wallonië.

Ach, natuurlijk weet de N-VA goed dat zulke Vlamingen bestaan. Maar ze tellen niet mee, ze behoren tot het 'vijandelijke kamp'. De N-VA heeft er alleen maar misprijzen voor. Zoals ooit de Franse Zonnekoning uitriep dat hij de staat was, zo identificeert de N-VA zich van langsom meer met 'Vlaanderen'. ' La Flandre, c'est nous.'
RATTENVANGERS VAN ANTWERPEN

Ook het middenveld laat zich hoe langer hoe meer bekoren door de rattenvangers van Antwerpen. Zelfs vakbondsleden steunen de partij, die hun sociale verworvenheden wil afbreken. Moedeloosheid dreigt. Strijdlust ontbreekt. Solidariteit verdwijnt. Te beginnen met de wijde wereld om ons heen.
Het wordt de hoogste tijd dat er een tegenbeweging op gang komt. Ook politiek. We moeten de volgende federale verkiezingen niet vrezen maar voorbereiden. Zelfs als ze nog dit jaar zouden komen. Daartoe is het nodig de krachten te bundelen. Gent geeft het voorbeeld. SP.A en Groen! moeten ook op gewestelijk niveau de handen in elkaar slaan. Hun gemeenschappelijke lijst moet worden aangevuld met alle lieden van goeden wille.

Er moet een wervend, aantrekkelijk programma komen dat een duidelijk alternatief biedt voor de N-VA en de Kris Peeters-CD&V. Via dit kartel moet zich een ander Vlaanderen melden: open, solidair en progressief in de beste zin van het woord. Het moet mogelijk zijn met vereende krachten 30 procent van de stemmen te behalen. Dan en alleen dan zullen nieuwe verkiezingen kunnen bijdragen tot het doorbreken van de huidige impasse.

Een droom? Een illusie ? Nil volentibus arduum. Niets is moeilijk voor wie het echt wil. De Wever heeft van deze oude wijsheid een leugen gemaakt. Laten anderen ze omzetten in werkelijkheid.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
N-VA: 'LA FLANDRE, C'EST NOUS
Walter Zinzen ancien commentateur vedette très respecté de la VRT estime, comme beaucoup de Flamands progressistes, que les 28% de Flamands qui ont voté pour De Wever n’ont pas le monopole de la Flandre comme on pourrait le penser en lisant les medias d’expression flamande. Il plaide donc pour un nécessaire rassemblement des progressistes sur le modèle de la coalition gantoise où Goen et Spa militent en cartel contre les conservateurs. Ensemble, les progressistes pourraient faire trente % des voix et faire pièce à la coalition de fait De Wever Peeters.
Une idée intéressante qui devrait interpeller tous les progressistes d’Europe au moment où le national populisme hante l’Europe du XXIème siècle comme les totalitarismes « empestèrent » le XXème siècle.
MG

Un acte terroriste planifié depuis 2009

Anders Behring Breivik a reconnu les deux attentats qui ont fait 92 morts en Norvège. Dans un manifeste de 1500 pages, il revendique l'usage du « terrorisme comme moyen d'éveiller les masses ».

Le suspect de la double attaque d'Oslo, Anders Behring Breivik, est « coopératif », a annoncé la police, qui refuse toujours toutefois d'expliquer son geste qui a fait au moins 92 morts, dans deux attaques vendredi à Oslo et dans ses environs. « Il reconnaît les faits », a déclaré l'avocat, Geir Lippestad. « Il explique que c'était cruel mais qu'il devait mener ces actions à leur terme », a-t-il ajouté, ajoutant que celles-ci avaient « vraisemblablement été planifiées sur une longue période ».

UNE VIDEO RETIREE DE YOUTUBE
Ces déclarations surviennent alors qu'une longue vidéo haineuse, attribuée par les médias norvégiens au suspect de 32 ans, a été postée vendredi sur l'internet. Succession de photos et dessins parfois accompagnés de textes courts et de slogans, cette vidéo contient des diatribes contre le marxisme, le multiculturalisme. Au terme de la vidéo de 12 minutes, qui alterne hommages aux croisés du Moyen-Age, textes anti-communistes et violentes attaques islamophobes, le suspect apparaît sur trois photographies différentes, dont l'une le présentant en position de tir avec un fusil d'assaut.

Publiée vendredi jour des attaques, la vidéo, un long catalogue hétéroclite d'images fixes, décrit notamment l'islam comme « la principale idéologie génocidaire ». « Avant de commencer notre Croisade, nous devons faire notre devoir en décimant le marxisme culturel », est-il également écrit. La vidéo, postée par l'utilisateur « BerwickAndrew », est cataloguée en 4 chapitres, « L'Essor du marxisme culturel, la Colonisation islamique, l'Espoir et le Renouveau ».

« MONSTRE-NAZI »
Dans ce document, le Norvégien de 32 ans se présente comme un croisé et détaille les préparatifs de son action, évoquant « l'usage du terrorisme comme un moyen d'éveiller les masses ». « Je serai perçu comme le plus grand monstre (-nazi) jamais connu depuis la Seconde guerre mondiale », estime notamment Anders Behring Breivik. Cette vidéo serait le résumé d'un manifeste de 1500 pages rédigé par Breivik.

PAYS A CIBLER
Le texte, rédigé en anglais est intitulé « A European Declaration of Independence – 2083 » est signé « Andrew Berwick, Commandeur des Chevaliers Justiciers ». Mais dans un passage, l'auteur confirme qu'il est Norvégien et que son nom réel est Anders Behring Breivik. Les motivations islamophobes et antimarxistes y sont omniprésentes. « Une cible prioritaire est la réunion annuelle du parti socialiste/social-démocrate de votre pays », écrit le Norvégien dans son très long texte, qu'il dit avoir rédigé en neuf ans. Il y établit également une liste des pays à cibler en Europe, essentiellement liée à leurs proportions d'habitants musulmans, qui place la France en tête.

MODUS OPERANDI
Entrecoupé de longues références historiques, le manifeste comprend de nombreux détails sur la personnalité du suspect, son modus operandi pour fabriquer une bombe et s'entraîner au tir, et son carnet de bord très précis des trois mois précédant les attaques. Il se termine par « je pense que ceci sera ma dernière entrée. Nous sommes maintenant le vendredi 22 juillet, 12h51 », soit moins de 3 heures avant le début des attaques d'Oslo -- l'explosion d'une bombe qui a dévasté le quartier du gouvernement et une tuerie dans une université d'été travailliste qui ont fait au moins 92 morts. Le manifeste inclut également des détails sur les relations amicales et sexuelles du suspect ainsi qu'une session de questions-réponses rédigées par l'auteur, qui se décrit comme « quelqu'un de très patient » et comme « une personne à l'esprit très positif ».

Les attaques de vendredi ont visé des symboles de gauche : l'explosion d'une bombe a d'abord dévasté le siège du gouvernement de centre-gauche norvégien, puis le suspect a ouvert le feu contre quelque 600 membres de la jeunesse travailliste réunis en université d'été sur une île près d'Oslo.
(avec AFP)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BEN LADEN A L'ENVERS
Evoquant « l'usage du terrorisme comme un moyen d'éveiller les masses Anders Behring Breivik» estime notamment : « Je serai perçu comme le plus grand monstre (-nazi) jamais connu depuis la Seconde guerre mondiale » .
Anders Behring Breivik est un Ben Laden à l’envers.
Les deux hommes ont au moins un point commun : ils sont au service du Clash of Civilisations, le choc des cultures prédit par feu le professeur américain Huntington, maître à penser de W. Bush.
Dans La Résistible Ascension d'Arturo Ui (Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui) une pièce écrite en 1941, Bertolt Brecht met en scène la parabole sur la prise de pouvoir d'Hitler et son extension transposées dans le milieu du crime qui s'était développé à l'époque aux États-Unis. La figure principale d'Arturio Ui représente Adolf Hitler, mais il emprunte aussi des traits à Al Capone.
Le populisme, « le poujadisme » (Albert II), national populisme européen, « centenpopulisme » flamand, Tea Parties US est en marche partout dans le monde occidental.
Les forces démocratique en crise auront-elles la force de lui résister face à la crise financière majeure qui mine le capitalisme comme jamais ?
MG

dimanche 24 juillet 2011

6 Français sur 10 favorables à un rattachement de la Wallonie

Des résultats publiés sur Twitter révèlent toutefois que 6 Français sur 10 sont favorable à un rattachement de la Wallonie en cas d'éclatement de la Belgique.
Le quotidien français, le "Journal du Dimanche", devait publier ce dimanche un sondage de l'institut Ifop sur l'avenir de la Belgique. L'actualité en Norvège l'a contraint à reporter cette initiative à sa prochaine édition, a-t-on indiqué à la rédaction du quotidien.
Des résultats publiés sur Twitter révèlent toutefois que 6 Français sur 10 sont favorable à un rattachement de la Wallonie en cas d'éclatement de la Belgique. Rien n'indique quand, ni dans quelles conditions le sondage a été réalisé.
En Belgique, 27 pc des Wallons déclarent penser que le pays va disparaître et 39 pc se prononcent en faveur d'un rattachement avec la France.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DOCTRINE MADDENS
Le professer Maddens, Bart’s Master’s Voice, est persuadé q’à force de patience et de détermination, les Wallons finiront par eux même de se détacher de la Flandre …
« La doctrine Maddens est une stratégie politique flamande pour le dialogue communautaire développée par le politicologue Bart Maddens de la KU Leuven, visant à rendre la partie opposée (les francophones de Belgique) demandeurs. Cette stratégie été publiée pour la première fois dans une carte blanche du quotidien néerlandophone belge De Standaard en mars 2009 . Maddens publiait une autre carte blanche dans De Standaard trois jours après les élections régionales belges du 7 juin 2009.
Elle se résume comme suit :
utiliser toutes les arcanes juridiques possibles pour créer un système politique flamand parallèle et autonome en Flandre,
assécher les ressources de l’Etat fédéral et donc tarir les ressources financières wallonnes et bruxelloises,
puis échanger de nouvelles compétences pour la Flandre contre un refinancement des niveaux fédéral, régional wallon et bruxellois.
En fait, plutôt qu'une doctrine, c'est une idée répandue en Flandre selon laquelle l’indépendance flamande s’achètera grâce à l’impécuniosité et la mauvaise gestion chronique francophones »
Que celui, que celle qui a des oreilles entende.
MG

Attaques en Norvège: le suspect était membre de la droite populiste

Selon un nouveau bilan de la police norvégienne, les attaques perpétrées ont fait 92 morts
OSLO Le principal suspect dans la double attaque sanglante perpétrée vendredi en Norvège est un ancien membre de la formation de la droite populiste, le parti du Progrès (FrP), et de son mouvement pour la jeunesse, a annoncé le parti samedi. "Cela m'attriste encore plus d'apprendre que cette personne a été parmi nous", a déclaré la présidente du FrP, Siv Jensen, dans un communiqué.

La formation a précisé que le suspect, identifié comme Anders Behring Breivik par les médias norvégiens, a rejoint ses rangs en 1999 et qu'il a été radié du parti en 2006.

La chaîne TV2 a affirmé que le suspect appartenait à des milieux d'extrême-droite. La police, qui n'a pas confirmé l'identité du suspect, le dépeint quant à elle comme un "fondamentaliste chrétien" de droite, hostile à l'islam.

Il portait un pull avec le sigle de la police lorsqu'il a été arrêté après la fusillade, qui a duré quelque deux heures.

Nonante deux personnes ont péri dans les deux attaques perpétrées vendredi à Oslo et sur une île située à une quarantaine de kilomètres de la capitale norvégienne, selon un nouveau bilan de la police norvégienne.

Selon ce bilan encore provisoire, 85 personnes sont mortes dans une fusillade sur l'île d'Utoeya et sept dans l'explosion d'une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, a déclaré à l'AFP une responsable de la police, Carol Sandbye. Le suspect avait une autorisation pour 3 armes ;

COMMENTAIRE VDE DIVERCITY
UN POPULISTE QUI TUE
Anders Behring Breivik, l’ange de la mort au physique et au profil d’Hamlet (« Though this be madness, yet there is method in it ») se définit par trois critères : populiste, fondamentaliste chrétien, islamophobe. On le dit détenteur de trois armes.
A l’évidence, le populisme se répand en Europe comme une traînée de poudre.
Dans un article majeur publié dans le monde dans lequel Pierre Rosanvallon décortique le populisme, il pose la question fondamentale : le XXIème siècle n’est-il pas en train de devenir l’âge du populisme comme le xxème siècle fut celui du totalitarisme ?
Et d’en poser une seconde : « le populisme n’est-il pas la nouvelle pathologie historique » ?
Cette fois, il n’y a plus aucun doute, nous sommes les témoins impuissants d’une crise plus dramatique que celle de 1929 générant une nouvelle montée des périls ;
MG

PENSER LE POPULISME
Les Rencontres de Pétrarque |
par Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France et président de l'atelier intellectuel La République des idées

Ce texte est extrait de la "leçon inaugurale" qu'a prononcée Pierre Rosanvallon, lundi 18 juillet, à Montpellier, lors de l'ouverture des Rencontres de Pétrarque, organisées par France Culture et Le Monde dans le cadre du Festival de Radio France.
Il y a deux mots qui se regardent aujourd'hui en chiens de faïence : celui de "peuple" et celui de "populisme". Il y a le paradoxe d'un terme négatif qui est dérivé de ce qui fonde positivement la vie démocratique. On exècre le populisme alors que l'on exalte le principe de la souveraineté du peuple. Que recèle ce paradoxe ?
Pour éclairer cette question, il faut partir du principe que le peuple est effectivement le principe actif du régime démocratique, mais que c'est une puissance indéterminée. Il y a en effet un écart entre l'évidence d'un principe, la souveraineté du peuple, et le caractère problématique de ce peuple comme sujet.
Caractère problématique en second lieu des institutions et des procédures pour exprimer le peuple. Le système représentatif existe-t-il parce que la représentation directe est impossible dans une grande société ? Ou parce que le système représentatif a des vertus propres par l'obligation qu'il entraîne de délibérer, de s'expliquer en public ? Tout cela n'a jamais été véritablement résolu.
Il faut donc partir de cette double indétermination pour comprendre ces rapports équivoques entre la référence positive au peuple et l'emploi suspicieux de la notion de populisme. La troisième indétermination concerne le fait que le peuple n'est pas simplement un principe commandant, mais qu'il est aussi substance et forme sociale de la démocratie. Il est la figure du commun, la forme d'une société des égaux. Aujourd'hui, nous pouvons dire que le peuple est en crise. Il y a une crise particulière de la représentation. Et d'un autre côté, la société ne fait plus corps, elle est disloquée par les inégalités.
Dans une première approximation, on pourrait dire du populisme ce que Marx disait de la religion. Qu'il est à la fois le symptôme d'une détresse réelle et l'expression d'une illusion. Il est le point de rencontre entre un désenchantement politique, tenant à la mal-représentation, aux dysfonctionnements du régime démocratique, et la non-résolution de la question sociale d'aujourd'hui.
Le populisme est une forme de réponse simplificatrice et perverse à ces difficultés. C'est pour cela qu'on ne peut pas seulement l'appréhender comme un "style" politique, comme certains le disent, en le réduisant à sa dimension démagogique.
Comprendre le populisme, c'est mieux comprendre la démocratie avec ses risques de détournement, de confiscation, ses ambiguïtés, son inachèvement aussi. Ne pas se contenter donc d'un rejet pavlovien et automatique pour faire du mot "populisme" un épouvantail qui ne serait pas pensé. La question du populisme est en effet interne à celle de la démocratie.
Et on peut se poser là une question : est-ce que le XXIe siècle n'est pas en train d'être l'âge des populismes comme le XXe siècle avait été celui des totalitarismes ? Est-ce que ça n'est pas la nouvelle pathologie historique de la démocratie qui est en train de se mettre en place ? Avec aussi le danger d'utiliser une notion aux contours pareillement flous.
Le populisme présente quelques traits saillants. On peut d'abord dire que la doctrine de l'ensemble des partis concernés repose sur une triple simplification. Une simplification politique et sociologique : considérer le peuple comme un sujet évident, qui est défini simplement par la différence avec les élites. Comme si le peuple était la partie "saine" et unifiée d'une société qui ferait naturellement bloc dès lors que l'on aurait donné congé aux élites cosmopolites et aux oligarchies. Nous vivons certes dans des sociétés qui sont marquées par des inégalités croissantes. Mais l'existence d'une oligarchie, le fait de la sécession des riches ne suffisent pas à faire du peuple une masse unie.
Autre simplification : considérer que le système représentatif et la démocratie en général sont structurellement corrompus par les politiciens, et que la seule forme réelle de démocratie serait l'appel au peuple, c'est-à-dire le référendum.
Troisième simplification - et elle n'est pas la moindre -, c'est une simplification dans la conception du lien social. C'est de considérer que ce qui fait la cohésion d'une société, c'est son identité et non pas la qualité interne des rapports sociaux. Une identité qui est toujours définie négativement. A partir d'une stigmatisation de ceux qu'il faut rejeter : les immigrés ou l'islam.
Si l'on estime que le populisme est fondé sur cette triple simplification, surmonter la dérive populiste consiste à réfléchir à la façon de mieux accomplir la démocratie. Nul ne peut prétendre combattre ou stopper le populisme en se contentant de défendre la démocratie telle qu'elle existe aujourd'hui. Pour critiquer le populisme, il est nécessaire d'avoir un projet de réinvention et de reconstruction de cette démocratie. Dans quelle direction ? J'en donne rapidement quelques éléments.
Tout d'abord, partir du principe que, au lieu de simplifier la démocratie, il faut la compliquer pour l'accomplir. Parce que le peuple, nul ne peut prétendre le posséder, nul ne peut prétendre être son unique haut-parleur. Car il n'existe que sous des espèces et des manifestations partielles. Il existe d'abord un peuple arithmétique : le peuple électoral. C'est le peuple qui est le plus fondamental, car tout le monde peut prétendre faire parler le peuple en disant "la société pense que", "le peuple pense que", mais personne ne peut dire que 51 est inférieur à 49.
Il y a pour cela une espèce d'évidence de ce peuple arithmétique. Il est le "pouvoir du dernier mot". Mais le problème est que la définition du peuple ou de l'intérêt général doit englober l'immense majorité de la société et pas simplement sa majorité. C'est pour cela qu'il faut faire appel à d'autres figures. Lesquelles ?
D'abord celle du peuple social, qui s'exprime à travers des revendications liées à des conflits, prend la forme de communautés d'épreuves, se lie à des morceaux d'histoire vécus en commun. Cela peut être aussi celle de cette opinion indistincte et confuse qui, aujourd'hui, existe à travers Internet (car Internet n'est pas un média, mais une forme sociale, sorte de matérialité directe, mouvante). Sa voix doit être entendue.
Il y a encore un troisième peuple qui joue un rôle essentiel : le peuple-principe. C'est le peuple qui est défini par ce qui fait les fondements de la vie commune. Ce qui représente ce peuple, c'est alors le droit, les règles fondatrices du contrat social, c'est la Constitution. Il y a enfin un quatrième type de peuple, que l'on pourrait appeler le "peuple aléatoire". Dans certains cas, il est tellement difficile de le figurer que l'on utilise le tirage au sort, façon de présupposer qu'il est constitué par une équivalence radicale.
L'important est de donner leur place à ces différents peuples : le peuple électoral-arithmétique, le peuple social, le peuple-principe et le peuple aléatoire. Car le peuple est toujours approché. Pour le faire parler, il faut donc multiplier les voix, décliner ses modes d'expression. Il n'y a que dans des circonstances exceptionnelles qu'un peuple parle d'une seule voix ; sinon il faut qu'il y ait polyphonie.
D'un autre côté, il faut démultiplier la souveraineté. Il n'y a pas, là non plus, une façon unique d'exprimer la volonté générale. L'expression électorale n'est d'abord qu'intermittente. Et il y a une demande de démocratie permanente. Mais cela ne peut prendre la forme d'une démocratie presse-bouton, même s'il y en aurait aujourd'hui techniquement la possibilité. Car la démocratie n'est pas simplement un régime de la décision. Elle est un régime de la volonté générale, ce qui se construit dans l'histoire. Cela implique notamment le fait que l'on soumette les gouvernants à une surveillance accrue, à des redditions de comptes plus fréquentes, à des formes de contrôle. Le citoyen ne peut pas espérer être derrière chaque décision, mais il peut participer d'une puissance collective de surveillance, d'évaluation.
Compliquer la démocratie, c'est enfin une troisième chose essentielle : trouver les moyens de produire un commun qui fasse sens ; produire une société qui ne soit pas une simple collection d'individus. Aujourd'hui, c'est un des problèmes essentiels auxquels nous sommes confrontés.

La démocratie doit beaucoup plus résolument se définir comme mode de production d'une vie commune. Vie commune qui n'est pas simplement celle des grands moments solennels de l'effervescence électorale ou festive, mais qui est constituée du commun quotidien, de ce qui fait qu'une société démocratique se définit par le fait d'une confiance commune, d'une redistribution acceptée, du fait que l'on partage des espaces publics.
Nous sommes à un moment où il nous faut également redéfinir et enrichir la vie de la démocratie à travers une démocratie plus interactive, et non pas simplement une démocratie d'autorisation, mais où il nous faut aussi redéfinir le contrat social. Cette dimension, c'est celle d'une démocratie qui se conçoit à partir de ce qui était au coeur des révolutions américaine et française : la recherche d'une société plus égale.
C'est cette tâche qui, me semble-t-il, est devant nous aujourd'hui. Si nous reconstruisons ce commun, si nous essayons de mieux approfondir l'idée démocratique, alors la question du populisme pourra trouver une forme de réponse qui ne sera pas simplement celle d'un rejet inquiet, mais celle d'une vie démocratique élargie et approfondie.