dimanche 11 septembre 2011

Spitaels dit sa vérité : elle va déranger


Guy Spitaels devait fêter ses 80 ans ce week-end dans l’allégresse et la sérénité. Tout le monde pensait d’ailleurs qu’à Ath, on allait souffler les 80 bougies du passé. « Dieu » a décidé qu’il en serait autrement.

C’est une petite bombe qu’il a placée au sommet de son gâteau d’anniversaire. Ce samedi, on risque de ne pas parler bilan. On pourrait juste commenter, fasciné, choqué, ravi, catastrophé, c’est selon, les propos de l’ex-président de parti, ex-ministre-président de la Région wallonne.

Son message est clair, il s’adresse à Elio Di Rupo dont il salue l’opiniâtreté et le courage mais auquel il dit sans détour : il ne sert à rien de négocier avec des Flamands qui ne veulent clairement plus de la Belgique. Gagner du temps, tenter de ne pas perdre 15 % de bien-être francophone/wallon en scellant un accord ? C’est du pipeau pour celui qui, de 1973 à 1994, a tout vu : « Vous achetez un armistice pour 18 mois : c’est non ! »

Il affirme ainsi que le temps gagné sera au maximum 18 mois pour après recommencer à négocier et céder de nouvelles parcelles francophones. Spitaels ne voit pas de solution pour ce pays auquel il dit ne plus être affectivement attaché, pas plus au fond, que sa population. Et il urge : il faut préparer un plan B Wallon. C’est le deuxième pavé qu’il jette dans la mare politique francophone : qu’on en finisse en Wallonie avec cet enchevêtrement « insensé » de structures publiques, réseaux scolaires, sociétés d’investissements publiques (SRIW, Sogepa, six invests) et provinces qui coûtent, sont inefficaces et rebutent les citoyens. Du lourd !

Cette interview va faire du bruit car cette fois, ce n’est pas l’habituel Olivier Maingain qui jette de l’huile sur le feu. Spitaels a 80 ans, il est hors circuit et a toujours été farouchement wallon. Mais c’est Spitaels. Qui parle de politique belge pour la toute première fois depuis des mois. Et qui, de plus, ne parlerait pas ici en son seul nom. Il se dit investi d’une mission par ceux qui souhaitent « qu’on ose dire la vérité » aux francophones, hommes politiques et citoyens.

Alors que les négociations oscillent d’un jour à l’autre entre l’espoir et l’absurde, ce message va toucher. Au vif. BEATRICE DELVAUX

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"DIEU" A PARLÉ
Après que la voix du prophète François Périn se fit entendre pour dire que tout était fichu, voici que tonne la voix de Jupiter en lunettes d’écaille. On se souvient que la dernière fois qu’il descendit de son olympe athois, Guy invita Di Rupio à choisir entre ses deux casquettes : celle de ministre président de la région wallonne et celle de président du Ps. Quelques jours après, Elio obtempéra et céda sa casquette à Rudy Demotte pour se consacrer uniquement au parti.

Les vieux loups de la politique osent enfin dire ce qu'ils pensent quand ils n'on plus rien à perdre, commente un lecteur. Pas sûr, le Spit ne parle jamais pour ne rien dire. Il se pourrait donc qu’il soit chargé de dire tout haut ce qui se murmure tout bas dans les coulisses du PS.
Elections quasi certaines. Commente un autre et on ne saurait lui donner tort. Et d’ajouter : « Les politiques francophones en poste sont peut-être sur la même longueur d'onde que Spitaels, mais soit n'ont pas le courage de l'avouer, ils ont sans doute trop à perdre... »
Ce message va toucher. Au vif. Conclut Béatrice.
Quel message ? Celui-ci : « il ne sert à rien de négocier avec des Flamands qui ne veulent clairement plus de la Belgique. Gagner du temps, tenter de ne pas perdre 15 % de bien-être francophone/wallon en scellant un accord ? C’est du pipeau pour celui qui, de 1973 à 1994, a tout vu : « Vous achetez un armistice pour 18 mois : c’est non ! »
Put that in your pipe and smoke it.
Et cerise sur le gâteau : « qu’on en finisse en Wallonie avec cet enchevêtrement « insensé » de structures publiques, réseaux scolaires, sociétés d’investissements publiques (SRIW, Sogepa, six invests) et provinces qui coûtent, sont inefficaces et rebutent les citoyens » Là c’est carrément le coup de pied dans la fourmilière."
Voilà enfin quelqu’un qui ose s’en prendre aux vaches sacrées et à la plus sacrée de toutes :le pacte scolaire et le financement des réseaux qui ruine la communauté française.
Dieu n’est pas mort. Il est vieux certes mais il a toute sa raison.
MG

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