vendredi 30 septembre 2011

L’avenir de Bruxelles, c’est aussi l’affaire des patrons !

Christian Laporte

Beci organise un “remue-méninges” sur le développement futur de la capitale et ses 1,4 million d’habitants en 2040.
Brussels 2040. Sex and the City C’est par un petit clin d’œil médiatico-télévisuel que Beci, la fédération des patrons bruxellois attire l’attention sur son assemblée générale du 4 octobre au Square (ex-palais des Congrès). Une rencontre qui dépassera de loin ses intérêts professionnels puisqu’il y sera question de l’avenir de Bruxelles dans trente ans.

Trois chiffres pour expliquer la démarche : en 2000, la Région comptait 959 318 habitants. L’an dernier, ils étaient 1 089 538. Et à l’horizon 2040, la population bruxelloise grimperait jusqu’à 1 300 000. Comment faire face à cette explosion démographique ?

A l’instar d’Aula Magna lors de son Université au début de ce mois, Beci entend objectiver la réflexion avec une série de spécialistes. Car l’augmentation de la population est un grand défi mais aussi moult opportunités.

Pour l’occasion, l’on entendra des experts en matière de mobilité, d’aménagement du territoire, d’emploi et d’enseignement. En l’occurrence : Eric Corijn, chef du département Géographie de la VUB , Alain Flausch, le futur ex-patron de la STIB , l’architecte Joachim Declerck d’Architecture Workroom Brussels et Benoît Gérard de McKinsey. Leur confrontation sous la houlette de Jean Blavier et de Kroll se prolongera avec le président de Beci, Jean-Claude Daoust qui expliquera comment les entrepreneurs voient ces défis futurs.

Rens. : 02.648.50.02. Ou : www.beci.be

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DE NEEF CORIJN D’AOUST ET LES AUTRES
On a toujours plaisir à retrouver la bande à Corijn, De Neef et autre van Parijs pour un nouvel échange live sur l’avenir de Bruxelles, cette ville qui est l’objet de toutes nos passions.

Que Christian Laporte prête sa plume à l’opération est de très bonne augure.

Miss Bruxelles : “La Belgique m’a adoptée...”

Miss Bruxelles nous raconte ses rêves de sacre national
ANDERLECHT Albana, 22 ans, a été fraîchement élue Miss Bruxelles. Nous l’avons rencontrée non loin de chez elle. Elle a accepté de se prêter au jeu de la séance photos. Et a répondu à quelques-unes de nos questions.
Quel a été ton parcours jusqu’à présent au sein de la compétition des Miss ?
“Il y a un an et demi, je me suis inscrite pour participer au concours de Miss Belgique. Je devais d’abord être sélectionnée à Bruxelles. Le 27 août, j’ai été élue Miss Bruxelles. Nous, les élues provinciales, nous allons bientôt partir en voyage en Thaïlande. Puis, il y aura la grande finale en janvier.”
Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, pourrais-tu te présenter rapidement ?
“Eh bien ! Je m’appelle Albana, je suis d’origine kosovare. Je suis arrivée en Belgique à l’âge de neuf ans. J’ai d’abord habité Laeken et maintenant j’habite Anderlecht depuis 10 ans. Je fais des études de tourisme car j’aime bien les langues. Il me reste encore trois ans.”
En dehors des études, tu as des hobbies ?
“J’aime faire du sport, particulièrement le jogging et du streching. Comme beaucoup de filles, j’aime sortir avec mes copines : aller au cinéma, faire du shopping…”
Tu ne sors jamais avec des copains ?
“Si, pourquoi pas, mais d’abord il faut le trouver (rires). Je suis célibataire.”
Quelles qualités devra avoir Miss Belgique ?
“Généreuse, sociable, jolie, bien sûr. Elle doit pouvoir s’exprimer en français et en néerlandais, éventuellement en anglais.”
Devenir Miss Belgique : un rêve ?
“Depuis quelques années, oui. Dans mon pays, j’ai connu la guerre. Et puis, je suis arrivée ici et la Belgique m’a adoptée, elle m’a tout donné. C’est devenu mon pays et ce serait vraiment une fierté et une honneur de le représenter.”
Ta plus grande qualité ?
“Je ne peux en choisir qu’une ! (rires). À mon avis, c’est mon sourire avant tout.”
Ton défaut principal ?
“Je suis perfectionniste. Par exemple, j’ai mis beaucoup de temps à choisir ma robe pour la finale.”
Ton principal atout physique ?
“Mes yeux.”
Le pire ?
“Mon nez.”



Nathan Gonze
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NI MECHANTS NI DANGEREUX ? MON ŒIL !
J’ai renoncé à publier une analyse du remarquable discours de Joseph Ratzinger devant le Bundestag de son pays d’origine. Trop ardu !
Je me rabats donc sur un sujet en apparence plus léger : l’élection de la nouvelle miss Bruxelles. Léger ? « ça t’a vu menneke »
Miss Bruxelles n’est ni flamande, ni wallonne mais bruxelloise. A ce titre, ses chances d’être d’origine immigrée sont de un sur deux voire de deux sur trois dans sa tranche d’âge. C’est une évidence de caractère mathématique et démographique. Faudra s’y habituer messieurs les internautes de la DH.
Parlons-en des commentateurs internautes du site de la DH qui sont 97 à s’exprimer sur cette affaire. Ce sont des belgo-belges à 95% donc de toute évidence des vieux schnocks pensionnés qui n’ont rien de mieux à faire que de râler comme les deux gâteux rotors du « muppet show ».
Ils ne font pas dans la dentelle. On se croirait au café du Commerce en temps réel.
Leurs messages sont affligeants. Jugez par vous-même :
« Et voila peut-être miss Belgique euh euh euh miss kosovares enfin, je ne sais plus pour quel pays voter
il est vrai que je m'en fous, mais bizarre bizarre allez comprendre »

« Vous me faite rire quand même ! C'est pas de notre faute si vous avez pas de belles filles belges "pures souches" »
« J’pense que son parrain c'est plutôt un mac kosovar... »
« Si elle a été adoptée, alors, elle a aussi un nouveau parrain... Bart...? »
« A person who comes from a country in which they talk about Britishness should mind his own business... for all I know, Belgians are far too generous with immigrants, although I am one of these. Education has nothing to do with being smart about this: they are very smart people who run away from the laws of Belgium after benefiting from social systems for dozens of years. THAT will ruin the country, and severeness is the answer to burglary.”
« Très jolie fille . »(…)« Ben quoi, elle est jolie non ? N'est-ce pas le principal ?»
« Oh my God! I just can't believe the comments I read in this newspaper. It is certainly not the first nor the last time I see these comments but they are truly shocking! I really struggle to believe that my country has become so racist. If it was Serbia? Maybe. but not Belgium, the country where I grew up. I know there are issues with certain part of the immigrant population (I'm not denying it) but intelligent, educated, down-to-earth people don't make broad generalizations. It would be like saying that all Belgians are pedophiles because of Marc Dutroux. Do you see where I'm coming from? A well educated nation like Belgium should know better!”


« Vous faites bcp trop d'efforts pour (essayer de) raisonner certains forumeurs. Je ne pense pas que cela en vaille la peine, tant ils sont bien au chaud dans leurs idées préconçues et leurs raccourcis confortables. Ils ne sont véritablement ni méchants ni dangereux mais la réflexion n'est pas leur passe-temps favori. En soi ce n'est pas très grave ;-) »

Ni méchants ni dangereux ? J’ai quelques doutes là-dessus.
En somme quel est selon eux le problème de la miss ? Elle est ravissante, blonde aux yeux bleus, vive, en somme plus « aryenne qu’aryenne » pour le dire crûment, à la Goebbels. Elle parle français, flamand et anglais mais attention, elle parle aussi albanais ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Donc, au lieu de la féliciter pour son magnifique effort d’ « intégration » on lui tire dessus à boulets rouges sur ce forum archixénophobe.
On imagine le tollé si d’aventure la miss avait été d’origine africaine, turque, algérienne ou pire que tout : flamande.
Pour ceux que la chose intéresserait, un mot sur le Kosovo.
MG

Le territoire du Kosovo, aujourd'hui à majorité albanaise, a appartenu à différents États lors de son histoire. Enlevé à Byzance par les Serbes en 1170, occupé par les Ottomans en 1459, il fit de nouveau partie de la Serbie depuis le traité de Bucarest de 1913 mettant fin à la deuxième Guerre balkanique, puis devint, après la Deuxième Guerre mondiale, une province autonome de la Serbie au sein des différentes Yougoslavies, avant d'être placé sous administration de l’ONU le 10 juin 1999 en vertu de la résolution 1244 des Nations unies suite aux violents conflits qui ont opposé les autorités serbes et les séparatistes albanais à la fin des années 1990 et à l'épuration ethnique qui s’ensuivit. Le 17 février 2008, le parlement du Kosovo a proclamé unilatéralement l’indépendance du territoire[][]. Ce n'était pas la première fois qu'une simple province autonome (et non une République fédérée d'un ancien État fédéral comme le sont la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie, le Monténégro ou les anciennes républiques soviétiques) déclarait unilatéralement son indépendance : L'hymne national kosovar, adopté le 11 juin 2008, est intitulé Europe.

Rudy Demotte célèbre la Communauté française

"Le changement doit mobiliser mais pas effrayer" a précisé Rudy Demotte. "L'appellation nouvelle "Wallonie-Bruxelles" n'est en aucun cas une agression".
Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ex Communauté française qui fête aujourd'hui ses 40 ans, cite Proust ("L'audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions") et présente le nouveau logo. "En mélangeant les couleurs, jaune et rouge wallon, jaune et bleu bruxellois, on a toutes les couleurs d'une majorité a-t-il déclaré ce mardi matin, devant une assemblée attentive et réactive.
Notamment lorsque le socialiste parle de "Fédération Wallonie Flandre", en lieu et place de "Fédération Wallonie-Bruxelles", un lapsus qui n'est pas passé inaperçu en cette période de négociations fédérales.
Rudy Demotte en profite d'ailleurs pour encourager la suite de ces négociations: "L'accord sur la Loi Spéciale de Financement réussit à n'appauvrir personne" se réjouit-il.
"Le changement doit mobiliser mais pas effrayer" a-t-il précisé. "L'appellation nouvelle "Wallonie-Bruxelles" n'est en aucun cas une agression".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST QUOI AU JUSTE UNE FÉDÉRATION ?
« Un système de gouvernement où, conformément à la constitution, le pouvoir d'élaborer des lois est réparti entre un corps législatif central et les assemblées législatives des territoires membres de cette fédération. »
Surprenant, voire surréaliste ; on ne voit vraiment pas en quoi le « brol Wallonie-Bruxelles » pourrait correspondre à cette définition.
« Dans une fédération, c'est la constitution qui établit ces gouvernements régionaux et leur accorde une pleine compétence dans certains domaines. Il peut s'agir d'un État fédéral, qui réunit plusieurs États (voir aussi Fédéralisme et Confédération). »
Purée ! On n’y voit franchement pas plus clair avec cette seconde partie de la définition par rapport au binôme Wallo-Brux.
« Fédération peut également signifier : Fiction » Ah bon, mais il fallait le dire plus tôt.
MG

jeudi 29 septembre 2011

L'addiction à internet, un mal moderne

Une salle de jeux en ligne en Corée du Sud Crédits photo : Leejin-Man/Associated Press

La dépendance à internet touche de plus en plus de monde. C'est ce que révèle une étude allemande. Mais cette dépendance est-elle, comme certains l'entendent, une maladie mentale ? Et se traite-t-elle comme n'importe quelle addiction?

Une étude commandée par le ministère de la Santé allemand, parue le 26 septembre, révèle que plus d'un demi-million d'Allemands seraient dépendants à internet. Un mal qui se traduit, selon les chercheurs, par une consommation moyenne de quatre heures du média internet chaque jour. «Le temps passé sur internet est un facteur peu fiable, nuance tout de même Elizabeth Rosset, psychologue à l'hôpital Marmottan de Paris. Une personne peut passer peu de temps sur internet mais être obnubilé toute la journée parce qu'elle va y faire».
L'addiction à internet, qui provoque l'isolement et le repli social, n'est pas forcément considérée comme une maladie au sens commun du terme, bien qu'elle se soigne. En France, la guérison passe d'abord par le dialogue avec les psychologues ou addictologues. «La plus grande difficulté consiste à faire venir les gens à nous, explique Elizabeth Rosset. Mais lorsqu'une personne prend conscience de son problème, on peut plus facilement la traiter». Aux États-Unis et en Chine, par exemple, l'addiction à internet se soigne par la manière forte dans des établissements spécialisés, créés sur le même principe que les centres de désintoxication. Le Docteur Karila, de l'hôpital Paul Brousse à Villejuif, parle d'un traitement «cognitif et comportemental» pouvant éventuellement être appuyé par une prise «contrôlée et limitée dans le temps» de médicaments de type antidépresseurs.
ACCRO A INTERNET OU AUX ACTIVITES SUR INTERNET ?
Contrairement à une addiction à la drogue ou à l'alcool, la dépendance à internet est à double tranchant : elle peut concerner le média en lui-même comme les activités que l'on peut y pratiquer (jeux en ligne, jeux d'argent, pornographie, achats etc). Les deux se rejoignent selon le Dr Karila : «Internet est le support de l'addiction. On traite donc la dépendance associée au net». Elizabeth Rosset estime que ce sont les «spécificités» d'internet en particulier son accessibilité qui modifient le rapport à la dépendance.
C'est d'ailleurs l'une des raisons qui fait que la population dépendante à internet ne constitue pas un groupe homogène. «Quand le problème concerne les jeux vidéo, ce sont les jeunes qui sont principalement touchés mais la moyenne d'âge augmente si la dépendance a trait aux jeux d'argent», explique Elizabeth Rosset.
LES RESEAUX SOCIAUX, SIMPLE PHENOMENE DE SOCIETE ?
Les jeunes sont d'ailleurs fortement concernés par la question de la dépendance des réseaux sociaux. L'étude du ministère de la Santé allemand révèle une dépendance aux réseaux sociaux très importante chez les jeunes filles (77%) mais également chez les garçons (65%). La frontière entre l'addiction au sens propre et la simple consommation abusive, relativement classique chez les adolescents et les jeunes en général, est néanmoins très mince.
L'utilisation des réseaux sociaux pourrait en effet s'apparenter à l'utilisation du téléphone ou de la télévision. Des jeunes qui passent beaucoup de temps à téléphoner ou envoyer des messages à leurs amis ne sont pas considérés comme dépendants mais pratiquent pourtant la même activité sur un réseau social comme Facebook. Le site de l'Américain Mark Zuckerberg (sur lequel la France compte la neuvième communauté mondiale avec plus de 23 millions d'utilisateurs) est d'ailleurs le seul réseau social réellement vecteur de «conduite addictive». Une étude SNCD menée en juillet révèle en effet que 68% des utilisateurs de Facebook se rendent sur le site au moins une fois par jour alors que ce chiffre chute à 30% pour Twitter et en-dessous de 15% pour les autres réseaux sociaux. Même constat pour le temps passé sur le site : la communauté Facebook y passe en moyenne 52 minutes par jour alors que les personnes inscrites sur Twitter n'y passent que 25 minutes par jour.
Difficile alors de parler de réelle addiction aux réseaux sociaux. Ici, le terme de phénomène de mode serait bien plus approprié. «Il y a un certain nombre de pratiques qui s'atténuent avec l'âge, confirme Elizabeth Rosset. C'est également le cas pour les jeux vidéo ». Elle considère que cet abus relève bien souvent «d'un manque de limites fixées par les parents» qui, selon le Dr Karila, va surtout poser problème à une «minorité vulnérable qui va s'accrocher à internet».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MUTANTS
Est-on bien conscient qu’on est en train de former, plus exactement de déformer, une génération de mutants plus « addicte » au virtuel qu’au réel ?
L’école en plein désarroi ne peut pas grand-chose contre cela. Et pourtant elle pourrait/devrait être le meilleur rempart contre la fascination internet qui aveugle une partie de notre jeunesse.
Bien sûr qu’internet présente des aspects immensément positif mais ses effets négatifs sont redoutablement pervers. Il ne paraît guère concevable de former désormais des enseignants qui n’aient une grande maîtrise de ce nouveau medium de masse. L’excellence des enseignants et la qualité de leur formation est l’ultime atout de l’Occident. Si on continue à les mal payer, à les mal considérer et à les médiocrement former, nos chances de relever le défi que nous lancent les pays émergeants vont fondre comme peau de chagrin.
MG

EDGAR MORIN, L'AMOUREUX DU MONDE

À 90 ans il est l'intellectuel français le plus reconnu à l'étranger, docteur honoris causa de 28 universités à travers le monde! Edgar Morin nous reçoit chez lui à Paris en plein déménagement. Les souvenirs remontent sans brouiller sa curiosité.

DE RETOUR DU MAROC, VOUS PARTEZ BIENTOT AU BRESIL. ÊTES-VOUS SOUVENT EN VOYAGE ?
En ce moment, je suis plutôt en déménagement, car je dois quitter mon appartement. C'est aussi un autre voyage. Quitter un lieu où il y a tellement de souvenirs qui me lient ! Partir c'est mourir un peu, alors il faut ressusciter après. Cette année j'ai 90 ans, et tous les dix ans, quelque chose change dans ma vie, quelque chose meurt et quelque chose renaît. Quand j'avais dix ans, en 1931, ma mère est morte, quand j'ai eu vingt ans, j'ai pris le risque mortel de la Résistance. À trente ans, je suis rentré au CNRS. Je ne vais pas vous faire toute la liste, mais tous les dix ans ma vie change.
UNE DEFINITION DU VOYAGE ?
Le voyage c'est surtout le décentrement, c'est à dire regarder d'une autre façon l'Hexagone. En restant en France, on est prisonnier d'une vision close, on ne se voit pas « vu de loin ». L'idée est de retrouver ce que faisait Montesquieu dans les Lettres Persanes, essayer de se voir avec le regard des autres.
EST-CE QUE VOUS VOYAGEZ ENCORE POUR LE SIMPLE PLAISIR ?
Je lie mon plaisir à mes voyages. Invité à des conférences dans le monde entier, j'ai le plaisir d'exprimer mes idées, mais aussi de découvrir quelque chose qui me touche, m'émeut. Pas seulement la beauté des paysages, mais aussi la bonté des gens, la vitalité des peuples, la nourriture. Je crois que je suis amoureux du monde parce que partout où j'ai été, j'ai trouvé des voluptés, des ivresses, des joies, des émerveillements...
EST-CE QU'IL Y A UN PAYS, UNE DESTINATION POUR LAQUELLE VOUS AVEZ UNE ATTIRANCE PARTICULIERE ?
La Toscane. Il y a une densité de beauté plus grande qu'ailleurs. Les villages, les paysages m'émeuvent beaucoup... Je dirais aussi Séville et l'Andalousie, je dirais le Brésil...
L'IDEE DE L'ILE, C'EST QUELQUE CHOSE QUI VOUS FAIT REVER ?
Oui. Je rêve à l'île et je rêve à l'oasis. Ce sont deux formes différentes mais qui veulent dire la même chose. D'un côté, autour c'est la mer, et de l'autre, le désert. Ça parle de l'infini. C'est quelque chose de riant d'être dans l'infini de la mer ou dans l'infini du sable. C'est un rêve profond en moi.
ALORS QUE LE MONDE EST EN EBULLITION DEPUIS QUELQUES MOIS EST-CE QU'IL N'EST PAS FRIVOLE DE S'INTERESSER AU VOYAGE, A LA BEAUTE DU MONDE ?
Le voyage n'est pas que dans le plaisir esthétique. J'avoue que j'ai de moins en moins envie d'aller dans des musées ou dans les grands lieux. Par exemple pendant longtemps je voulais aller aux chutes de l'Iguaçu à la frontière du Brésil et de l'Argentine, maintenant je n'en ai plus tellement envie, ce qui m'intéresse vraiment c'est la diversité de l'humanité. Par exemple, je suis fasciné par les peuples de Bolivie et du Pérou, ce peuple andin qui est resté très lié à ses traditions, à sa façon de s'habiller, les visages qui sont d'une gravité extraordinaire, ils ont une musique que je trouve d'une beauté incroyable, notamment le huayno... En plus, ils réussissent à vivre sur les sommets du monde, l'Altiplano à 4000 m d'altitude. Ce monde est vraiment fascinant à la fois si loin et si proche.
EST-CE QUE VOUS PENSEZ QUE LES VOYAGES AIDENT A COMPRENDRE LE MONDE?
Ça dépend comment vous faites le voyage. Si vous êtes dans un inclusive tour dans lequel vous avez un guide qui vous fait cavaler dans les musées, un arrêt de trois secondes devant la Joconde et que vous vous bornez à prendre des photographies, je crois que c'est nul, de la frivolité à l'état pur. Les vacances dans des hôtels de luxe, dans des paysages ensoleillés sont dans le fond des ghettos pour Européens aisés. Ils sont coupés totalement de la population et ne voient que les aspects pittoresques. Parallèlement, il y a une nouvelle tendance qui se développe pour essayer de comprendre les autres. Par exemple, une partie de la jeunesse voyage un peu en vagabond, et se fait accueillir par l'habitant.
LE TOURISME FAIT-IL PARTIE DU MEILLEUR OU DU PIRE DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE ?
Les deux. Il correspond à ce que Pascal appelait le « divertissement », c'est-à-dire une façon d'oublier ses problèmes dans des choses futiles et secondaires. La façon de vivre le tourisme, uniquement pour prendre des photographies, ou pour dire « j'étais aux chutes du Niagara » est tout à fait superficielle, une manière de se fuir soi-même, de fuir les problèmes. C'est le pire.
Mais il y a une autre façon qui est de se relier à cette espèce humaine dont on fait partie, qui est à la fois une et diverse. Vous sentez, quand vous voyez un monde étranger, qu'il est tout à fait autre par ses coutumes, ses mœurs, mais en même temps on voit que ce sont des gens qui peuvent aimer, souffrir, rire, et donc il y a une unité, une communauté, et quand le tourisme permet la compréhension et la sympathie, c'est évidemment ce qu'il y a de meilleur.
QU'EST CE QUI VA SAUVER LE TOURISME ?
Peut-être que ce sont les périls accrus! Les bombes qui explosent dans les avions, les attentats qui ont lieu dans des pays exotiques... Je crois que ce qui va sauver le tourisme c'est beaucoup plus une transformation de l'intérieur. Le vrai péril du tourisme c'est sa tendance à la superficialité, à la chronométrie, à la rapidité... c'est-à-dire qu'en fuyant notre propre monde, nous retrouvons ses pires défauts : se lever à telle heure, ne pas rater tel endroit, rester trois minutes dans ce musée et repartir. Au moins le Club Méditerranée nous donne une sorte d'utopie concrète, il n'y a plus d'horaires, plus de monnaie (malheureusement, il faut payer pour ne plus avoir de monnaie !) Vous avez le choix entre la plongée sous-marine, la musique, etc. Ce n'est pas un voyage, ce sont des vacances. Ce qu'on cherche là ce n'est pas tant le dépaysement, mais un lieu de détente absolue pour fuir le quotidien. En bref, plus nous sommes prisonniers de notre civilisation, plus nous avons besoin de cet au-delà.
VOUS TRAVAILLEZ LA NOTION DE « PENSEE COMPLEXE » DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS. EN RESUME C'EST: UNIR DES NOTIONS QUI SE REPOUSSENT. DANS LE MONDE DU VOYAGE ÇA SERAIT QUOI ?
D'un côté, nous avons besoin de nous regarder nous-mêmes, d'avoir une vie intérieure, calme, qui suppose une certaine sédentarité. D'un autre côté, nous avons une pulsion de curiosité pour le monde. Là dessus nous sommes les héritiers des mammifères. Nous avons gardé de l'enfance cette curiosité du monde et c'est très bon, mais en même temps, il faut garder la curiosité de soi même parce qu'on est un grand mystère. Voyager à l'intérieur de soi-même est aussi un drôle de voyage.
VOUS ETES ENTRE DANS LA RESISTANCE , VOUS ETIEZ COMMUNISTE. AVEZ-VOUS VOYAGE DANS LE BLOC COMMUNISTE ?
Je n'ai voyagé dans ce bloc qu'après ma rupture avec le parti quand j'étais déjà très hostile après 1951. J'ai fait un séjour très drôle à Berlin-Est. À l'époque il n'y avait pas de relations diplomatiques. Avec mon ami Robert Antelme nous étions fauchés et nous savions que nous avions des droits d'auteurs, car nos livres étaient traduits à Berlin-Est. Nous avions pu avoir des papiers en quatre langues, avec plein de tampons français, mais on n'avait pas obtenu les visas soviétiques qui étaient nécessaires. À l'arrivée au poste-frontière soviétique, moi qui connais un peu la mentalité bureaucratique, je dis: « wir sind schriftsteller » ( nous sommes des écrivains) et je montre ma facture de l'éditeur. Ils sont éberlués. Ils réfléchissent dix minutes et nous laissent passer. Le lendemain à Berlin-Est, je vais voir mon éditeur et je reçois une masse énorme de deutsche marks. Mais c'est un argent qu'on ne pouvait pas changer! Alors, on est resté quatre ou cinq jours pour tout dépenser : les restaurants les plus chers, on a même acheté plusieurs appareils photo qui n'ont jamais fonctionné !
APRES ETES-VOUS RETOURNE A BERLIN ?
Pratiquement tous les ans, et chaque fois j'ai vu la ville se transformer. Aujourd'hui elle redevient UNE. J'ai toujours voulu écrire là-dessus, mais je ne l'ai pas encore fait. C'est peut-être la chose la plus intéressante que j'aie vue. Comment, entre 1945 et 1990 une ville fut coupée en deux villes ennemies avant de redevenir une seule ville.
TROIS LIVRES A LIRE ?
Robinson Crusoé de D. Defoe. Dans les Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand raconte aussi bien ses voyages en Amérique, en Italie ou ailleurs. Il y a aussi Stendhal et ses Promenades dans Rome...

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA SAGESSE DES GERONTES
« La vieillesse est un naufrage » lança De Gaulle un peu avant de mourir à quatre vingt ans à peine. Aujourd’hui les nonagénaires Morin, Hessel, Helmut Schmidt et son cadet Giscard, fringants jeunes gens au visages ridés, toujours en éveil, nous donnent de belles leçons de sagesse quand les quadra et les quinquas qui sont aux manettes pédalent dans la choucroute face à une méga crise qui menace notre civilisation occidentale dans sa survie.
Lire et relire donc les dits de Morin :
« Essayer de se voir avec le regard des autres. »
« Je lie mon plaisir à mes voyages. Pas seulement la beauté des paysages, mais aussi la bonté des gens, la vitalité des peuples, la nourriture. Je crois que je suis amoureux du monde parce que partout où j'ai été, j'ai trouvé des voluptés, des ivresses, des joies, des émerveillements... La Toscane. Il y a une densité de beauté plus grande qu'ailleurs. Je dirais aussi Séville et l'Andalousie, je dirais le Brésil... »
« L'idée de l'île ? Ça parle de l'infini. C'est quelque chose de riant d'être dans l'infini de la mer ou dans l'infini du sable. C'est un rêve profond en moi. »
« Ce qui m'intéresse vraiment c'est la diversité de l'humanité. Par exemple, les peuples de Bolivie et du Pérou, ce peuple andin qui est resté très lié à ses traditions, à sa façon de s'habiller, les visages qui sont d'une gravité extraordinaire, ils ont une musique que je trouve d'une beauté incroyable »
« Ce monde est vraiment fascinant à la fois si loin et si proche. »
« Il y a une nouvelle tendance qui se développe pour essayer de comprendre les autres. Par exemple, une partie de la jeunesse voyage un peu en vagabond, et se fait accueillir par l'habitant. »
« Voyager est une façon d'oublier ses problèmes dans des choses futiles et secondaires. C’est une façon de se relier à cette espèce humaine dont on fait partie, qui est à la fois une et diverse. Quand le tourisme permet la compréhension et la sympathie, c'est évidemment ce qu'il y a de meilleur. »
« Le vrai péril du tourisme c'est sa tendance à la superficialité, à la chronométrie, à la rapidité... c'est-à-dire qu'en fuyant notre propre monde, nous retrouvons ses pires défauts. »
« D'un côté, nous avons besoin de nous regarder nous-mêmes, d'avoir une vie intérieure, calme, qui suppose une certaine sédentarité. D'un autre côté, nous avons une pulsion de curiosité pour le monde. »
« Voyager à l'intérieur de soi-même est aussi un drôle de voyage. »
« Trois livres a lire ? Robinson Crusoé de D. Defoe. Les Mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand ; Stendhal et ses Promenades dans Rome... »

Méditons ces paroles et, si nous en avons le temps et le loisir, plongeons nous dans l’œuvre de Morin pour nous inciter à croire qu’il y aura un avenir après la crise des crises.
MG

Mark Eyskens : «Des démagogues intolérants exploitent nos divergences communautaires»

Au risque d’une génération sans mémoire historique…
Dans le remarquable discours qu’il a prononcé à la Caserne Dossin * et dont nous publions un extrait, le ministre d’Etat Mark Eyskens dénonce la passivité des autorités durant la guerre et s’inquiète de l’indifférence actuelle vis-à-vis de l’intolérance de certains partis.

Nous vivons dans une société de paradoxes. La société de la connaissance produit aussi beaucoup d'ignorance. Et la surinformation à travers les médias conduit à la désinformation. Le public est souvent exposé à des nouvelles ambiguës et des opinions contradictoires, de sorte qu'il se trouve dans l'impossibilité de faire la distinction entre l'essentiel et l'accessoire.

C'est particulièrement la connaissance du passé qui semble se réduire de plus en plus suite à des réformes de l'enseignement successives qui traitent les cours d'histoire de par-dessus la jambe. Une génération sans mémoire historique et donc amnésique risque d'émerger.

Le manque de connaissance de la Deuxième Guerre mondiale, des atrocités du régime nazi et des méfaits de la Collaboration en Belgique est de plus en plus prononcée. Des mouvements d'extrême droite, usant et abusant habilement de nouveaux moyens de communication électronique induisent les jeunes en erreur.

Dans certains milieux, la lecture de Mein Kampf est à nouveau à la mode, le révisionnisme et l'antisémitisme sont à nouveau propagées. Des incidents en paroles et en actes sont de plus en plus signalés dans les pays européens. La lutte contre la xénophobie sous toutes ses formes doit être renforcée.

Elle commence par la diffusion entre autres au sein de notre enseignement d'une information objective et historiquement motivée en attirant l'attention des jeunes sur les abominables dérives, des lors que les valeurs fondamentales de respect et de tolérance sont bafouées.

Mesdames, Messieurs, nous ne pouvons que nous réjouir qu'en Belgique la création de la Fondation du Judaïsme, avec l’appui du gouvernement a permis d'organiser concrètement le dédommagement des membres de la Communauté juive de Belgique pour les biens dont ils ont été spoliés ou qu'ils ont délaissé durant la guerre 1940-45.

En outre le succès du Musée juif de la Déportation et de la Résistance ici même et le Musée à Bruxelles est également un phénomène encourageant. Soixante-dix ans après les horribles événements, l'objectivité historique nous donne par ailleurs le droit de critiquer, voire de condamner la coupable passivité de certaines autorités politiques et religieuses de l’époque.

« L’INTOLERANCE PROFITE DE NOTRE EGOÏSME COLLECTIF »

Il est établi aujourd'hui qu'en 1942 déjà, les gouvernements Alliés savaient avec certitude que les Juifs d'Europe se faisaient assassiner par l'Allemagne nazie. Des rapports sur les exécutions de masse par des unités mobiles en Union soviétique, et, plus tard, sur l'utilisation des chambres à gaz, avaient été transmis aux capitales alliées..

Finalement, la nouvelle de l'annihilation de millions de Juifs fut publiée dans les journaux britanniques et américains. Mais le désir des Alliés de se concentrer sur les aspects militaires de la guerre a prévalu.

Un même reproche de silence et d'inaction peut être adressé aux autorités vaticanes et il a fallu attendre le pontificat de Jean-Paul II avant que le Vatican condamne sans ambiguïté la shoah, l'antisémitisme et les crimes commis par le régime nazi.

La passivité de hauts responsables d'il y a soixante-dix cinq ans doit nous inciter à une vigilance sans faille aujourd'hui. L'intolérance s'insinue dans les interstices de notre société de bien-être, car hormis ses nombreux bienfaits, elle a tendance à nourrir l'égoïsme individuel et collectif.

Le danger est grand que l'indifférence de l'opinion publique ou les haussements d'épaules des bienpensants paralysent toute action prompte et nécessaire. Pire : que certaines formes d'intolérance soient érigées en programme politique, préconisant des mesures discriminatoires entre citoyens ou annonçant la rupture de la solidarité entre habitants d'un même pays.

Cela vaut aussi pour la Belgique. Et j’ose le dire ouvertement : certains aspects de nos divergences communautaires, exploitées immoralement par des démagogues sont de nature à saper la tolérance et la solidarité les plus élémentaires. Il faut donc réagir.

* Lors du 55e pèlerinage à Malines, le 11 septembre 2011

Mark Eyskens

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COMME UN GRAND MILLESIME, EYSKENS NE CESSE DE BONIFIER
Mark Eyskens a renoncé depuis longtemps à la langue de bois. Il parle libre, franc et clair.
Le lire est un régal et on aimerait le rencontrer comme Œdipe le sphinx.
MG

Europe : Verhofstadt lance un cri d'alarme

L'euro va mal. Et l'Europe aussi. Que faire ? Barroso se prononce aujourd'hui. Et le chef de file des libéraux européens a des idées.

L'euro et l'Union européenne elle-même paraissent, ces temps-ci, dans un état critique. Comment répondre à l'urgence de la crise de la dette, qui pourrait s'étendre ? Comment conjurer le risque d'une récession ? Et comment, plus globalement, permettre à l'Union d'assurer efficacement l'avenir de ses citoyens ? Moins de deux ans après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le débat est à nouveau ouvert.

Ce mercredi, José Manuel Barroso doit prononcer devant les eurodéputés à Strasbourg son « discours sur l'état de l'Union ».
La pression est forte sur le président de la Commission européenne pour qu'il rompe avec une certaine mollesse et qu'il fasse des propositions audacieuses, quitte à mécontenter les grandes capitales. Jusqu'où ira-t-il ? Son avenir personnel se jouera aujourd'hui, tout autant voire davantage que celui de l'Europe…

Guy Verhofstadt lui a, en tout cas, soufflé quelques idées. Dans une lettre adressée à José Manuel Barroso, le chef de file des libéraux européens, dont l'influence percole bien au-delà de sa famille politique, dresse un s ombre tableau de la situation et propose un vrai big-bang européen.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Saint-Josse: mari d'une femme contrôlée pour port de burqa se rebelle contre la police

e mari d'une femme contrôlée pour port de la burqa s'est rebellé contre la police mardi à Saint-Josse
BRUXELLES Le suspect, âgé de 37 ans, a refusé que son épouse ôte son voile afin que la police puisse l'identifier.

Il a été déféré au parquet pour rébellion et coups et blessures volontaires. Les faits se sont produits mardi vers 12h30 rue de Liedekerke à Saint-Josse quand des policiers ont interpellé un couple afin d'appliquer la nouvelle loi concernant l'interdiction du port de la burqa dans les lieux publics.

L'époux de la dame portant la burqa s'est violemment opposé au contrôle de son épouse lorsque les policiers ont voulu l'identifier. Il a frappé un des policiers et ce dernier s'est retrouvé en incapacité de travail de 3 jours.

Le suspect a ensuite ordonné à son épouse de regagner leur domicile situé rue de Liedekerke. Après le départ de sa femme, il a menacé de mort les policiers qui tenteraient encore de s'en prendre à elle.

Un procès-verbal avec une amende administrative sera par ailleurs dressé à l'encontre de la dame portant la burqa.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OTEZ MOI CETTE BURQUA QUI VOILE UN VISAGE HUMAIN
Musulman ou non, athée ou croyant, on ne peut que s’insurger contre l’usage barbare d’un vêtement qui cache le visage de la femme. Le visage est précisément, selon Levinas ce qui en l’autre nous interpelle
Le visage et la parole de l’autre, sa présence irréductible à une idée, me mettent en demeure de répondre, de sorte que même ne pas répondre est encore une réponse.
Le visage de l’autre éveille le moi à son unicité d’être irremplaçable : le « je » n’existe vraiment qu’en répondant au « tu » qui le questionne. Le visage de l’Autre me met en question dans mon être même
Qu’en pensent les lecteurs de la DH ?
« intolérance c'est de refuser le contrôle »
« Si ça lui plait pas,il peut quitter la Belgique ,,,»

« Incroyable , les policiers belges n'ont plus de droit dans leur propre pays ! Ils ne peuvent plus contrôler les personnes qui ne montrent pas leurs visages !!! Mais dans quel monde vivons-nous ?

« faut arrêter de nous faire prendre de vessies pour des lanternes ... on n'est pas du tout compatibles et puis c'est tout. »

« lls ne sont pas encore tous comme ça mais se soutiennent tous quoiqu'ils fassent. »
« La loi à été votée,et la loi c'est la loi,donc il faut se plier au règlement belge ou non »

« C'est clair que voiler sa femme et frapper un policier montrent une très grande ouverture d'esprit de la part de ce musulman sûrement radical plutôt que modéré…»

« En Belgique il y a u de la bonne immigration. Des gens qui sont venu travailler pour la Belgique. Mes grands parents font partie de ceux là et moi même je travail dans ce pays qui m'a accueilli. Mais depuis 'l ouverture des frontières', il y a une mauvaise immigration de gens qui ne sont ici que pour profiter du système social. Selon moi un étranger devrait avoir un permis à points. A partir du moment ou il n'est ici que pour exploiter, style repris de justice récidiviste ou chômeur durant 10 ans alors que parfaitement valide-> retour au pays. Et c'est un fils d'immigré qui vous le dit. »

mardi 27 septembre 2011

L’humanité vit à crédit sur les ressources de la planète

En neuf mois, les Terriens ont épuisé ce que la planète peut leur fournir en un an. La date symbolique du 27 septembre a été fixée par le think tank Global Footprint Network.

Pour finir l’année, l’humanité en est donc réduite à vivre écologiquement à « découvert » et à puiser dans des « stocks » chaque année plus maigres. C’est-à-dire à pratiquer une pêche qui va entretenir la baisse des stocks de poissons dans les océans, à détruire plus d’arbres qu’elle n’en replante ou à rejeter plus de CO2 que ce que la planète ne peut absorber.

«C’est comme avoir dépensé son salaire annuel trois mois avant la fin de l’année, et grignoter ses économies année après année», explique dans un communiqué le président de Global Footprint Network, Mathis Wackernagel.

Une vie «à découvert» que les bientôt 7 milliards de Terriens – le cap devrait être franchi fin octobre selon les prévisions onusiennes – débutent chaque année un peu plus tôt : fin septembre, donc, en 2011, contre début novembre en 2000, en appliquant les calculs utilisés cette année.

Le «think tank» basé à Oakland (Californie) s’est fait une spécialité de calculer l’ « empreinte écologique » de l’humanité et la comparer avec ce que la Terre est en capacité de générer comme ressources renouvelables – sans toucher aux stocks – et d’absorber comme déchets.

SEUIL CRITIQUE FRANCHI DANS LES ANNEES 70

Bilan de l’équation posée par l’organisation : si la Terre a été pendant très longtemps à même de répondre aux besoins des hommes sans s’épuiser, on a franchi un seuil « critique » au cours des années 70. Et depuis plus de 30 ans, l’humanité vit au-dessus de ses moyens et il faudrait en fait 1,2 à 1,5 Terre pour assumer aujourd’hui les besoins d’une population toujours croissante.

En 2010, un rapport du WWF avait mis en exergue les fortes disparités entre habitants de la Terre, qui consomment en fait 4,5 planètes et demie s’ils vivent aux Etats-Unis ou aux Emirats arabes unis mais moins d’une moitié s’ils vivent en Inde.

En arrêtant chaque année une date symbolique où l’humanité commence à puiser dans les ressources, le Global Footprint Network entend d’abord permettre de prendre conscience de cet écart grandissant.

« Mais il n’est pas possible, bien sûr, de déterminer avec une précision absolue le moment exact où nous dépassons notre budget. Ce jour où nous dépassons la capacité de la Terre est plus une date estimée qu’une date exacte », précise le think tank.

Même si l’application cette année de nouvelles méthodologies de calcul ne permet pas une comparaison directe avec les années précédentes, la tendance reste la même avec un épuisement croissant des ressources en dépit de la crise économique mondiale, selon l’organisation.

« Alors que nous cherchons à reconstruire nos économies, c’est le moment de se présenter avec des solutions qui resteront opérationnelles et pertinentes dans le futur », estime Mathis Wackernagel. « Une reconstruction à long terme ne peut réussir que si elle est conduite avec une réduction systématique à notre dépendance aux ressources. »
(afp)

ODYSSEE DIVERCITY : 400.000 VISITES
WE ARE ALL IN THE SAME BOAT
Nous sommes tous, nous les savons bien, embarqués sur leTitanic, que nous voyagions en première classe ou dans les soutes n’y change rien : le naufrage est programmé et les canots de sauvetage sont en nombre insuffisant.

Alors laissons-nous distraire par le foot, les Oscars, l’affaire DSK, la grossesse de Carla, le feuilleton belgicain, Mad Men, le discours papal au Bundestag de Berlin. Il serait urgent pourtant de modifier radicalement les règles du vivre ensemble sur cette planète, de relire Marx et la parabole du bon Samaritain, de revisiter l’itinéraire de Gandhi en terre indienne. Bref de poser les vraies questions tandis que nous fonçons sur les icebergs, en parfaite connaissance de cause. Qu’ Elio soit demain premier ou pas, que Merkel perde son poste de chancelière, que Martine Aubry succède à Sarko, Poutine à Medvedef et Obama à lui-même n’y changera pas grand-chose.

Délaissons donc un instant la scène politique belge et européenne pour prendre un peu de hauteur.

DiverCity va recevoir sa 400.000ème visite et mon vieux break dépassera les 400.000 kilomètres sans le moindre accroc ou presque.

Qu’apporte DiverCity comme valeur ajoutée, hormis notre plaisir de commenter l’actualité bruxelloise dans sa dimension cosmopolite au sens large?

Certes, sans relâche, nous plaidons pour un sursaut éthique et la poursuite d’un dialogue interculturel.

Mais de dialogue avec le lecteur, il n’y en eut jamais. Les lecteurs de DiverCity sont des carpes qui jamais n’émettent le moindre avis, à une trentaine d’exceptions près en trois ans d’existence. En un sens c’est confortable mais ce n’est guère un signe de succès ou de santé. Un blog qui ne serait pas interactif ne sert à rien.

Est-il bien utile de poursuivre cet investissement quotidien de temps, d’énergie et d’écriture ?

J’en profite toute de même pour remercier quelques amis proches pour leurs sporadiques mais chaleureux encouragements.

Ne croyez pas que je ne savoure pas la solitude du blogueur de fond mais je n’aime pas trop ce sentiment de gaspillage d’énergie quand celle-ci est en train de devenir la plus précieuse des denrées.

Quelqu’un a écrit en en 1979 « Si nous continuons à vivre les trente prochaines années comme nous avons vécu les trente dernières, nous sommes en train d’assassiner nos petits enfant. La politique aurait besoin de prophètes, et la science des technocrates d’une sagesse, d’une réflexion sur les fins. Nous avons, depuis quatre siècles, pillé et gaspillé les richesses et les sagesses de trois mondes »

Le monde est dans l’impasse. Il est temps, plus que temps et qui sait trop tard peut être de « créer une école de la participation pour aider chacun à inventer le futur. »

Voulons-nous un avenir à visage humain ?

«Le chemin qui nous reste à parcourir, à partir des tombeaux vides et des dieux morts, pour entrevoir ce que sera l’homme du troisième millénaire- l’homme capable de remonter le terrible courant de l’entropie historique, de devenir un «mutant», c'est-à-dire un agent et un poète de cette mutation de la vie, un homme habitant déjà un monde encore à naître, et habité par lui-, ce chemin est encore immense pour découvrir l’univers au centre de nous-même et nous-même au cœur de l’univers.»

Il est temps encore, mais il devient urgent, de former ces «mutants» ; d’apprendre à vivre autrement, de miser sur le dialogue des civilisations, la croissance négative et la nouvelle espérance.
(Marc Guiot)

dimanche 25 septembre 2011

Un pays en chantier depuis le berceau

La Belgique change de visage. On en ignore encore les implications à long-terme. Mais les Flamands ont obtenu cette réforme de l’Etat qu’ils réclament depuis les législatives de l’été 2007. Pierre Bouillon

Les huit partis à la table des négociations mettent sur pied la sixième réforme de l’Etat depuis l’ouverture du chantier, par Gaston Eyskens, en 1970. Si cette année-là marque le début de la transformation de l’Etat unitaire en un Etat fédéral, les réflexions sur l’architecture du pays sont évidemment plus anciennes. Les premières remontent au XIXe siècle. On les doit au mouvement wallon qui, le premier, et bien avant les Flamands, a prôné le fédéralisme. C’était à Liège, en 1897.
UNE NOUVELLE REFORME DE L’ETAT, DONC. Ce sera la sixième étape d’une mue institutionnelle formellement entamée en 1970 mais dont les Belges - des Belges. - parlent depuis la naissance du pays ou pratiquement. Ce sera la sixième étape d’un processus institutionnel dont les caractéristiques sont : il est erratique (s’est-on jamais fixé un cap clair ? où veut-on aboutir ? en a-t-on jamais réellement débattu ?) ; il est progressif (on agit par étapes, plus ou moins décisives) ; il est destructeur (notre fédéralisme ne s’est pas bâti par le rapprochement d’entités souhaitant collaborer mais par l’affaiblissement de l’Etat central au profit des Régions) ; il est. inamical (partageant peu de visions communes sur le visage à donner au pays, Flamands et francophones ont fait avancer le chantier institutionnel au gré de bras de fer, de trocs, de crises.).

LA QUESTION LINGUISTIQUE. L’équation de 1830, on la connaît. Le pays naissant est aux mains d’une élite francophone qui impose le français comme seule langue officielle. Ce choix est fondé sur l’idée que l’unilinguisme cimentera les Belges. La primauté accordée au français (dans l’administration, la justice, l’école, l’armée.) va immédiatement irriter la Flandre , soucieuse de faire reconnaître sa langue. Ce combat linguistique sera longtemps délié du débat sur l’évolution institutionnelle du Royaume. On réclame, on revendique, on pétitionne, mais sans remettre en cause les structures politiques belges (formées, à l’époque, de l’Etat central, de provinces et de communes).

La Belgique est à peine née que le mouvement flamand s’ébroue. Dès 1840, la Flandre pétitionne. Il est demandé que le néerlandais soit d’usage, en Flandre, dans les tribunaux, l’administration, les écoles (il n’est pas souhaité que le français soit banni de Flandre ; il est juste demandé que le Flamand soit instruit, jugé et administré dans sa langue). Forte de 13.000 signatures, cette pétition n’émeut pas le pouvoir, rivé à l’idée que l’unilinguisme va raffermir cet Etat encore fragile. L’indolence du gouvernement à répondre à la revendication flamande enflamme celle-ci. En 1847, l’écrivain Henri Conscience jette les bases du mouvement flamand en publiant un manifeste qui expose le malaise au Nord et le péril que l’unilinguisme francophone fait peser sur l’unité de l’Etat. « La Belgique se trouve dans une situation artificielle qui constitue une menace constante pour l’existence même de la patrie. La majorité de la nation est dominée par l’autre partie. (.) »

LES WALLONS A L’AVANT-GARDE. Comme la pétition de 1840, le cri de Conscience n’est pas entendu. Mais un combat va épauler la revendication flamande : c’est celui visant à élargir le corps électoral. Le droit de vote est initialement réservé à l’élite. En 1848, on abaisse le cens électoral (niveau d’impôt à partir duquel le droit de vote est accordé). La mesure double l’électorat (il passe à 79.000 âmes) et ouvre le parlement à la tranche supérieure d’une classe moyenne flamande, sensible aux thèmes portés par le mouvement flamand. Peu à peu, il marque donc des points. Et cette lente montée en puissance se met à inquiéter les francophones. De quoi ont-ils peur ? Le néerlandais n’est pas encore reconnu comme langue nationale (il faudra attendre 1893) qu’ils s’inquiètent de ce combat flamand proposant le bilinguisme dans les administrations - ils ont peur que la connaissance du néerlandais soit exigée des fonctionnaires, des juges, et que les Flamands se mettent donc à rafler les emplois. Cette panique conduit les francophones à se mobiliser. Naissent pêle-mêle une Ligue wallonne et anti-flamingante (Charleroi), une Fédération wallonne (Liège) ou une Société de propagande wallonne (Bruxelles). Tels sont, épars, les germes du mouvement wallon. Un premier congrès en tant que tel se réunit en 1890. Il y est dit que les exigences flamandes sont « exagérées ».

Quelques années plus tard, on grimpe d’un degré quand Julien Delaite fonde la Ligue wallonne de Liège. On lui doit le premier vrai coup de sabot dans le cadre belge. La Ligue wallonne revendique en effet la « séparation administrative. » On est en 1897. Et cette séparation administrative, c’est le. fédéralisme. Dans l’esprit de Julien Delaite, Flamands et Wallons disposeraient chacun d’un parlement et d’un gouvernement. En parallèle, on créerait un parlement fédéral, formé à parts égales de Wallons et de Flamands, pour y gérer l’armée, la justice, la monnaie. Voilà, datée, franche et nette, la première remise en cause des structures de l’Etat. Suscitée par le combat linguistique flamand, cette première réflexion de type institutionnel est donc wallonne. Elle est encore minoritaire. Mais l’idée est là.

L’HORRIFIANTE VERITE
En 1912, elle prend de l’épaisseur avec Jules Destrée et cette «grande et horrifiante vérité» dont le député socialiste entend, via cette lettre ouverte publiée dans le Journal de Charleroi, instruire le Roi. Le premier couplet est connu : «Il n’y a pas de Belges mais des Wallons et des Flamands. Vous régnez sur deux peuples.» Ce couplet-ci l’est moins : «Une Belgique faite de l’union de deux peuples indépendants et libres (.) ne serait-elle pas un Etat infiniment plus robuste qu’une Belgique dont la moitié se croirait opprimée par l’autre moitié ?»

Revoilà l’idée (wallonne) de la séparation administrative - laquelle, notons-le, préserve le cadre belge. Elle va désormais recevoir un écho côté flamand. La lenteur avec laquelle la loi belge intègre la revendication linguistique flamande a en effet suscité l’émergence d’un courant réclamant l’indépendance de la Flandre - ces « activistes » verront dans l’occupation allemande de 1914-18 l’occasion d’arriver à leurs fins. Fut-il marginal, le virus séparatiste est désormais présent, actif.

L’année 1919 est celle d’un tournant décisif. Le suffrage devient universel (le droit de vote est accordé à tout homme), ce qui débride le mouvement flamand. En 1921, une loi déclare que l’on parlera flamand dans les administrations en Flandre, français dans les provinces wallonnes, les deux langues à Bruxelles. De facto, voilà tracée la frontière linguistique. Il faudra attendre 1962 pour la figer mais cette ligne de partage de nos trois régions est l’élément préalable à toute refonte de nos structures politiques.

REFLEXIONS EN HAUT-LIEU. Au fait : réformer l’Etat, on commence de plus en plus à y songer - et en haut-lieu désormais. En 1936, ébranlé par la montée en puissance des nationalistes flamands du VNV (ils viennent d’emporter 16 sièges à la Chambre ), Paul Van Zeeland, Premier ministre, prend conscience de la nécessité d’adapter l’Etat à la diversité de ses communautés. Il crée un Centre d’études pour la réforme de l’Etat. On y proposera d’accorder une certaine autonomie culturelle à chaque communauté. Il sera suggéré aussi de diviser le ministère de l’Instruction publique en deux ailes flamande et francophone. Cette piste ne sera pas concrétisée. En revanche, on crée des Conseils culturels (un flamand, un francophone) chargés d’émettre des avis dans le secteur des lettres, des beaux-arts. On est en 1938. On peut voir dans ces organes l’ébauche de ces Communautés qui verront le jour 32 ans plus tard. En tout état de cause, un virage s’est opéré. Comme le souligne Xavier Mabille dans son Histoire politique de Belgique, les relations entre Flamands et Wallons ne se règlent plus seulement à coups de lois linguistiques ; elles conduisent désormais à s’interroger sur le cadre institutionnel belge.

La guerre 40-45 suspend ces débats, bien sûr, et l’immédiat après-guerre est marqué par d’autres soucis (relance du pays, sort de Léopold III). Mais les convulsions qui vont secouer le pays (Question royale, Guerre scolaire, grèves de 1960, Walen buiten.) soulignent toutes le fossé qui sépare les deux communautés du pays et la nécessité d’adapter ses structures à sa réalité linguistique. Aussi, l’après-guerre, marqué par les premiers indices de l’essoufflement économique au sud du pays, gonfle les rangs du mouvement wallon. Aux congrès de 1945 et 1946, il réclame la création d’un système fédéral composé de deux régions (Wallonie, Flandre) et d’une « ville fédérale » (Bruxelles). La Question royale (1945/50) et les grèves de 1960 sont l’occasion pour le monde ouvrier d’épaissir encore les rangs du combat wallon, en suscitant le ralliement de la puissante FGTB d’André Renard.

DEUX LIGNES QUI SE CONJUGUENT. La ligne wallonne est désormais celle-ci : la régionalisation doit permettre à la Wallonie de se libérer du « gouvernement de Bruxelles » (. et des Flamands) et de maîtriser ses outils économiques. La ligne flamande est (à l’époque) celle-ci : il faut que la Flandre dispose des outils culturels dont elle a besoin pour protéger sa langue, sa culture. Si elles ne coïncident pas, ces deux aspirations vont se conjuguer pour transformer l’Etat, au fond dans un esprit de donnant-donnant. Le premier pas est franchi en 1970. « L’Etat unitaire est dépassé par les faits », expose Gaston Eyskens, Premier ministre, à la Chambre , le 18 février 1970, en livrant le contenu de la première réforme de l’Etat. Celle-ci crée les Communautés française et flamande et, sur papier, crée les Régions wallonne, flamande, et bruxelloise.

Les réformes suivantes vont affiner le dessin. Avec à l’occasion des voies sans issue - on songe à cet accord institutionnel/communautaire de 1978 (Pacte d’Egmont) que le CVP de Leo Tindemans coulera par le fond pour cause de concessions trop franches aux francophones.

LA REFORME DE L’ETAT DE 1980 lance véritablement les Régions wallonne et flamande. Celle de 1988-89 charge leur barque avec de nouvelles compétences et crée la Région bruxelloise ; partisans d’un fédéralisme à deux (Flamands/francophones), les Flamands ont pendant 9 ans bloqué l’avènement de Bruxelles qui crée un rapport de force de un (Flandre) contre deux (Bruxelles, Wallonie).

LA REFORME DE 1989 transfère aussi l’école aux Communautés. Côté francophone, l’opération se passe mal. La loi de financement (de 1989) qui organise l’alimentation financière de l’édifice, a calculé trop juste et l’école francophone souffre (au Nord, la Communauté flamande, parce que fusionnée à la Région flamande, souffre moins, pouvant, elle, profiter du pouvoir fiscal dont jouit l’institution régionale).

LA REFORME DE L’ETAT DE 1992 sera l’occasion d’ajuster (un peu.) la loi de 1989 et de desserrer (un peu.) le collet. Elle nous fera surtout aller au bout de la logique fédéraliste (les Régions disposent désormais de parlements propres, d’élus directs et d’élections désormais distinctes des scrutins fédéraux). Cette réforme de 1992 a globalement repu les francophones. Ils vont en accepter une cinquième (2001), demandeurs qu’ils sont d’un refinancement définitif de l’école. Celui-ci obtenu, ils ne seront plus demandeurs de rien. A l’inverse des Flamands, souhaitant de nouvelles régionalisations, dans les domaines de l’impôt, l’emploi ou la Sécurité sociale. Ces souhaits inquiètent les francophones, craignant que l’on sape les mécanismes de solidarité entre les Belges - et dès lors que l’on menace l’existence de l’Etat.

On en est là. Les partis flamands espéraient rouvrir le chantier institutionnel à l’été 2007. Depuis trois ans, on tourne en rond. Les esprits sont tendus. Et un gouvernement vient de chuter pour cause de statu quo institutionnel. L’apaisement aura un prix : une sixième réforme de l’Etat. Elle aura lieu. C’est absolument certain. Mais on en ignore encore tout - un saut de puce ou un pas de géant qui nous mènerait aux rives du séparatisme ? On vous l’a dit : erratique.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES DIFFICULTÉS DU VIVRE ENSEMBLE
Un article objectif et indispensable, à lire et à relire, à conserver dans ses archives, à faire lire aux élèves de l’enseignement secondaire pour le commenter et le discuter en classe. On aimerait que les professeurs d’histoire prennent une telle initiative. On ne put pas comprendre en effet la crise de régime dans laquelle la Belgique patauge depuis trois ans sans connaître le contexte historique : les tenants et aboutissements. Comment en est-on arrivé au blocage actuel ? C’est limpide, il suffit comprendre que la Belgique est un pays en chantier depuis le berceau en 1830.

L’histoire belge est le récit des difficultés que rencontrent deux communautés, deux peuples, (le peuple wallon d’origine latine et le peuple flamand d’origine germanique), à vivre ensemble, l’un cherchant à dominer l’autre sur un territoire unitaire qui sera graduellement redivisé en trois régions autonomes (demain quatre avec la région allemande) une région flamande (unilingue, une région flamande (unilingue) et une région bruxellois (bilingue).

Comme se plait à le rappeler Hermann De Croo, ce processus a fait couler énormément d’encre et de salive mais pas une goutte de sang ou presque. Il faut s’en réjouir et cesser de geindre sur la médiocrité du monde politique. Ils font ce qu’ils peuvent pour organiser le vivre ensemble dans la complexité sur un territoire situé au cœur de l’Europe, dans le delta d’or (Escaut, Meuse, Rhin), à la frontière de la latinité méditerranéenne et de la germanité nordique.

La Belgique ? Un pays de cocagne en proie à la mondialisation.
MG

La question de mercredi : pourquoi encore apprendre le latin ?


Le latin, une langue morte pour l’école ? Négatif. Si l’on analyse les chiffres établis par la Communauté française, cette option domine largement les autres. Mais à quoi sert exactement cet enseignement ? Qu’apporte-t-il au juste aux élèves ? Nous faisons le point mercredi prochain. D’ores et déjà, nous attendons vos réactions…

« La raison est évidente, pour “faire bien” et comprendre l’Abemus Papam en V.O. …lol…. »

« Trois principales raisons pour l’apprendre:

1. Avant tout pour l’exercice intellectuel qu’il exige et qui aide à créer un intellect plus fort avec une capacité d’abstraction et d’analyse particulièrement poussé. Les sciences restent plus terre à terre. Une grille d’apprentissage constituée de math, de latin et de sciences donne un maximum de chances aux intellects ainsi formés.

2. Le latin est une des seules branches qui supportent les aptitudes linguistiques des jeunes. La langue maternelle, française ou autre, s’appauvri dans une culture du média instantané aux mots comptés et écorchés. Or, la capacité à s’exprimer correctement et à construire un argumentaire est absolument capitale tant pour l’apprentissage, la communication avec les autres que plus tard dans le milieu professionnel. De tout temps, les bons orateurs ont toujours mieux tiré leur épingle du jeu social.

3. Pour certains milieux politiques, le latin est assimilé à l’élitisme intellectuel traditionnellement catholique d’antant. Elitisme intellectuel trop souvent confondu avec un élitisme sociétal en opposition avec des thèses égalitaires. Voilà les deux mauvaises raisons pour lesquelles la POSSIBILITE / LIBERTE d’apprendre le Latin est aujourd’hui contestée. Mauvaise raison contre = bonne raison pour, CQFD. mdr. »

« Pour comprendre les citations des spécialistes de langues mortes tel Bart de Wever en V.O.S.T.Vl »
« J’ai fait “latin-grec” en 1976-1982, mais c’était un choix par défaut que j’ai regretté, deux ou trois ans de latin et un an de grec suffisent largement pour des adolescents, au-delà on entre dans des textes d’époques différentes, de régions et de dialectes différents, et ça finit par devenir beaucoup trop spécialisé, pour des langues mortes en tout cas. Je trouve beaucoup plus stimulant d’apprendre dès le plus jeune âge des notions de plusieurs langues très différentes (chinois, japonais, arabe, hébreu, turc, russe, lingala, swahili…), mais aussi des principes élémentaires de linguistique dès le secondaire pour rendre les enfants conscients de la diversité des structures linguistiques, tout en approfondissant les deux essentielles pour les francophones de Belgique: l’anglais et le néerlandais (et vice versa). Une autre chose qui manque cruellement dans le secondaire belge (outre la philo) est un cours de littératures étrangères.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« SANS LE LATIN LA MESSE NOUS EMMERDE »
Je suis un rescapé des latin grec d’autrefois (59-65). Un très mauvais souvenir. Huit heures par semaine d’un ennui total contre trois heures d’anglais et deux heures d’allemand. Grotesque ! Il paraît que cela a peu changé ! Il est urgent, tous le disent, de former des petits Bruxellois multilingues ouverts aux autres cultures.

Et l’abstraction, les déclinaisons, les aoristes seconds etc. ? Faites donc de l’anglais, de l’allemand, du russe, de l’espagnol, de l’arabe ou du chinois vous ferez travailler tout autant vos neurones et vous aurez le plaisir en sus.

A condition, évidemment d’avoir des profs bien formés.

Et la connaissance des racines qui aide à comprendre le vocabulaire français ? Et l’orthographe ? Que le prof de français donne un bon cours d’étymologie et tout ira bien. Mieux, à notre avis.

Et le vernis culturel ? Les Romains, excellents organisateurs, ingénieurs et juristes manquaient de finesse littéraire.
Quant à la littérature grecque, elle est sublime mais quasiment inaccessible en version originale, même pour un potache brillant. Et Shakespeare, Shaw, Wilde, Joyce, Virginia Woolf, DH Laurence, vous avez lu ; Goethe, Brecht, Mann, Hesse, Nietzsche, Heidegger etc., vous connaissez ?

On continue ?
MG

vendredi 23 septembre 2011

‘ La Cage RPZT ’, film over en door de Berenkooiwijk

Allen daarheen: in het Lacroixpark wordt vrijdag La Cage RPZT vertoond. Een film over en dóór de Berenkooiwijk. Over adolescenten, (op)boksen tegen vooroordelen en geheimen.

‘Wijkcontracten’, ‘stedenbouwkundige herwaarderingsprogramma’s van het Gewest’: niet meteen wat we associëren met een hippe film. Toch producete vzw Zumba een film in het kader van het wijkcontract Navez-Portaels. Hoe die twee samenkwamen, vertelt Paula Bouffioux van Zumba: “Wijkcontracten dienen om wat meer dynamiek te brengen tussen al de verschillende culturen hier. We vroegen ons af: waarom de Berenkooiwijk/Cage aux Ours met haar slechte reputatie eens niet helemaal anders voorstellen? Daarom moesten zo veel mogelijk mensen uit de Berenkooi erbij betrokken worden. We gingen langs in het Institut Technique Cardinal Mercier, een school met 67 nationaliteiten. Het klikte meteen: daar hebben we ons scenario geschreven en onze acteurs geronseld. We werkten ook samen met de lokale vzw Queensbury Sport Jeunes, die jongeren uit de buurt leert boksen. Coach Raymond Spelberg hielp ons met de casting, zodat nu zelfs Belgisch bokskampioene bij de pluimgewichten Sabrina Giuliani een rol heeft in onze film.”
“Er was veel enthousiasme. Een eerste casting lokte volk van alle leeftijden en origines. De jongeren werden later begeleid door acteurs als de Schaarbekenaar Mourade Zeguendi (o.a. Les barons ) en Caroline Rottier. Het waren zalige draaidagen onder de zon van de paasvakantie. We filmden onder andere een scène van een buurtfeest waarvoor meer dan honderd figuranten opdaagden. Dat was in de volkstuintjes van de NMBS met mechoui (openluchtmaaltijd met gebraden schaap, AD) en een boksmatch langs de sporen. De treinreizigers keken nogal! Die mix van mensen tegen het decor van de stad: pure poëzie.”
Is het verhaal ook uit het leven in de buurt gegrepen? “Het is gebaseerd op het leven van een leerlinge in Cardinal Mercier. De Schaarbeekse wijk speelt er een grote rol in”, zegt Bouffioux. “Regisseur Jeep Novak en zijn team werkten met maar liefst zes fotografen met oog voor stadspoëzie. En wat de herkenbaarheid betreft: dat hebben we wel kunnen horen toen we in mei zes minuten voorvertoning (zie http://vimeo.com/24053975) hielden in de buurt. De gebouwen, de vrienden, alles werd onthaald op lachsalvo’s en kreten vanjewelste!”
MattendrizZ, die voor de reggae en elektrorap sound zorgde, zal vrijdag samen met Omarrio de film live begeleiden. Aan de film gaat trouwens een rap- en urban groove- concert vooraf: “De roots van de rapgroep A6MIL, met een leraar van Marokkaanse afkomst die Omar(rio) aanspoorde om persoonlijke rapteksten te schrijven, liggen in de Berenkooiwijk.”
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Vrijdag 23 september, Lacroixpark, Prinses Elisabethlaan 32, Schaarbeek. Apéro en concert om 20 uur, film om 20.30 uur ( 30’ ). Originele versie Frans (en Brussels), geen ondertitels.

Un accord sur la gouvernance bruxelloise, la question linguistique en suspend

Après deux journées de travail, le groupe présidé par Philippe Moureaux, chargé de trouver une solution à la simplification des institutions bruxelloises est arrivé hier soir à un accord sur l'ensemble des matières passées en revue. Détails.

L'accord intervenu entre les huit formations qui négocient avec le formateur Elio Di Rupo prévoit notamment une simplification des procédures d'urbanisme. C'est ainsi qu'une décision pourra intervenir dès que la Commission de concertation aura donné son avis. Il a aussi été convenu de diminuer de moitié le nombre de sociétés de logement social.
Dans le domaine de la propreté, actuellement les voiries régionales sont balayées par des balayeurs régionaux et les voiries communales par des balayeurs communaux. Il a été décidé que tout sera dorénavant du ressort des communes. Le matériel approprié et le personnel régional seront transférés aux communes. Il reste à régler le problème du statut des agents régionaux transférés aux communes.
En ce qui concerne la sécurité, il n'y aura plus de gouverneur. On élaborera un plan régional de sécurité sous l'autorité du ministre-président qui cordonnera les plans zonaux de sécurité. Ceux-ci devront s'inscrire dans le plan régional.
En cas de catastrophe, la commune concernée sera responsable et en cas de défaillance de celle-ci, le ministre-président interviendra.

UN PLAN REGIONAL DE MOBILITE
En matière de mobilité, un plan régional de mobilité sera coulé dans une ordonnance et les plans communaux devront s'inscrire dans ce plan régional. Si une commune n'élabore pas de plan, la Région pourra intervenir pour la remplacer. Les travaux qui ne s'inscrivent pas dans le plan ne pourront pas être subsidiés. L'accord prévoit aussi un recrutement et une formation plus efficace pour les policiers.
L'ensemble sera transmis aux négociateurs fédéraux. Le texte devrait toutefois passer la rampe à ce niveau également puisqu'il avait été convenu que ceux-ci reprendraient l'accord intervenu entre Bruxellois.

"UN PAS DANS LA BONNE DIRECTION "
Pour le vice-premier ministre CD&V Steven Vanackere, l'accord sur Bruxelles est "un pas dans la bonne direction". Il est toutefois d'avis que l'accord aurait pu être plus ambitieux. "Les transferts de compétences vers la Région auraient pu être plus importants".

Steven Vanackere qui est bruxellois, a tenu à ajouter que la fusion des 19 communes bruxelloises n'a cependant jamais fait partie de ses revendications.

Les FDF considèrent également que l'accord est "un pas dans la bonne direction" mais regrette "le caractère limité de l'accord", car il ne traite pas de la fonction de vice-gouverneur néerlandophone, et l'absence de mesures visant à rationaliser les nombreux acteurs intervenant dans la lutte contre les inondations.
Cet accord permettra d'améliorer le fonctionnement de la Région bruxelloise, a indiqué à son arrivée le ministre-président Charles Picqué. Selon la ministre bruxelloise CD&V Brigitte Grouwels, il s'agit d'un "beau paquet" qui justifie des moyens supplémentaires pour la Région.
Charles Picqué a notamment mis en exergue le rôle que jouera désormais la Région bruxelloise en matière de sécurité et la plus grande cohérence en matière de mobilité.
Brigitte Grouwels a souligné que l'accord ne constituait pas "une
révolution copernicienne". Mais il comporte cependant de nombreuses possibilités d'amélioration, a-t-elle admis, estimant que cela "justifie que Bruxelles perçoive un financement supplémentaire".

LA LEGISLATION LINGUISTIQUE EN SUSPENS
Le groupe n'a pas abordé les questions relatives aux compétences du vice-gouverneur de l'arrondissement de Bruxelles-capitale ou à la législation linguistique à Bruxelles.

Cette négociation ne reprenait toutefois pas quatre points d'une précédente note du formateur dont le CD&V ne voulait pas du tout à savoir la ratification de la convention-cadre sur les minorités, la circonscription fédérale, l'assouplissement de la législation linguistique et les listes bilingues à Bruxelles.
(Le Vif.be, avec Belga)

HET BEGIN VAN EEN EERSTE AANZET
Het begin van een eerste aanzet tot de echte vereenvoudiging van de Brusselse instellingen. Zo noemde Wouter van Besien (Groen!) het akkoord over de hervorming van de Brusselse instellingen. Het begin van het begin dus. En muizenstapakkoord. Hij keurde het teleurstellende akkoord (in ruil voor veel extra geld voor Brussel) goed, hoewel Groen!-Brussel samen met Ecolo eerder al véél betere plannen voor een hervorming van de Brusselse instellingen uittekenden.
Ook CD&V-voorzitter Wouter Beke keurde het goed, ofschoon de Brusselaar Steven Vanackere de - voor zijn doen krachtige - zin uitsprak dat 'het iets ambitieuzer had gekund'. Bij de SP.A en Open VLD ging het niet anders.

Men mag niet zeggen dat er in dat akkoord helemaal niets staat, maar een perspectief bieden, doet het niet.

En dat moest het nu precies wel doen. Brussel met zijn jonge bevolking en zijn Europese rol, zou een fantastische motor van culturele, sociale en economische ontwikkeling kunnen zijn voor zijn eigen bevolking en voor heel dit land, maar het realiseert daar weinig van. Omdat het geen visionair beleid heeft. Dat kan het ook niet hebben, omdat de macht er zo versnipperd is. Daardoor wordt ieder lokaal machthebbertje overspoeld door problemen die hij niet aankan.

Brussel heeft nood aan krachtige beleidsstructuren.

En wat wordt dan beslist?

De straatvegers van het Gewest worden overgedragen aan de gemeenten. De zes politiezones die de problemen niet aankunnen, blijven bestaan, maar de minister-president mag ze coördineren. Hij mag af en toe beleefd vragen beter samen te werken. Er komen overkoepelende mobiliteits-, veiligheids- en ruimtelijke plannen, en de 19 gemeenten maken die concreet. De 33 sociale woonmaatschappijen worden teruggebracht tot vijftien.

De ergste uitwassen van de bestuurlijke wanorde worden weggewerkt. Meer niet. Niet alleen de Vlaamse partijen hadden beter verwacht. De 1,1 miljoen Brusselaars ook. En de tienduizenden Europeanen die zich graag met hun werkstad Brussel zouden identificeren, ook.

(…)Wie of wat kan die motor voor Brussel zijn, nu het extra staatshervormingsgeld geen beweging brengt? Guy Tegenbos De Standaard

KAFKA
Het is geen sinecure om de institutionele finesses van Brussel te doorgronden. (…)
Dat de acht partijen een akkoord hebben bereikt over een pakket hervormingen is een prestatie op zich. Ja, er zullen zaken veranderen. Maar met mate. Veel enthousiasme ontlokt het akkoord niet. Zelfs niet bij de betrokken politici.

Het probleem in de hoofdstad is niet dat er niets verandert. Alleen verandert er steeds maar een beetje. Het antwoord van de politiek houdt geen gelijke tred met de razend snelle veranderingen in de maatschappij.

Terwijl Brussel tegen een enorme bevolkingsgroei aankijkt, telt de wachtlijst voor sociale woningen sinds kort meer gezinnen dan het totale aantal sociale woningen. Daarvan staan er dan nog eens bijna 3.000 leeg in afwachting van renovatie.

Om het met een uitdrukking te zeggen die iedereen rond de onderhandelingstafel zal verstaan: plus est en vous. Een beetje toch. Steven Samyn, De Morgen.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MODÉRÉMENT AUDACIEUX
Les mégapoles d’Europe se livrent à une concurrence de plus en plus âpre.
Bruxelles ne manque pas d’atouts : sa situation géographique au cœur de l’Europe, une population jeune (mais mal formée) plusieurs universités, un réseau d’enseignement très maillé (mais inefficace), un climat cosmopolite qui séduit les expats, une offre culturelle intéressante, une communauté urbaine (hinterland) qui englobe pratiquement le Brabant tout entier mais est arbitrairement enfermée dans un carcan de 19 communes ...
Ce qui manque cruellement à la capitale de l’Europe, c’est une vision d’avenir et une gouvernance efficace rassemblant et coordonnant une mosaïque de petits pouvoirs locaux inefficaces, concurrents, jaloux de leurs prérogatives et allergiques au changement. La preuve : les éboueurs se sont déjà mis en grève contre leur passage aux communes. Ca promet pour la suite.
La presse flamande dénonce le caractère pusillanime des réformes prévues par l’accord des négociateurs en matière de sécurité, de mobilité, de logement et surtout simplification du mécano institutionnel bruxellois.
On ne saurait lui donner tort.
MG

jeudi 22 septembre 2011

Louis Michel: "Les libéraux ne seront pas revanchards"

Pour Louis Michel, Olivier Maingain, le président des FDF dont le divorce avec les libéraux n'est plus qu'une question de jours, "a basculé, lui, dans le populisme" et dans "l'insulte". La perspective d'une scission du MR est "d'autant plus regrettable que l'accord (ndlr: sur BHV) est équilibré et bétonne les droits des francophones dans la périphérie".
Louis Michel a par ailleurs reproché à Olivier Maingain d'essayer de diviser les libéraux et de "vivre de son côté depuis deux trois ans". "On a le sentiment que M. Maingain ne nous respecte plus. Ce n'est pas le cas de M. Gosuin", a-t-il ajouté. Par ailleurs, disant croire encore en la Belgique, Louis Michel a estimé que la communauté urbaine étendue aux limites de l'ancien Brabant unifié pouvait "préfigurer le fait d'enlever le corset sur Bruxelles".
Pour lui, les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise seront "tôt ou tard ancrées dans Bruxelles à partir du moment où les facilités sont ancrées dans la Constitution" via l'accord intervenu la semaine dernière.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENLEVER LE CORSET SUR BRUXELLES ?
D’abord un mot sur la forme : Un internaute commente : « Pourquoi le père Michel intervient-il en lieu et place de son président de fils ?
Le petit Charles n'a donc plus à être surnommé "Papa m'a dit" mais plutôt "Papa vous le dira, lui-même »"
Ensuite sur le fond : « Louis Michel a estimé que la communauté urbaine étendue aux limites de l'ancien Brabant unifié pouvait "préfigurer le fait d'enlever le corset sur Bruxelles. Pour lui, les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise seront "tôt ou tard ancrées dans Bruxelles à partir du moment où les facilités sont ancrées dans la Constitution" via l'accord intervenu la semaine dernière. »
De quoi faire passer sa gaufre de travers à Bart De Wever et à donner le hoquet à la N-VA tout entière. On se demande ce qui permet à Louis Michel d’affirmer une chose pareille. Certes la communauté urbaine métropolitaine, l’hinterland naturel de Bruxelles s’étend pratiquement jusqu’aux limites du Brabant ; en revanche dans l’hypothèse d’une Belgique à trois régions, la région de Bruxelles capitale est enfermée dans son carcan de 19 communes. Autre chose est d’imaginer une gestion de la capitale européenne par les deux Communautés : communauté flamande et communauté française. Est-ce à cela qu’il songe ?
Pour mieux comprendre les délires de Olivier Maingain, Nous renvoyons nos lecteurs à l’analyse implacable Marc Uyttendaele dans le Soir de ce jour et au brillant exposé sur les thèses du FDF par Chantal Kesteloot- docteur en histoire et auteur de” Au nom de la Wallonie” et de “Bruxelles français. Les origines du FDF”, Brussel, Complexe, 2004- dans De Morgen, toujours lui.
MG

TRICHEUR? C’EST CELUI QUI LE DIT QUI L’EST
Marc Uyttendaele
Marc Uyttendaele Professeur de droit constitutionnel à l’ULB revient sur les dernières déclarations d’Olivier Maingain. Pour lui, ce n’est pas la première fois qu’il témoigne d’une incapacité de brider ses mots et ses émotions

«Tricheur.» Le mot claque comme une gifle. Olivier Maingain, et ce n’est pas la première fois, témoigne d’une agressivité irrépressible, d’une incapacité de brider ses mots et ses émotions. En 2010, déjà, il faisait, de manière indigne, un lien entre la position choquante du gouvernement flamand à propos des bourgmestres non nommés de la périphérie bruxelloise et l’occupant nazi pendant la seconde guerre mondiale.

L’homme, manifestement, ne supporte pas qu’un accord sur BHV ait pu être conclu. Il ne digère pas que des concessions réciproques aient pu être réalisées. Il lui est insoutenable que son président de parti ait osé s’émanciper de ses diktats et se comporter, à l’instar des responsables du CD&V, le 21 juillet dernier, comme un homme d’État, soucieux de sortir le pays de l’ornière profonde dans laquelle il s’enlisait inexorablement.

En quelques semaines, les masques sont tombés. Il existe, dans ce pays, des responsables politiques « responsables » et d’autres qui font de la crise leur fonds de commerce électoral. Dans leurs outrances, les leaders de la N-VA et du FDF sont des frères siamois. Comme des orfèvres, ils cisèlent leurs revendications à la seule fin de les rendre inacceptables par les négociateurs d’en face. Ils peuvent ainsi adopter la posture de l’intégrité et se rengorgent de respecter leur parole, là où précisément les autres – ceux qui s’évertuent à rapprocher les points de vue – sont présentés comme des mous, des collaborateurs, des « tricheurs ».

Cette démarche d’apparente intégrité relève de l’imposture la plus flagrante car le vrai tricheur est ailleurs. Le vrai tricheur est celui qui triche avec les électeurs. Tricher avec les électeurs, c’est leur promettre la lune. Tricher avec les électeurs, c’est affirmer qu’il existait encore un lien territorial entre Bruxelles et la périphérie bruxelloise alors même que la frontière linguistique, étanche, est définitivement tracée depuis 1970. Tricher avec les électeurs, c’est leur faire croire qu’il est possible de revoir le tracé de cette frontière alors qu’il s’agit pour le monde politique flamand d’un tabou absolu et que sa modification n’est possible que moyennant le soutien d’une majorité de députés et de sénateurs flamands. Tricher avec les électeurs, c’est leur faire croire que tous les partis francophones se seraient engagés à obtenir l’élargissement de Bruxelles contre la scission de BHV. La réalité est, en effet, infiniment plus subtile.

La revendication de cet élargissement était l’épouvantail agité par les Francophones en cas de scission « pure et simple » de l’arrondissement, soit une scission sans régime particulier pour les six communes à facilités. Tout observateur moyennement intelligent avait alors compris que si accord il y avait, celui-ci impliquerait une scission, un régime particulier pour les électeurs de ces six communes et le maintien tel quel de la frontière linguistique. Olivier Maingain, comme tout un chacun, en était parfaitement conscient. Faire mine aujourd’hui de l’ignorer relève aussi de la tricherie. Tricher avec les électeurs, c’est célébrer en 2005 un accord qui donne aux électeurs des six communes à facilités le choix de voter à Bruxelles ou en Brabant flamand et trouver en 2011 que la même formule relève d’une déchirure intolérable, impliquant de devoir choisir entre le lien avec Bruxelles et la solidarité avec les autres francophones du Brabant flamand.

Bref, tricher avec les électeurs, c’est leur faire croire qu’en Belgique, il est possible de faire l’économie de vraies concessions réciproques et rester obstinément sourd aux revendications de l’autre communauté.

Le courage politique du CD&V en juillet et des libéraux en septembre a été de rompre le cercle faussement vertueux consistant à rester cramponné à des promesses électorales qui ne sont jamais qu’un point de départ, qu’un étiage permettant de fixer les positions de départ avant d’engager un processus de rapprochement. Car ce serait tricher avec les électeurs de croire qu’ils attendent de leurs élus de demeurer à ce point intransigeants qu’ils n’aient plus qu’à offrir le chaos au peuple.

Alors, pour en revenir à la sémantique du président du FDF, en retournant dans la cour de récréation, usant du langage inapproprié qui est le sien, il est délicieux de lui retourner : « C’est celui qui le dit qui l’est ».

Divorce MR-FDF, « l’affrontement de deux logiques »

Le divorce avec les libéraux sera officialisé par Olivier Maingain lors du prochain Conseil général du FDF. Selon David Coppi, Charles Michel fait un pari risqué mais pas perdu d’avance.

Qui porte la responsabilité de ce divorce ?

David Coppi : Personne. Charles Michel et Olivier Maingain sont dans leur logique politique. Le premier a choisi le compromis et le second le refus du compromis, en tout de cette sorte. Au niveau où le FDF avait placé la barre, je pense qu’un compromis n’était pas possible. Olivier Maingain était clair depuis plusieurs semaines : il demandait à Charles Michel d’exiger trois ou quatre modifications. Il n’a pas obtenu satisfaction.

Quelles seront les conséquences de cette séparation pour le MR et pour le FDF ?

Le MR perd trois sièges à la Chambre et n’en a plus que 15. Mais il devient surtout le troisième parti dans les négociations (NDLR : il était le deuxième jusqu’ici) et choisira donc son portefeuille ministériel après le CD&V. Mais il y a les élections communales, avec des majorités en suspens. Le MR et le FDF continueront probablement sur une ligne d’affrontement, où le FDF jouera sa carte jusqu’au bout, sur le thème de la trahison. Cependant, le poids des francophones dans les négociations actuelles ne sera pas modifié par cette séparation.

Comment analyser l’attitude de Charles Michel ?

Son pari est de prendre le leadership sur sa formation politique de façon décisive. Il engage aussi le MR dans la reconquête au niveau régional de Namur et de Bruxelles. Mais il n’était pas prêt à le faire à tout prix : il assied son pouvoir via un compromis que lui-même et la plupart des membres du MR jugent défendable. Charles Michel a choisi une position stratégique forte et très risquée mais son pari n’est pas perdu d’avance.

Quels seront les gagnants et les perdants de ce divorce ?

De façon cynique, on pourrait dire que le PS et les autres partis francophones seraient gagnants en cas d’affaiblissement du MR. Mais on n’en est pas là et personne ne peut dire que le MR s’affaiblira. Si les négociations aboutissent, le positionnement de Charles Michel pourrait être gagnant pour les troupes libérales.

Louis Michel parle de « dérive populiste » du FDF… Peut-on comparer le FDF avec la N-VA ?

Les deux formations n’ont rien à voir. Le nationalisme conquérant de la N-VA n’a rien à voir avec le « francophonicisme » défensif du FDF. Et fondamentalement, la N-VA est séparatiste alors que le FDF ne l’est pas.

Où en sont les négociations ?

Les négociateurs travaillent sur la loi de financement. Ils se retrouvent cet après-midi. L’idée, parmi eux, est de tenter d’aboutir sur la réforme de l’État donc sur la loi de financement et sur le transfert de compétences dans les prochains jours, peut-être dans moins d’une semaine. Après, ils commenceront la dernière phase de négociations, à savoir la tentative de former un gouvernement, ce qui est encore une autre histoire…
(Propos résumés par Antoine Jacquet (St.)

Het ABC van het FDF
Het FDF strijdt al sinds de jaren 1960 voor de rechten van Franstaligen in de Brusselse rand.
Chantal Kesteloot geeft duiding bij het FDF: achtergrond, electoraat en motivatie.Het FDF strijdt al sinds de jaren 1960 voor de rechten van Franstaligen in de Brusselse rand. Kesteloot is historica en auteur van Au nom de la Wallonie et de Bruxelles français. Les origines du FDF, Brussel, Complexe, 2004.

Zondag pas neemt de algemene raad van het FDF een beslissing, maar nu al kan het geen kwaad te wijzen op een paar elementen die de huidige crisis in de partij kunnen verklaren. Een korte geschiedenis. Al van bij de stichting in 1964 nam de partij in haar programma op dat ze streefde naar de uitbreiding van wat toen nog de Brusselse agglomeratie heette. Deze nieuwe formatie sloeg snel aan in de rand, waar organisaties die voordien al opkwamen voor de taalvrijheid, zich aansloten.

In de zomer van 1963 legde de regering Lefèvre-Spaak eigenlijk al de contouren vast van een probleem dat zou uitgroeien tot een explosieve twistappel. Het taalcompromis van Hertoginnedal beperkte de Brusselse agglomeratie tot negentien gemeenten, die werden ingesloten door het Vlaamse arrondissement Halle-Vilvoorde. In zes Brusselse randgemeenten werden taalfaciliteiten voor de Franstaligen geïntroduceerd. Die zes gemeenten vormden een soort apart kiesarrondissement. Voor de nieuwe partij voelde de administratieve scheiding aan als een keurslijf dat Brussel zijn natuurlijk hinterland ontnam. Dat discours kaderde binnen een defensieve logica die opkwam voor de rechten van Franstaligen. Ondertussen was er echter een groeiende verstedelijking aan de gang, en sommigen keerden de stad de rug toe om zich in een groene omgeving te vestigen. Tegelijk verplaatste de bevolkingsaangroei zich van de stad naar de rand. Dat was geen typisch Brussels of Belgisch fenomeen, maar bij ons was het toch bijzonder complex. In de jaren zestig leefden namelijk twee taalgroepen samen die een bepaalde onderlinge verhouding hadden geërfd uit het verleden, en sociaal ongelijk leken.

TROUW AAN OVERTUIGINGEN
De strijd voor de rechten van Franstaligen in de rand is dus innig verbonden met de oprichting van het FDF. Die strijd heeft niet altijd even hevig gewoed, maar dat neemt niet weg dat de ontwikkeling van het FDF bepaald werd door conflicten en eisen omtrent de rechten van Franstaligen in de rand.

Het verbaast dan ook niet dat het compromis voor B-H-V onaanvaardbaar lijkt in de ogen van het FDF. Het gaat om zijn geloofwaardigheid en legitimiteit ten aanzien van de beloften aan het electoraat. In oktober 2012 zijn het gemeenteraadsverkiezingen. Het is op dat lokale niveau dat het FDF zijn sterkste verankering heeft, zowel in Brussel als in de rand. Door het compromis af te wijzen isoleert de partij zich zeker in politiek opzicht, maar die houding kan evengoed beschouwd worden als een herbronning. De partij wijst haar traditionele electoraat erop dat ze trouw is gebleven aan haar overtuigingen van weleer. En ze wijst een nieuw electoraat erop dat ze niet aarzelt om risico's te nemen, dat ze haar imago van 'partij der Franstaligen' gestand doet, dat ze de beste dam is tegen de onaanvaardbaar geachte eisen van de N-VA, ook al betaalt ze daar een prijs voor door de breuk met de MR.

Een gewaagde gok? Vandaag is het moeilijk om die vraag te beantwoorden, maar wel duidelijk zijn de tegenstrijdige reacties. Na meer dan 460 dagen regeringscrisis vinden sommige burgers dat het tijd is voor een compromis, ongeacht de prijs of de inhoud. Voor anderen is de symboolwaarde van B-H-V zo groot dat het ondenkbaar is een compromis te aanvaarden. Voor die laatsten heeft de houding van het FDF de verdienste van de duidelijkheid, sommigen verwelkomen ze zelfs met oprechte opluchting. Sommige onder hen hebben ook nooit achter de alliantie met de liberalen gestaan, en zijn blij dat ze eindelijk verlost zijn van wat ze beschouwen als een al te rechtse hinderlijke bondgenoot.

Franstalige bourgeoisie
Dat brengt ons bij het electoraat van het FDF. Wie stemt er vandaag op die partij? Die vraag is complexer dan ze op het eerste gezicht lijkt. Het electoraat van het FDF vereenzelvigen met een Franstalige bourgeoisie die het Nederlands minacht, is wat kort door de bocht. Ja, er wonen gegoede burgers in de rand. Maar die zijn niet allemaal Franstalig, en ze stemmen niet allemaal op het FDF. Onder de kiezers van het FDF bevinden zich ook Franstaligen die in de rand zijn gaan wonen op een moment dat dat nog kon, en die al bijna een halve eeuw ijveren opdat die gemeenten opnieuw aangehecht zouden worden bij Brussel. Het is een kijk die berust op andere waarden en andere opvattingen dan het standpunt dat verband houdt met de 'onaantastbaarheid' van de taalgrens. Die waarden, die verdedigd worden door het FDF en ondersteund worden door het electoraat, beroepen zich op het principe van de taalvrijheid.

En zo staan twee visies lijnrecht tegenover elkaar. Aan Vlaamse kant verdedigen sommigen het mythische beeld van een ruraal 'Vlaams Vlaanderen' dat nooit bestaan heeft, en waaruit de Vlamingen hoe dan ook nooit verjaagd zijn. Aan Franstalige kant blijven bepaalde mensen vasthangen aan het beeld van een Franstalig België dat ook nooit bestaan heeft. Die mensen zullen nooit hun Franstalige identiteit verloochenen, of ze nu tweetalig zijn of niet. Die twee mythes zijn onverzoenbaar, ook al voeden ze elkaar wederzijds. De Vlaamse manifestanten in Linkebeek zondag, die even talrijk waren als de inwoners, hebben zonder twijfel meer gedaan voor het FDF dan gelijk welk compromis kan bewerkstelligen...Maar het electoraat van het FDF beperkt zich niet tot de rand. De partij heeft solide bastions in een aantal Brusselse gemeenten, waaronder bijvoorbeeld Schaarbeek, de tweede grootste gemeente in Brussel, met een gemiddeld inkomen dat veel lager ligt dan in de rijke randgemeenten. Het FDF trekt ook andere stemmen aan. Het is geweten dat de tweetaligheid in Brussel een belangrijk obstakel is voor de toegang tot de arbeidsmarkt.

Stemmen op een partij die dat gegeven verwerpt, is een logische reactie als je die situatie wilt wijzigen. Bovendien zijn bepaalde Franstaligen de Vlaamse eisen die onophoudelijk, onuitputtelijk en telkens vernieuwd blijven toestromen meer dan beu. En als radicale keuzes gemaakt moeten worden, dan haalt de meeste radicale partij het, en niet de partij die daar een bleke kopie van lijkt te zijn.
Nu is het afwachten of de twistpunten van gisteren die afstralen op het heden, er ook morgen nog zullen zijn. Dat zal de toekomst van het FDF op de lange termijn bepalen. Maar zonder glazen bol valt daar nu weinig over te zeggen.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
La position pure et dure et l’arrogance de Maingain doivent être interprétées à la lumière de l’histoire de son parti que résume succinctement dans de Morgen Chantal Kesteloot, docteur en histoire et auteur de “Au nom de la Wallonie et de Bruxelles français. Les origines du FDF, Bruxelles, Complexe, 2004. En voici un méchant résumé qui ne doit pas vous dispenser de le lire sans tarder.
1964 le FDF à peine sorti des fonds baptismaux réclame déjà l’élargissment de l’agglomération bruxelloise.
En 1963 le gouvernement Lefèvre-Spaak délimitait l’agglomération bruxelloise à 19 communes enclavées dans l’arrondissement flamand de Halle-Vilvoorde. Des facilités seront accordées aux francophones dans six communes de la périphérie.
Pour le FDF cela voulait dire que Bruxelles était enfermée dans un carcan l’isolant de son hinterland (dans lequel s’étaient installés de nombreux francophones dont le FDF entendait défendre les droits).
De plus en plus de Bruxellois migrèrent alors vers la périphérie verte en territoire flamand. Le FDF se voulut le champion de leurs droits.
Rien d’étonnant donc à ce que Maingain considère le compromis de septembre 2O11 comme imbuvable.
En dénonçant ce compromis et en rompant avec les libéraux, le FDF, champion des francophones, pense se ressourcer en réaffirmant à son électorat de base son intransigence face à la N-VA.
Un pari dangereux? Chacun fera son analyse. Marc Uytendael a fait la sienne en traitant Maingain de tricheur; Pascal Delwit propose une lecture plus nuancée. L’electeur donnera la sienne en octobre 2O12. En politique un an c’est plus long qu’une année lumière: bien des choses peuvent changer.
Qui vote FDF aujourd’hui? Les bourgeois francophones qui n’ont que mépris pour tout ce qui est flamand? Certes oui, mais il n’y a pas que des francophones arrangants et nantis domiciliés en Brabant flamand et tous ne sont pas des inconditionneles du FDF.
En revanche, tous ceux qui défendent la liberté en matière d’emploi des langues adhèrent à ses valeurs: droit des gens contre droit du sol.
Du côté flamand on entretient l’image fausse d’une Vlaams Vlaanderen rurale qui n’a jamis existé, tandis que du côté francophone on se réfère à une Belgique francophone qui relève elle aussi d’un mythe cher à Antoinette Spaak. Ces deux mystifications sont inconciliables.
Chantal Kesteloot a raison, les cinq mille militants flamingants enragés (TAK, Vlaams Belang et N-VA confondus) qui ont envahi Linkebeek dimanche ont donné un solide coup de pouce au FDF.
Qu’on ne s’y trompe pas le FDF ne recrute pas seulement ses électeurs en périphérie mais aussi dans plusieurs grosses communes bruxelloises (Schaerbeek, Woluwé, Auderghem, Boitsfort). Last but not least, il séduit également l’électorat bruxellois exspéré par les excès du radicalisme flamand.
Dans un article judicieusement intitulé: le choix entre les principes et le compromis, le politologue Pascal Delwit tente de répondre à la vraie question: Maingain est-il prêt au compromis ou non? Le président du FDF a répondu par la négative. Conséquences?
“Charles Michel a choisi une position stratégique forte et très risquée mais son pari n’est pas perdu d’avance. » Et Coppi de commenter dans le Soir en concluant :

« De façon cynique, on pourrait dire que le PS et les autres partis francophones seraient gagnants en cas d’affaiblissement du MR suite au divorce. Mais on n’en est pas là et personne ne peut dire que le MR s’affaiblira. Si les négociations aboutissent, le positionnement de Charles Michel pourrait être gagnant pour les troupes libérales. »

Curieusement, si Armand De Decker s’énerve jusqu’à friser l’infar, Didier Reynders se tait. Sans doute n’aspire-t-il qu’à une seule chose, récupérer son marocain des finances. Rien d’impossible depuis que Yves Leterme a décidé d’immigrer vers Paris.

Mais attention rien n’est joué. Tants qu’il n’y a pas accord sur tout... Il reste à conclure sur le refinancement de Bruxelles et la réforme de la loi de financement. Un gros, un très gros morceau ; « een dikke vis » pour parler comme Bart de Wever.
MG

KIEZEN TUSSEN PRINCIPES EN HET COMPROMIS
dm opinie Pascal Delwit, politicoloog aan de Université libre de Bruxelles (ULB), vraagt zich af of het FDF en Olivier Maingain zich willen vastklampen aan hun principes of bereid zijn tot water in de wijn.

(…)Waarom zijn het FDF en Olivier Maingain zo een probleem? Laten we eerst naar het FDF kijken. De partij werd in 1964 gesticht als verzet tegen de taalwetten van 1962-1963. Ze vond de beperking van Brussel tot de negentien gemeenten onaanvaardbaar en de compensatie (de taalfaciliteiten en B-H-V) een lapmiddel. Het FDF is natuurlijk geëvolueerd en heeft zelfs in 1970 voor het federalisme gekozen. Maar die aanvankelijke afwijzing van de taalwetten van 1962-1963 blijft een centraal onderdeel van zijn identiteit, ook al is zijn omvang veranderd.

Weinig bereid tot concessies
Na een piek in de jaren '70 verloor de partij in de jaren '80 electoraal en politiek terrein, zodat ze haar heil zocht in bondgenootschappen, eerst in 1993 met de PRL en later, in 2002, met de MR. Het FDF onderscheidt zich binnen die partij op twee punten van de liberale component: ze heeft een sterkere 'sociale' inslag dan de liberalen en ze komt harder op voor de belangen van de Franstaligen. In beide domeinen bepaalt Olivier Maingain de politiek van de MR. En in beide domeinen is (zeer) weinig bereid tot concessies.

Bij de Nederlandstaligen en de Franstaligen is hij vooral zichtbaar in de communautaire discussie en is hij misschien de meest gehate of de meest gewaardeerde politicus. Het lijdt geen twijfel dat hij de koers van het FDF bepaalt, ook al zijn niet alle leden het eens met zijn onverbiddelijke en soms problematische communicatie, zoals zijn vergelijkingen met de Tweede Wereldoorlog. Olivier Maingain komt over als een bekeerling, een beetje zoals Yves Leterme in het midden van de jaren '80.

Hij is opgegroeid in een gemengd gezin maar stelt zich op als de verwoede verdediger van de Franstaligen, vooral in de Brusselse rand, en vindt dat hij een rol moet spelen in een aanpassing van de taalwetten van 1962-1963. Die wetten worden volgens hem niet eens gerespecteerd: de taalfaciliteiten worden te eng geïnterpreteerd. En hij vindt de reden om bepaalde burgemeesters uit de rand niet te benoemen illegaal, want de taalwetten zijn een federale aangelegenheid en kunnen niet door een decreet of een circulaire worden veranderd.

Maar in werkelijkheid zijn niet zozeer zijn ideeën problematisch. In Vlaanderen en in Franstalig België zijn de standpunten in feite weinig in de tijd veranderd. Veel Nederlandstalige politieke en maatschappelijke actoren vertolken standpunten die de Franstaligen niet willen horen of niet kunnen aanvaarden. En omgekeerd.

De echte vraag is of Maingain en het FDF zich willen vastklampen aan hun principes of bereid zijn tot een compromis. Echt bereid. Want bij het begin van onderhandelingen zal niemand zeggen dat hij geen compromis wil. En net als bij de N-VA en Bart De Wever rijzen hier ernstige vragen. Aan de ene kant heeft Maingain, die er in mei 2005 bij was, de onderhandelingen over B-H-V niet doen afspringen, of toch niet formeel. Aan de andere kant houdt hij zich niet aan een aantal regels - meer bepaald op het vlak van de communicatie - die cruciaal zijn opdat de onderhandelingen zouden slagen, telkens als een akkoord in zicht lijkt.