dimanche 25 septembre 2011

La question de mercredi : pourquoi encore apprendre le latin ?


Le latin, une langue morte pour l’école ? Négatif. Si l’on analyse les chiffres établis par la Communauté française, cette option domine largement les autres. Mais à quoi sert exactement cet enseignement ? Qu’apporte-t-il au juste aux élèves ? Nous faisons le point mercredi prochain. D’ores et déjà, nous attendons vos réactions…

« La raison est évidente, pour “faire bien” et comprendre l’Abemus Papam en V.O. …lol…. »

« Trois principales raisons pour l’apprendre:

1. Avant tout pour l’exercice intellectuel qu’il exige et qui aide à créer un intellect plus fort avec une capacité d’abstraction et d’analyse particulièrement poussé. Les sciences restent plus terre à terre. Une grille d’apprentissage constituée de math, de latin et de sciences donne un maximum de chances aux intellects ainsi formés.

2. Le latin est une des seules branches qui supportent les aptitudes linguistiques des jeunes. La langue maternelle, française ou autre, s’appauvri dans une culture du média instantané aux mots comptés et écorchés. Or, la capacité à s’exprimer correctement et à construire un argumentaire est absolument capitale tant pour l’apprentissage, la communication avec les autres que plus tard dans le milieu professionnel. De tout temps, les bons orateurs ont toujours mieux tiré leur épingle du jeu social.

3. Pour certains milieux politiques, le latin est assimilé à l’élitisme intellectuel traditionnellement catholique d’antant. Elitisme intellectuel trop souvent confondu avec un élitisme sociétal en opposition avec des thèses égalitaires. Voilà les deux mauvaises raisons pour lesquelles la POSSIBILITE / LIBERTE d’apprendre le Latin est aujourd’hui contestée. Mauvaise raison contre = bonne raison pour, CQFD. mdr. »

« Pour comprendre les citations des spécialistes de langues mortes tel Bart de Wever en V.O.S.T.Vl »
« J’ai fait “latin-grec” en 1976-1982, mais c’était un choix par défaut que j’ai regretté, deux ou trois ans de latin et un an de grec suffisent largement pour des adolescents, au-delà on entre dans des textes d’époques différentes, de régions et de dialectes différents, et ça finit par devenir beaucoup trop spécialisé, pour des langues mortes en tout cas. Je trouve beaucoup plus stimulant d’apprendre dès le plus jeune âge des notions de plusieurs langues très différentes (chinois, japonais, arabe, hébreu, turc, russe, lingala, swahili…), mais aussi des principes élémentaires de linguistique dès le secondaire pour rendre les enfants conscients de la diversité des structures linguistiques, tout en approfondissant les deux essentielles pour les francophones de Belgique: l’anglais et le néerlandais (et vice versa). Une autre chose qui manque cruellement dans le secondaire belge (outre la philo) est un cours de littératures étrangères.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« SANS LE LATIN LA MESSE NOUS EMMERDE »
Je suis un rescapé des latin grec d’autrefois (59-65). Un très mauvais souvenir. Huit heures par semaine d’un ennui total contre trois heures d’anglais et deux heures d’allemand. Grotesque ! Il paraît que cela a peu changé ! Il est urgent, tous le disent, de former des petits Bruxellois multilingues ouverts aux autres cultures.

Et l’abstraction, les déclinaisons, les aoristes seconds etc. ? Faites donc de l’anglais, de l’allemand, du russe, de l’espagnol, de l’arabe ou du chinois vous ferez travailler tout autant vos neurones et vous aurez le plaisir en sus.

A condition, évidemment d’avoir des profs bien formés.

Et la connaissance des racines qui aide à comprendre le vocabulaire français ? Et l’orthographe ? Que le prof de français donne un bon cours d’étymologie et tout ira bien. Mieux, à notre avis.

Et le vernis culturel ? Les Romains, excellents organisateurs, ingénieurs et juristes manquaient de finesse littéraire.
Quant à la littérature grecque, elle est sublime mais quasiment inaccessible en version originale, même pour un potache brillant. Et Shakespeare, Shaw, Wilde, Joyce, Virginia Woolf, DH Laurence, vous avez lu ; Goethe, Brecht, Mann, Hesse, Nietzsche, Heidegger etc., vous connaissez ?

On continue ?
MG

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