samedi 31 décembre 2011

Les pionniers du quotidien : agir ensemble pour améliorer la vie !

Potager partagé, GAC (Groupe d’achats communs), écovillage, habitat groupé, atelier couture, SEL (Système d’échange local)… Des initiatives citoyennes naissent, ici et là, grâce à des volontaires déterminés, prêts à donner de leur temps et de leur énergie.
Développer ces nouvelles façons d’être et de faire est certainement un
pas important vers un monde plus soutenable. Alors comment multiplier
ces expériences et les pérenniser ? Comment les ouvrir aux moins
engagés, les rendre accessibles à tous, les faire vivre ? Peut-on y
voir un mouvement, une contestation du système actuel ? Pour saisir
les enjeux de ces émergences sociales nouvelles, Imagine a voulu
prendre un peu de hauteur en compagnie de quelques spécialistes et
fins connaisseurs de la question.

Certains ont envie de manger des aliments dont ils connaissent les
producteurs, auxquels ils savent pouvoir faire confiance. D’autres
éprouvent le besoin de retisser des liens avec leurs voisins. De vivre
en accord avec leurs convictions écologiques. De trouver des solutions
pour circuler mieux. D’autres encore caressent le désir de gagner du
temps pour le passer avec leur famille ou de nouveaux amis… Ici cela
prend la forme des GAC ou SEL déjà cités, ailleurs d’un écovillage ou
d’un potager partagé, là d’étudiants et de personnes âgées vivant sous
le même toit, là encore d’ateliers vélo/cuisine/couture/réparation de
meubles… ou de « restaurants à la maison », de cohabitats, de systèmes
d’échanges ou de location de biens.
Les idées fourmillent un peu partout, l’innovation sociale abonde.
Ainsi, en mettant les forces en commun, ces communautés créatives
trouvent elles-mêmes les réponses aux nouveaux enjeux. Des enjeux que
ne peuvent rencontrer ni le marché – parce que ce serait trop coûteux
–, ni l’Etat – parce que les temps ne sont pas à l’extension de son
rôle social…
Ces initiatives s’inscrivent assurément dans la longue histoire de
l’économie sociale et solidaire « Il y a toujours eu des pionniers,
explique Jacques Defourny, professeur d’économie à HEC-ULg, directeur
du Centre d’économie sociale, qui jouaient à la fois un rôle de
rattrapage, en réparant des lacunes, des exclusions provoquées par le
système – certains cyniques parleraient de “sparadraps” du capitalisme
–, et un rôle d’anticipation, en constituant le point de départ de
réponses plus structurelles. » La collecte des déchets en est une
illustration : le groupe Terre par exemple les a récupérés à une
époque où cela n’intéressait presque personne, avec des bénévoles,
afin de générer des ressources destinées à aider le tiers-monde. Puis,
le secteur se révélant à la fois viable et nécessaire, les pouvoirs
publics et les entreprises privées s’y sont intéressés.
(…)
Des exemples pour s’inspirer :
Les designers François Jégou et Ezio Manzini sont partis d’expériences
existantes, découvertes un peu partout en Europe, mais aussi en Chine,
au Brésil ou en Inde. Ils les ont ensuite « redessinées », imaginant
parfois des outils technologiques nouveaux, pour rendre la
participation de leurs membres plus aisées, plus fluide. Ce sont ces
exemples de « services collaboratifs », issus d’une « réalité
améliorée », que nous avons choisis pour illustrer notre dossier. En
espérant vous donner des idées et ouvrir le champ des possibles !

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVRE AUTREMENT
Puisque c’est l’heure des vœux faisons en un ensemble : essayons tous
de vivre autrement en 2012 et que chacun donne à cet adverbe le sens
qui lui convient.

jeudi 29 décembre 2011

Silence, on tue des chrétiens

Maroun Labaki
Le nord-est du Nigeria, c’est loin. On ne peut le nier. Mais les minorités chrétiennes d’autres régions ou pays majoritairement
musulmans, à tous égards plus proches, sont également la cible d’attaques meurtrières.
Des violences de plus en plus fréquentes ? L’Histoire en dressera le
bilan. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que les malheurs des
minorités chrétiennes continuent à être accueillis avec une certaine
indifférence dans les pays occidentaux.
Il n’est en réalité que la vieille droite, voire l’extrême droite,
pour s’en émouvoir. La gauche et les laïques sont largement aux
abonnés absents. Comme si ces chrétiens isolés étaient foncièrement
suspects, tous des adorateurs de Dieu, de Pétain et d’autres reliques
poussiéreuses. Sans doute la Realpolitik – qui n’a, comme on sait, pas
de couleur politique – est-elle aussi pour quelque chose dans cette
indifférence.
La protection des minorités, également au sein des systèmes
démocratiques, est un enjeu universel, crucial, imposant. Et la
responsabilité de les protéger ne doit souffrir aucune exception. En
l’occurrence, les minorités chrétiennes sont des confettis de notre
monde, mâtinés d’autres riches influences et éparpillés par les
bourrasques du temps. Ce sont les dépositaires de nos valeurs autant
que des ponts jetés vers d’autres cultures – si précieux à l’heure où
l’enthousiasme qui avait salué le Printemps arabe fait place au doute.
Certes, il est arrivé que les minorités chrétiennes, en terre d’Orient
principalement, se fourvoient, qu’elles se trompent d’alliés. C’est
toujours le cas en Syrie, par exemple, où nombre de chrétiens
défendent à présent le régime finissant de Bachar el-Assad, qui est
l’émanation d’une autre minorité, les Alaouites.
Choquant ? Sans doute. Mais tellement compréhensible ! Les chrétiens
de Syrie ont peur des islamistes, qui ont partout autour d’eux le vent
en poupe – et qui ne sont hélas ! pas tous « modérés ».
Ils savent que les crucifix ne suffisent pas, qu’ils n’ont jamais
empêché les croix de se dresser dans les cimetières. C’est la panique,
le sauve-qui-peut…
Nous devons apporter une réponse crédible à leur vulnérabilité,
répondre à leurs regards implorants.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Faut pas chercher si loin : à Bruxelles, au réveillon de Noël, j'ai dû
brûler un feu rouge pour échapper à l'attaque d'excités musulmans
voulant se faire un supposé chrétien ! Le phénomène est nouveau et ne
peut que s'amplifier année après année. Faudra bientôt être armé pour
sortir en rue...

[15] Excalibur dit le 27/12/2011, 17:06
Trebor et God, je souscris à vos textes ci-dessous, vous avez écrit ce
que je voulais transposer. Nous sommes deplus en plus nombreux à
penser de même. juste un mot pour les laïcs socialistes qui ont par
électoralisme ouvert leurs listes aux musulmans; lisez le Coran, vous
ouvrirez peut-être les yeux avant qu'il ne soit trop tard !

Les seuls responsables des guerres de religions, ce sont les
religions! Toute l'histoire n'est qu'une succession de massacres au
nom de dieu. Ce dieu unique qui a toujours raison...Et le Vatican qui
se tait sur les tueries, comme pendant la guerre mondiale sur le sort
des juifs. L'histoire est un éternel recommencement.

[12] Trebor dit le 27/12/2011, 16:18
Mécréant = non musulman {[Coran 4:89] Ils aimeraient vous voir
mécréants comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne
prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le
sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et
tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni
secoureur.} Voilà pourquoi vous n'entendrez jamais aucune autorité
religieuse musulmane condamner les massacres de chrétiens ! Quand donc
les démocraties européennes vont-elles enfin ouvrir les yeux ???
Nigeria: une école coranique attaquée
Sept personnes ont été blessées dans l'attaque à l'explosif d'une
école coranique dans le sud du Nigeria, a indiqué une source
policière, quelques jours après des attentats meurtriers visant
notamment des églises le jour de Noël.

"Un explosif de faible puissance, fabriqué localement, a été jeté dans
une école coranique de Sapele à 22h00" hier, a déclaré le porte-parole
de la police dans l'Etat du Delta. L'engin explosif "a été jeté depuis
une voiture non identifiée qui roulait (...) six enfants et un adulte
ont été blessés. Ils reçoivent des soins dans un hôpital. Aucune mort
n'a été rapportée et aucune arrestation n'a été menée", a-t-il
poursuivi. Les enfants blessés sont âgés de 5 à 8 ans. Ils étaient en
classe au moment de l'explosion, a précisé le porte-parole.

Cette attaque survient après une vague d'attentats le jour de Noël
visant notamment des églises à la sortie de la messe de la nativité,
qui a fait au moins 40 morts à travers le pays. Ils ont été
revendiqués par les autorités à la secte islamiste Boko Haram, faisant
craindre des violences sectaires. Le Nigeria, un pays de 160 millions
d'habitants, est majoritairement musulman dans le nord et à dominante
chrétienne dans le sud.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NO COMMENT
Silence on tue.

La N-VA est un parti élitaire

IL SEMBLE QUE LA FLANDRE AIT LANCÉ LA GRANDE OFFENSIVE contre la N-VA de Bart De Wever, après l'avoir respectée et crainte pendant des années.
C'est maintenant la lutte de un contre tous. Car, si du côté de
l'extrême droite, le Vlaams Belang entreprend tout ce qu'il peut pour
survivre, il n'en reste pas moins vrai que le centre, surtout, ainsi
que la gauche et la droite - CD&V, SP.A et Open VLD - attaquent
maintenant la N-VA de front. Il était grand temps. Les autres partis
flamands ne finissaient pas de se conduire comme des petits lapins
sachant que le boa ne manquerait pas de les manger.

Ce changement d'attitude a tout à voir avec des éléments externes et
internes. D'un côté, l'accession d'Elio Di Rupo au poste de Premier
ministre, une vraie réussite après un long et pénible cheminement. De
l'autre, les glissements dans le contenu même du programme de la N-VA.
Déjà, lors du débat d'investiture à la Chambre, la N-VA n'a pas été
épargnée. C'est Patrick Dewael, chef de groupe de l'Open VLD, qui a le
mieux résumé le sentiment général en citant feu Willy Declercq : « Si
on ne veut pas mettre les mains dans le cambouis, si on ne veut pas
faire des compromis en politique, il faut rester à la maison. »
Assurément, rien n'aurait bougé sans Wouter Beke et sa décision
historique de rompre avec la N-VA. Entre-temps, à Anvers, le cartel
CD&V - N-VA a sauté. Jusque dans les plus petites communes
ouest-flamandes et limbourgeoises, les deux partis se présenteront
séparément aux élections communales. En se combattant l'un l'autre. Le
CD&V devrait être capable, à terme, de récupérer une grande partie des
voix que la N-VA lui a prises. Alors le parti de Bart De Wever
pourrait connaître le même sort que celui qui a été réservé au Vlaams
Belang et à la Lijst Dedecker.

Ce qui est encore plus important, c'est la prise de conscience
croissante en Flandre - entre autres, dans les milieux syndicaux - que
la N-VA n'est pas seulement un parti communautaire, mais qu'elle se
situe aussi à l'extrême droite sur les plans social, économique et
même culturel. Le groupe autour de De Wever (avec Jan Jambon comme
figure de proue) attend seulement le jour de la proclamation de la
république flamande indépendante. Afin de pouvoir y servir, tout comme
Cameron en Grande-Bretagne, les intérêts d'une élite de fortunés.
Certainement pas les intérêts du peuple (flamand)...
(Guido Fonteyn)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
N-VA: VICTOIRE ELECTORALE MAIS DEFAITE POLITIQUE
Il semble bien que tous se liguent contre Bart, même si, l’électeur
semble, lui, continuer à le soutenir ainsi que le révèlent les
sondages. Le temps travaille contre lui. Mais la partie est loin
d’être jouée.
Elio di Rupo n’est pas au bout de son chemin de croix fait de
renoncements et de concessions pour maintenir la Wallonie à flot.
Il faudra suivre avec le plus grand soin sa campagne pour la conquête
d’Anvers et surtout quelle sera la nature des alliances électorales
sachant que le cartel N-VA CD&V est d’ores et déjà brisé et que Psa et
CD&V ont fait alliance contre la droite.
Suspense.
MG

Ik heb veel gekregen van mijn land, nu wil ik iets terugdoen

Premier Di Rupo kreeg de voorbije dagen post uit Vlaanderen, van Guillaume Van der Stighelen (Antwerpen), Yves Desmet (Mechelen), Gerda Dendooven (Gent), Jan Goossens (Brussel) en Fikry El Azzouzi (Sint-Niklaas). De eerste minister schrijft nu terug.

•Mijn verdere verkenning van Vlaanderen zal geen kruistocht zijn om
de harten van de Vlamingen te veroveren. Het zal geen campagnetournee
zijn. Nee, ik wil vooral luisteren en leren
Beste Guillaume, Yves, Gerda, Stijn, Jan en Fikry. In de eerste plaats
zou ik jullie willen bedanken voor de vele ideeën en suggesties. Zoals
ik bij mijn aantreden als eerste minister gezegd heb, wil ik de eerste
minister van alle Belgen zijn. Daarom ben ik inderdaad vast van plan
om Vlaanderen beter te leren kennen en dus ook regelmatig te bezoeken.
Jullie brieven geven me alvast het gevoel dat ik welkom ben, al besef
ik dat dit niet overal en bij iedereen het geval zal zijn. Toch kijk
ik enorm uit naar mijn ontmoetingen in Vlaanderen. Het is iets waar ik
echt tijd voor wil maken, ook al is mijn agenda sinds ik in de
Wetstraat 16 zit nog voller en is het de eerste prioriteit van deze
regering om hard te werken.

Ik zie het echter als een bijkomende uitdaging bij de boeiende, maar
zware taak die ik als premier ben aangegaan. Daarom zal ik mijn
verdere kennismaking met Vlaanderen zo snel als ik kan, in januari al,
starten. Yves, daarbij neem ik graag je suggestie aan om die
ontdekkingstocht in een stad te beginnen. Guillaume, gisteren kon je
mij bijvoorbeeld al vinden in jouw mooie stad Antwerpen.

Maar of het nu in Antwerpen, Mechelen, Gent, Hasselt of Sint-Niklaas
is, of in kleinere Vlaamse gemeenten en dorpen op het platteland, ik
wil openstaan voor alle Vlamingen. Dus Fikry, hoe meer verschillende
soorten Vlamingen ik tegenkom, hoe beter. Ik wil mensen bovendien
ontmoeten in hun eigen omgeving. In bedrijven, scholen, sportclubs,
verenigingen en bij hen thuis. En uiteraard vergeet ik de Vlamingen in
Brussel niet, beste Jan.

Maar los van de locatie wil ik jullie Vlamingen vooral ontmoeten op
een informele en spontane manier. Net zoals ik dat met Brusselaars en
Walen zal blijven doen. En daarbij blijf ik uiteraard mezelf, Gerda.
Ik wil jullie meningen horen en luisteren naar jullie verwachtingen,
dromen en bekommernissen. En ik zal mij met plezier laten inwijden in
de culturele en culinaire specialiteiten van elke streek of stad. Ik
heb ondertussen al gehoord over 'neuzen', 'vlaaikes' of 'bollekes', al
kan ik mij bij al die lokale specialiteiten nog niet meteen
voorstellen wat ik voorgeschoteld zal krijgen.

Toch is het inderdaad niet mijn bedoeling om als een wetenschapper op
zoek te gaan naar "de Vlaming", Guillaume. Zoals je schrijft bestaat
die evenmin als "de Waal" of "de Brusselaar". Ik zal dus kennismaken
met mensen uit Roeselare, Aalst, Turnhout, Leuven en Sint-Truiden. Ik
zal hun specifieke tongval en gevoeligheden leren kennen. Daarbij zal
ik het gesprek aangaan in mijn beste Nederlands. Want ook dat was en
is een belofte. Ik werk hard om mijn kennis van jullie taal te
verbeteren. Hoe meer Vlamingen ik ontmoet, hoe meer ik dus zal
bijleren. Hoe meer nieuwe woorden, begrippen en uitdrukkingen ik mij
eigen zal maken. Al kan ik niet beloven dat ik meteen mee zal zijn met
de rijkdom aan dialecten die ik te horen zal krijgen.

Mijn verdere verkenning van Vlaanderen zal ook geen kruistocht zijn om
de harten van de Vlamingen te veroveren. Het zal geen campagnetournee
zijn. Nee, zoals ik al zei, wil ik vooral luisteren en leren. Al deel
ik uiteraard ook graag mijn visie en ideeën met jullie. Het zal
sowieso een ontdekkingstocht worden, waarbij ik niet alleen jullie,
maar jullie ook mij beter zullen leren kennen.

Mijn persoonlijke verhaal is intussen genoegzaam bekend, dus ga ik het
hier nu niet herhalen. Ik heb veel van mijn land, ons land, gekregen.
Ik heb veel geluk gehad en nu wil ik iets terugdoen. Iedereen in dit
land verdient alle kansen. Ik ben er zeker van dat ik ook in
Vlaanderen heel wat bondgenoten zal vinden om zich mee achter dat doel
te scharen. Ik mocht het gisteren al ondervinden tijdens de slotshow
van Music for Life. De warmte, het enthousiasme en de solidariteit die
ik daar ontwaarde, sterken me enkel in die gedachte. Dat ik in
Vlaanderen voornamelijk mensen zal ontmoeten van wie ik zal houden,
Guillaume en Stijn, daar ben ik vast van overtuigd.

Tot binnenkort,

Elio

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA JOYEUSE ENTREE D’ELIO EN FLANDRE
Comme les ducs de Bourgogne autrefois ou nos souverains en début de
règne, Elio premier a effectué sa joyeuse entrée en Flandre.
“Mijn verdere verkenning van Vlaanderen zal geen kruistocht zijn om de
harten van de Vlamingen te veroveren. Het zal geen campagnetournee
zijn. Nee, ik wil vooral luisteren en leren”
Cinq journalistes du Morgen issus de cinq villes différentes lui ont
adressé chacun une lettre de bienvenue à laquelle il répond
courtoisement en néerlandais. Jan Goossens ferme la marque avec une
lettre de et sur Bruxelles dans laquelle il explique à Elio ce que
sont les Flamands de Bruxelles : les Dansaert Vlamingen comme les
appelle, non sans une pointe de mépris Louis Toback le Lovaniste. «
Maar of het nu in Antwerpen, Mechelen, Gent, Hasselt of Sint-Niklaas
is, of in kleinere Vlaamse gemeenten en dorpen op het platteland, ik
wil openstaan voor alle Vlamingen”
Il jure enfin de se mettre sérieusement à l’étude du néerlandais
Enfin et surtout, il entend être à l’écoute de la Flandre. Ik wil
jullie meningen horen en luisteren naar jullie verwachtingen, dromen
en bekommernissen. Jan Goossens en profite pour briser une Lance en
faveur du cosmopolitisme à la bruxelloise en plaidant pour :
“drietaligheid en interculturele openheid zonder argwaan: het is in
Brussel een must”

VLAAMSE POST VOOR DI RUPO: ALLE WEGEN NAAR VLAANDEREN BEGINNEN IN BRUSSEL
Jan Goossens, artistiek directeur van de Koninklijke Vlaamse
Schouwburg, stuurt de premier een brief uit Brussel, in het vijfde
deel van onze 'Vlaamse post'-reeks.

Geachte premier,

Er zijn goede redenen waarom zelfs u uw tour de Flandre best in
Brussel start. (…)U zal ondervinden dat voor u geldt wat voor bijna
alle Brusselaars zo is: dat u in deze stad vooral naast die andere
gemeenschap(pen) hebt geleefd. En dat er zelfs bij u om de hoek veel
te ontdekken valt. Meer prima restaurants en cafés, zoals de Barbik,
de Henri, de Monk of de Roskam, waar jonge Vlamingen betaalbare
culinaire topprestaties leveren en het nachtleven kleuren. Een weelde
aan cultuurhuizen, van de Ancienne Belgique over het Kaaitheater tot
de Beursschouwburg, die vanuit een ongecomplexeerd Vlaams
zelfbewustzijn steentjes bijdragen tot de stedelijke zinnekes-cultuur
van Brussel. En waar uw Franstalige landgenoten dankzij
boventitelingen en meertalige websites kennis maken met Josse De Pauw,
Tom Lanoye of Raymond Van het Groenewoud. En, minder in die kleine
Vijfhoek, maar belangrijker: u zal er niet omheen kunnen dat in alle
straten en wijken, in alle scholen, ziekenhuizen, universiteiten,
armoedeorganisaties, wijkcomités en opvangcentra voor vluchtelingen,
jonge en oudere Vlamingen zich met al die andere Brusselaars die van
God-weet-waar komen, inzetten voor een leefbare toekomst in deze stad.
Ingewikkeld is dat inderdaad, gegeven 19 koppige burgemeesters, een
dik miljoen zeer arme en zeer rijke inwoners die meer dan 100 talen
spreken, en twee soms wat bemoeizieke gemeenschappen die van Brussel
te vaak een groot dorp van enkel Vlamingen en Franstaligen maken.
Desondanks willen wij, Brusselse Vlamingen, deze stad voor geen geld
ter wereld missen. Ja, soms voelen we ons zelfs iets meer Vlaamse
Brusselaar dan Brusselse Vlaming, tot onbegrip van die andere
Vlamingen meestal. Ik denk dat Guillaume Van der Stighelen zal
bevestigen dat het in Antwerpen niet anders is. Eerst Sinjoor, daarna
pas Vlaming. Of toch maar gewoon Belg?

U weet ongetwijfeld wat alle Vlamingen voor Brussel betekenen. En
toch. Ik ben zeker dat we met dit hele land een stap vooruit zetten,
mocht u ervoor zorgen dat de Franstalige Belgen wat minder krampachtig
met de dynamische Vlaamse Brusselaars en met Brussel omgaan. Vaak
komen wij tussen twee vuren terecht. Slechte Dansaert-Vlamingen voor
het hardleerse deel van onze Vlaamse achterban, gezanten met een
dubbele agenda van een opdringerig Vlaanderen voor sommige Franstalige
mede-Brusselaars. Quod non. Wij willen Brussel niet karikaturaal
reduceren tot enkel een etalage van de Vlaamse cultuur. Maar het
interesseert ons evenmin om er een achterhaald en provinciaal petit
Paris van te maken, zoals sommige van uw gemeenschaps -en
partijgenoten doen. Drietaligheid en interculturele openheid zonder
argwaan: het is in Brussel een must. U moet als deeltijdse Brusselaar
het voorbeeld geven en durven zeggen dat de inspanningen nog teveel
van één en dezelfde kant komen.

Uw premierschap en regering zullen Brussels zijn of niet zijn. Daarom
moet u de Brusselse Vlamingen koesteren. Zij zullen u wegwijs maken in
de rest van Vlaanderen. U influisteren wanneer vergevingsgezindheid
nodig is. Want hoewel u veel troeven hebt om ons volk in te palmen,
ook wij Vlamingen lijden soms weleens aan oprispingen van schijnbaar
zure achterdocht. U merkte het al en zal het nog merken. Misschien
omdat Vlaanderen, als het u tegenkomt, een beetje zichzelf tegenkomt?
Misschien bent u wel precies wat Vlaanderen nodig heeft: een
stijlvolle, Franstalige premier van arme, Italiaanse komaf die
openlijk uitkomt voor zijn homoseksuele geaardheid. En die behoort tot
een partij die ons nog geregeld herinnert aan een vermaledijde
oud-Belgische politieke cultuur, maar die daarnaast enkele
toekomstgerichte, meertalige en briljante jonge politici telt. Een
partij tenslotte, die soms noodzakelijke hervormingen in de weg staat,
maar die nog durft verdedigen wat in een deel van Vlaanderen marginale
standpunten dreigen te worden - bijvoorbeeld dat solidariteit geen
oubollige notie is die ophoudt aan de grenzen van onze eigen, kleine,
homogene gemeenschap. Kortom, geachte premier, Vlaanderen en u kunnen
iets van elkaar opsteken. Bonne chance et re-bienvenu à Bruxelles.

Interpellation d’une femme portant le niqab à Schaerbeek

La police de Schaerbeek a interpellé une femme qui refusait d’enlever
son niqab lors d’un contrôle d’identité.

La police a interpellé mardi une femme musulmane qui refusait
d’enlever son niqab lors d’un contrôle d’identité à Schaerbeek, a
indiqué mercredi un porte-parole de la police de la zone de
Bruxelles-Nord. La situation s’est envenimée lorsque l’époux de la
contrevenante est intervenu. Le couple a alors été emmené au
commissariat puis relâché après audition par la police.

Les faits se sont produits mardi vers 16h30 rue de Brabant. Une femme
portant le niqab faisait des courses avec son époux quand elle a été
contrôlée par une patrouille de police. En Belgique, le port du niqab
(voile couvrant le visage à l’exception des yeux) est interdit dans
les lieux publics. Les policiers ont tenté d’expliquer au mari la
raison de ce contrôle en l’emmenant à l’abri des regards rue Hallard.
L’époux ne l’a pas entendu de cette oreille et s’est rebiffé contre
les policiers. Dans la foulée, un passant s’est mêlé du différend. Il
a également été emmené au commissariat et relâché après audition.
(belga)

mercredi 28 décembre 2011

Noël

Jésus était-il un des premiers indignés ?

Entretien : Jean-Paul Duchâteau
Il faut retrouver une certaine radicalité de l’évangile. Or, on s’est
contenté de beaux discours, de beaux rites, de belles hiérarchies, de
belles églises, mais l’essentiel n’est pas là.
Père Charles Delhez est éditorialiste au journal Dimanche
COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QUE JESUS NE SOIT PAS APPARU DANS LES DOCUMENTS
ECRITS DE L’EPOQUE OU IL VECU ?
Tout commencement est toujours invisible à l’œil nu. Il y a en Jésus
un commencement nouveau. Un philosophe italien dirait que Jésus était
la plus grande révolution opérée au cœur de l’humanité parce qu’elle a
atteint le cœur de l’âme. Jésus est un petit phénomène local mais
tellement vrai dans la manière dont il a vécu. Quelqu’un me disait
"Dieu est venu à Noël incognito". Ce qui va faire la force du message,
c’est peut-être finalement ceux qui vont le prendre au sérieux. Et là,
il faudra quelques générations.
Jésus a-t-il été un des premiers indignés ?
Premier, je ne dirais pas, car il est dans la grande ligne des
prophètes de l’Ancien Testament qui se sont perpétuellement indignés
contre les idoles. Jésus a en effet été disciple de Jean-Baptiste, un
véritable indigné mais qui prend le maquis tandis que Jésus va être un
indigné enthousiaste. Il va continuer à vivre au cœur des humains.
Dans l’évangile de saint Jean, celui-ci précise que le premier signe
de Jésus, ce sont les noces de Cana, une fête, et le deuxième sera son
indignation contre les marchands du temple. Ce qui indigne Jésus,
c’est que le temple est devenu un marché; aujourd’hui, on pourrait
dire "est-ce que le marché n’est pas devenu un temple ?"
AVEZ-VOUS LE SENTIMENT QUE L’EGLISE A SUIVI SON ENSEIGNEMENT REVOLUTIONNAIRE ?
Oui et non. Tout au long des 2000 ans de l’histoire du christianisme,
il y a eu quantité d’indignés, certains plus célèbres comme saint
François d’Assise. Mais il y a beaucoup de gens qui se sont indignés
là où ils étaient et cela n’est jamais apparu dans le journal ! Mais
il s’est passé dans l’Eglise ce qui a eu lieu dans le groupe des
disciples de Jésus. Celui-ci est un indigné qui va y mettre le prix de
sa vie. Avec sa petite communauté d’apôtres et de disciples, il va
essayer de vivre autrement. Bourse commune, proximité des lépreux,
etc. mais au sein de son groupe, Jésus va devoir s’indigner parce
qu’il y a déjà des luttes pour le pouvoir ! L’histoire de l’Eglise,
c’est cela. C’est un message extraordinaire que l’Eglise est invitée à
vivre. Elle y réussit de temps en temps, mais comme institution
humaine, elle mérite aussi l’indignation à certains moments. Le
message de Jésus est parfois au-dessus des forces humaines. Quand on
voit, par exemple, les difficultés dans la société belge à pardonner à
des gens comme Michèle Martin, pour prendre un cas extrême, je me dis
que ce message de pardon dépassera toujours les forces humaines. De
temps en temps, on y arrive. Mais parfois pas.
LES CHRETIENS D’AUJOURD’HUI NE SE SONT-ILS PAS ASSOUPIS DANS LEUR
FACULTE D’INDIGNATION ?
J’en suis persuadé. Je crois que l’originalité de Jésus, ce n’est pas
un discours mais une manière de vivre autrement. On a gardé le
discours, mais les chrétiens sont aujourd’hui trop souvent complices
de cette société contre laquelle on s’indigne. Et moi le premier. Il
faut retrouver une certaine radicalité de l’évangile. Or, on s’est
contenté de beaux discours, de beaux rites, de belles hiérarchies, de
belles églises, mais l’essentiel n’est pas là.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NOËL DES CADEAUX ET DU VEAU D’OR
De toute évidence, Jésus, bouddha, François d’Assise, Mandala, Gandhi
sont des indignés qui s’expriment par leurs actes plus encore que par
leur discours. Le discours, c’est le propre des religions.
Les discours du pape, de Léonard et d’Albert II ne seront qu’ « airain
sonores et cymbales tonitruantes » tant qu’ils ne seront pas
accompagnés de gestes de partage.
Les cadeaux sont de faux présents, de la monnaie de singe pour acheter
l’affection de ses proches. Qu’on en finisse avec ces pratiques une
fois pour toutes et qu’on accueille ce jour-là à sa table le
nécessiteux, le SDF , l’étranger, le solitaire et les délaissés de la
vie.
Mais ceci aussi n’est que discours s’il ne s’accompagne pas d’actes concrets.
MG


WAAROM KERSTCADEAUTJES COMPLETE GELDVERSPILLING ZIJN
Kerstcadeautjes zijn een totale verspilling van geld en ze schaden de
economie, dat beweert een vooraanstaande econoom.
Tijdens de eindejaarsperiode gaan mensen schulden aan, nog
verschillende maanden later moeten ze hier interesten op betalen. Veel
van deze uitgaven zijn echter zinloos. Ontvangers beoordelen
cadeautjes namelijk 20 procent goedkoper dan wat de gever ervoor
betaald heeft, dat ontdekte professor Joel Waldfogel. Dus als je een
cadeautje van 10 euro geeft, denkt de ontvanger dat dit slechts 8 euro
waard is. En als het pakje op zijn beurt wordt doorgegeven, wordt het
nog slechts op 6 euro geschat.

VERSPILLING
Amerikanen zouden in totaal 53,6 miljard uitgeven aan
kerstgeschenkjes, een ruime 10 miljard is daarvan verspild. Dat cijfer
verdubbelt als je rekening houdt met de term die hij 'vervlogen
tevredenheid' noemt.

TIPS
Hoewel mensen goed van zichzelf weten wat ze willen, zijn ze er slecht
in pakjes uit te kiezen voor familieleden die ze niet vaak zien.
Winkeliers creëerden een hele industrie rond nutteloze gadgets om munt
uit te slaan uit de besluitloosheid van shoppers. De oplossing voor
het probleem is cash geld te geven, want dat is het enige wat de
ontvanger naar juiste waarde zal schatten, dit stimuleert ook de
economie. Waldfogel raadt ook aan om cadeaubonnen te geven, hoewel dat
ook geen ideale oplossing is. 10 procent hiervan wordt nooit geïnd.
(ep)
Mgr Léonard souligne les méfaits du néolibéralisme
Rédaction en ligne
dimanche 25 décembre 2011, 09:28
L’archevêque de Malines-Bruxelles a affirmé sympathiser avec les «
indignés ». Il a plaidé pour une économie de communion dans son
homélie.

© Belga
Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, a souligné
les méfaits du néolibéralisme, indiquant sympathiser avec « les
indignés », et a plaidé pour une économie communion, dans son homélie
de la nuit de Noël en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à
Bruxelles.
Le primat de Belgique a indiqué avoir une pensée particulière pour
tous ceux qui se retrouvent sans toit pour les accueillir, « à l’image
de Marie et de Joseph en la nuit du premier Noël ». Plus largement,
l’archevêque a également évoqué les nombreuses victimes « de la
redoutable crise financière que traverse l’Europe ». « Pour ma part,
je sympathise volontiers avec les ‘indignés’ qui, en plusieurs
endroits du monde, protestent contre les méfaits du néolibéralisme qui
déferle actuellement sur la planète, engendrant chômage, exclusion,
pauvreté matérielle et spirituelle, parce que l’économie de profit est
idolâtrée au détriment des plus vulnérables. Sans oublier les crises
financières causées par la recherche effrénée du rendement immédiat et
dont la facture sera principalement payée par les plus faibles », a
indiqué le prélat.
« Comme le Pape, j’estime que c’est le devoir de l’Etat de corriger
les excès de l’économie de marché afin de garantir le bien commun en
obligeant les plus fortunés à se montrer solidaires des plus démunis.
C’est pourquoi aussi j’appelle de mes vœux une autorité politique
mondiale qui, tout en respectant le principe de subsidiarité,
garantirait progressivement une solidarité entre toutes les nations de
la planète », a-t-il indiqué. L’archevêque a conclu son homélie en
indiquant espérer de tout cœur que cette « utopie » se réalisera un
jour.
(Belga)
LES RELIGIONS SONT-ELLES UNE REPONSE A LA CRISE?
Rédaction en ligne
"Le pire voile, c'est celui entre l'homme et Dieu"

AP
Au menu de ce lendemain de réveillon de Noël, sur Controverse, Pascal
Vrebos proposait un débat consacré aux religions et se demandait
essentiellement si les religions sont une réponse à la crise.
Selon Monseigneur Léonard, "Il y a une crise sur le plan des valeurs.
Mais ça peut être une étape de croissance". De son côté, Albert
Guigui, Grand rabbin de Bruxelles, déplore que le spirituel soit de
plus en plus "mis de côté". "Nous devenons esclaves de l'objet. Il
suffit d'oublier son GSM le matin pour se rendre compte combien on est
déboussolé. L'humain n'a plus sa place", déplore-t-il.
Et concernant l'humain, Mohamed Fatha-Allah, Imam et enseignant de
religion islamique a rapidement été titillé sur l'égalité homme-femme.
"Le pire voile, c'est celui entre l'homme et Dieu, a botté en touche
M. Fatha-Allah. Le problème n'est pas dans les textes mais dans
l'aspect culturel des gens qui n’arrivent pas à atteindre ce niveau."
Selon Albert Guigui, dans le judaïsme, "l'homme n'a rien à dire".
"Vous trouvez ça normal ?", s'est-il interrogé, sourire aux lèvres.
Le président du Centre d'action laïque Pierre Galand a, lui, constaté
que "cette égalité n'est pas présente partout sur terre. Pourtant,
c'est une condition sine qua non pour avancer dans ce siècle".
André-Joseph Léonard a finalement clôturé ce débat en précisant que
"les femmes sont majoritaires dans l'église catholique".
L'HOMME EST-IL UN LOUP POUR L'HOMME?
Le Prix Nobel de médecine en 1974 Christian De Duve a été invité à
présenter sa théorie du "péché originel génétique". Le scientifique y
explique que l’égoïsme est dans nos gènes. "Ne peut-on pas construire
une société où la solidarité, la mutualisation serait au centre du
débat ?", s'est interrogé M. De Duve.
Ce à quoi le Grand rabbin de Bruxelles a précisé que "dans la religion
juive, la charité n'existe pas car, sinon, il y aurait une
condescendance. Lorsque j'aide quelqu'un, je ne fais que réparer une
injustice qui a été causée par un être humain dans la société". Selon
M. Guigui, "l'homme n'est pas foncièrement bon. Chaque homme a un côté
positif et un négatif. L'homme doit donc faire triompher le bien sur
le mal".
L'Imam Fatha-Allah a tenu à préciser que l'islam n'a pas la même
optique. "L'homme est originellement bon. C'est le contexte qui le
détériore". Rousseau n'est pas loin, je vous l'accorde...

Discours de Noël

Le discours du Roi (extraits interculturels)

Plusieurs défis nous attendent.
Mais suffit-il de mettre en œuvre des réformes institutionnelles et
économiques pour faire progresser notre pays de façon décisive ?
C’est essentiel mais pas suffisant. Il importe que ces réformes
s’accompagnent d’une évolution profonde de nos mentalités.
À ce sujet, je pense d’abord à une meilleure compréhension entre les
citoyens de nos différentes Communautés et Régions. Il serait quand
même incompréhensible, à une période où il est tant question de
globalisation, d’ouverture à d’autres cultures sur le plan
international, que l’entente entre voisins immédiats, au sein d’un
même pays, soit déficiente.
Veillons donc à mieux comprendre la culture, la mentalité des uns et
des autres. Nous percevrons alors les complémentarités qui existent
entre nos diverses Communautés et Régions. Nous réaliserons combien
ces complémentarités sont une richesse qui favorise la tolérance et la
créativité. Encourageons des projets qui mobilisent les citoyens à
mieux se connaître. Rejetons fermement les caricatures simplistes et
injustes de l’autre, qui attisent les préjugés et les antagonismes
stériles et sèment la division.
Je suis convaincu que si nous avançons sur cette voie, de nouvelles
formes de collaboration se développeront entre nos entités fédérées,
devenues plus autonomes. C’est ce qui s’est passé jadis dans le monde
universitaire.
Veillons enfin, dans la période économique la plus difficile depuis la
Seconde Guerre mondiale, à préserver au mieux la tradition de dialogue
entre partenaires sociaux, qui est un des grands acquis de notre pays.
Le souci de la cohésion sociale doit être une préoccupation constante
pour tous.
Maintenant que nous avons retrouvé notre capacité à résoudre nos
difficultés intérieures, nous sommes à nouveau crédibles sur le plan
international pour rependre notre rôle de pionnier dans la
construction européenne. Dans de nombreux domaines, seule une Europe
cohérente est en mesure de répondre aux grands défis que nous
connaissons actuellement. Nous pouvons y contribuer efficacement.
s.
C’est dans cet esprit de recherche de paix, à l’intérieur comme à
l’extérieur de notre pays, que la Reine et moi et toute notre famille
vous souhaitons de chaleureuses fêtes de Noël et une heureuse nouvelle
année.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUID DE 2012 ?
Anne Rey m’écrit :
« Je viens d'entendre le discours du Roi Albert ... Lirait-il DiverCity?
Il me semble qu'on y trouve y quelques concordances d'idées!

Cuba s'assouplit ... cosmétique, volonté délibérée, ou peur d'un
nouveau "printemps"?

La Place Rouge à Moscou est ... vide.
Les chars et l'armée veillent.

Quid de 2012 ?????? »
Oui en effet que nous réserve cette nouvelle année : terribilis ou mirabilis ?
Les deux sans doute ou plutôt sûrement.
DiverCity vous souhaite à chacune et chacun une vrai trêve de Noël,
quelles soient vos convictions, avec ou sans cadeaux sous le sapin.
Il y a presque cent ans, Noël dans les tranchées, c’était quand on
cessait de se tirer et que surgissait une certaine fraternité entre
les belligérants. Les soldats s’écoutaient chanter par dessus les
barbelés en allemand, en anglais en français, en flamand…
Chacun alors méditait en descendant au plus profond de soi.
Que 2012, qui s’annonce assez dure, soit aussi sereine qu’il est
possible pour chacune et chacun d’entre vous.
« Plusieurs défis nous attendent »
« Il importe que les réformes s’accompagnent d’une évolution profonde
de nos mentalités.
Veillons donc à mieux comprendre la culture, la mentalité des uns et
des autres. »

vendredi 23 décembre 2011

Bruxelles se désindustrialise

Par Raphaël Meulders

Les emplois industriels sont passés de 164 000 en 1970 à 30 000
actuellement. C. Picqué voit le verre à moitié plein : il y a de la
place pour de nouvelles industries.
Bruxelles, l’industrielle, c’est un temps que les moins de quarante
ans ne peuvent pas connaître. En ce laps de temps, la capitale belge a en effet changé totalement de visage. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes. Si en 1970, Bruxelles comptait plus d’emplois industriels
(164 000) que tous les autres arrondissements belges, le secteur
manufacturier ne représente désormais plus que 30000 emplois sur un
total de 700000 salariés à Bruxelles. "Des chiffes impressionnants à
première vue, explique le ministre-Président Charles Picqué (PS). Mais
qui n’ont rien d’exceptionnel si on les compare à ce qui se passe dans
les autres grandes villes européennes".
La chute a, par exemple, été aussi vertigineuse en Wallonie (de 500000
à 150000 emplois dans le même laps de temps). Les causes de cette
désindustrialisation à Bruxelles sont multiples : délocalisation vers
des pays à la main-d’œuvre meilleur marché, difficulté de mobilité et
avec le voisinage, coût du foncier à Bruxelles,
Le secteur industriel bruxellois a été passé au crible par une étude
du bureau BRAT. Que ce soit sur les commerces, les bureaux, etc., le
gouvernement bruxellois multiplie ce type d’enquêtes depuis plusieurs
mois. Et pour cause : la Région-Capitale va connaître un essor
démographique sans précédent ces prochaines années. De 2010 à 2020, le
Bureau du plan estime la croissance à plus de 180000 habitants à
Bruxelles, où les terrains vont commencer à se faire rares. D’où
l’idée du PRAS (plan régional d’affectation du sol) "démographique"
que le gouvernement bruxellois veut mettre en place. Celui-ci
déterminera avec précision comment logements, industries, commerces,
équipements et bureaux devront cohabiter dans la capitale au cours des
prochaines années.
Même si la priorité devait être accordée au logement, il n’est pas
question de faire de Bruxelles une "ville-dortoir". "Il ne s’agira pas
d’éliminer toute activité économique, mais au contraire de créer des
quartiers mixtes, avec des activités économiques compatibles avec le
logement", explique Charles Picqué.
Car de l’espace pour ces activités économiques, il y en a d’après le
"grand Charles" qui se base sur l’étude qu’il a lui-même commandée au
bureau BRAT. "Qu’on arrête de me dire que le logement va rendre toute
activité industrielle impossible à Bruxelles, car ce n’est pas vrai !"
L’étude a ainsi établi un relevé de terrains de toutes les activités
productives et d’entreposage à Bruxelles et les a comparées à la
situation de 1997, où une vaste enquête avait permis de relever
l’occupation - étage par étage - des quelque 220 000 bâtiments
implantés par la Région. A noter qu’un seuil de taille de 1000 m2 a
été pris comme base dans l’enquête actuelle.
Le constat est là : l’activité productive bruxelloise reste en baisse.
Le nombre de bâtiments à vocation industrielle en 2011 est de 2 631
immeubles pour une surface plancher totale de 4,7 millions de m2. La
région bruxelloise a ainsi perdu 1 million de m2 d’activités
industrielles en 14 ans. Autre fait impressionnant : 15 % du stock
existant (700 000 m2) est vide, "E n plus de ces emplacements, la
capitale dispose encore d’un potentiel de près de 2,5 millions de m2
de terrains mobilisables pour de nouvelles activités de ce type dans
les zones d’industrie urbaine et portuaire", explique Charles Picqué.
L’étude démontre aussi que ce sont essentiellement les surfaces
industrielles du centre-ville qui ont été transformées. La plupart du
temps en logements (6 500 en tout), en commerces, mais aussi en
bureaux, écoles, commissariats (comme celui de Schaerbeek qui était
une ancienne fabrique de cigarettes) et même en mosquées ou temples
évangélistes.
"Je suis convaincu de la nécessité de maintenir des activités
productives dans la Région-Capitale, conclut Charles Picqué. En
particulier celles liées à la consommation des habitants (la
transformation alimentaire, les équipements ménagers, le traitement
des déchets, ) et à l’innovation. Mais il faut les développer de
manière compatible avec la vie en ville."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES ET SES CONCURRENTES
Bruxelles se désindustrialise, en même temps qu'elle se ghetthoïse.
A Bruxelles, on passe de 164 000 à 30 000, c'est-à-dire 134 000
emplois de moins soit une chute de 82 %.
En Wallonie : on passe de 500 000 à 150 000, soit une diminution de
350 000 emplois soit une chute de 70%.
Est-ce vraiment une comparaison intéressante ?
De nouveau quel est l'intérêt. La Wallonie n'est pas une ville et on y
voit une tendance semblable. Et quid de la Flandre ?
Il aurait été utile et éclairant de mettre une comparaison avec
d'autres capitales européennes et villes de même taille : Lille,
Marseille, Amsterdam, voire Berlin.
Il faut bien voir que les villes se livrent et se livreront dans les
années qui viennent une concurrence sans merci.
La solution pour Bruxelles : investir plus encore dans la formation
professionnelle et l’apprentissage du néerl et de l’anglais.
Utopique ? Pas du tout !

Les femmes, victimes du Printemps arabe ?

Par Vincent Braun
Les victoires électorales des islamistes font craindre pour le sort des femmes. Propos ambigus, pratiques discriminatoires, voire
exactions sapent les espoirs.

Les femmes seront-elles les principales victimes des révolutions
arabes, après les dictateurs déchus ? Un an après les premiers
soubresauts du réveil arabe, des menaces continuent de peser, parfois
insidieusement, sur celles qu’on avait vues aussi aux avant-postes des
révoltes. La crainte d’une dégradation de leur condition est renforcée
par les victoires des partis islamistes aux récentes élections, tant
au Maroc qu’en Tunisie, un scénario qui est en train de se reproduire
en Egypte. L’accès au pouvoir de ces partis fait frémir les
féministes, les progressistes et tous ceux qui ont porté haut les
idéaux de liberté et d’égalité lors des révolutions.
"C’est une grande menace. Tous les partis qui ne séparent pas les lois
de la religion sont dangereux. Or, dans toute la région, les
mouvements intégristes et islamistes se renforcent", affirme Saïda
Rached, la secrétaire générale de l’Association tunisienne des femmes
démocrates (ATFD). "On sait par l’expérience comment les islamistes
fonctionnent quand ils accèdent au pouvoir : ce sont toujours les
femmes qui écopent. En Iran et en Afghanistan, elles ont payé un lourd
tribut."
A priori propice à la culture des libertés individuelles et publiques,
le terrain défriché par le feu révolutionnaire a pourtant vu la
multiplication de propos ambigus, pratiques discriminatoires voire
d’exactions à l’égard des femmes. En plus des stigmatisations diverses
dont elles faisaient déjà l’objet. En Egypte, les femmes voilées
subissent la violence de l’armée et des extrémistes, alors qu’un
nouveau regain de violence touche le pays. L’armée a reconnu mardi que
ses troupes avaient frappé une manifestante voilée, avant de la
traîner sans ménagement sur la chaussée. En Tunisie, on se souvient
qu’un peu après le départ de Ben Ali, des militants islamistes avaient
incendié des maisons dans une rue connue pour abriter des prostituées.
D’autres, des salafistes, partisans d’une interprétation rigoriste de
l’islam, manifestent toujours sur le campus de l’université de Tunis
pour obtenir une ségrégation entre hommes et femmes dans les
auditoires ainsi que pour l’admission aux examens des femmes portant
le niqab (voile islamique intégral). Mi-novembre, le futur Premier
ministre Hamadi Jebali avait, lors d’un meeting, parlé de l’avènement
du sixième califat, un terme connoté souvent utilisé par les
extrémistes et qui désigne un régime islamique basé sur la charia
(l’ensemble des codes islamiques régissant la vie quotidienne),
laquelle est peu amène à l’égard des femmes et de leurs libertés. En
Libye, l’adoption annoncée de la charia comme loi essentielle du pays
conduit notamment à l’annulation de facto de la loi qui autorisait le
divorce et conditionnait la polygamie sous Kadhafi.
La perspective de changement née du Printemps arabe remet au centre la
condition de la femme. On considère généralement que le sort réservé
aux femmes, comme aux minorités, est un indicateur du progrès moral
d’une société, ou de son retour en arrière. La récente attribution du
prix Nobel de la paix à une militante yéménite des droits de l’homme
et figure de proue de la révolution dans son pays souligne la volonté
d’attirer l’attention sur le sort des femmes. Les sociétés musulmanes,
traditionnellement patriarcales, ont de tout temps développé des
rapports ambigus et méfiants vis-à-vis des femmes, ce qui a contribué
à entretenir des comportements de domination-soumission.
Pourtant, ça et là, les femmes sont dans des situations plus enviables
que d’autres, sans que tout soit idéal pour autant. En Tunisie, elles
bénéficient depuis 1956 de droits uniques dans le monde musulman
(mariage par consentement mutuel, procédure de divorce, abolition de
la polygamie), des droits que l’assemblée constituante a inscrits il y
a deux semaines dans une loi fondamentale. Et il aura fallu près de
cinquante ans au Maroc pour leur attribuer des droits semblables, à
travers la réforme de la Moudawana (code de la famille) que Mohammed
VI a favorisée en 2004.
"Cette loi fondamentale renforce les acquis des Tunisiennes. Elle ne
peut pas être modifiée s’il n’y a pas au moins deux tiers des
suffrages en ce sens. C’est un pas dans la bonne direction", nous
explique Saïda Rached. "Il faut aussi davantage d’instruments pour
appliquer ces droits et que ceux-ci soient consolidés. Nous demandons
notamment que les principes d’égalité et de non-discrimination soient
inscrits clairement dans la Constitution, afin qu’il n’y ait pas
d’ambiguïté. C’est la seule manière de garantir l’égalité des femmes",
souligne-t-elle, dans la mesure où il était difficilement envisageable
de couler le code du statut personnel dans la nouvelle constitution en
cours de préparation.
"Il n’y a aucune assurance hormis l’éveil de la conscience citoyenne
et de la société civile, qui doit toujours être présente. La seule
garantie, c’est la rue", soutient quant à elle la blogueuse tunisienne
Sarah Ben Hamadi. Pour celle qui commente la révolution et les
évolutions de son pays sur son blog intitulé "Un œil sur la planète",
"les femmes seront les perdantes des révolutions arabes si elles se
considèrent déjà comme telles. Il n’y a pas de raison pour qu’elles le
soient, surtout en Tunisie où la femme a toujours été active et
présente dans la sphère publique. Il ne faut pas jouer la victime mais
s’imposer", exhorte la blogueuse, qui souhaite non seulement que l’on
préserve les droits des femmes mais aussi qu’on les améliore. Elle
plaide notamment pour que les femmes soient "plus présentes sur la
scène politique, qu’il y ait plus de ministres femmes, et dans des
ministères assez importants, mais aussi qu’il y ait égalité totale
dans les droits avec l’homme, comme par exemple lors de l’héritage, où
la femme hérite moins que l’homme".
L’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde arabe reste un
combat, y compris et surtout dans les pays où elles ont un statut plus
avancé et une meilleure éducation, comme en Tunisie. "Je ne connais
pas de religion qui prône l’égalité des sexes, en tout cas aucune des
trois religions monothéistes. L’égalité plénière entre les sexes ne
peut se faire que dans le cadre d’une séparation du politique et du
religieux. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante",
souligne Sophie Bessis, historienne tunisienne et secrétaire générale
adjointe de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).
"Malheureusement la résistance patriarcale au mouvement vers l’égalité
est très forte. Et elle n’est pas propre au monde arabe. On peut le
voir dans le domaine politique dans la quasi-totalité des pays
européens. On peut le voir aussi sur le plan des salaires, de l’espace
public et des positions de pouvoir. Mais il est vrai que dans les pays
où la loi n’est pas sécularisée, ce qui est le cas de la plupart des
pays arabes, l’arrivée au pouvoir de mouvements dont le référent
idéologique est religieux peut être un obstacle à l’égalité."
(La Libre.be)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CE SONT TOUJOURS LES FEMMES QUI ECOPENT.
Attention ! Le printemps arabe amorce un tournant décisif en épingle à
cheveux. Et dans les tournants, il ne s’agit pas de freiner mais
d’accélérer, sinon on file droit dans le décor.
Méditons donc les huit points suivants :
1. "On sait par l’expérience comment les islamistes fonctionnent quand
ils accèdent au pouvoir : ce sont toujours les femmes qui écopent. En
Iran et en Afghanistan, elles ont payé un lourd tribut."
2. On considère généralement que le sort réservé aux femmes, comme aux
minorités, est un indicateur du progrès moral d’une société, ou de son
retour en arrière.
3. Les sociétés musulmanes, traditionnellement patriarcales, ont de
tout temps développé des rapports ambigus et méfiants vis-à-vis des
femmes, ce qui a contribué à entretenir des comportements de
domination-soumission.
4. Nous demandons notamment que les principes d’égalité et de
non-discrimination soient inscrits clairement dans la Constitution,
afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. C’est la seule manière de garantir
l’égalité des femmes",
5. "Il n’y a aucune assurance hormis l’éveil de la conscience
citoyenne et de la société civile, qui doit toujours être présente. La
seule garantie, c’est la rue", soutient la blogueuse tunisienne Sarah
Ben Hamadi.
6. L’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde arabe reste
un combat, y compris et surtout dans les pays où elles ont un statut
plus avancé et une meilleure éducation, comme en Tunisie.
7. "Je ne connais pas de religion qui prône l’égalité des sexes, en
tout cas aucune des trois religions monothéistes. L’égalité plénière
entre les sexes ne peut se faire que dans le cadre d’une séparation du
politique et du religieux. C’est une condition nécessaire mais pas
suffisante",
8. « dans les pays où la loi n’est pas sécularisée, ce qui est le cas
de la plupart des pays arabes, l’arrivée au pouvoir de mouvements dont
le référent idéologique est religieux peut être un obstacle à
l’égalité."

S’il fait fi des femmes, de leurs droits et de leur volonté d’égalité,
le printemps arabe de figera très rapidement en hiver islamiste ou
pire encore en ère glaciaire salafiste.
MG

jeudi 22 décembre 2011

Mass March by Cairo Women in Protest Over Abuse by Soldiers

CAIRO — Several thousand women demanding the end of military rule marched through downtown Cairo on Tuesday evening in an extraordinary expression of anger over images of soldiers beating, stripping and kicking female demonstrators in Tahrir Square.
“Drag me, strip me, my brothers’ blood will cover me!” they chanted.
“Where is the field marshal?” they demanded of the top military
officer, Field Marshal Mohamed Hussein Tantawi. “The girls of Egypt
are here.”
Historians called the event the biggest women’s demonstration in
modern Egyptian history, the most significant since a 1919 march
against British colonialism inaugurated women’s activism here, and a
rarity in the Arab world. It also added a new and unexpected wave of
protesters opposing the ruling military council’s efforts to retain
power and its tactics for suppressing public discontent.
The protest’s scale stunned even feminists here. In Egypt’s stiffly
patriarchal culture, previous attempts to organize women’s events in
Tahrir Square during this year’s protests almost always fizzled or, in
one case in March, ended in the physical harassment of a small group
of women by a larger crowd of men.
The march abruptly pushed women to the center of Egyptian political
life after they had been left out almost completely. Although women
stood at the forefront of the initial revolt that ousted President
Hosni Mubarak 10 months ago, few had prominent roles in the various
revolutionary coalitions formed in the uprising’s aftermath. Almost no
women have won seats in the early rounds of parliamentary elections.

The women’s demand for a voice in political life appeared to run
counter to the recent election victories of conservative Islamists.
But the march was hardly dominated by secular liberals. It contained a
broad spectrum of Egyptian women, including homemakers demonstrating
for the first time and young mothers carrying babies, with a majority
in traditional Muslim head scarves and a few in face-covering veils.
And their chants mixed calls for women’s empowerment with others
demanding more “gallantry” from Egyptian men.
The spark for the march on Tuesday came over the weekend, when
hundreds of military police officers in riot gear repeatedly stormed
Tahrir Square, indiscriminately beating anyone they could catch.
Videos showed more than one instance in which officers grabbed and
stripped female demonstrators, tearing off their Muslim head scarves.
And in the most infamous case caught on video, a half-dozen soldiers
beat a supine woman with batons and ripped off her abaya to reveal a
blue bra. Then one of them kicked her in the chest.
No doubt fearful of the stigma that would come with her public
humiliation, the victim has declined to step forward publicly, so some
activists now refer to her only as “blue bra girl.” The photos of her
beating and disrobing, however, have quickly circulated on the
Internet and have been broadcast by television stations around the
world.
In Washington on Monday, Secretary of State Hillary Rodham Clinton
called the recent events in Egypt “shocking.”
“Women are being beaten and humiliated in the same streets where they
risked their lives for the revolution only a few short months ago,”
Mrs. Clinton said.
“Women are being attacked, stripped and beaten in the streets,” she
added, arguing that what she called the systematic degradation of
Egyptian women “disgraces the state and its uniform.”

At the same news conference, a veteran female journalist who reports
on the military stood up to ask the general for an apology to Egyptian
women. “Or the next revolution will be a women’s revolution for real,”
the journalist warned. The general tried to interrupt her — he said
the military had learned of a new plan to attack the Parliament — and
then he brushed off her request.
Many Egyptian women said later that they were outraged by his response.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CE QUE FEMME VEUT
Islamisme et féminisme font rarement bon ménage.
Les femmes, nous dit-on, ont joué un rôle clef dans cette révolution.
Elles en furent médiocrement récompensées : « Almost no women have won
seats in the early rounds of parliamentary elections. »
Et voilà que, sauvagement traitées par les militaires, les femmes se
révoltent contre le machisme égyptien. Voilà qui est tout à fait
intéressant. Est-ce à dire que les femmes sont en train de relever le
grand défi, celui de la revendication de la dignité et de l’égalité
pour les femmes ? “Women are being attacked, stripped and beaten in
the streets,” said Hilary Clinton, arguing that what she called the
systematic degradation of Egyptian women “disgraces the state and its
uniform.”
Si ce devait être le cas, ce serait la plus belle promesse du
printemps arabe. “I came so that girls are not stripped in the streets
again,” said Afa Helal, 67, who was also demonstrating for the first
time, “and because my daughters are always going to Tahrir. The army
is supposed to protect the girls, not strip them!”
MG

Vaclav Havel: mort d'un président-philosophe

Il fut artiste, dissident et président. L'icône de la révolution
tchèque, s’est éteinte à l'âge de 75 ans, savait que la sagesse
politique se nourrit d'art et de pensée. De Platon à Kafka, de
Heidegger à Beckett, retour sur les influences d'un authentique
roi-philosophe.

Bien sûr, il est né à Prague, comme Kafka. Une ville ne guérit jamais
d'avoir accueilli un génie de cette trempe. Vaclav Havel, qui commence
à publier des articles dans des revues de théâtre dès les années 1950,
accède au rang d'intellectuel dissident avec une pièce intitulée « le
Rapport dont vous faites l'objet », écrite en 1965.
L'intrigue a de forts accents kafkaïens. Elle se déroule dans une «
Administration ». Les employés de celle-ci y agissent de deux façons :
ils prospèrent en piégeant les autres, ou chutent en se faisant
piéger. On suit un Josef Gross qui tente de naviguer dans ces eaux
troubles. La pièce est caractéristique de ce théâtre de l'absurde, qui
triomphe à Paris mais qui est profondément Européen, emmené par
Ionesco le Roumain et Beckett l'Irlandais.
Vaclav Havel tente alors de répondre à la question prophétique que
Kafka a posée au XX e siècle : comment rester humain dans une
civilisation qui pourchasse le vivant ? On retrouve ici le coeur de
l'inquiétude heideggerienne : la réduction de l'être à sa dimension
technique et à la place qu'il occupe dans une organisation normalisée.
Martin Heidegger est une figure intellectuelle incontournable dans ces
années d'après-guerre. Vaclav Havel n'échappe pas à son influence.
Mais il est marqué plus directement par un autre philosophe, un
Pragois, lui aussi fondamental : Jan Patocka. Celui-ci est, avec
Vaclav Havel, l'un des principaux initiateurs de la « Charte 77 »,
pétition dénonçant la « Normalisation » entamée par le pouvoir
tchéquoslovaque et moment-clé dans l'histoire de la dissidence
tchèque.
Potocka, penseur du « soin de l'âme » est surtout l'auteur d'un livre
indispensable, « Platon et l'Europe », dans lequel il affirme, comme
le relevait Paul Veyne dans « Libération » en 1983, que « les hommes
''ne sont pas des robots'' et que, par souci de leur âme, il leur faut
penser la liberté contre les dogmes, car tout n’existe pas
''objectivement''. »
Jan Potocka, après avoir signé la Charte de 1977, est victime d'un
acharnement policier et meurt au mois de mars. Paul Ricoeur dira qu'il
a été « littéralement mis à mort par le pouvoir ». Vaclav Havel, de
son côté, bascule pour de bon dans la dissidence. Entre 1977 et 1989,
il est emprisonné à trois reprises. En prison, il écrit ses deux plus
grands livres, « le Pouvoir des sans-pouvoirs », mise à nu du
totalitarisme communiste, et « Lettres à Olga », précis épistolaire de
résistance adressé à son épouse.
VACLAV HAVEL, DISSIDENT PAR EXCELLENCE
Par Jean Daniel
Amené au pouvoir par son peuple sans l'avoir vraiment voulu, Vaclav
Havel fut à l'origine d'un enthousiasme sans précédent.

Vaclav Havel, premier chef d’Etat d’un pays délivré de l’occupation
soviétique, est né en 1936, au moment où flamboyait le Front populaire
à Paris. Il y fera souvent référence. Ecrivain, poète et dramaturge,
il a été installé à la tête de son Etat par son peuple, sans qu’il
l’ait voulu ni demandé et en ne l’acceptant qu’avec avec réticence.
Il n’y a pas de précédent d’un "littérateur" accédant ainsi à la tête
d’un Etat. Il y a eu, en revanche, beaucoup de conseillers. Voltaire a
joué ce rôle auprès de Frédéric de Prusse, Diderot auprès de Catherine
de Russie, et Malraux auprès de de Gaulle. Mais je ne vois que
Lamartine pour avoir eu directement un tel ascendant, même provisoire,
sur le peuple, et son rôle (cruellement critiqué par Tocqueville) ne
fut que de courte durée.
A l’heure du "Printemps arabe", il faut se souvenir de ce "Printemps
de Prague" de 1968 - écrasé dans le sang mais qui devait conduire à la
"Révolution de velours" de 1985. J’écrivais alors : "Tous ceux qui se
sont engagés dans la vie politique par impératif moral ou par envie
d’épopée, ont été saisi d’enthousiasme. Une brise purificatrice et
sereine soufflait sur Prague. Et rien n’est arrivé pour la
compromettre où la salir".
Vaclav Havel a été le dissident par excellence. Il est entré avec un
visage d’adolescent britannique dans cette lignée où devaient figurer
Martin Luther King et Nelson Mandela, deux non violents victimes de la
violence - l’un devant payer pour son combat de sa vie, et l’autre
échappant finalement à la prison pour accéder au pouvoir. Vaclav Havel
à été le premier homme d’Etat d’une démocratie réinventée et qui ne
voulait pas renoncer au visage humain du socialisme.
UN VRAI MAÎTRE A PENSER
Il est rare que le peuple pousse l'artiste vers le pouvoir. Vaclav
Havel hésite. Il avait accepte de devenir une sorte de président
intérimaire. Son intérim durera treize ans, comme il le notera
lui-même avec humour. Il fut souverain malgré lui.
Havel Président dut faire des compromis avec la réalité européenne.
Son exercice du pouvoir entre même en contradiction flagrante avec ses
maîtres à penser. Poussant l'Europe orientale vers l'Occident, il
trahit à la fois Kafka et Heidegger, qui y voyaient chacun à leur
manière un archétype de la civilisation sans âme.
A-t-il aimé le pouvoir ?
« La tâche qui m’a été donnée, celle de faire de la politique, a été
une tâche que j’ai assumée parce que j’ai été poussé par un sentiment
de responsabilité ; mais ce n’était pas une activité dans laquelle je
trouvais plus de plaisir que dans le théâtre. »
En 2007, il publia « A vrai dire... Le livre de l'après-pouvoir », une
réflexion éclatante sur la nature du pouvoir politique. Il y écrivait
notamment :
« La fonction présidentielle ne vous condamne pas à mentir ou à
affirmer une opinion qui n'est pas la vôtre. Non, mais elle vous
oblige à tout formuler dans une langue... officielle. Les discours par
exemple que je devais prononcer m'ont causé beaucoup de tourments. En
tant qu'écrivain, auparavant maître de mes mots, (...) j'ai du mal à
comprendre comment j'ai réussi pendant quinze ans à écrire
pratiquement tous les week-ends un discours pour lequel je disposais
d'un temps limité de rédaction, alors que personne ne voulait savoir
si j'étais inspiré. Il se peut que ce bagne que j'ai vécu constitue
l'une des causes de ma difficulté actuelle à écrire. »
Délesté des contraintes du politique, il put poser un regard lucide
sur ce que l'Europe, après l'enthousiasme de la libération à l'Est,
était devenue :
« Je trouve par exemple que l'Union européenne actuelle est trop
matérialiste et technocratique. S'occuper des tarifs douaniers n'est
certes pas une tâche inutile. Mais tellement insuffisante. Il manque
un souffle politique à l'Europe. Une vraie dimension spirituelle. »
Espérons que son décès ne nous empêche pas d'écouter ce qu'il avait à dire.
David Caviglioli

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE VISAGE HUMAIN DE LA POLITIQUE
Une voix des plus puissantes, des plus singulières et des plus
admirables de notre histoire contemporaine. IL fit de la dissidence un
instrument implacable de libération et de progrès.
Son décès endeuille l’Europe tout entière car il, fut une source
vivante de probité, de courage et d'espoir.
Ce chantre de la liberté fut pour la génération de 68 et pour tous les
démocrates un inspirateur et un repère. .
Ce grand artiste demeurera un exemple de courage, d'honnêteté
intellectuelle et de fidélité.
A ceux qui parfois aujourd'hui doutent de la politique, Vaclav Havel
offre un exemple de la noblesse et de la dignité de la vie civique.
Il fut le visage humain de la politique.
« Il manque un souffle politique à l'Europe. Une vraie dimension spirituelle. »

mardi 20 décembre 2011

Sloterdijk

Quand Sloterdijk nous éclaire sur ses pairs.
Le propre de la philosophie, de nos jours, c’est qu’elle s’organise
selon une logique féodale. Il y a les grosses têtes, très petites en
nombre, qui constituent son panthéon réduit à quelques dizaines de
noms. Il y a une infinité de commentateurs des pensées issues des
têtes en question, dont l’essentiel du travail consiste, sous prétexte
de clarifier la réflexion de l’aréopage concerné, à l’obscurcir, voire
à la rendre opaque. Chacun d’un peu entreprenant dans l’approche de la
philosophie aura compris que la réputation de difficulté de celle-ci
tient plus à cette catégorie des paraphraseurs, qui sont d’ailleurs
pour l’essentiel des phraseurs. Et puis, il y a la piétaille, celle
qui s’emploie, en salle de classe ou dans les gazettes, à rendre
quelque peu comestibles les propos de ces derniers et qui, sous
prétexte de vulgariser trahissent en fait les maîtres incontestés,
qu’ils ignorent, parce qu’ils se sont contentés de compiler la
littérature secondaire, et épaississent du coup le malentendu.
Deux conclusions s’imposent : il vaut mieux lire les grands textes que
les texticules qui prétendent les expliquer, et par ailleurs partir de
l’idée que nous avons chacun une conscience, et que ce qui importe
c’est ce que, entraînés par les grands courants intellectuels, nous en
pensons nous-mêmes. Il peut arriver qu’une exception vienne infirmer
cette analyse. C’est un petit livre de quelque 150 pages, une
promenade parmi les géants de la philosophie qui ne tombe ni dans le
piège de la périphrase obscurantiste ni dans la réduction jivaresque
qui ramène Kant à sa promenade quotidienne et Nietzsche à son
embrassade équestre. C’est qu’il est, tout simplement, le résultat
d’une rencontre entre pairs. Le phénomène est trop rare pour que l’on
ne s’en réjouisse. C’est que la société philosophique est, comme
toutes les autres, un tissu de chamailleries. Beaucoup de penseurs,
pour pouvoir fonctionner, ont besoin de penser contre leurs collègues.
La considération mutuelle n’est pas leur fort. Peut-être parce que
dans le temps de l’élaboration de leur système ou de leur doctrine,
ils sont trop peu sûrs d’eux pour ne pas procéder d’abord à un
nettoyage par le vide. En philosophie, la terre brûlée est souvent
très fertile.
Peter Sloterdijk, lui, n’a pas de complexes. D’où les tirerait-il ? Il
est à peu près établi que cet Allemand au nom hollandais et à la
dégaine de loup de mer est l’un des intellectuels les plus performants
d’aujourd’hui. Il a compris que notre monde n’a plus rien à voir avec
les temps obscurs où les satellites ne nous cernaient toujours pas et
où les ordinateurs n’étaient pas encore parvenus à nous relier dans le
plus serré des réseaux planétaires. Il parle en terme de sphères, de
globes et de bulles parce qu’il se trouve que les planètes, à
commencer par la nôtre, ne sont pas cubiques. Fort de son propre
apport à l’élucidation du monde, il se penche avec bienveillance sur
celui de ses prédécesseurs. Comme il sait d’expérience que l’on ne
pense qu’en fonction de ses pulsions personnelles, il se donne pour
tâche de décrire ce qu’il appelle des « tempéraments philosophiques ».
Voilà donc, dans les meilleurs des cas, Saint Augustin, Giordano
Bruno, Descartes, Fichte, Marx, Wittgenstein, pour ne citer qu’eux,
cernés dans ce qu’ils ont de plus irréductiblement singulier, et qui
tient à l’originalité de leur nature. Le monde a autant de
significations que d’esprits qui ont tenté de le percer à jour, et la
vision que nous en avons est fonction des hantises, des manies, des
lubies de ces personnages qui ont tenté d’aller au bout de leur quête
de compréhension du monde et de nous-mêmes.
Oui, il peut arriver qu’un exégète ne soit pas un brouilleur de
pistes, mais un éclaireur au sens noble du terme
(Jacques De Decker)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A CONSOMMER TOUT DE SUITE ET SANS MODERATION

La tentation du modèle turc

Par Vincent Braun

La Turquie musulmane, laïque et démocratique attire le regard des
peuples arabes. Mais aussi fructueux soit-il, son modèle est loin
d’être la panacée, car non exempt d’ambiguïtés.
qui secouent le monde arabe depuis un an ont remis en selle les
islamistes, tenants de mouvements politiques inspirés de l’islam
jusqu’alors opposants réduits au silence par les régimes dictatoriaux.
Leur retour au premier plan s’est concrétisé dans les récentes
victoires électorales des partis islamistes qualifiés de modérés, en
Tunisie, au Maroc, et - bien que partielle - en Egypte. A l’heure de
se choisir un modèle pour gouverner, ces pays musulmans se sont
naturellement tournés vers la Turquie, pays laïc et musulman où un
parti islamo-conservateur imprime une nouvelle marque à l’Etat. Avec
un vrai succès. En près de dix ans de pouvoir, le Parti de la justice
et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a
mené la Turquie au dix-septième rang mondial des puissances
économiques, non sans afficher une ambition diplomatique régionale et
réintroduire le religieux dans le champ politique. En réalité,
l’intérêt des pays arabes pour la démocratie musulmane à la turque ne
date pas d’hier, comme l’explique l’ouvrage "La Turquie au
Moyen-Orient. Le retour d’une puissance régionale ?" (CNRS Editions,
298 p.) que dirige la spécialiste Dorothée Schmid et qui est publié en
cette fin d’année. Nous avons interrogé l’auteur, responsable du
programme Turquie contemporaine à l’Institut français des relations
internationales (Ifri).
EN QUOI LA TURQUIE EST-ELLE UN MODELE POUR LES PAYS ARABES ?
Les Américains y voient un pays où un parti islamique est arrivé au
pouvoir légalement et qui a réussi à gérer l’Etat tant au niveau des
réformes politiques qu’au niveau économique. Et sur le plan culturel
aussi, puisque l’AKP a réussi une sorte de syncrétisme qui mélange la
tradition culturelle ottomane, le kémalisme, tout en réhabilitant les
origines turco-mongoles et en présentant tout cela sous une forme
modernisée. On a donc une sorte de modernité islamique à la turque,
popularisée par les séries télé turques qui arrosent le monde arabe.
D’un autre côté, il y a le modèle de la Turquie séculariste qui
accomplit ses projets politiques sous la surveillance d’une armée
pro-occidentale et chargée de maîtriser cette pulsion orientalisante
du pays. Aujourd’hui, quand Erdogan fait sa tournée du Moyen-Orient,
il le fait comme dirigeant musulman invitant les partis musulmans
locaux à respecter la laïcité. Il essaie de mettre ensemble des
éléments considérés comme contradictoires par les pays occidentaux.
L’ISLAMISME MODERE A LA TURQUE EST-IL LE RESULTAT DE LA LONGUE
TRADITION LAÏQUE DU PAYS HERITEE D’ATATÜRK, LAQUELLE FAIT DEFAUT DANS
LES PAYS ARABES ?
Il y a aujourd’hui un questionnement sur la culture de la laïcité en
Turquie, quant à la profondeur de son ancrage. La laïcité à la turque
a bien fonctionné car Atatürk a mis en place un Etat extrêmement
efficace, qui a été l’acteur central de la vie politique turque y
compris après sa mort. Il y avait une sorte d’inertie culturelle qui
faisait que l’Etat continuait dans un système de contre-pouvoirs qui
était dominé par les tenants du kémalisme. Aujourd’hui, il y a un
basculement de l’équilibre du pouvoir. Le pays "réel" est musulman à
99 %, croyant à 80 % et pratiquant à 70 %, ce qui fait qu’on n’est pas
du tout dans une société sécularisée. Bref, on n’est pas sûr que le
pays réel soit vraiment laïc. Le pays réel risque de voir s’exprimer
beaucoup plus les religions dans la vie quotidienne et dans le champ
politique. En tout cas, le référent religieux est entré dans la
compétition politique. Tous les partis ont par exemple introduit des
femmes voilées sur leurs listes, même ceux qui étaient hostiles à
cela.
UNE AUTRE AMBIGUÏTE CONCERNANT CE MODELE, C’EST QUE LA CONSTITUTION
TURQUE NE PARLE PAS DU TOUT D’ISLAM, ALORS QU’ON ASSISTE A UN RETOUR
DU RELIGIEUX DANS LE CHAMP POLITIQUE, AU CONTRAIRE DES PAYS ARABES OU
CETTE RELIGION EST SOUVENT AFFIRMEE COMME SOURCE DE DROIT…
Absolument, c’est une vraie différence. On ne s’attendait pas du tout
à ce que les Arabes se "radicalisent" d’un point de vue religieux. On
pensait que la tendance naturelle serait d’aller vers une
neutralisation de cette question.
LA DEMOCRATIQUE TURQUE EST POURTANT LOIN D’ETRE IRREPROCHABLE.
La Turquie est une démocratie qui, d’un point de vue technique,
fonctionne très bien. C’est une démocratie électoraliste. Depuis que
l’AKP est arrivé au pouvoir, il y a quasiment une élection par an, les
élections sont libres, les taux de participation sont massifs. C’est
d’ailleurs ce modèle exemplaire qui donne toute sa légitimité à
Erdogan, puisqu’il a gagné les élections législatives de juin dernier
avec près de 50 % des suffrages. Mais la Turquie est un pays où la
culture démocratique n’est pas encore achevée. Sa démocratie
fonctionne encore sur un mode très violent, très conflictuel. Il y a
une grande difficulté à reconnaître l’autre et l’alternative. Le
multipartisme a été introduit tardivement mais on se demande s’il
fonctionne vraiment. C’est aussi un pays qui a pour tradition
d’interdire les partis politique quand ils sont dérangeants. C’est
arrivé à un parti kurde il y a deux ans. Même l’AKP a failli être
interdit au terme d’un grand procès à peu près à la même époque.
LA TURQUIE SE VOIT COMME UNE SOURCE D’INSPIRATION.
C’est l’expression d’Erdogan. C’est le slogan marketing des Turcs
quand ils tentent de populariser leur modèle dans le monde arabe. Mais
dès qu’ils donnent des instructions sur la manière de populariser le
modèle, ça ne passe pas. On l’a très bien vu au moment de la tournée
d’Erdogan dans les pays du printemps arabe, en Egypte ou en Tunisie,
quand il s’est mis à parler de sécularisme. En Tunisie, Ghannouchi (le
chef du parti islamiste Ennahda, ndlr) a exprimé son malaise quant à
cette idée de sécularisme et de laïcité. La Turquie peut jouer ce rôle
de source d’inspiration mais elle va constamment être dans ce dilemme
de faire plus d’intervention ou pas.
Mon hypothèse est que si les partenaires occidentaux de la Turquie ne
la poussaient pas s’exprimer et à prendre position, il n’est pas
évident qu’elle aurait à la faire. La Turquie est devant un dilemme.
Elle est assez consciente des ambiguïtés de son modèle. Les Turcs
voient bien que se trouver en pleine réislamisation de leur société
tout en parlant de la laïcité dans le monde arabe, cela ne donne pas
une direction très claire. L’image de la Turquie est un peu brouillée.
On le voit très bien dans la manière dont les intellectuels arabes
parlent de la Turquie; ils sont partagés entre cette espèce
d’admiration pour une réussite nationale, cette crainte que la Turquie
redevienne une puissance régionale, et parfois des critiques du modèle
turc en soi.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MODERNISATION DE L’ISLAM ?
A la question d’Arkoun sur laquelle je reviens sans cesse :
Modernisation de l’islam ou islamisation de la modernité ; Erdogan
répond par la « modernité islamique à la turque, popularisée par les
séries télé turques qui arrosent le monde arabe. »
Je note toutefois avec une certaine inquiétude que « la Turquie est
un pays où la culture démocratique n’est pas encore achevée. Sa
démocratie fonctionne encore sur un mode très violent, très
conflictuel. Il y a une grande difficulté à reconnaître l’autre et
l’alternative ». Plus grave : « Le pays "réel" est musulman à 99 %,
croyant à 80 % et pratiquant à 70 %, ce qui fait qu’on n’est pas du
tout dans une société sécularisée. »
Mais il y a apparemment plus préoccupant : « En Tunisie, Ghannouchi
(le chef du parti islamiste Ennahda, ndlr) a exprimé son malaise quant
à cette idée de sécularisme et de laïcité. »
Et puis il y a ceci : « On ne s’attendait pas du tout à ce que les
Arabes se "radicalisent" d’un point de vue religieux ».
C’est peu dire que : « L’image de la Turquie est un peu brouillée ».
Au vrai, celle du printemps arabe l’est encore d’avantage. Est-ce à
dire qu’on y assiste à un début d’islamisation de la modernité
démocratique ?
MG

"La meilleure réponse à la N-VA, c’est un bilan"

Par Mathieu Colleyn

Vincent de Coorebyter (Crisp) nous livre son analyse. Les partis de la
majorité sont soudés par une obligation de résultat et par un
adversaire commun : la N-VA.
Entretien
Quel sera le salut du gouvernement ? Nous avons proposé à Vincent de
Coorebyter, directeur général du Crisp, de nous livrer son analyse
politique.
GLOBALEMENT, COMMENT JUGEZ-VOUS L’ACCORD GOUVERNEMENTAL ?
Cet accord est d’abord une réponse aux demandes flamandes. Pour la
simple raison qu’il n’y avait que des demandes flamandes à l’origine
de cette négociation. A deux nuances près : le refinancement
substantiel de la Région bruxelloise et l’instauration de modalités
qui permettent d’éviter de détricoter l’Etat fédéral et de mettre
certaines entités fédérées à genoux. Pour éviter que le système ne
dérape, on a mis des verrous et c’est précisément ce que la N-VA
dénonce. Il y a donc des balises imposées par les francophones Mais
cette réforme est d’abord le résultat de revendications flamandes.
QUELLES SONT LES FAIBLESSES ? QU’EST-CE QUI POURRAIT METTRE A MAL LA
STABILITE DE CE GOUVERNEMENT ?
L’accord sur la scission de l’arrondissement judiciaire de BHV reste
largement à écrire sur le plan législatif. On a un certain nombre de
principes qui sont actés mais on n’a pas encore les détails de la
future législation. Il reste des zones d’incertitude ou d’imprécision
à lever sur ce sujet sensible. Il y a un deuxième élément qui n’est
toujours pas réglé, c’est le degré de transferts de budgets parallèles
aux transferts de compétences. On l’a défini dans certains cas, pour
l’emploi par exemple, mais pas dans d’autres.
QUEL SERA LE TIMING DE CETTE REFORME ?
On n’a pas encore déterminé, non plus, la date de ces transferts. Et
l’on sait qu’il y a des oppositions entre les partis qui sont d’une
part dans la majorité et d’autre part dans l’opposition dans les
entités fédérées. Les partis libéraux ne souhaitent pas que l’Olivier
ou la majorité en Communauté flamande puisse trop vite tirer un
surcroît de puissance, de visibilité voire d’efficacité politique en
bénéficiant de nouvelles compétences alors que le CD&V, par exemple,
veut engranger un maximum de résultats. Et le plus tôt possible. Cela,
pour faire la preuve à la N-VA que la Flandre avance, qu’elle est
renforcée, qu’elle a de nouveaux moyens, plus d’autonomie et qu’on a
donc bien fait de signer cet accord. Cet antagonisme peut constituer
un point de friction.
CES ELEMENTS DE FRAGILITE SONT SIGNIFICATIFS…
Oui. En même temps, ce sont des classiques dans une séquence de
réforme de l’Etat. Il y aura des moments de renégociation ponctuelle.
Le pire, pour les partis francophones, serait qu’il y ait échec sur
des points importants, comme en 1978 et l’enterrement des accords
d’Egmont et du Stuyvenberg. Dans ce cas-là, la N-VA aurait un
boulevard devant elle aux prochaines élections. Les francophones ont
donc intérêt à aider les partis flamands. C’est ce qu’on a compris dès
le 21 juillet : pour le CD&V, il y avait un risque majeur d’accepter
de négocier sans la N-VA. Il faut aider les partis flamands à ne pas
être victimes de ce choix. Sinon les francophones en seront également
victimes. A présent, les partenaires du gouvernement sont soudés par
une obligation de résultat et par un adversaire qui leur est commun,
la N-VA.
L’IDEE SELON LAQUELLE LA N-VA EST INCAPABLE D’OBTENIR LE MOINDRE
RESULTAT SUR LE PLAN INSTITUTIONNEL, COMMENCE A PERCOLER EN FLANDRE.
CETTE EVOLUTION PEUT-ELLE MINER, A TERME, LA N-VA ?
C’est possible. La N-VA nourrit certainement une partie de sa
popularité de sa critique de l’immobilisme et du poids des
francophones. La meilleure réponse sera de montrer que même si on
n’observe pas les ruptures brutales qu’une partie de l’électorat de la
N-VA veut au minimum, il y a tout une série de changements qui
s’opèrent. La meilleure réponse à la N-VA c’est un bilan. Il faut le
dire parce que des élections ne se gagnent pas toujours sur des
bilans. Souvent elles se gagnent sur des promesses ou des
dénonciations. Ici, cette équipe n’a pas les moyens de multiplier les
promesses. Elle n’a donc d’autre atout que de forger un bilan
conséquent. Ce sera une course contre la montre par rapport aux
élections de 2014.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE COURSE CONTRE LA MONTRE
Une course contre la montre, en effet. Et un bras de fer avec les
syndicats si on en croit les chiffres qui sont avancés dans l’article
qui suit.

BELGIË KOPLOPER SOCIALE UITGAVEN
Sociale bescherming in toenemende mate betaald met belastingen

BRUSSEL - De publicatie van enkele basiscijfers over onze sociale
bescherming en de vergelijking ervan met andere landen, leidt tot de
conclusie dat België op dat vlak boven zijn stand leeft.

Een almaar groter deel van onze welvaart gaat naar sociale
bescherming. In 2000 ging 25 procent van het bbp naar sociale
bescherming, in 2008 was dat al 28 procent, in 2009 29 procent en in
2010 of 2011 is ongetwijfeld de kaap van dertig procent overschreden.

Hoe komt dat? De groei die wordt toegestaan aan de sociale uitgaven is
bij ons systematisch véél hoger dan de economische groei. Dat is de
onontwijkbare en politiek belangrijke conclusie bij het doorbladeren
van twee nochtans erg neutrale brochures waarin de FOD Sociale
Zekerheid de kerncijfers van de sociale bescherming op een rij zet. De
topambtenaren Jan Bertels en Tom Auwers stelden deze brochures
gisteren voor.

Ze tonen onder meer dat tussen 2000 en 2008 onze welvaart steeg met 37
procent (bbp in lopende prijzen). Terwijl onze sociale uitgaven in die
periode met 52 procent stegen, de helft sneller dus (. In de meeste
landen stijgen de sociale uitgaven wel een beetje sneller dan de
welvaart.( Denemarken, Frankrijk, Luxemburg en Nederland). Bij ons is
de groei van die uitgaven echter véél hoger. Er zijn ook landen die
snoeiden in hun sociale uitgaven: Zweden, Duitsland, het Verenigd
Koninkrijk.

SECTOREN

In de gezondheidszorg, de werkloosheid en de pensioensector stijgen de
uitgaven bij ons het snelst. De scherpe stijging in de gezondheidszorg
was gewild door de politiek. Die stond een jaarlijkse groei van de
uitgaven toe van 4,5 procent bovenop inflatie; in sommige jaren kwam
dat neer op zeven procent groei per jaar. Dat de pensioenuitgaven
toenemen, volgt uit de vergrijzing.

Door die jarenlange sterke stijging van de uitgaven is België van een
land met gemiddelde uitgaven voor sociale bescherming, opgerukt naar
de groep van landen die het meest uitgeven: de Scandinavische landen
en Frankrijk benaderen ook dertig procent van het bbp. De langdurige
sterke stijging van de uitgaven voor gezondheidszorg hebben er nog
niet voor gezorgd dat we exorbitant veel uitgeven daarvoor. Jaren
geleden was België erg zuinig in dit domein en had het een zeer goede
gezondheidszorg voor minder geld dan de meeste EU-landen. Nu zitten we
op of net boven het gemiddelde. De uitgaven voor werkloosheid zijn wel
dubbel zo groot als in andere Europese landen (3,3 procent bbp
tegenover 1,3 à 1,4 gemiddeld in Europa.).

Onze pensioenuitgaven liggen lager dan het Europese gemiddelde; dat
komt vooral omdat onze pensioenen erg laag zijn.

Waar komt het geld voor die sociale uitgaven vandaan? Het grootste
deel, meer dan 40 procent, komt nog altijd van de werkgeversbijdragen:
dat is meer dan gemiddeld in Europa.

Twintig procent komt van de bijdragen van de mensen zelf, de
'verzekerden'; dit is gemiddeld in Europa. 35 procent komt van de
'overheid' en wordt dus betaald met belastinggeld. Vooral dat aandeel
stijgt de jongste jaren. Via de 'alternatieve financiering' gaat er
almaar meer belastinggeld naar de sociale zekerheid.

Voor één sector, de werkloosheid, geeft België meer dan dubbel zoveel
uit als het gemiddelde EU-land. De verklaring is niet dat de
uitkeringen hoog zijn, maar dat het aantal uitkeringen extreem hoog
is. Daar zijn vier redenen voor. Eerst en vooral blijven heel veel
mensen heel lang werkloos in ons land. België is wellicht het laatste
land in de EU waar geen beperking bestaat in de duur van de
uitkeringen.

Er worden ook werkloosheidsuitkeringen gebruikt om mensen vervroegd te
pensioneren: 120.000 mensen maken gebruik van het brugpensioen. Ten
derde wordt het geld van de werkloosheidsverzekering ook aangewend om
mensen tijdelijk de kans te geven minder of niet te werken
(bijvoorbeeld voor de kinderen), 200.000 mensen maken gebruik van de
loopbaanonderbreking en het tijdskrediet.

Ten vierde wordt ook werkloosheidsgeld gebruikt om banen te
subsidiëren: vooral de dienstencheques die ongeveer 100.000 mensen een
deeltijdse dienstverlenende baan bezorgen bij 750.000 gezinnen.(De
Standaard)

En avant ! Vooruit ! Let's go !

Un nouvel élan pour Bruxelles-Capitale

"Nous existons! Wij bestaan! We exist!": le 19 décembre 2006, il y a
exactement cinq ans, nous avons poussé un cri auquel dix mille
Bruxellois n'ont pas tardé à se rallier. Le moment est venu de faire
le bilan de ce qui s'est fait depuis et de nous demander comment aller
de l'avant.
Nous sommes aujourd'hui plus que jamais convaincus de l'énorme
potentiel de notre ville-région mais aussi de l'ampleur du défi que
constituent pour elle la croissance et la fragmentation de sa
population. Entre les différentes composantes de cette population -
francophones et néerlandophones, « expats » et « immigrés » - il y a
bien trop peu de contacts, trop peu de ponts, trop peu de
connaissance, de compréhension, de connivence, de confiance mutuelles
pour qu'elles puissent profiter pleinement de la présence et de
l'activité les unes des autres, forger un projet commun dans lequel
elles puissent toutes se retrouver, se mobiliser toutes ensemble en
vue de le réaliser.
Nous sommes dès lors déterminés à continuer à ¦Belgique pour relever
ce défi, en particulier en soutenant tout ce qui peut contribuer
* au multilinguisme des Bruxellois ;
* à une organisation de l’enseignement, des médias, de l’activité
culturelle et de la vie publique qui favorise ce multilinguisme et
facilite la collaboration entre Bruxellois de toutes origines ;
* à un aménagement des espaces publics et une gestion de la mobilité
qui rendent notre ville et ses quartiers beaucoup plus conviviaux ;
* à une gestion intelligente de l’espace métropolitain de Bruxelles,
grâce à une collaboration harmonieuse avec nos voisins flamands et
wallons ;
* à une réorganisation vigoureuse des compétences aujourd’hui
partagées entre la région, les deux communautés et les dix-neuf
communes de manière à permettre une action publique plus efficace ;
* à une réforme des institutions politiques qui permette à tous les
citoyens de Bruxelles – Belges et non-Belges – de faire entendre leur
voix, de mieux peser sur le destin de l’ensemble de leur région, et de
se mobiliser ensemble au service de leur ville-région.
Nous invitons toutes celles et tous ceux qui partagent ces objectifs à
réfléchir avec nous aux manières les plus fécondes d’en faire
progresser la réalisation. Qu’ils viennent partager leur compétence et
leur enthousiasme, leurs rêves et leurs
projets, leurs offres de service et leurs suggestions de synergies,
dans le cadre de la rencontre publique organisée par Aula Magna
le jeudi 19 janvier 2012 à 19h30
Salle du sous-sol des Halles Saint-Géry, 23 Place St Géry, 1000
Bruxelles (Bourse)
Inscription gratuite mais obligatoire avant le 10 janvier : formulaire
Propositions d’idées et initiatives à discuter bienvenues : info@aula-magna.eu
Instruits par l’expérience des Etats généraux de Bruxelles de 2009,
des Brussels Citizens’ Universities et du medium trilingue Bruxsels
Voice, il s’agira en particulier de réfléchir aux manières de faire
mieux connaître et de renforcer les multiples initiatives présentes et
à venir qui contribuent à faire de la population très diverse de
Bruxelles une communauté vivante et agissante. Il nous faudra faire
place à l’ambition et à l’imagination tout en tenant lucidement compte
des ressources matérielles et humaines qu’il sera possible de mettre
durablement à leur service.
En ces temps où la Belgique et l’Europe connaissent des crises
profondes, on ne saurait attacher trop d’importance à ce que peuvent
et doivent réaliser ensemble les citoyens de la capitale de la
fédération belge et de l’Union européenne. Ce double rôle que
l’histoire lui a confié a fait de notre ville-région une entité
particulièrement compliquée, mais aussi particulièrement passionnante
et particulièrement importante pour bien d’autres que nous.
A NOUS DE LUI DONNER UN NOUVEL ELAN !
Eric Corijn, Inge Declercq, Alain Deneef, Myriam Gérard, Henri
Goldman, Michel Hubert, Ine Mariën, Alain Maskens, Yvan Vandenbergh,
Philippe Van Parijs, Caroline Van Wynsberghe, Fatima Zibouh,
administrateurs d’Aula Magna

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES NE VA VRAIMENT PAS BIEN
Personnellement, nous participerons à "Nous existons! Wij bestaan! We exist!"
Nous avons assisté à tout ce qu’ils ont organisé dans ces six années
et y avons appris énormément sur les dysfonctionnements et surtout sur
le formidable potentiel de Bruxelles. Surtout nous avons apprécié
l’ambiance et la franchise des débats et le sérieux universitaire de
la préparation des dossiers. C’est un vrai forum bruxellois où se
croisent les citoyens et les responsables socio économiques ; les
politiques hésitent à s’y montrer. Surtout, la réponse du politique à
ces diverses initiatives est quasiment inexistante hormis les visites
courtoises du ministre président et ses prises de positions qui
volontiers noient le poisson.
Nous y avons acquis plusieurs convictions définitives : Que Bruxelles
sera interculturelle et multilingue ou elle périclitera.
Que son développement socio économique est lié, comme celui de Lille
et de Marseille, à la création d’une vaste aire métropolitaine en
étroite collaboration avec la région flamande malgré l’obstruction
flamingante.
Que la zone du canal mérite d’être développée hardiment.
Que Wallo-Brux est une coquille vide, un gadget sans contenu ni vision.
Que son talon d’Achille est son enseignement et sa politique de
formation des jeunes sans emploi.
Que le politique tarde à prendre des mesures pour relever le défi
démographique qui nous annonce 200.000 nouveaux Bruxellois pour 2020.
Que les expats sont un atout pour Bruxelles.
Que le parlement composé en majorité d’échevins (ines) et de
bourgmestres est un frein plus qu’un moteur pour une gouvernance
régionale efficace.
Que la politique de mobilité est calamiteuse avec 19 bourgmestres qui
n’en font qu’à leur tête.
Que la politique de logement marque le pas.
Bref que Bruxelles est en crise permanente et que le salut ne saurait
venir seulement de son refinancement.
Bref que Bruxelles a besoin d’un nouvel élan politique et citoyen et
surtout d’une vision hardie pour savoir enfin où elle veut aller.
MG