lundi 25 juillet 2011

Verlicht

De euro is gered, Europa kan weer verder. De Grieken kregen andermaal een reddingsplan van 140 miljard toegeschoven. Voor Portugal en Ierland zit er ook nog wat in de fles.

140 miljard: hoe ziet dat eruit? Kun je het thuis stapelen? En waar lag die berg geld dan toen het nog geen crisis was? Is het cash, of gaat het per overschrijving naar Athene? Vragen die geen antwoord krijgen. Geld is een ondergrondse.

En Europa een virtuele grootheid - vandaar zonder noemenswaardige publieke opinie. Niets is leuker dan met Grieken aan een krantenkiosk te staan lummelen, maar in de Borinage wonen ook werklozen.
Wat krijgen zij? Zou Europa wel weet hebben van gewetensproblemen?

Herman Van Rompuy alvast niet. Wat stond hij weer te glunderen. En terecht. Hij had ze toch maar aan tafel gekregen, die Europese leiders. En tegen alle averechtse veto's in ook nog tot akkoorden gedwongen. Glanzend als een oliebol declameerde hij: "Europa meent het." Terwijl hij het zei ontsprongen aan zijn hoofd duizend fonteinen. Hij dreigde zelfs even te gaan tapdansen.

Gelukkiger in het publieke mandaat dan Europees president Van Rompuy kom je ze in gremia niet meer tegen. Herman is helemaal verlicht, van binnen.
(Hugo Camps)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HERMAN A REUSSI SON COUP
Sur les images médiatisés le couple Nicolas Angela faisant mise de régner sur la « Sarkomerkellie ».
Dans la coulisse et les couloirs la petite souris grise Van Rompuy a réussi l’impossible :éviter que l’Euro ne se crache dès à présent. Que ce magicien du compromis, ce sorcier du consensus n’exerce-t-il plus ses talents dans le marais qu’est devenu la politique belge.
En attendant mieux les vieux briscards dans un beau texte invitent les chefs d’Etat et de gouvernement et leurs Grands argentiers à bien comprendre la nécessité d’un New Deal européen tant pour la survie de l’Eurozone que pour la cohésion économique et sociale de toute l’Union européenne.

Espérons que cet appel sera entendu

UN « NEW DEAL » POUR L’EUROPE
Giuliano Amato, Enrique Baron Crespo, Michel Rocard, Jacek Saryusz-Wolski, Mario Soares et Guy Verhofstadt (1)

L’Europe est la grande perdante de la guerre que se livrent les gouvernements des Etats membres et les agences de notation. Les premiers, démocratiquement élus, prétendent à ce titre gouverner alors que les secondes, sans légitimité, imposent en fait leur agenda. Cette paralysie politique inquiète les électeurs et certains tirent la conclusion de cette inquiétude qu’il faut freiner, voire s’opposer, à tout mécanisme de transfert budgétaire au sein de l’UE, interprétant le trouble des opinions publiques comme une incitation au repli nationaliste.
L’Allemagne est au cœur de cette ambivalence. Elle qui a tant gagné à un euro plus faible et plus compétitif que s’il s’était agi de la monnaie commune d’une Eurozone resserrée à l’ex-zone mark. Elle qui a tant à perdre d’une faillite des pays surendettés, laquelle emporterait dans la tourmente tout le secteur financier et bancaire tant dans la périphérie de l’Eurozone que dans son cœur rhénan. Elle qui ne comprend pas que le moment n’est pas à moins d’Europe mais au contraire à plus d’Europe.

Jean-Claude Juncker et Giulio Tremonti soutiennent que la conversion d’une partie des dettes souveraines nationales en euro-obligations permettrait de désamorcer la crise obligataire. Nous partageons le même avis. La décision de procéder à un tel échange de créances n’a nullement besoin d’être unanime. Une coopération renforcée pourrait fort bien engager le mouvement, ce qui n’est d’ailleurs somme toute que la manière dont l’euro a lui-même été créé. Ceux qui entendent préserver des taux faibles pour leurs propres obligations, comme l’Allemagne, seraient bien inspirés de se convertir à ce projet.

A l’instar de MM. Juncker et Tremonti, nous considérons que des euro-obligations constitueraient un marché global et liquide, susceptible d’attirer les excédents des fonds souverains et l’épargne des économies émergentes dont les gouvernements sont précisément à la recherche d’un système monétaire international plus diversifié. L’UE bénéficierait ainsi d’un apport en capital plutôt que d’avoir à procéder à des transferts budgétaires en son sein.

Toutefois nous proposons autre chose : qu’une partie de la dette souveraine dévolue à l’UE ne soit pas négociable mais détenue par l’Union elle-même. Cette sanctuarisation d’une partie de la dette commune la préserverait des agences de notation et la protégerait de la spéculation. Ce serait une obligation garantie par l’UE dont les taux d’intérêt seraient fixés sur une base soutenable par l’Eurogroupe. Les gouvernements pourraient alors à nouveau gouverner sans être bridés par les agences de notation.

Nous recommandons dans cette perspective de tirer les leçons budgétaires et fiscales du New Deal, mené aux Etats-Unis dans les années 30, ainsi que Jacques Delors avait déjà tenté d’en convaincre en 1993 les Douze de l’époque en préconisant d’adosser la monnaie unique à un programme d’investissement financé par emprunt obligataire. L’administration Roosevelt n’a en effet eu besoin de bons du Trésor pour financer le New Deal, ni de la garantie de la Californie ou du Delaware, ni d’aucune contribution budgétaire des Etats fédérés, ni même de rachat de leur dette. L’administration Roosevelt a financé ses émissions d’obligations pour investir dans le New Deal grâce à une politique fiscale commune qui le lui permettait.

L’UE n’a pas de politique fiscale commune. Les pays qui auraient converti une partie de leurs emprunts d’Etat en euro-obligations continueront donc à assurer le service de la dette grâce à leur propre système fiscal national sans transfert budgétaire. Dans ce contexte toutefois, l’UE a un avantage à ne pas négliger. Malgré les rachats massifs de dettes souveraines nationales intervenus ces derniers mois, sa propre dette reste sous la barre des 1 % de son PIB. C’est un dixième du niveau d’endettement fédéral où en étaient les Etats-Unis au moment d’engager le New Deal.

L’émission d’euro-obligations ne nécessiterait pas même de nouvelles institutions. Une obligation garantie pourrait fort bien être émise par le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) ou par un groupement bancaire européen. Leur contrepartie financière serait à tirer des revenus des projets co-financés, extrapolant et développant le modèle initié par la Banque européenne d’investissement (BEI). La BCE est la gardienne de la stabilité des prix en Europe, la BEI doit devenir la gardienne de sa croissance. La BEI finance déjà deux fois plus de projets que la Banque mondiale. Elle a émis depuis plus de 50 ans des milliards d’obligations sans transferts budgétaires nationaux.

Les obligations ne sont pas de la création de papier monétaire. Ce n’est pas du déficit budgétaire. L’émission d’euro-obligations par l’UE conduirait à financer la croissance et l’emploi européen, alors que les économies des Etats membres sont aujourd’hui en proie à l’austérité. Nous invitons les chefs d’Etat et de gouvernement et leurs Grands argentiers à bien comprendre l’enjeu d’un New Deal européen tant pour la survie de l’Eurozone que pour la cohésion économique et sociale de toute l’Union européenne.

(1) Giuliano Amato, Michel Rocard, Mario Soares et Guy Verhofstadt ont été respectivement Premiers ministres italien, français, portugais et belge. Mario Soares a été président du Portugal. Guy Verhofstadt est aujourd’hui président de l’Alliance des démocrates et libéraux au Parlement européen. Enrique Baron Crespo a été président du groupe socialiste puis président du Parlement européen. Jacek Saryusz-Wolski est vice-président du PPE et de la commission parlementaire des Affaires étrangères

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