mercredi 27 juillet 2011

Breivik viseert België en citeert Dewinter

Anders Behring Breivik refereert in zijn manifest ook verschillende keren aan ons land. Hij haalt quotes van Jean-Luc Dehaene, Louis Michel en Paul-Henri Spaak aan om aan te tonen dat onze politici al lang gezwicht zijn voor het multiculturalisme. Voor Breivik is België daarom een belangrijk doelwit. Met een percentage moslims tussen 8 en 12 procent omschrijft Breivik ons land als 'extreem vijandig'.

De Noorse moordenaar identificeerde in ons land ook 10.807 zogenaamde 'verraders': leden van wat hij de cultureel marxistische, multiculturele elites van Europa noemt. Vermoedelijk gaat het om politici en opiniemakers die volgens Breivik een 'culturele genocide uitvoeren op de oorspronkelijke Europese volkeren', omdat ze de islamisering van Europa geen halt toeroepen. In zijn manifest roept hij op de 'verraders' via een bombrief-campagne om te brengen. "Wees creatief", raadt Breivik aan. "Creëer een briefhoofd zo dat de brief rechtstreeks bij het doelwit zal toekomen." Vervolgens zegt hij hoeveel anthrax er per brief moet worden gebruikt.

Maar ook de Belgische infrastructuur was volgens de plannen van Breivik niet veilig. Hij lijst alle nucleaire centrales en installaties in ons land op, net als andere potentiële doelwitten, zoals opslagplaatsen van petroleum en olieraffinaderijen.

Op politiek vlak maakt Breivik duidelijk waar zijn sympathie in ons land ligt. Alle partijen, van N-VA over PS en sp.a tot Lijst Dedecker, catalogiseert hij als 'cultureel marxisten, zelfmoordhumanisten of kapitalistische globalisten'. Enkel Vlaams Belang haalt zijn zwarte lijst niet. Breivik hekelt het feit dat de partij net zoals de Britse National Party steevast als racistisch of fascistisch worden afgedaan. VB-boegbeeld Filip Dewinter wordt bovendien geciteerd om zijn stellingen kracht bij te zetten.

In het document duikt nog een landgenoot op, zij het wel een anonieme. Een van de medestichters van de zogenaamde Tempeliersorde, waarvan Breivik naar eigen zeggen lid is, zou volgens de Noor immers uit ons land komen. Verzinsels van een gek of een heuse samenzwering? Bij de federale politie heeft men alleszins geen weet van een extreem rechtse organisatie die zich de 'Arme soldaten van Christus en de tempel van Salomon' noemt. (De Standaard)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN FOU (IR)RESPONSABLE?
Polonius à propos de Hamlet: « though this be madness, yet there is method in it. » Hamlet Act 2, scene 2, 193–206
Breivik serait « dément ». C’est en tout cas ce qu’a affirmé son avocat, sans indiquer s’il allait s’agir de sa ligne de défense.
« Il doit (d’abord) subir des examens médicaux », a-t-il déclaré en précisant que son client n’avait montré « aucun signe de commisération ».
Behring Breivik, qui reconnaît les faits, « déteste tous ceux qui croient en la démocratie » et « considère qu’une guerre est en cours contre elle».
Anders Behring Breivik s’est dit « surpris d’arriver à ses fins ». Il pensait être abattu lors de la fusillade de l’île d’Utoeya.
C'est qui ce fada? Quel est son histoire personnelle, que disent les psys?
Visiblement son avocat cherche à le faire passer pour irresponsable. Un irresponsable qui rédige un texte de 1500 pages aussi tordu que Mein Kampf, qui détient trois armes et fait montre d'une maîtrise de paracommando pour s'en servir.
Quel est le cursus scolaire de ce Anders Behring Breivik qui a fait l’objet d’un signalement aux services de sécurité norvégiens en mars, a annoncé Janne Kristiansen, la directrice de l’Agence de sécurité de la police (PST) et qui selon la même « a vécu une vie incroyablement respectueuse de la loi »?
Qui donc est ce loup solitaire? Ou ce tueur froid fait-il partie d'une meute de loups qui se préparent à entrer dans Paris et toutes les autres capitales européennes?
Le Nouvel Obs apporte une série de réponses intéressantes à ces questions que nous nous posons tous. MG
UN TUEUR SOLITAIRE ?
L’homme a agi seul, sur la foi d’obsessions personnelles, pour vivre l’ordalie de son fantasme.

Anders Behring Breivik, tout solitaire qu’il soit, tout déséquilibré qu’il pourrait paraître, est aussi l’homme d’une époque, le symptôme d’une pathologie ; en un mot, la première incarnation d’un spectre qui commence à hanter l’Europe.

Point d’amalgame dans ce diagnostic. Il ne s’agit pas ici d’accuser tel ou tel populisme qui reste dans une stricte légalité, de stigmatiser tous ceux qui se réfèrent à la nation ou qui critiquent l’islam, ni de rendre le Front national – auquel on pense naturellement quand il s’agit d’hostilité envers les étrangers – responsable d’actes qu’il a toujours réprouvés sans ambiguïté. Il ne s’agit pas non plus d’incriminer, selon la méthode de la causalité floue qui autorise toutes les confusions, "une atmosphère", qu’on qualifiera évidemment de "nauséabonde", un climat d’"intolérance" instauré par ceux qui s’inquiètent de l’immigration ou qui se réfèrent à l’identité nationale et avec lesquels on rompt habituellement des lances.

Tueur rationnel, organisateur solitaire mais diablement méticuleux, Anders Behring Breivik s’est longuement expliqué – 1 500 pages ?! – dans le texte qu’il a mis en ligne quelques heures avant de passer à l’acte. Chacun peut ainsi constater qu’il a agi sur la base d’un raisonnement et même en fonction d’une idéologie, sommaire, certes, mais aussi, comme toute idéologie, construite et dotée d’une certaine cohérence. L’obsession identitaire en forme le soubassement. (Though this be madness, yet there is method in it)

LES COLLABOS DE LA CONQUÊTE MUSULMANE

Cette identité, européenne et chrétienne, serait menacée dans son être profond par une invasion musulmane progressive et subreptice, qui finira par imposer aux Européens, paralysés et subjugués, un mode de vie et des valeurs qui sont à l’opposé de leurs traditions et dont ils ne veulent pas.

Dans cette vision paranoïaque et haineuse, la conquête en cours a ses complices et ses idiots utiles : les humanistes de tous poils, les antiracistes, les élites libérales et ploutocratiques, la gauche universaliste et, au premier chef, la social-démocratie européenne, alliée principale du "communautarisme" honni. Tous ces courants se résument en un seul qui est le poison de l’Europe du XXIe siècle : le multiculturalisme, doctrine pernicieuse des collabos de la conquête musulmane.

CHARLES MARTEL "FOR EVER"

A cette entreprise historique qui augure la disparition d’une civilisation au profit d’une autre, poursuivent les identitaires modernes, il faut opposer la foi et l’énergie des croisés. Ce n’est pas seulement par goût du folklore ou par imitation des jeux vidéo que Breivik se réclamait des Templiers. Comme au Moyen Age, il appelait aussi à la guerre religieuse, culturelle, politique et sociale et, en définitive, à la guerre civile. Charles Martel for ever !

C’est très consciemment, enfin, que Breivik s’est attaqué à de jeunes socialistes, à ses yeux les agents actifs du multiculturalisme, c’est-à-dire de la pénétration musulmane. Ainsi, une nouvelle extrême-droite activiste est en passe de voir le jour, après une incubation plus ou moins longue, dont le tueur d’Oslo est peut-être le précurseur.

AGRESSIVITÉ VERBALE

Où trouve-t-on les traces de ce nouveau fanatisme ? Sur Internet, bien sûr. Non que le réseau soit responsable de quoi que ce soit. L’accuser serait aussi ridicule que d’incriminer le téléphone parce que deux terroristes se sont appelés sur leur mobile. Mais la Toile est un moyen de diffusion moins contrôlé dont le coût est à peu près nul. Tout activiste, tout militant, tout prosélyte, de la pêche à la mouche comme du terrorisme chimique, y recourt naturellement. En France, trois sites se sont fait une spécialité de l’idéologie antimusulmane contemporaine.

Point de terroristes, évidemment, chez ces gens-là. Mais une agressivité verbale telle qu’elle finit par distiller une sémantique de guerre civile. Non dans les pages d’accueil ou dans les textes programmatiques, qui restent tenus par une obligation de réserve publique. Mais dans les forums de débats hypocritement laissés sous la responsabilité des contributeurs et dont on ne comprend pas que les pouvoirs publics les laissent libres de répandre diffamation et injures raciales. Dans cette sous-culture de la haine et de l’anonymat, les musulmans sont un ennemi atavique.

On les appelle "les muzz", mais aussi "les rats" ou "les blattes", et l’on attend avec impatience "l’épouillement de l’Europe". On anticipe la future guerre civile. On évoque l’exemple lointain de Richard Cœur de Lion, roi croisé, ou de Godefroid de Bouillon, massacreur de musulmans à Jérusalem. Bref, on prépare l’affrontement violent.

Phénomènes marginaux ? Le blog "fdesouche", pour prendre un exemple, réunit autant de monde que certains sites d’info ou que les portails des partis politiques classiques. Marine Le Pen s’y réfère avec une certaine admiration. La Toile recèle des forums de ce genre dans tout le continent. Sous l’apparence du défoulement verbal, c’est une école de la haine qui s’est ouverte à l’échelle européenne. Une école dont Anders Behring Breivik était l’élève assidu.
(Laurent Joffrin - Le Nouvel Observateur)

COMMENTAIRE DU MONDE:
LE DÉLIRE D'UNE CULTURE OCCIDENTALE QUI A PERDU LA RAISON.
Depuis l'arrestation d'Anders Behring Breivik, vendredi 22 juillet, les partis d'extrême droite européens condamnent à l'unisson le double attentat meurtier d'Oslo. De plus en plus intégrés au système politique européen, tous redoutent un amalgame entre leurs programmes et les principes au nom desquels aurait agi le Norvégien de 32 ans.
Le Parti du progrès (FrP) norvégien, formation de la droite populiste, a été le premier à prendre ses distances avec le suspect. Anders Behring Breivik avait adhéré au parti de 1999 à 2006, et avait même occupé un poste de responsable local pour son mouvement de jeunesse. "Cela m'attriste encore plus d'apprendre que cette personne a été parmi nous", a ainsi commenté la présidente du FrP, Siv Jensen. Mais le parti norvégien n'est pas le seul mis en cause au lendemain de ces attaques sanglantes. De nombreuses voix s'élèvent pour interroger la responsabilité des partis d'extrême droite, qui dénoncent presque tous une islamisation de la société occidentale.
PAS DE "RESPONSABILITÉ COLLECTIVE"

Du Front national (FN) français à la formation flamande Vlaams Belang, en passant par le Parti pour la liberté (PVV) néerlandais de Geert Wilders, tous ont ostensiblement pris leurs distances avec celui qu'ils ont décrit comme un "malade"ou un "psychopathe". En pleine ascension électorale dans leur pays respectif, plusieurs de ces formations ont mis en cause les tentatives de manipulation des partis politiques de gauche. "Traditionnellement, on veut compromettre les partis de droite avec des gens pareils", a déclaré à l'AFP l'homme fort de la formation flamande Vlaams Belang, Filip Dewinter, dénonçant un "amalgame".

Interrogé par L'Express, le sociologue Yannick Cahuzac, spécialisé dans l'étude de l'extrême droite sur le Web, note que les mouvements nationalistes "tentent de psychologiser l'affaire afin d'en dépolitiser l'acte".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Analyses brillantes qui « contextualisent » ce dramatique événement en le situant dans la perspective de la montée des périls dont l'occident est l'objet et le témoin sur fond de crise financière et politique majeure.

Encore une fois, le climat délétère qui afflige la Belgique est à peu de choses près celui qui pourrit l'atmosphère partout en Europe et aux Etats Unis; Un spectre hante les esprits: celui celui d 'un national-populisme (et des Tea Parties US) qui se nourrit de la crise profonde que traverse la démocratie (tout en la nourrissant) et plus particulièrement la social- démocratie cible du monstre Breivik. MG

UN ACTE "QUI REQUIERT UNE RÉPONSE POLITIQUE"

José Luis Zapatero, a jugé que les évènements survenus en Norvège appelaient"une réponse politique" concertée de l'Union européenne pour contrecarrer la montée des idées d'extrême droite.

"C'est une des plus grandes tragédies dont nous ayons été témoins depuis des décennies", a souligné le chef du gouvernement espagnol lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue anglais, David Cameron. Il a répété que le double attentat d'Oslo était "quelque chose d'extrêmement grave qui requiert une réponse, une réponse européenne, une réponse commune pour défendre la liberté, pour défendre la démocratie, demandant aux gens de se lever, de combattre le radicalisme et de réagir face à la xénophobie."

"L'EXTRÉMISME POLITIQUE A CESSÉ D'ÊTRE UN TABOU"

Cette préoccupation politique est partagée par la presse européenne. Dans un article intitulé "L'extrême-droite menace l'Europe", le quotidien espagnol El Pais dénonce "l'extrémisme politique, teinté de nationalisme et de xénophobie, qui a cessé d'être un tabou puisque des personnalités politiques aussi respectables que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ou David Cameron ont défendu tous trois l'idée que le multiculturalisme avait été un échec dans leur pays".

Le journal britannique The Guardian publie également un article intitulé "La tragédie norvégienne doit forcer l'Europe à agir sur l'extrémisme politique". Le journaliste insiste sur le fait que "tout comme les attentats du 11-Septembre ou du métro londonien, la folie commise par Anders Behring Breivik a une explication clinique mais aussi politique."

Sur son blog, l'éditorialiste du Daily Mail Melanie Philipps résume ainsi sa réflexion :"Breivik est peut-être un psychopathe déséquilibré, mais ce qui émerge maintenant de cet acte atroce, c'est le délire d'une culture occidentale qui a perdu la raison." (Charlotte Chabas)

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