mardi 13 septembre 2011

Ode interculturel au plus beau parc de la capitale


Samedi après midi, le Parc Josaphat a vécu un mini événement original orchestré par de Kriekelaar: la sortie, en plein air, du Livre de Carla Vanparys: « Onzen Hof Notre Jardin » C’est un ode enthousiaste à l’un des plus beaux parcs de la capitale ; « Ik wou er een boek met een ziel van maken ». Objectif atteint, ce bouquin bilingue, délicieusement illustré (photos: Mirjam Devriendt), a une âme interculturelle. Un bel objet à se procurer sans tarder.
Des événements, le parc en a connu de toutes sortes, évoqués avec verve dans ce fort volume: le parc illuminé mis en scène par un bourgmestre éclairé, le parc fou orchestré par un bourgmestre égaré, la grande fête des asinés, organisée par un bourgmestre avisé ; la vaste séance de prière islamique imaginée par un bourgmestre pacificateur.
J’ai avalé tous ces textes, poèmes, témoignages, interviews, notices historiques, d’un trait en savourant ma kriek à la terrasse de la Gilde de Saint Sébastien, tandis que d’autres, venus nombreux, cassaient une graine bruegelienne en écoutant les discours officiels. Monsieur l’échevin des affaires flamandes était présent, son collègue de la Culture et de l’enseignement francophone également ainsi que le « baron » Callens (personnage du livre) en complet trois pièces et chapeau de paille également, ainsi que le pittoresque Wim Kennis à la barbe fleurie. Quant aux autres honorables membres du Collège, ils brillaient par leur absence. Chacun dans son ghetto : FDF maître chez soi et aussi écolo. On ne se mélange pas, même si nos politiques ont constamment le mot « interculturel » à la bouche.
L’ouvrage de Carla Vanparys propose une méditation intéressante sur un parc mythique enfin restauré de belle façon par Beliris. Il va à la rencontre de ses familiers : des enfants et des vieux Scharbeekois, des expats européens, des fils et filles d’immigrés, toutes générations confondues, propriétaires de chiens, joggeurs, flâneurs ou simples promeneurs. Carla Vanparys les écoute, les titille et répercute fidèlement leurs enthousiasmes, leurs coups de cœur, leurs critiques aussi : beaucoup regrettent la disparition de la laiterie cafétéria, ce formidable incubateur d’interculturalité.
MG

QUELQUES MORCEAUX EXQUIS
De Wereld is onzen hof
De wezentjes van aarde en water en lucht
En vuur werken eraan en weten waarom (C. Vp.)

HORTUS NOSTER QUA PATET ORBIS
Dag park met de boom en de struik en de bloem
Bloem, bloem,
Dag gras dag gazon
In regen, sneeuw en zon
Dag groen dag wei
Dag ezels allebei
Dag duiven in de til
Dag eend, dag zwaan, dag dier, elk welk
Dag kraai, parkiet en boom, op tak
Dag gans en kip en pauw, konijn
In onzen hof is’t fijnjafijn
Dag brug, dag bank
Dag beekjes fris
Dag bron die niet minne maar rinne is
Dag vijver, rots, dag coin d’amour
Notre jardin notre séjour.
(Carla Vanparys)
« Hier is het eigenlijk een laboratorium van de mensheid, van wat voor mensen je zoal kan ontmoeten: De super-sympa jusqu’au super-tu-sais-bien-quoi »
« Mais mes expériences sont beaucoup plus positives que négatives. »
(René Blondiau, ânier senior)
« Un jour j’ai lu une phrase qui résume tout, une phrase du philosophe Nietzsche, qui dit-je vais la dire à ma façon- « Qui n’a pas souffert de la solitude, il a toujours souffert de la multitude » (R. B.)
Le parc est en un mot laboratoire de l’humanité.
On fait aussi des tas d’expériences parce qu’on y rencontre des gens.

DES GENS, DES TAS DE GENS
Carla : « Vous habitez ici depuis 25 ans. N’avez-vous jamais eu la nostalgie de Londres ? »
Richard : « Non, nous n’aimerions d’ailleurs pas vivre à Londres aujourd’hui. La ville est trop grande, trop peuplée, trop bruyante.
Bruxelles et bien plus vert que Londres. C’est la ville la plus verte d’Europe.
« Quelle est le moment le plus mémorable, dans le parc ? »
Richard : Le festival des ânes, il y a une douzaine d’années avec des ânes venus de toute l’Europe.
Cathy : Oh yes !

LE PARC FOU ET TYL ULENSPIEGEL
« Votre plus mauvais souvenir du parc ? »
Marie-Françoise : « Dans ma jeunesse je me souviens d’un gardien de parc terriblement sévère en chapeau mou et gabardine accompagné d’un berger allemand. Le gazon était alors sacré. Le respect de la nature allait de soi. Le « Parc Fou »a marqué un tournant dans l’histoire du parc. Pendant six jours, tout à été permis : piques-niques, concerts, happenings. Les dégâts on été impressionnants. Une de mes statues préférées, un charmant Thyl Ulenspiegel y est d’ailleurs restée. »


« Rien à voir avec la grande « Fête des Ânes » organisée en septembre 1999 : 160 bourricots venus de toute l’Europe ont envahi le parc de notre belle « Cité des Ânes » C’était un dimanche, le temps était magnifique, les enfants faisaient des promenades à dos d’âne ou en attelage. Les adultes dégustaient du lait d’ânesse, admiraient la dextérité du maréchal ferrant où s’extasiaient devant le nouveau géant de Schaerbeek-un âne bien entendu !. (…)
Le Parc Josaphat en un mot c’est : Diversité. Et j’espère qu’il en sera toujours ainsi. »

HET PARK IN EEN WOORD?
“Geniaal ! Wat ik het geniaalst vind, is de boogschiet vereniging. Je denkt er niet aan! Je zit in een Park en dan zit daar en hele groep mensen naar boven te schieten. Je verwacht alles, maar dat zeker niet. Dat ze nu horizontaal zouden schieten, oké, maar dat zij daar, te midden van al die mensen die “horizontaal”in het park aan het spelen zijn, met z’n allen “verticaal” naar boven staan te schieten. Ik vind dat echt super. Dat terrasje, die mensen….Alles lekker simpel. Iedereen praat met elkaar in het Frans, de andere antwoordt in het Vlaams. Harstikke leuk. » (De Hagenaar)
« Quand je suis ici, je me vide entièrement la tête, j’y fais le vide. J’oublie tout et je respire.A mes yeux le parc symbolise la liberté. » (Hannan)
“Ik vind het hier fantastisch. Ik vind Parijs zelf minder interessant, overal dezelfde bouwstijl. Hier is het orde en chaos en multicultureel tegelijk. Subliem. En Schaerbeek is ook hard veranderd. Ik ben echt aangenaam verrast. En dan het park hier vlakbij, het mooiste park van Brussel. » (Dirk)
HORATIO, PIETRO, RAIMONDO
« Horatio, Pietro, Raimondo c’étaient les premières générations de glaciers siciliens. C’était au début du XXème siècle. Les générations suivantes ont commencé à vendre des glaces à l’intérieur du parc en 1987.
Bien avant cela nous venions déjà au Josaphat le dimanche ; il y avait toujours beaucoup de monde. Nous faisions volontiers un tour du parc après la fin de la journée à 22 heures . Tout était illuminé c’était somptueux ; on payait cinq francs d’entrée. Et il y avait la grande terrasse esplanade tenue par Monsieur Gérard, un homme très grand, et très strict. Il passait de la musique classique l’après midi. Les garçons servaient en veste blanche à épaulettes de jolis filtres à café argentés. »
UN INDIEN DANS LE PARC
« Le parc fait partie intégrante de ma vie. Comme d’autres ont besoin, le matin, de leur journal et de leur café noir, moi j’ai besoin de m’asseoir dans le parc. Ici, je peux me retrouver me ressaisir. »
« Notre jardin est une méditation à ciel ouvert »
Alice in Wonderland will surely like it here…Alice will ask the park: ”how is that you can talk so nicely?
The park will say:” Put one hand where your heart beats;
With the other hand feel the tree, the grass, the ground…and listen.
And you”ll know why”Alice will do so and so and she will know.
Onzen Hof Notre Jardin, Pomm.Publishers, hardcover, 168 pages, full colour, 30 €
info & commandes: info@onzenhofnotrejardin.be

3 commentaires:

peter droeshout a dit…

Een schitterend boek over een schitterend park

Kris Soret a dit…

Een hartverwarmend boek van een overenthousiaste, meeslepende en ... niet op haar tong gevallen madam-met-ideeën!

joanna a dit…

ja, ik ben haar zus maar dat maakt het "onzen hof notre jardin"-boek er niet minder sfeervol, authentiek en mooi om bekijken en lezen om. zeker kopen! en indien dat niet lukt, zeker lezen!