dimanche 11 septembre 2011

Le MR met la pression sur le FDF

Gros clash lors de l’Université du MR où un conseil du mouvement – l’équivalent d’un bureau politique – a eu lieu en marge des discours et des festivités. Armand De Decker y a déclaré : « Entre le pays et le FDF, je choisis le pays. »

Les apparences sont trompeuses sur cette photo qui réunit Armand De Decker, Gérard Deprez, Olivier Maingain, Olivier Chastel et Charles Michel lors de l’université d’été du MR. Le MR a organisé ce samedi son université d’été, sur le site des lacs de l’Eau d’Heure. Le FDF, Oliver Maingain en particulier a volé la vedette aux libéraux en ce jour bleu. Ses attaques de vendredi contre le CDH et, surtout, sa dernière interview à La Libre ce samedi (lire ci-contre) ont énervé les bleus à un point sans doute jamais atteint.

« J’ai rarement vu un conseil comme ça ! »
La pression des libéraux purs jus sur le FDF est désormais maximale. En l’absence de Maingain mais en présence notamment du secrétaire d’État Bernard Clerfayt et du bourgmestre de Linkebeek Damien Thiery, les libéraux ont clairement posé la question au FDF : « Êtes-vous prêt à ce que le MR s’engage dans les négociations avec la perspective d’un accord », comme décidé collectivement ?

Les amarantes présents ont répondu par l’affirmative
Lors de ce conseil MR, le sénateur Armand De Decker « s’est énervé très fort », nous dit-on. Ce qui correspond parfaitement à ce qu’il nous disait, quelques minutes plus tôt : « Ici, l’exaspération est absolue ! Cette interview à « La Libre » est l’interview de trop. Nous sommes le plus vieux parti de Belgique ; nous sommes là pour ce pays, pour le sauver quand il est en danger. On va tout faire pour qu’il continue, avec une grande réforme de l’État. Si on suit le jusqu’au-boutisme d’Olivier Maingain, il n’y aura pas d’accord, car lui n’en veut peut-être pas, nous oui, tout en allant le plus loin possible dans la défense des francophones. »

Accepter un accord pourrait donc se faire sans le FDF ? Armand De Decker reconnaît que « ça pourrait arriver ». Et il ajoute : « Entre le pays et le FDF, mon choix est vite fait. C’est le pays ! »

Et l’ex-président du Sénat d’assurer que « la toute grande majorité des libéraux » pensent comme lui.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BARBECUE A LA FLAMANDE
Hier, je fus convié à un barbecue d’anniversaire dans la banlieue verte d’Anvers sur une pelouse impeccable se prolongeant en prairies où broutaient de paisibles bovidés, semblables à ceux que nous avons consommés « saignants » accompagnés de pommes sautées persillées arrosés d’un puissant Saint-Émilion. Le jeune couple de vétos franco flamand fêtait les soixante ans de leurs âges cumulés. Les oncles, les frères, les amis, les parents du jeune homme, sont venus dans de grosses autos du pays de Ulenspiegel ; les tantes, la maman, les délicieuses cousines avaient fait le voyage de Paris. On parlait français entre soi et west flamand dans les conversations plus intimes par devers soi. Les desserts étaient succulents, on fit circuler des liqueurs pour les dames et des cohibas pour les messieurs. Dans la fumée des havanes, on évoqua, en néerlandais, l’impasse politique, un sujet parfaitement hermétique pour les hôtes parisiens. Les langues se délièrent, Di Rupo et le parti de l’homme au nœud pap furent mis en examen virtuel, on envisagea de très prochaines élections et l’imbroglio bruxellois fut évoqué rapidement, ensuite les sexagénaires venus de Damme contèrent aux dames parisiennes les déboires rencontrés dans la capitale jadis et encore toujours à qui commande un demi en flamand ou s’enquiert du prix d’une cravate, d’un complet veston dans la langue du plat pays. Un moment de parfaite convivialité et d’exquise courtoisie. Enhardi par les effluves de son vieil armagnac, mon vis-à-vis me demanda pour qui je votais ; je lui répondis que je votais toujours contre le FDF et la N-VA. Il eut un fin sourire et conclut : moi je vote désormais pour la N-VA et j’entendis quelques timides « ik ook, ik ook « articulés, cigare au bec, du bout des lèvres par les jeunes loups présents : de fringants vétérinaires de campagne célibataires et en mal de candidates au mariage citadines.
MG

Aucun commentaire: