mercredi 21 septembre 2011

Exécutif musulman : le président destitué conteste son éviction

Destitué samedi, le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique conteste son éviction. Pourtant, le résultat du vote (10 voix contre lui sur 14) laisse peu de doutes.

Destitué, samedi, le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Semsettin Ugurlu, conteste son éviction. Le résultat du vote laisse peu de doutes : par 10 voix sur 14, le président Ugurlu a bel et bien été démis de ses fonctions. Sur les quatre membres du bureau, principale instance décisionnelle de l’EMB, trois ont voté l’éviction du président en poste.

L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) a décidé samedi soir de débarquer son président, Semsettin Ugurlu. Selon nos sources, les trois autres membres de l’Exécutif officiel reprochent à l’imam carolo son « incompétence en matière de gestion » et ses tentatives de déjouer tout accord avec les « réformateurs » de l’ADMB (Alternative démocratique des musulmans de Belgique). Or, le ministre de la Justice avait demandé expressément un rapprochement entre les deux courants. Elu président en mars 2008, Semesettin Ugurlu restera toutefois membre de l’Exécutif. La décision sera communiquée au ministre ce lundi matin.
Comme « Le Soir » l’annonçait, lundi matin, le ministre fédéral des Cultes, Stefaan De Clerck, a officiellement été informé du vote, justifié par « l’incompétence » de M. Ugurlu, et son refus d’entamer des négociations avec les réformateurs de l’EMB, l’Altermative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB), qui prônent une représentation accrue des femmes et des minorités.

LE PRESIDENT VIRÉ
Semsettin Ugurlu a été écarté en raison de son « incompétence en matière de gestion » et ses tentatives de déjouer tout accord avec les « réformateurs » de l’Alternative démocratique des musulmans de Belgique.

L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) a décidé samedi de débarquer son président. Semsettin Ugurlu a été écarté en raison de son « incompétence en matière de gestion » et ses tentatives de déjouer tout accord avec les « réformateurs » de l’Alternative démocratique des musulmans de Belgique. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), avait pourtant expressément demandé un rapprochement entre les deux courants.

La décision de le remplacer sera communiquée ce lundi au ministre démissionnaire de la Justice. L’EMB compte désigner à sa tête un autre turc, Mehmet Üstün, jusqu’ici vice-président néerlandophone.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MANQUE DE TRANSPARENCE
On s’étonnera, en outsider regardant les choses de l’extérieur, que et le président, et le vice-président de cet Exécutif soient tous deux d’origine turque. Est-ce à dire qu’il n’est que parmi les Turcs que se comptent les meilleurs musulmans ? Et de manière plus critique et perfide, on aimerait mieux comprendre ce qu’on entend ici par « incompétence en matière de gestion ». Et puis surtout : qui sont ces réformateurs de l’Alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB). Les voies de l’islam belge sont décidément impénétrables.

Un peu de transparence ne nuirait à personne.
MG

L’EXECUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE
L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) est, rappelons le, l'interlocuteur officiellement reconnu par le gouvernement belge comme représentant des temporels du culte des mosquées "reconnues".
"Il émet des avis concernant les problèmes liés à la représentation de la communauté islamique. Il s'agit surtout de l'enseignement de la religion islamique et de la représentation dans les prisons et le hôpitaux." (les cours de religion sont obligatoirement dispensés à raison de 2 heures par semaine dans toutes les écoles publiques belges, et que c'est l'État belge qui finance le "temporel du culte", donc aussi les salaires des dignitaires religieux et l'entretien des lieux de culte. En 2007, la Région wallonne a procédé à la reconnaissance de 43 mosquées, entraînant un financement de ces mosquées.
Les présidents successifs de l'EMB ont été le Dr. Didier-Yacine Beyens (1996-1999), l'inspecteur des finances Nordin Maloujahmoune (1999-2003), l'économiste Mohamed Boulif (2003-2005) et l'employé de la Dyanet Coskun Beyazgül (2005-), ce dernier étant diplômé de l'enseignement religieux turc officiel (Imam hatip) et de l'ULB, section Philologie et histoire orientales, option islamologie. Le premier président était un Belge "de souche" converti, les deux suivants des Belges d'origine marocaine et l'actuel un Belge d'origine turque, tous quatre sont francophones et maîtrisent peu le néerlandais. Les actuels vice-présidents sont le francophone d'origine marocaine Benjelloul Kissi (de nationalité française) et la néerlandophone d'origine turque Hacer Düzgün (ancienne élève des Imam Hatip), les 14 autres membres de l'actuel EMB sont d'origine turque (6), marocaine (5), albanaise (1) et pakistanaise (2).

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