mardi 31 janvier 2012

Appel à la délation à Grimbergen : «un exemple positif»

Les points de contact linguistiques d’Overijse et Grimbergen ne constituent pas une atteinte à la liberté d’emploi des langues consacrée par la Constitution, selon le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Les points de contact communaux d’Overijse et Grimbergen, où les citoyens peuvent dénoncer les commerçants qui n’usent pas systématiquement du néerlandais avec leurs clients ou affichent des pancartes dans une langue autre que le néerlandais, ne constituent pas une atteinte à la liberté d’emploi des langues consacrée par la Constitution, selon le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Ces points de contact controversés constituent même des « exemples positifs », a ajouté le ministre flamand des Affaires intérieures, en réponse à une question écrite du député régional Erik Van Rompuy (CD&V). « Ils s’intègrent dans notre politique pour la périphérie flamande (de Bruxelles), qui permet aux administrations communales une certaine assertivité et de pousser les acteurs privés au changement, tout en restant courtoises dans leurs réactions », a commenté Geert Bourgeois.
(Belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON
Le principe de la dénonciation est sordide et rappelle singulièrement les pratiques du IIIème Reich.
C’es types de la N-VA sont décidément inquiétants. Le plus cocasse c’est qu’ils portent des noms à consonance française : Bourgeois, Jambon…On leur conseille de demander à l'état civil un changement en Burger et Ham ou Hesp s'il préfèrent le dialecte régional ce dont nous ne doutons pas un seul instant. Ce sera alors pour de bon la fin du jambon.
Un cafetier liégeois commente cela avec humour et un beau détachement :
« Je ne vendrai plus de Grimbergen ; Grimbergen possède une excellente bière mais unetrès mauvaise bourgmestre. La Grimbergen chez moi c’est terminé ! », a déclaré Francis Probst, patron de plusieurs établissements horeca à Liège, dans les journaux du groupe Sud Presse. Le patron liégeois a réagi à la demande de la bourgmestre de dénoncer des commerçants de Grimbergen qui s’exprimait en français. Francis Probst a appelé la brasserie et a indiqué qu’il ne voulait plus de Grimbergen qu’il a remplacé par une bière wallonne, la Ciney. On aimerait que d’autres patrons suivent son exemple.
Franchement entre une Grimbergen et une Leffe on ne peut pas dire qu’il y ait une grande différence. Tant qu'à faire, autant passer tout de suite à la Rochefort ou à l’Orval.
MG

Le Roi rend hommage au courage de Di Rupo

Le Roi renoue ce mardi avec la tradition : il reçoit les autorités du pays. Di Rupo y a été très largement applaudi.

«La grande majorité des Belges veulent stabilité et changement », a annoncé le Premier ministre qui plaide pour « un nouvel art de vivre entre Flamands et francophones ».

Elio Di Rupo a appelé au sens des responsabilités de tous, y compris des syndicalistes présents. Son discours a été très chaleureusement applaudi par l'assemblée. Tout comme celui du Roi, qui a évoqué le risque du populisme et l'importance de « ceux qui ont privilégié l'intérêt général », certains voyant là une attaque à peine voilée à la N-VA. Le Roi et Di Rupo ont finalement émis le même message : la Belgique doit évoluer, mais ça n'empêche pas que le pays continue d'exister.
(Béatrice Delvaux)

«VOUS AVEZ JOUE UN ROLE DETERMINAN »
« Un pays avec tant de talents ne peut qu'aller de l’avant. La Belgique change mais les habitants restent les mêmes, solidaires». Avant de conclure : « Vous avez joué un rôle déterminant dans la crise. Mes collègues et moi vous en sommes reconnaissants».

Albert II a salué « de tout cœur », son courage et sa patience. « « Notre pays a besoin de bruggenbouwers (constructeurs de ponts) », a déclaré le Roi estimant que la crise était l'occasion de réagir. « « On a failli échouer, parfois, mais heureusement, on a réussi à faire des compromis ».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OU SONT LES «BRUGGENBOUWERS» ?
Oui, c’est d’eux que nous avons le plus besoin : des constructeurs de ponts, de lanceurs de passerelle et pas des gestionnaires de barrage (nationalistes, populistes, intégristes, fondamentalistes…).
C’est bien là aussi la vocation de DiverCity : construire des ponts, si nécessaire avec les briques des barrages ; lancer des passerelles vers ceux et celles qui parlent, pensent, aiment travaillent et vivent autrement. Non les identités ne sont pas seulement ce qui nous relie à nos racines. Les racines nous ancrent au sol, à la terre natale. Nos identités se sont aussi et surtout nos chemins de vie qui nous conduisent de nos identités singulières à nos identités plurielles forgées à travers nos rencontres avec d’autres homme, d’autres femmes (nous sommes le fruit de nos rencontres), d’autre pays et régions, d’autres religions, d’autres idées et valeurs qui nous font grandir sans renier jamais ce que nous sommes, en nous aidant à découvrir que « Plus est en nous ! »
MG

La petite reine de Bruxelles

Par Alain Berenboom

Vélocipédistes, méfiez-vous ! Madame Grouwels veut votre mort !
On s’explique : le projet funeste de supprimer tous les cyclistes de Bruxelles est l’œuvre du prédécesseur de la petite reine de Brussel, le très fourbe mais socialiste Pascal Smet. C’est lui qui a imaginé de faucher les deux-roues comme on attrape les souris. Son piège : dessiner des petits vélos sur le macadam des pires rues de la capitale, les plus étroites, de préférence à contresens, pour que les cyclistes, leurrés, se croient en sécurité et filent droit sur le capot des automobilistes lancés dans une rue qu’ils pensaient à sens unique.

Mais les efforts de Pascal Smet n’ont pas été totalement couronnés de succès. Le nombre de blessés graves à vélo n’a augmenté que de 100 % en trois ans (de 2008 à 2010) alors qu’il y a de plus en plus de cyclistes au milieu du trafic.

Un esprit simple dira que pour favoriser la circulation sans risque des deux-roues, il suffit de créer des pistes cyclables isolées de la route. C’est d’ailleurs ce que prétend avoir fait M. Smet : «J’ai fait construire 82 km de pistes cyclables», a annoncé l’ancien secrétaire d’Etat bruxellois. «Vilain menteur !», s’est écriée sa blonde successeur. Pascal Pinocchio Smet n’a créé que 9 km de parcours protégé ! Tout le reste de ses flatteuses statistiques comptabilise les fameux pièges à vélos, rues peintes ou passages de bus, de vrais couloirs de la mort!

Brigitte Grouwels n’a pas renoncé à poursuivre les ambitions de son prédécesseur. Avec la complicité de son collègue, Bruno de Lille, le Groen de la mobilité. Bonne façon en passant d’éliminer le trop-plein de francophones de la capitale flamande.

Profitant d’une modification surréaliste du code de la route, elle se propose d’autoriser les amateurs de petite reine à foncer allégrement vers le crash : désormais, les cyclistes ne devront respecter ni feux rouges ni sens uniques. Pour le vélo, fini le code de la route – ce qu’avaient déjà compris quelques casse-cou sans attendre la nouvelle loi.

Grâce à cette mesure, les desseins de P. Smet seront accomplis : on doute qu’un seul cycliste survive à l’aventure.

Dans la foulée, on se débarrassera aussi des piétons, ces mammifères candides mais un peu encombrants, qui pensent avoir le droit de traverser quand le feu est vert alors qu’ils ont tout juste le droit de se faire faucher par les cyclistes. Ce n’est que justice : Alfred Jarry, grand vélocipédiste devant l’Éternel, écrivait il y a un siècle déjà : « Les piétons sont de véritables dangers publics car on les autorise à circuler librement sans permis, ni frein ni grelot. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MORT AUX CYCLISTES
C’est vrai qu’on ne les aime pas les cyclistes.
On leur reproche un comportement sectaire et un mépris total des règles du code de la route. Pas besoin d’expliquer, tout le monde comprend. « Désormais, les cyclistes ne devront respecter ni feux rouges ni sens uniques » Il y a belle lurette qu’ils ne respectent plus rien ces sauvages qui savent que l’avenir leur appartient et que les jours de l’automobile sont comptés, même à Bruxelles où la bagnole envahit tout, y compris les trottoirs et les passages zébrés.

Et pourtant qu’on aille voir à Berlin, à Amsterdam ou tout simplement à Gand ce qui se passe quand « Prospère, Youp là, Boum » : la bicyclette est vraiment la reine du macadam et pas seulement la vedette de l’enfer du nord.

Mort aux cyclistes ? Menon ! Mort à la ferraille qui encombre l’asphalte des villes, surtout à Bruxelles où elle nous pourrit la vie à tous, même aux automobilistes ; surtout aux automobilistes.

Quand il était ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet a fait autrefois le malin en déclarant urbi et orbi que pendant un mois il ne se déplacerait qu’à vélo.

Chiche ! Il l’a fait, mais oui !

Qui s’en souvient ? Peut-être lui-même l’a oublié tant il a brassé de projets et à su se faire mousser, depuis.

La politique est devenue l’art de faire parler de soi et non celui du possible comme on a longtemps feint de le croire. Gouverner c’est prévoir. A Bruxelles on ne prévoit rien, hormis l’imprévisible ! Et croyez-moi, il se vengera.
MG

dimanche 29 janvier 2012

Une synagogue dans une mosquée

Dans le Bronx à New York, chaque vendredi soir pour le service du Shabat, des juifs du quartier se rendent à leur synagogue. Petit détail, la synagogue se trouve au sein même d’une mosquée.

La communauté musulmane a mis à la disposition des juifs une partie de la mosquée qu’ils s’utilisent comme synagogue.

Cette entraide est le fruit d’une relation ancienne de plusieurs années. La communauté juive, qui possédait une synagogue sur Virginia Avenue, collectait des vêtements pour les familles nécessiteuses dont une partie allait au Cheikh Moussa Drammeh et sa communauté musulmane. Depuis, les liens d’amitiés entre les deux lieux de cultes se sont créés.

En 2003, suite à une baisse démographique de juifs, les cadres de la communauté ont été forcées de vendre la synagogue. Selon le « Jewish Community Relation Chair », il y avait jadis 630 000 juifs dans le Bronx et en 2002 ce chiffre avait chuté à 45100. Suite à cela, un local a été loué jusqu’en 2007. Un espace qu’ils ont dû abandonner par manque d’argent. La communauté est composée en grande partie de personnes âgées dont les revenus sont très limités.

Dès 2066, le Cheikh Moussa Drammeh, au courant de cette situation, s’est immédiatement porté volontaire pour accueillir la communauté juive au centre islamique, gratuitement. Selon le Cheikh, c’était à son tour d’aider le peuple qui l’avait aidé autrefois, lui et sa communauté.

Au départ, les fidèles juifs tenaient les services du shabbat dans le bureau de l’imam. Après six mois, la pièce est devenue exiguë, de plus en plus de personnes assistaient aux offices bien qu’elles aient eu lieu dans une mosquée. L’imam leur proposa une salle, suffisamment grande pour que les juifs l’aménagent convenablement pour leur culte.

La cohabitation dure depuis 2007. Une fidèle juive raconte à Tabletmag qu’elle apprécie le centre accueillant la synagogue « Ce sont des gens très doux »

Dès lors qu’on parle de musulmans et de juifs, on est souvent amené à penser au conflit Israélo-palestinienne. Cette incroyable histoire pourra être partagée par les deux communautés afin de prouver qu’elles ne sont pas enfermées dans cette conflagration.
(crédit photo et source : TabletMag)

samedi 28 janvier 2012

«INSURRECTION DES CONSIENCES»

Je suis allé écouter Jean Ziegler hier soir, non pas au Janson, mais à l’auditoire «K», comme Kafka, bourré jusqu’à la gueule comme on disait autrefois d’un canon de marine. Et Eddy Caekelberghs, journaliste vedette de notre radio RTBF et nouveau président de l’UAE (Union des Anciens Etudiants) d’allumer la mèche en présence du recteur, pro recteur et président de l’ULB. Bref notre vieille université bruxelloise « op haar best ». Eddy Caekelberghs est un ancien de Fernand Blum, bientôt centenaire et il en incarne superbement l’esprit.

«Ce sera un coup de gueule, sinon ça sert à quoi l’UAE ? » C’est par ce premier coup de canon qu’Eddy a ouvert le feu avant de tirer une salve d’honneur en faveur de Vaclav Havel la grande voix qui s’est éteinte à qui l’UAE ouvre une chaire, inaugurée par Jean Ziegler. «Faut que l’ULB soit une université dans la cité ouverte sur l’universel».
Peut-on éradiquer la faim? Oh yes we can but we won’t.

Un milliard de terriens sont sous alimentés et 35 millions meurent de faim chaque année, une mort atroce dira Jean Ziegler avec diarrhées sanglantes et effondrement douloureux de la masse musculaire. Chaque enfant qui meurt de faim est assassiné par les financiers qui spéculent «en toute légalité » sur la hausse des matières premières et des denrées alimentaires ; on veut même privatiser l’eau, la plus précieuse des matières premières. Ziegler a plaidé sous les applaudissements pour une « insurrection des consciences ». Et de tirer à boulets rouge sur tous ceux qui affament les enfants du tiers monde et qui devraient être trainés devant le tribunal de Nürnberg pour crime contre l’humanité. Violence structurelle ? Et comment donc. Merkel et Sarko ne sont là que pour remettre en marche des économies anémiées, à n’importe quel prix. Mais ils sont impuissants, comme l’ensemble du monde politique, face au capitalisme mondialisé, dominateur et peu scrupuleux. Et de paraphraser Kant « l’inhumanité infligée à autrui est la destruction de l’humanité en l’homme ». Il est temps que la « fraternité de la nuit » se constitue autour de la société civile. « We are the people of the United Nations ! ». Nous sommes le peuple souverain, disait Jean Jacques Rousseau citoyen Suisse, comme Ziegler, renié par les Suisses qui ne voulurent même pas de son cadavre.
«Le grand scandale n’est pas la mort mais c’est la naissance qui me rend inégal, moi qui suis né en Suisse, par rapport à mon frère humain né en Somalie. Je pourrais être lui !» et de condamner « les vautours de l’or vert.» Et de proclamer «un droit humain à l’alimentation». Et de plaider pur un «Nouveau Contrat social». Mais attention, Eddy C., gardien de Libre Examen, est vigilent. «Et quid, Jean Ziegler, de votre pas de deux avec Kadhafi, Cuba et Lulla ? »
Embarrassé mais honnête Ziegler répond franchement : Mes dialogues avec Kadhafi ce fut une erreur, Cuba je maintiens mon admiration face à ce pays qui nonobstant le pire des blocus a réussi à éradiquer la faim, non je n’approuve pas le système politique à la Castro. Mais comme disait Brecht : «un bulletin de vote ne nourrit pas une famille». Quant à Lula j’ai condamné son recours insensé aux bios carburants. » Et de conclure laconiquement en citant Sartre : « la réalité est toujours impure .»
Et si vous trouvez mon résumé trop succinct je vous renvoie au livre de Jean Ziegler : «destruction massive»
MG

JEAN ZIEGLER : “BRUXELLES EST D’UNE HYPOCRISIE SANS NOM”
Vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies, Jean Ziegler vient de publier Destruction massive. Géopolitique de la faim (éditions du Seuil). Dans cet essai, le sociologue suisse fait part de son expérience en tant que Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation (2000 à 2008) et analyse les raisons qui provoquent chaque année la mort de 36 millions de personnes à cause de la malnutrition.

POURQUOI MEURT-T-ON ENCORE DE FAIM DE NOS JOURS ?
Il y a cinq grandes raisons : premièrement, la spéculation financière sur les matières premières alimentaires qui a fait flamber leurs prix ces dernières années et rendu quasiment impossible aux agences d’aide, comme le Programme alimentaire mondial (PAM) de subvenir aux besoins des populations victimes de sous-alimentation. Il y a ensuite les agrocarburants, qui soustraient des terres fertiles et des plantes nourricières à l’alimentation humaine. Troisièmement, il y a la dette extérieure, qui étrangle les pays les plus pauvres et les empêche d’investir dans l’agriculture de subsistance. Après, il y a le dumping agricole, qui fait que, sur les marchés de Dakar ou de Cotonou, les fruits, les légumes et les poulets français, grecs, portugais, allemands etc. sont vendus au tiers ou à la moitié du prix du produit africain équivalent. Enfin, il a l’accaparement des terres par les fonds d’investissement ou les grandes multinationales, qui en chassent les paysans locaux pour y cultiver des produits destinés exclusivement aux marchés occidentaux.

L'UE A-T-ELLE UNE RESPONSABILITE ?
Elle a une responsabilité totale dans le dumping agricole. A commencer par la France : en 2005, lors des négociations de Hong Kong au sein de l'OMC, le secrétaire général de l'organisation, Pascal Lamy, avait proposé de baisser progressivement les aides à l'exportation jusqu'à les faire disparaître en cinq ans. Et la France s'y est farouchement opposée, car elle veut maintenir ses subsides à l'exportation, notamment à cause du poids des chambres de commerce agricoles. Et donc le dumping continue, alors que l'Afrique est sous-peuplée, qu'elle a une classe paysanne extraordinaire…et massacrée, car les paysans ne parviennent pas à écouler leur production.

A-T-ELLE UN ROLE A JOUER DANS LA LUTTE CONTRE LA FAIM DANS LE MONDE ?
La Commission européenne actuelle est formée de purs mercenaires au service des pieuvres du commerce agro-alimentaire. C'est incroyable la puissance des lobbies sur Bruxelles. S'ils le voulaient, ils pourraient arrêter demain le dumping agricole.

Bruxelles est aussi d'une hypocrisie sans nom : alors que l'Europe parle de justice planétaire et de développement, les 87 pays ACP [Afrique-Caraïbe-Pacifique, essentiellement des anciennes colonies européennes] sont maintenus dans des conditions d'infériorité inacceptables. Imaginez qu'on les a obligés à accepter des accords d'investissement qui les obligent à mettre sur le même plan les entreprises locales et les multinationales occidentales.

La Commission européenne dit à ces pays : "vous contestez notre politique de subventions agricoles et à l'exportation ? ok, mais nous devrons reconsidérer nos opérations d'aide au développement". C'est pire que du colonialisme : c'est du fascisme extérieur. Les droits de l'homme s'arrêtent à la frontière de l'Europe ; au-delà, c'est la loi de la jungle, de la violence, de l'ordre cannibale.

A QUOI PEUT-ON ATTRIBUER LA CRISE QUI FRAPPE L’EUROPE ?
Elle est le fait d'une énorme dette qui s'est accumulée, parce que les gouvernements ont sauvé à deux reprises les banques. Une première fois en 2008, puis à présent, en les recapitalisant avec de l'argent public qu'ils n'ont pas et pour obtenir lequel ils sont obligés de s'endetter et de couper dans leurs budgets. Résultat : le pouvoir d'achat des travailleurs diminue, de même que les prestations sociales. Et ces mêmes Etats sont incapables d'imposer une norme de risque à leurs banques ! Rien n'a changé dans ce domaine depuis 2008.

QUELLES SONT LES SOLUTIONS ?
Il faut faire deux choses : premièrement désosser les banques, en séparant la branche "investissements" de la branche "dépôts". Une banque ne devrait pas pouvoir faire les deux activités. Ensuite, il faut les nationaliser. Ce n'est pas une question idéologique – De Gaulle a bien nationalisé le crédit dans l'après-guerre. Aujourd'hui, l'incapacité des dirigeants occidentaux d'imposer des décisions et des règles aux oligarchies bancaires au nom du bien public est invraisemblable.

QUE PENSEZ-VOUS DU MOUVEMENT DES “INDIGNES” ?
On est proche de l'insurrection des consciences. Les indignés du monde entier vont manifester. Difficile toutefois de dire où cela peut nous mener. Les processus révolutionnaires dans l'histoire sont archi-mystérieux. On ne peut pas les anticiper : "Caminante no hay camino, se hace camino al andar", disait le poète espagnol Antonio Machado. La conscience collective sait ce qu'elle ne veut pas : on ne veut pas cet ordre cannibale du monde, où des hommes sont directement responsables du massacre par la faim de 35 millions de personnes par an. Et il ne faut pas avoir peur de ne pas faire le poids : il n'y a pas d'impuissance en démocratie et dans la diplomatie multilatérale.

Les droits de l'homme, la presse libre, la mobilisation populaire, les élections, la grève générale…on a les outils pour battre les mécanismes de la faim. La bourse est soumise à la loi : on peut interdire du jour au lendemain toute spéculation sur les denrées alimentaires. On peut imposer des tarifs prohibitifs à l'importation de bioéthanol. Les ministres de l'Agriculture européens peuvent exiger la fin du dumping agricole. Les ministres des finances des pays membres du FMI pourraient voter l'effacement de la dette des pays les plus endettés.
(Propos recueillis par et photo de Gian Paolo Accardo)

Wallonman est arrivé

Jusqu’ici, les Flamands avaient leurs BV et les francophones leur Fédération WB. C’était trop simple. D’où cette nouveauté, sortie d’une nuit d’insomnie de J.-C. Marcourt, le plan W.
Pourquoi l’idée que des BV wallons réfléchissent à l’avenir de leur région provoque-t-elle une telle tempête dans un verre de pékèt ou plutôt de faro ? Ça fait longtemps qu’ils auraient dû y penser ! De là, à mettre les Bruxellois à la porte de leur toute fraîche Fédération, voilà qui ne plaît pas vraiment dans les chaumières de la capitale.

« Si c’est comme ça, je vais devenir flamand ! », a menacé Philippe Moureaux, jamais en retard d’une réflexion politique longuement mûrie. Mais l’ancien boss socialiste bruxellois est tellement tordu que, s’il faut croire certaines rumeurs, cette annonce n’est qu’un prétexte pour changer de sexe linguistique. Atteint par la limite d’âge, il envisagerait de recommencer à zéro une carrière dans le Nord. Nul doute qu’il y sera à l’aise. Son goût du sarcasme grinçant, de préférence méchant et injuste, n’a rien à envier à celui de Bart De Wever. Et, comme tous deux sont historiens, on se réjouit déjà de les voir s’affronter au jeu à la mode à la télé flamande « De Slimste Mens Ter Wereld ».

« Qui a gagné la bataille des éperons d’or ? M. De Wever lève la main ? »

« Et la Seconde Guerre mondiale ? Tiens ? M. De Wever reste muet. M. Moureaux peut-être ? »

Depuis qu’Elio Di Rupo ne s’exprime plus que dans un néerlandais compréhensible seulement à Amsterdam, ça grenouille dans le marigot wallon. Tout le monde se bat pour devenir calife à la place du calife.

Privé de l’ombre de son président de parti qui le rendait tellement plus grand, Rudy Demotte semble avoir fondu comme neige au soleil. Les deux belles casquettes qui trônaient sur sa tête lui tombent sur le nez. Tandis que son cher camarade, J.-C. Marcourt se découvre une vocation de flambeur wallon, lui dont on ne connaissait que les qualités et la prudence de technicien de l’économie. Marcourt en réincarnation d’André Renard ? En clone de Kris Peeters namurois ? Yes ! Wallonman est arrivé !

Comme les hommes politiques n’ont rien à nous offrir, vu l’état des finances publiques, on peut s’attendre à une surenchère dans la gesticulation autour du W vu que ça ne coûte pas cher. Sauf au Scrabble où décrocher cette lettre magique est une véritable mine d’or.

Creuse, Marcourt, creuse !

PS : dans notre série « le bon plan cinoche du week-end », courez voir Miss Mouche, de Bernard Halut, une tragédie qui a les apparences d’une comédie, le film le plus inventif tourné en Fédération WB depuis La Fée !

CPOMMENTAIRE DE DIVERCITY
DU KROLL SANS LE DESSIN
Alain Berenboom se surpasse. C’est du Kroll sans le dessin, mais quelle plume, acérée comme un sabre de hussard ! C’est écrit à l’encre sympathique avec un zest d’ « arse nique ». Quant à Béatrice Delvaux, qu’on a quelquefois encensée ici, elle sort désormais carrément de son rôle en cherchant à créer l’événement ou plus exactement le non événement.

Il n’appartient pas, aux journalistes, si talentueux soient ils/elles, de mettre en scène la pièce qui se joue sous le landerneau politique. Les éditorialistes flamands ont longtemps donné dans ce travers. Béatrice feint de leur emboiter le pas. Visiblement Spitaels hier, Marcourt et Moureaux désormais sont tombés dans le panneau, royalement. En quoi tout ce cirque favorise-t-il le vivre ensemble belgo belge ? En rien, que du contraire et en cela c’est du masochisme éditorial. Pire c’est donner un début d’accomplissement à la prophétie Maddens, laquelle prévoit que ce sont les francophones eux-mêmes qui un jour déclencheront la fin de la Belgique. « La doctrine Maddens est une stratégie politique flamande développée par le politicologue Bart Maddens de la KULeuven, visant à rendre la partie opposée (les francophones de Belgique) demandeurs.»(Wikipedia)
Ajoutons que Maddens est un le maître à penser de Bart De Wever, qui n’est en quelque sorte que la voix de son maître, nous l’avons écrit ici plus d’une fois et persistons en signant : MG.

PLAN W, OUH LA LA !
Petit rappel il y a quinze jours, paraissait une chronique intitulée « Plan W », selon laquelle des hommes et femmes de milieux divers réfléchissaient à un plan pour « booster » la Wallonie, avec ou sans Bruxelles. Le Standaard la place ensuite longuement à a une de son site et voilà le feu ainsi mis au baril francophone !

Depuis quinze jours, cela n'arrête pas, tout le monde éructe, commente, s'insurge, revendique. En premier lieu Jean –Claude Marcourt, ministre de l'économie wallonne et vice présent de la Région Wallonne qui fait exploser la boutique, à répétition. Il y a quinze jours, il déclare à la Libre Belgique que la Fédération Wallonie Bruxelles (ex-Communauté française) doit être déconstruite (et reconstruite). Ce mardi dans Le Soir, il se dit favorable à la régionalisation de l'enseignement, aujourd'hui géré par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour tous les francophones qu'ils soient bruxellois ou walllons.

Vous suivez toujours? Voici de quoi (je l'espère) vous retrouver dans ce maquis.

1. LE PLAN W ET LE GROUPE W EXISTENT. Jean Claude Marcourt reconnaissait mardi au Soir, l'existence de groupes de gens qui dialoguent informellement pour le moment « sans chambre secrète » , comprenant des patrons, des syndicalistes et hommes politiques. Ces gens deviendront un groupe officiel d'ici fin juin.

2. IL FAUT UN PLAN W. C'est la seule chose sur laquelle tout le monde est d'accord. La nouvelle loi de financement qui prévoit la dégressivité des transferts vers la Wallonie dans les dix ans, le transfert de nouvelles compétences actuel et à venir (personne ne doute d'une prochaine réforme de l'Etat) et la situation économique créent le besoin urgent d'un nouveau plan d'action wallon. Des idées circulent, des études sont réalisées dans des think tanks de partis, d'universités au sud du pays pour donner une suite aux Plan Marshall initial et au Plan Marshall « 2.vert ». Les Bruxellois eux mêmes dans la foulée, se disent depuis quinze jours qu'eux aussi doivent réfléchir à « booster » - c'est le terme du moment - leur région, qui a reçu l'autonomie constitutive, des moyens financiers supplémentaires et des compétences nouvelles.

3. BRUXELLES ! Ah ça, c'est le gros souci. Car il n'y a pas en Belgique, contrairement à ce qu’on croit souvent, au nord, des Flamands et des Wallons mais il y a des Flamands et des Francophones, et dans les Francophones, il y a des Bruxellois et des Wallons. La fédération Wallonie-Bruxelles sert en gros à organiser les liens entre les deux. Alors imaginez ce qui se produit lorsqu'un ministre wallon et francophone, membre important du PS, parle de les « déconstruire » (et puis de les reconstruire). Il a beau citer une méthode à la Derrida – célèbre psychanalyste français-, on assiste depuis lors à une belle foire d'empoigne entre les communautaristes et les régionalistes francophones, tous partis confondus. Avec cette question qui hante le monde politique depuis toujours: comment organiser l'espace francophone ? Tous sont d'accord, Marcourt compris: il est suicidaire pour la Wallonie de se couper de Bruxelles. Mais ils divergent, c'est peu de le dire, sur la manière d'être « reliés ».

4. PLAN M COMME MARCOURT ? Ca, c'est l'autre gros souci. Cette fois au sein du parti socialiste. Le top du parti s'est réuni secrètement sous la « présidence » de Di Rupo après la première sortie de Marcourt. Ils se re-réunissent (hier soir, aujourd'hui ?) après la deuxième sortie. Siffler la fin de la récréation, vérifier les ambitions de Marcourt (le bien de la Wallonie ? la présidence de la Région wallonne ?, celle de son parti ?) : il faut faire vite car ce jeudi, Thierry Giet, nouveau « président » du PS doit se faire un nom. Sinon…

5. PLAN PTB. Alors là, troisième et big souci. Alors que les gens craignent pour leurs pensions, les candidats acheteurs pour leurs emprunts hypothécaires, alors qu'une grève massive s'annonce pour lundi, les socialistes s'étripent sur la Fédération Wallonie Bruxelles ! Un boulevard dès lors notamment pour ce petit parti, le PTB (Parti des Travailleurs de Belgique), extrême gauche, et son charismatique porte parole, Raoul Hedebouw, ultra présent sur le terrain wallon, qui s'est « banalisé » pour mieux séduire et risque, de l'avis d'un important homme politique wallon, de faire des dégâts dans l'électorat PS de Liège et des alentours notamment. Attirant les votes protestataires et les petites gens. Le plan W est fondamental pour le futur de la région, mais il est urgent de prouver et de trouver les mots pour démontrer qu'il est utile aux citoyens. Et que ce n'est pas juste un machin ou un plan de carrière. Ce qui serait suicidaire.

Durant verrait bien les verts continuer avec Clerfayt

Sous réserve des résultats électoraux, la vice-présidente du Parlement européen verrait bien les verts poursuivre dans une majorité avec la liste de l'actuel bourgmestre FDF de la commune, Bernard Clerfayt.

La chef de file des verts dans la «Cité des ânes» a affirmé qu'elle pensait qu'elle serait tête de liste dans cette commune du Nord de Bruxelles (NDLR : la liste écologiste doit encore y être constituée).

Selon elle, il est vraisemblable que les principaux protagonistes de la campagne de 2006 se retrouvent dans la bataille électorale pour les élections d'octobre prochain.

«On a plutôt envie de continuer avec la liste du bourgmestre avec laquelle on travaille depuis 12 ans », a-t-elle affirmé. L'ex-secrétaire fédérale d'Ecolo a par ailleurs refusé de se prononcer sur le duo qu'elle verrait bien succéder à Jean-Michel Javaux et à Sarah Turine à la tête de son parti, du moins pas avant que les débats internes n'aient permis à chacun des candidats de défendre ses idées pied de nez à Onkelinx
(D'après Belga)

Les écoles de la capitale choyées : ça gêne quelqu’un ?

C’est le même pavé. Jeté dans la même mare. Et qui fait les mêmes vagues…
Les tout-aux-Régions rêvent d’un fédéralisme à trois (Régions), débarrassé de l’étage « Communautés. » L’argument : pour s’épanouir, une Région doit pouvoir jouer sur toutes les touches du piano et maîtriser, outre les dossiers économiques et sociaux, les matières liées à la culture, l’école, la formation.

Le propos, recevable, revient régulièrement sur la table.

En provoquant les mêmes réactions : côté politique, le tout-aux-Régions n’est pas l’option. Il y a des régionalistes dans tous les partis. Mais l’option Communauté domine. Régionaliser l’école n’est donc pas à l’ordre du jour. Ni aujourd’hui. Ni demain. Cela ne doit pas interdire le débat. Mais que ce soit dit.

Marcourt fait valoir que régionaliser l’école permettrait une meilleure prise en compte des « spécificités locales. »

« Quel rapport, en effet, entre une école de Bruxelles et une école d’Arlon ? », a-t-on entendu hier. Le rapport ? Aucun. Mais : quel rapport entre une école secondaire de Gilly et une maternelle de Rixensart ? Et quel rapport entre une primaire à Uccle et une rhéto à Anderlecht ? Régionaliser ne réduira pas les écarts auxquels le gestionnaire wallon de son côté, le gestionnaire bruxellois de l’autre, seraient confrontés.

L’argument est donc nul.

Aussi, pour ce qui est de prendre en compte des spécificités locales, la Communauté joue grosso-modo son rôle. Mal, peut-être. Pas assez. Pas assez fort. Pas assez vite. Mais sa volonté d’adapter ses politiques au terrain est là.

Démonstration ?

Sur l’ensemble des élèves francophones, il y a 22 % de Bruxellois. Sur les écoles qui reçoivent de l’aide parce qu’elles sont en difficulté (école en D +), 25 % sont bruxelloises. Les moyens affectés à la rénovation des bâtiments servent la capitale à 26,8 %. Le budget affecté à la construction de nouvelles écoles sert Bruxelles à 58 %.

D’une façon générale, celle-ci, proportionnellement, reçoit plus que son dû.

Ceci ayant été posé, que Marcourt et ses amis nous soulagent vite d’un vilain doute.

Ce qui les gêne, c’est quoi ? Que la Communauté, soi-disant, ignore les besoins spécifiques ? Ou que, précisément, elle en tienne compte ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONVOQUER DES ETATS GENERAUX DE L’ENSEIGNEMENT A BRUXELLES
Un enseignant commente : « Enseignement : refonte totale - Si on veut renforcer l'enseignement, il faut une vision globale et plus des "mesurettes" politiciennes. Faire table rase et reconstruire en tenant compte des acteurs de terrain, de leur savoir et de leur savoir-faire. Nous en sommes là en Communauté française à cause des revendications légitimes des enseignants lors des grèves de fin 80, début 90 qui n'ont été soutenues ni par les parents, ni par les syndicats alors que la qualité de l'enseignement était le sujet principal. »
DiverCity plaide pour la régionalisation de l’enseignement et une autonomie complète par rapport à la Communauté française.
Que l’ensemble de l’enseignement dans la Région Bruxelles capitale, tous réseaux confondus, soit dans une seule main.
On fera des économies d’échelle et on fera du sur mesure par rapport aux spécificités du terrain. But : faire coller l’offre d’enseignement aux attentes du terrain.
Mixifier les quartiers pour mixifier les écoles, il n’ya pas d’autre voie raisonnable.
Toute autre approche via les décrets mixité est arbitraire.
A quand les Etats Généraux de l’enseignement à Bruxelles ?

mercredi 25 janvier 2012

Boekenverkoop daalt, online verkoop verdubbelt

Hoewel de fysieke winkels nog altijd meer dan 90 procent van de markt in handen hebben, stijgt de verkoop van boeken via het internet pijlsnel. De webwinkels in Vlaanderen verkochten vorig jaar voor 14,7 miljoen euro boeken, 90 procent meer dan in 2010. Dat blijkt uit cijfers van sectorfederatie Boek.be.

De totale boekenverkoop in Vlaanderen is voor het tweede jaar op rij gedaald. Er werden nog 16,14 miljoen boeken verkocht, 1,8 procent minder dan in 2010. Dankzij hogere gemiddelde prijzen steeg de omzet van de sector wel nog met 1 procent. De boekenmarkt (zonder educatieve en wetenschappelijke boeken) realiseerde een omzet van 211 miljoen euro. De gemiddelde prijs van een boek steeg met 2,8 procent. "Dat is minder dan de inflatie", benadrukt men bij Boek.be.

"De boekenverkoop doet het in Vlaanderen lang niet zo slecht, zeker niet in vergelijking met de ons omringende landen", zegt de federatie nog. In landen als Duitsland en Frankrijk daalde de omzet in 2011. De omzet van de sector stijgt al enkele jaren, al neemt het groeiritme af.

INTERNET
"De internetverkoop van papieren boeken neemt in Vlaanderen intussen 7 procent van de totale markt voor zijn rekening. Dit is nog wel lager dan in Nederland, maar de groei is wel vrij spectaculair te noemen", meldt de federatie. De cijfers omvatten "vrijwel alle internetwinkels in Vlaanderen".

Het grootste slachtoffer van het websucces is de zelfstandige boekhandel. De omzet daalde er met 13 procent. Dat heeft te maken met een aantal sluitingen, maar Boek.be stelt ook "gemiddeld minder goede omzetresultaten bij de onafhankelijke boekhandels" vast.

De boekenomzet bij 'entertainmentstores' daalde met 7,4 procent, na een spectaculaire stijging van ruim een vijfde in 2010. Boekhandelketens zagen de omzet met 1,5 procent dalen, net als de grootwarenhuizen.

E-BOEKEN
De verkoop van e-boeken in Vlaanderen en Nederland samen is vorig jaar verdubbeld, maar in omzet vertegenwoordigen ze wel nog maar 1,3 procent van de markt. Er werden 10.717 e-boeken gedownload, goed voor een omzet van 7,6 miljoen euro. Ruim 87 procent van de verkochte e-boeken is fictie. (belga/sam)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN SALON COSMOPOLITE OÙ ON CAUSE
Internet ? Internet, est ce que j’ai une gueule à acheteur mes bouquins sur internet ?
J’irai plus volontiers chez Tropisme, rien que pour la beauté du lieu, ou un dimanche matin chez Filigrane où il se passe toujours quelque chose ? Mais bon, c’est sans surprise !
« L’esprit européen disait Georges Steiner perdurera tant qu’il y aura des cafés cosmopolites et des libraires érudits ».
On est assez d’accord avec ça à DiverCity.
A Schaerbeek, la Mal Aimée, on trouve désormais les deux réunis avenue Louis Bertrand en un seul lieu dit : « les Cent Papier » situé à l’angle le la rue de la Ruche dans le triangle composé par le Gaspi, les « trouvailles de Louise » et le bioshop-tea room Namasthé. Rien que de bonnes adresses dans un axe Louis Bertrand Josaphat qui comprend les bons restos italiens de l’avenue Louis Bertand et le glacier sublime Cocosa de l’avenue des Azalées qui fait la meilleure glace au chocolat d’Europe. « I really mean it ! »
Arrivés aux Cent Papiers sur le coup des dix heures vendredi, je trouvai ma place « habituelle », (près de la prise de courant pour mon PC portable), occupée par une charmante jeune personne qui me suggère de la partager avec elle. Elle se propose d’aller me chercher une prise domino chez elle. Elle habite en face. Ram, le libraire, trouve la solution et m’offre une allonge électrique. Du jamais vu. Aussitôt la conversation démarre, interrompue par la factrice (on dit factrice comme féminin pour facteur ?) une jeune tutsi absolument ravissante qui déploie le plus délicieux des sourires.
Isabelle entre aux Cent Papiers et aussitôt taquine Ram qui le lui rend bien. La conversation s’engage d’emblée à trois, devant un kawa. On parle livres, Schaerbeek et surtout on évoque le renouveau de ce quartier endormi depuis près d’un siècle.
Mais qu’est ce qui fait que tout le monde ici spontanément se parle ? « C’est les tapis » dira Isabelle. David les a achetés à un client arménien-le lieu est particulièrement cosmopolite- pour cacher le sol qu’il juge hideux. Cosmopolite ce lieu ? « Il le sera quand le premier musulman franchira le seuil de cette porte. » lance David. Chiche ! « Avec ces tapis on se sent comme dans un salon et dans un salon on cause » (Isabelle). Je rêve d’un tapis volant comme dans Simbad et les mille et une nuits.
Et je file déjeuner avec un ami au Gaspi pour préparer, chez Xavier, le Centenaire de Blum, comme chaque vendredi.
Après notre lunch animé et rehaussé par la succulente cuisine de l’ancien chef du Shanti, je remonte en voiture pour une réunion avec le groupe Babel aux jardins de la CoCof. Mon vieux break refuse de démarrer, pour la première fois après 400.OOO fidèles km.
Il pleut des cordes, le garagiste Maus me promet de venir dépanner l’épave et je me réfugie aux Cents papiers et téléphone à Françoise pour excuser mon absence à sa réunion du groupe Babel.
A peine me suis-je plongé dans la lecture du Monde des livres (on trouve tout la presse aux Cents Papiers) que surgit ici Françoise DV avec une journaliste parisienne. « Vous ici mais je croyais que… »
Hallucinante coïncidence…
On n’en revient pas et la journaliste de découvrir ce coin avec stupéfaction : Horta, la maison Autrique, les façades des écoles de Henri Jacobs, les pignons de Frans Hemelsoet et l’immeuble de coin de Gustave Strauven : à l’enseigne du Stelle qui possède un jardin envahi par la vigne.
Mais oui, on peut le dire, c’est un des plus beaux coins de la capitale et il renaît de ses cendres plus « Faubourg des Artistes » que jamais.
MG

LES CENT PAPIERS
THE PLACE TO BE
Depuis le 3 septembre, un nouveau lieu a ouvert ses portes à Schaerbeek. Sans prétention, nous voudrions créer un espace convivial au sein d’une librairie. Vous y trouverez des livres bien sûr, sélectionnés un à un depuis des mois avec beaucoup de passion, d’amour et de sensibilité. Malgré ce choix qui nous l’espérons vous fera découvrir de nouveaux horizons, nous aurons un service commande ultra-performant. N’hésitez pas à déjà passer commande par un simple mail à info@100papiers.be.

Nous aurons aussi la presse quotidienne et quelques magazines. La musique participera à l’esprit du lieu. Nous voulons diffuser des oeuvres peu connues ou moins diffusées autant en musique classique, baroque, jazz, blues qu’electro ou chanson française. Pour vos enfants, nous développons aussi un espace jeunesse, bd et papeterie.

100 Papiers ou Sans Papier: nous voulons mettre en avant l’usage des liseuses à encre électronique comme support alternatif au papier. Une sélection d’oeuvres du domaine public ou d’oeuvres moins connues vous sera proposée chaque mois.

Le tout sera agrémenté d’un petit café, d’un chinotto, d’une zinnebier, d’un verre de vin italien ou d’un proseco en fonction de la saison, du moment de la journée ou de vos envies.

Nous vous y accueillerons sept jours sur sept ! De l’aube, 9h du mat, à l’heure de l’apéro après boulot.

Dimanche, lundi et mardi de 9 à 16h et mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 9 à 20h.

des conférences débats, des clubs de lecture…

David et Ram

23 av. Louis Bertrand – au coin de la Ruche – à 2 pas du Parc Josaphat

Chaotic Start to Egypt’s First Democratically Elected Parliament

By DAVID D. KIRKPATRICK
CAIRO — The opening session of Egypt’s first democratically elected Parliament in more than six decades erupted in chaos Monday as the Islamists dominating the chamber struggled to keep order and thousands of demonstrators gathered outside in an unruly mix of celebration and protest.

It took until nightfall for the Muslim Brotherhood, Egypt’s mainstream Islamist group, to decisively beat back an unexpectedly vocal challenge from a dissident former member so that the parliamentarians could elect a Brotherhood stalwart, Saad el Katatni, as speaker.

Mr. Katatni’s victory, by a vote of 399 to 97, signified an important turn in the history of the Muslim Brotherhood, which had been banned by Hosni Mubarak, the former autocratic president deposed in the Egypt revolution a year ago. After 84 years of struggle in the shadows of monarchy and dictatorship, the Brotherhood— a secretive, once-militant group that became the fountainhead of Islamist ideologies around the world — was closer than ever to both political power and democratic legitimacy.

“This is democracy that had left this hall for years, and now the people have grasped it,” Mr. Katatni said in a speech after his election. “We want Egypt and the whole world to know that our revolution will continue and we will not rest and our eyes won’t sleep until the revolution fulfills all its demands.”

Its triumph, in the heart of the Arab world and the center of last year’s regional uprising, was the closest that Islamists have ever come to governing an Arab country. Although a party with Islamist roots dominated Tunisia’s elections last fall, it has sought to jettison the label in order to emphasize its commitment to democracy and pluralism, while the Brotherhood still considers itself the movement’s flagship.

Abdul Moneim el Tantawy, a 67-year-old mechanical engineer and Brotherhood member who stood in a crowd outside the parliament since early morning to watch the lawmakers enter, called it “the most important day in our lives,” since Mr. Mubarak’s downfall.

“This is our celebration,” he said. “Before, if we stood here, we would be taken directly to jail.”

The Brotherhood’s success, however, was tempered by the noisy reminders both inside and outside the chamber of the challenges that members face in leading the country through its promised transition to democracy.

Egypt’s Parliament remains subordinate to the ruling military council that took power with Mr. Mubarak’s ouster. Although the generals have promised to turn over power to civilians by the end of June, after the ratification of a new constitution and the election of a president, they have balked at submitting to full civilian control. And by mid-afternoon Monday thousands of demonstrators had converged on the streets around the chamber to demand, among other things, an immediate end to military rule.

“The Parliament should have all the authority, without any influence from the army,” said Nagwan el Ashwal, 31, a doctoral student at Cairo University standing in front of a blocks-long ribbon of sown-together Egyptian flags, each held up by a demonstrator. On each was written one of the many demands of the original revolt against Mr. Mubarak, like “we need a good life,” “we need justice,” and “we don’t want poverty.”

Platoons of other demonstrators arrived in marches from several directions with their own demands. Trade unions marched for better wages. The families of those killed during the revolt demanded retribution against those responsible. Performers and artists marched to protect cultural freedoms from potential intrusion by the new Islamist majority.

(…) Many members of the ultraconservative faction of Islamists known as Salafis—the second-largest bloc after the Muslim Brotherhood, with nearly about 25 percent of the seats — tried to add pledges of fealty to Islamic law. “As long as God’s law is not violated,” the prominent Salafi lawyer Mamdouh Ismail appended to the customary oath.
(Omneya el Desouki contributed reporting.)

EGYPTE : LES ISLAMISTES REMPORTENT PLUS DES DEUX TIERS DES SIEGES DE DEPUTES
Les Frères musulmans ont remporté 47 % des sièges de députés lors des élections législatives qui viennent de s'achever en Egypte.AP/Bernat Armangue
Les islamistes égyptiens ont remporté plus de deux tiers des sièges de députés, dont près de la moitié pour les seuls Frères musulmans, selon les résultats officiels de la première élection depuis la chute du président Hosni Moubarak diffusés samedi 21 janvier.

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, se taille la part du lion avec 235 sièges sur les 498 en lice, soit 47 % environ, lors de ce scrutin qui s'est tenu en plusieurs phases depuis le 28 novembre. Le parti fondamentaliste salafiste Al-Nour arrive en deuxième position, avec 121 sièges (environ 24 %).
Le parti libéral Wafd a eu quelque 9 % des sièges. Le Bloc égyptien, coalition de partis libéraux laïcs, obtient 7 % des députés dans cette élection considérée comme la plus ouverte depuis le renversement de la monarchie en 1952. Dix sièges de députés supplémentaires, non-élus, doivent encore être pourvus par le chef du Conseil militaire qui dirige le pays, le maréchal Hussein Tantaoui.

SAAD AL-KATATNI DÉSIGNÉ POUR PRÉSIDER L'ASSEMBLÉE
Le PLJ a déjà fait savoir qu'il avait choisi son secrétaire général, Saad al-Katatni, pour présider l'Assemblée du peuple (chambre des députés), au terme d'un accord avec d'autres partis. La première session de l'Assemblée du peuple doit se tenir lundi en présence du maréchal Tantaoui. L'élection des sénateurs doit pour sa part débuter le 29 janvier pour s'achever fin février.
Le futur Parlement sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution. Une élection présidentielle est prévue avant la fin juin, avec l'ouverture du dépôt des candidatures le 15 avril. L'armée s'est engagée à remettre le pouvoir aux civils une fois qu'un président aura été élu.
Les Frères musulmans ont multiplié les déclarations ces dernières semaines pour se présenter comme une formation responsable, prête à participer au pouvoir. Ils ont notamment tenu à se démarquer des fondamentalistes salafistes, dont la percée électorale constitue la grande surprise du scrutin, et fait des propositions d'alliance avec des partis laïcs.

DES GAGES À LA COMMUNAUTÉ COPTE
Les dirigeants des Frères et du PLJ ont notamment cherché à rassurer sur le terrain de l'économie, alors que le pays traverse une grave crise, et se sont employés à donner des gages à la communauté chrétienne copte, qui représente entre 6 et 10 % de la population.

Sur le plan diplomatique, le PLJ a reçu la semaine dernière une visite inédite du "numéro deux" de la diplomatie américaine, le secrétaire d'Etat adjoint William Burns. Fondée en 1928, très influente grâce à ses réseaux d'aide sociale, la confrérie était confinée dans une semi-clandestinité du temps de M. Moubarak.
Le guide de la confrérie, Mohamed Badie, s'est dissocié des appels à manifester contre le pouvoir militaire à l'occasion du premier anniversaire, mercredi, du début de la révolte contre Hosni Moubarak. Il a notamment rejeté les appels à une "deuxième révolution", et a plaidé pour qu'il ne "soit pas porté atteinte au prestige de l'armée", dans des propos sur une chaîne privée, rapportés samedi sur le site internet de la confrérie.
Il a toutefois laissé entendre que la future assemblée dominée par le PLJ pourrait être ferme face à des demandes de l'armée de préserver certains privilèges de l'institution militaire. Il a notamment estimé que le budget de l'armée, jusqu'à présent exempt d'examen par les députés, pourrait être soumis à une commission parlementaire.

mardi 24 janvier 2012

Obama face à l'Amérique

Par Russell Banks

LES DÉBATS DE L'OBS. A dix mois de l'élection présidentielle, le grand écrivain américain, figure de proue des progressistes, évalue le rapport des forces et les chances d'Obama.

"Pratiquement n'importe quel républicain un tant soit peu télégénique est susceptible de battre Obama en novembre prochain", nous explique ici l'écrivain progressiste Russell Banks, qui fut l'un des premiers à soutenir Barack Obama lors de sa première campagne présidentielle, à un moment où personne, en Europe, ne connaissait encore son nom.

VOUS AVEZ COMPTE PARMI LES PREMIERS PARTISANS D'OBAMA. APRES TROIS ANS A LA PRESIDENCE, SON TAUX DE POPULARITE EST BEAUCOUP PLUS BAS QUE CELUI DE SES PREDECESSEURS AU MEME STADE DE LEUR MANDAT. EST-CE INJUSTE OU JUSTIFIE?

Même si effectivement j'ai été très tôt - et je demeure - un partisan d'Obama, mon soutien s'est toujours accompagné de sérieuses réserves. Pour nous qui nous situons à gauche (et qui ne représentons plus que 20% à peine des électeurs), Obama était, en 2008, le meilleur candidat éligible que pouvait offrir le système actuel. Il était déjà flagrant qu'il n'était pas de gauche, encore moins révolutionnaire, et sans doute même pas progressiste, selon la vieille tradition du progressisme américain tel que l'ont incarné les Roosevelt (Theodore et Franklin), les Kennedy (John et Robert) et Lyndon Johnson.

A vrai dire, si Barack Obama avait été un authentique progressiste, même un progressiste blanc, il n'aurait sans doute pas battu ses adversaires aux primaires démocrates, et, dans tous les cas, il n'aurait jamais été élu président.

LES AMERICAINS DANS LEUR ENSEMBLE SONT DEVENUS BEAUCOUP PLUS CONSERVATEURS. Cela fait plus d'un demi-siècle que le centre politique dérive vers la droite, selon un processus d'abord lent qui s'est accéléré dans les années 1980, les années Reagan. On peut discuter sans fin des raisons de ce phénomène - qui n'est pas entièrement imputable aux magouilles des républicains conservateurs, à Fox News, ou à la rhétorique apocalyptique déployée par les prédicateurs évangéliques -, mais on peut assurément dire que nous sommes devenus un peuple plus craintif qu'autrefois; or une masse effrayée tend à s'armer et à se barricader contre toute chose et toute personne extérieures à la forteresse.

Obama a été élu au commandement du «Fort Amérique» parce qu'il avait promis de nous apporter le changement sans nous obliger à changer quoi que ce soit - de faire une distinction sans faire de différence - en offrant une image de compétence face à l'incompétence.

Obama s'est révélé être un centriste, et c'est cela qui a exaspéré les survivants de la gauche américaine. Ils se sentent non seulement déçus mais piégés, trahis, manipulés par son identité raciale, sa rhétorique électorale et son physique télégénique. C'est absurde, bien sûr; ils ont été piégés par leur propre naïveté, manipulés par leurs propres préjugés sociaux et raciaux (un Noir éloquent, formé dans les meilleures universités, qui a fait du travail associatif de terrain à Chicago et écrit un superbe livre autobiographique sur son expérience métissée des Etats-Unis, doit forcément être progressiste).

A l'autre extrémité de l'éventail politique, on trouve les 20% d'électeurs qui méprisent Obama parce qu'il s'est révélé incarner leur pire cauchemar: un Noir éloquent, formé dans les meilleures universités, qui a fait du travail de terrain à Chicago et écrit tout seul un superbe livre! Et il aggrave son cas: il est mince, athlétique, aussi élégant en costume-cravate lors des sommets du G8 qu'en maillot de bain sur les plages d'Hawaii. Pour ces gens, il constitue un danger racial, et donc sexuel.

A leurs yeux, il n'est pas exclu que ce soit un musulman infiltré, et il n'est sans doute même pas né aux Etats-Unis (voir les propos de Newt Gingrich, l'un des actuels favoris des primaires républicaines qui affirme haut et fort que les Palestiniens n'existent pas [sic], et selon lesquels Obama aurait «une vision anticoloniale typiquement kenyane»). Pis encore: il se pourrait bien qu'il soit communiste.

Reste son impopularité massive auprès du reste des Etats-Unis, de la majorité silencieuse qui espérait que, quoique noir et instruit, il ne se révélerait pas un progressiste infiltré. Cela comprend la plupart des démocrates modérés qui ont voté pour lui, plus de nombreux républicains bon teint qui n'ont soutenu McCain qu'à contre-coeur et parce qu'ils ont toujours voté républicain, sans oublier les 20% d'électeurs qui se qualifient d'indépendants et qu'on pourrait baptiser «bisexuels», puisqu'ils votent à voile et à vapeur (un coup pour les républicains, un coup pour les démocrates - et ce sont souvent eux qui font pencher la balance).

PUISQUE OBAMA S'EST EFFECTIVEMENT REVELE ETRE CE QUE SOUHAITAIT CETTE MAJORITE D'AMERICAINS, A SAVOIR UN CENTRISTE, ET NON UN GAUCHISTE INFILTRE, COMMENT EXPLIQUER SON IMPOPULARITE GLOBALE AUPRES D'EUX? Lorsque les choses tournent mal, que l'économie capitaliste s'effondre, que l'Etat paraît impuissant, que l'environnement se dégrade et que les infrastructures du pays se démantèlent, lorsque la corruption semble contaminer tous les aspects du fonctionnement politique, nous avons tendance à en rejeter la faute sur le président en exercice plutôt que sur l'histoire en marche. C'est plus commode que d'admettre que NOUS SOMMES ENTRES, EN TANT QUE NATION, DANS UNE PHASE DE DECLIN IRREVERSIBLE, que nous ne goûterons pas un autre «siècle américain», et que nos enfants et petits-enfants ne vivront pas aussi bien que nos parents et grands-parents. Il nous faudrait dire adieu au double mythe de l'exception américaine et du prétendu rêve américain. Alors on préfère rejeter la faute sur le président.

OBAMA A-T-IL LAISSE PASSER UNE OCCASION HISTORIQUE DE REFORMER EN PROFONDEUR CE SYSTEME FINANCIER QUI A CAUSE TANT DE DEGATS AUX ETATS-UNIS ET DANS LE MONDE?
Il aurait peut-être bien été en mesure de réformer le système financier américain, s'il n'avait pas choisi pour conseillers et membres de son cabinet des gens comme Timothy Geithner et Lawrence Summers, inféodés aux personnes et aux institutions directement responsables de la crise, et si le Congrès n'avait pas été sous la coupe du lobby de la finance.

De toute façon, l'économie américaine est aujourd'hui inextricablement liée à l'économie mondiale, et l'on ne saurait en réformer une partie sans réformer l'ensemble, ce qui ne risque pas d arriver, à moins d'un effondrement économique généralisé aux conséquences catastrophiques: dépression planétaire, inflation incontrôlable, afflux de réfugiés fuyant le sud pour le nord et l'est pour l'ouest, famines, émeutes, écroulement massif des infrastructures, coups d'Etat militaires et pis encore - une apocalypse économique qui ne nous laisserait d'autre choix que de repartir de zéro, en vivant de chasse et de pêche et en recourant au troc pour nous procurer à manger et un toit. Et qui aurait envie de ça, même au nom de la réforme?

L'ECONOMIE AMERICAINE STAGNE, LE CHOMAGE DEMEURE TRES ELEVE ET L'INEGALITE ENTRE LES PLUS RICHES ET LES PLUS PAUVRES N'A JAMAIS ETE AUSSI CRIANTE. QUELLE EST VOTRE ANALYSE DU MOUVEMENT OCCUPY WALL STREET, DONT LE SLOGAN «NOUS SOMMES LES 99%» SOULIGNE CE FOSSE SOCIAL, ET QUELLE INFLUENCE PEUT-IL AVOIR?
Je crois que les marchés bio hebdomadaires qui fleurissent partout aux Etats-Unis, particulièrement dans les zones rurales, ont plus de chances de mettre un terme à l'industrialisation de la chaîne alimentaire que le mouvement Occupy Wall Street n'en a d'influencer la politique économique de Washington. Je suis désolé de paraître si pessimiste, car j'admire le courage de ces manifestants prêts à braver les violences policières et les quolibets dont on les accable.

Cependant, leur idéologie dominante est fondamentalement anarchiste, ce qui les empêche de formuler des objectifs précis et un programme apte à séduire les millions d'Américains, dont ils affirment à juste titre dénoncer la souffrance, comme les millions d'autres qui ne soufrent pas. En outre, cette idéologie a tenu à l'écart du mouvement toute personne susceptible d'apparaître comme un leader, un Lech Walesa, un Václav Havel, un Martin Luther King, une figure charismatique qui saurait parler au plus grand nombre, et singulièrement aux pauvres et aux chômeurs, aux personnes âgées qui ne vivent que de l'aide sociale, à ceux qui n'ont pas d'assurance ou qui vont voir leur maison saisie, aux jeunes qui ne peuvent pas se payer d'études universitaires sans s'asservir aux banques, aux millions de personnes qui ont perdu dans la débâcle financière leurs économies soigneusement investies, et ainsi de suite.

Les tactiques et les stratégies du mouvement Occupy Wall Street me paraissent incohérentes et quelque peu complaisantes.

En revanche, une immense majorité d'Américains, peut-être même «les 99%», répugnent à s'infliger des impôts suffisants pour fournir une couverture médicale universelle, éradiquer la pauvreté, le chômage et le problème des sans-logis, et reconstruire les infrastructures. Le voilà, le problème: c'est un problème éthique qui ne saurait avoir de solution que politique.

LA POLITIQUE D'OBSTRUCTION PRATIQUEE PAR LES REPUBLICAINS AU CONGRES VIENT D'EMPECHER OBAMA DE NEGOCIER UNE REDUCTION DE LA DETTE AMERICAINE. LE SYSTEME POLITIQUE AMERICAIN, FONDE SUR L'EQUILIBRE DES POUVOIRS ET DES CONTREPOUVOIRS, PARALYSE-T-IL LA DEMOCRATIE?
Le principe de l'équilibre des pouvoirs («checks and balances») constitue l'un des procédés constitutionnels visant à nous protéger de la tyrannie d'une minorité, et à empêcher l'un ou l'autre des trois pouvoirs - l'exécutif, le législatif et le judiciaire - d'imposer des décisions autonomes. En pratique, c'est généralement ce qui se passe. En fait, la paralysie qui frappe Washington est imputable avant tout à une neutralisation mutuelle, au sein du pouvoir législatif, entre le Sénat contrôlé par les démocrates et la Chambre des représentants contrôlée par les républicains; elle reflète moins un confit d'idéologies qu'un match nul invisible entre deux groupes d'intérêts financiers puissants: ceux qui ont financé les parlementaires républicains contre ceux qui ont financé les parlementaires démocrates.

Nous finançons avant tout nos élections à coups de donations versées par les riches, si bien que nos politiciens se retrouvent inféodés à ceux qui leur paient leur siège. (Il faut beaucoup d'argent pour convaincre une majorité d'Américains de voter contre leurs propres intérêts.) Voilà ce qui paralyse la démocratie américaine.

POUR AVOIR UNE QUELCONQUE CHANCE D'ETRE ELU PRESIDENT, UN CANDIDAT DOIT DESORMAIS RECOLTER PLUS D'UN MILLIARD DE DOLLARS DE FONDS DE CAMPAGNE;
Il faut parfois 100 millions de dollars pour remporter un siège au Sénat, et presque autant pour être élu gouverneur, représentant, voire maire d'une grande ville comme New York.

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QUE LES PRIMAIRES REPUBLICAINES PRENNENT L'ALLURE D'UN SPECTACLE DE CARNAVAL? LES «TEA PARTIES» ONT-ELLES FINI PAR CONTAMINER LE PARTI REPUBLICAIN TOUT ENTIER?
Ce ne sont pas tant les tea parties qui ont transformé les primaires républicaines en une émission de télé-réalité permanente que tout le processus politique qui a été peu à peu absorbé par l'industrie du spectacle. Aujourd'hui, la plupart des Américains puisent leur «information» auprès des comiques de la chaîne Comedy Channel et de l'émission «Saturday Night Live», des blogueurs, de commentateurs tels que Rush Limbaugh (pour la droite) et Rachel Maddow (pour la gauche), et des simulacres de journalisme offerts par CNN et les trois grands réseaux télévisés nationaux, pour lesquels le procès du médecin de Michael Jackson a plus d'importance que le «printemps arabe» ou la guerre en Afghanistan.

Les candidats à la présidence sont perçus et évalués par le public comme des hommes et des femmes de spectacle. C'est ce que les médias exigent d'eux, comme ils l'exigent des sportifs. Peu importe que le candidat soit républicain ou démocrate, même si pour l'heure, en tant que candidat démocrate incontesté, Obama a échappé aux débats télévisés avec des bouffons du calibre de Michele Bachmann, Rick Perry Newt Gingrich et Herman Cain. Voilà pourquoi Newt Gingrich est actuellement l'un des favoris des primaires républicaines, avec Mitt Romney: Newt fait le spectacle, il est plus distrayant que Mitt. (Même leurs noms, Newt et Mitt, leur donnent l'air d'un duo comique: l'auguste et le clown blanc.)

IL Y A QUATRE ANS, BUSH AVAIT RENDU LES ETATS-UNIS ODIEUX AUX YEUX DU MONDE. QUOIQUE INTERVENTIONNISTE, LA POLITIQUE ETRANGERE D'OBAMA A PERMIS ENTRE AUTRES DE SOUTENIR PACIFIQUEMENT LES AVANCEES DEMOCRATIQUES DANS LE MONDE ARABE. SON BILAN EST-IL SELON VOUS POSITIF? ET A-T-IL REDORE L'IMAGE DES ETATS-UNIS DANS LE MONDE?
C'est avant tout l'absence de George W. Bush et de son éminence grise Dick Cheney qui a permis aux Etats-Unis d'améliorer leur image dans le monde, peut-être surtout d'ailleurs en Europe de l'Ouest. (Certes, il n'est pas négligeable qu'Obama soit notre premier président non blanc, ce qui a renforcé notre réputation de méritocratie multiraciale.) Obama aurait eu du mal à égaler l'impopularité de Bush à l'étranger; après lui, il ne pouvait qu'offrir une meilleure image des Etats-Unis. Obama, c'est avant tout le non-Bush. Peu importe qu'il ait largement poursuivi la politique étrangère belliciste de Bush (en particulier celle de son second mandat) en Irak, en Afghanistan, à Guantánamo, vis-à-vis de l'Iran et de la Corée du Nord, et j'en passe.

OBAMA A-T-IL LA MOINDRE MARGE DE MANOEUVRE POLITIQUE A L'EGARD D'ISRAËL QUAND ON SE SOUVIENT DE L'ACCUEIL ENTHOUSIASTE DU CONGRES FAIT AU DISCOURS DE NETANYAHOU EN MAI DERNIER, QUI ETAIT EN TOTALE CONTRADICTION AVEC LA POLITIQUE DU PRESIDENT AMERICAIN?
Curieusement, Israël semble avoir disparu des radars d'Obama et de ceux du Congrès depuis cet automne. Seuls la droite religieuse et les juifs conservateurs continuent de faire une fixation sur Israël. C'est probablement en raison des gros soucis économiques, conjugués à une certaine usure de la politique étrangère à la suite d'une décennie d'engagement militaire en Irak, en Afghanistan et au Moyen-Orient, en général.

S'il bénéficie d'une victoire écrasante en novembre, Obama aura une grande marge de manoeuvre car la droite religieuse et les juifs conservateurs auront perdu; mais si sa victoire est courte, il n'aura presque aucune marge. S'il perd, bien sûr, nous reviendrons au temps béni biblique de George W. Bush.

LE VRAI RISQUE POUR OBAMA EST CELUI DE L'IRAN. L'IRAN PEUT TOUT CHANGER A LA POLITIQUE DES ETATS-UNIS VIS-A-VIS D'ISRAËL.
Une possibilité intéressante serait qu'Obama incite Hillary Clinton à concourir à la vice-présidence et qu'il nomme Joe Biden secrétaire d'Etat. Franchement, j'espère que c'est ce qu'il va faire. Si la Convention démocrate de l'été prochain désigne un ticket Obama-Clinton, souvenez-vous que vous l'aurez lu pour la première fois ici même!

COMPTE TENU DE LA MEDIOCRITE DES CANDIDATS REPUBLICAINS ACTUELLEMENT DECLARES, OBAMA NE SERA-T-IL PAS REELU PAR DEFAUT? PENSEZ-VOUS QU'UN SECOND MANDAT LUI PERMETTRAIT DE S'AFFIRMER DAVANTAGE COMME UN HOMME DE GAUCHE?
La médiocrité d'un candidat l'a rarement dissuadé de se présenter à la présidence, et ne l'a presque jamais empêché d'être élu. Et grâce au poids écrasant des pseudo-débats télévisés, et à l'avalanche, tout au long de l'année électorale, de spots de campagne aussi agressifs que luxueux, c'est peut-être encore plus vrai aujourd'hui que par le passé, du temps où nous élisions des médiocres comme Ronald Reagan, Bush père, puis Bush fils.

A moins d'un redressement spectaculaire de l'économie qui se ferait sentir ailleurs qu'à Wall Street et dans les conseils d'administration des multinationales, et qui permettrait aux travailleurs des classes moyennes, aux personnes âgées et aux jeunes de ne plus craindre pour leur avenir immédiat, pratiquement n'importe quel républicain un tant soit peu télégénique est susceptible de battre Obama en novembre prochain. D'autant plus que la politique étrangère ne sera pas un enjeu de la campagne.

Une candidature conjointe de Romney à la présidence et de Gingrich à la vice-présidence - Mitt et Newt, l'irrésistible duo évoqué plus haut - cimenterait le Parti républicain: les centristes et les indépendants seraient ravis de soutenir Romney, tandis que l'aile droite du parti, les fidèles des tea parties, les fondamentalistes chrétiens et les illuminés de l'anti-étatisme leur emboîteraient le pas, en espérant que Romney meure dès le début de son mandat et que leur héros accède à la présidence. Ça s'est déjà produit. Heureusement, Romney a l'air en bonne santé. Et ne semble pas complètement fou. Même s'il est mormon. Et ne me demandez pas ce que je pense des mormons!
(Propos recueillis par François Armanet et Gilles Anquetil)
Source: "Le Nouvel Observateur"

Obama voor rechter om geboorteakte

Barack Obama moet donderdag voor een rechter in Atlanta verschijnen. Die wil de Amerikaanse president horen over de aantijging dat hij niet in de Verenigde Staten is geboren.
Een inwoner van de staat Georgia maakte de zaak bij de rechter aanhangig. Tal van vergelijkbare aanklachten zijn ingediend bij rechters in heel het land, maar tot op heden vruchteloos.

Tegenstanders van Obama vechten aan dat hij, zoals hij zelf beweert, in Hawaï is geboren. Wie niet in de Verenigde Staten geboren is, kan geen president worden. De klager uit Georgia, een van deze ’birthers’, wil dat Obama’s naam van het stembiljet wordt geschrapt.

Het Witte Huis heeft vorig jaar de geboorteakte van de president, die Obama in Hawaii heeft opgevraagd, openbaargemaakt. Hierop staan de handtekeningen van Obama’s moeder, de arts die hielp bij de bevalling en een ambtenaar van de burgerlijke stand. Eerder was al een uittreksel van Obama’s geboortebewijs vrijgegeven.

De president besloot hiertoe omdat het land geen tijd heeft voor de ’afleiding’ en ’nonsens’ die de kwestie met zich meebrengt, zei Obama destijds in een verklaring.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OBAMA FOR PRESIDENT
Un président métisse? C’est ce qui pouvait arriver de mieux aux Etats Unis. Certes on lui reprochera en Europe de ne pas avoir tenu ses promesses. Pourtant après le calamiteux Bush, personne n’aurait pu faire beaucoup mieux.
Les Républicains, de plus en plus réactionnaires, lui ont mené la vie dure. Il n’a pas trop mal tenu le coup malgré l’opposition au Sénat.
Et voilà qu’un imbécile l’attaque sur sa nationalité. Né à Hawai, il ne serait pas américain, donc pas digne d’être président. Nonsense. Il aura tout entendu : le reproche d’être musulman, communiste ou du moins gauchiste.
Il faut relire inlassablement son discours du Caire et souhaiter qu’il se succède à lui-même. Les candidats républicains me font penser à Marine, Geerts ou autres Berlusconi.
Puisse Obama nous montrer ce qu’il a dans le ventre au cours de son second mandat. Ceci vaut aussi pour la brillante mais très/trop discrète Hilary. Oh yes they can !
MG

Décloisonner les chapelles

Un tronc commun entres cours dits "philosophiques": une avancée pour mieux éviter de sauter ?
La ministre Simonet prévoit pour la rentrée 2013 une harmonisation des programmes du cours de morale non confessionnelle et des cours de religion, tant en primaire qu’en secondaire, afin d’y introduire le questionnement philosophique, des éléments de connaissance des religions et des laïcités ainsi que des éléments de citoyenneté. Une belle avancée, diront certains. Une manière de ne surtout pas toucher au système actuel, diront d’autres. Familiariser les élèves avec le questionnement philosophique, qui s’en plaindrait ? Introduire davantage de formation à la citoyenneté à l’école, quelle belle idée ! Et de même, faire en sorte que les élèves sortant de l’enseignement officiel - seul concerné, et pour cause, par cette mesure - connaissent un peu mieux les religions et convictions de leurs concitoyens, voilà bien un noble projet, ô combien nécessaire qui plus est en ces temps de recrudescence de l’intégrisme religieux, de l’intolérance et du populisme. On peut donc se réjouir que la ministre compétente ait enfin pris la mesure du vide actuel - rappelons que si la citoyenneté est au programme de l’enseignement primaire et secondaire depuis 2007 (1), cette formation se réduit trop souvent à une peau de chagrin, tant par manque d’enseignants formés que par absence d’heures dévolues à cet effet dans les grilles horaire - et de l’urgence de le combler.
Cependant, on peut s’interroger sur ce qui apparaît à bien des égards comme une demi-mesure : si réellement il s’agit de "développer la pensée rationnelle, logique et argumentative autour de trois grands axes : le questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et l’éducation à une citoyenneté active" ; si réellement la citoyenneté, la connaissance des religions et de l’humanisme - dans ses différentes variantes que sont l’athéisme ou la laïcité politique - et la démarche philosophique sont essentielles à la formation de nos élèves, pourquoi ne pas pousser la logique à son terme et proposer, purement et simplement, la suppression des cours si improprement nommés "philosophiques" au profit d’un cours commun à tous ?
Peut-on sérieusement soutenir, en d’autres termes, que les cours de religion contribuent à "développer la pensée rationnelle, logique et argumentative" ? Je ne nie pas ici que certains enseignants de religion favorisent en effet l’émergence d’une telle pensée chez leurs élèves. Cependant, il faut bien reconnaître que ceux-là sortent peu ou prou de la mission catéchistique historiquement dévolue aux cours de religion, et choisissent de faire, à peu de choses près, ce que font leurs collègues de morale non confessionnelle. Ces derniers, rappelons-le, n’ont jamais eu pour vocation ni pour mission d’enseigner à leurs élèves l’inexistence de Dieu, mais bien de leur apprendre autant que possible à penser par eux-mêmes, hors de tout dogmatisme.
Outre que l’enseignement religieux, en tant que transmission d’un corpus dogmatique, n’a guère sa place à l’école officielle, un cours commun permettrait la rencontre et l’échange entre les tenants de diverses conceptions du monde, et ce faisant la mise en perspective par chacun de ses convictions personnelles au regard de celles de l’autre, ce qui favoriserait bien plus certainement la tolérance et le respect de l’autre que le cloisonnement actuel. Un cours commun axé sur la citoyenneté, la connaissance du fait religieux et de l’humanisme et la philosophie permettrait également de substantielles économies à une Communauté française qui en a grand besoin. Mais surtout, cette formule, tout en étant respectueuse des convictions de chacun, serait infiniment plus en phase avec l’un des objectifs généraux décrits dans le décret "Missions", à savoir : "préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures" (2).
La mesure actuelle ne fâchera sans doute personne : ni les syndicats soucieux de préserver l’emploi des enseignants (en l’occurrence de cours dits "philosophiques") ni les défenseurs desdits cours, dont l’autonomie est préservée et la pertinence réaffirmée, ni les acteurs du monde de l’éducation attachés à l’introduction d’éléments de citoyenneté, de philosophie ou d’éducation au fait religieux - en ce compris la laïcité. Et c’est probablement sa principale, si pas sa seule vertu.
Car la logique qui prévaut reste profondément ancrée dans un modèle belge dont la mise en question serait bienvenue : un modèle pilarisé, qui organise l’enseignement en chapelles et, au sein de la "chapelle officielle", reproduit l’existence de six chapelles différentes, correspondant aux religions reconnues et à la morale non confessionnelle.
Un nombre qui est destiné à augmenter, dès lors que le bouddhisme a eu accès récemment à la reconnaissance publique, et que d’autres "communautés convictionnelles" frapperont très certainement dans les prochaines années à la porte du financement public.
Verra-t-on demain huit ou dix cours "philosophiques" dispenser en parallèle la même formation à vocation universaliste ? Quelles seront les exigences en termes de neutralité qui seront fixées aux enseignants de ces différents cours lorsqu’ils aborderont les convictions voisines ? Quelle formation - initiale ou continuée - prévoit-on pour les enseignants qui seront amenés à dispenser ces cours à partir de 2013 ?
Et surtout, combien de temps encore réformera-t-on l’enseignement à coups de mesurettes consensuelles plutôt que de poser la seule vraie question qui importe en l’occurrence, à savoir : de quoi nos enfants ont-ils un urgent besoin ? Est-ce de connaître leur religion ou d’apprendre à penser et à devenir des citoyens responsables ?
Nadia GEERTS
Initiatrice du R.A.P.P.E.L. –Réseau d’actions pour la promotion d’un Etat laïque Auteur de “Fichu voile ” (Luc Pire 2010) http://nadiageerts.over-blog.com/
(1) Décret relatif au renforcement de l’éducation à la citoyenneté responsable et active au sein des établissements organisés ou subventionnés par la Communauté française du 12 janvier 2007.
(2) Décret définissant les missions prioritaires de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire et organisant les structures propres à les atteindre 24 juillet 1997.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LEUR APPRENDRE AUTANT QUE POSSIBLE A PENSER PAR EUX-MEMES, HORS DE TOUT DOGMATISME.
« Un cours commun permettrait la rencontre et l’échange entre les tenants de diverses conceptions du monde, et ce faisant la mise en perspective par chacun de ses convictions personnelles au regard de celles de l’autre, ce qui favoriserait bien plus certainement la tolérance et le respect de l’autre que le cloisonnement actuel. »
L’un des objectifs généraux décrits dans le décret "Missions", n’est il pas de : "préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures."
Autrement dit, Nadia Geerts, comme DiverCity, plaident pour une approche interculturelle, et inter convictionnelle des philosophies et des religions visant à leur apprendre autant que possible à penser par eux-mêmes, hors de tout dogmatisme.

Un cours commun axé sur la citoyenneté, tout en étant respectueux des convictions de chacun, serait infiniment plus en phase avec l’un des objectifs généraux décrits dans le décret "Missions", à savoir : "préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures".

Les Frères musulmans grands vainqueurs des législatives en Egypte

Les Frères musulmans ont remporté 47 % des sièges de députés lors des élections législatives qui viennent de s'achever en Egypte, selon des résultats officiels. Les salafistes arrivent deuxième avec environ 24 % des sièges.

Mahmoud Ezzat et Mohammed Badie, deux leaders de la confrérie ©AP
Le parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu de la confrérie, a remporté 235 sièges sur les 498 en lice lors de ce scrutin qui s'est tenu en plusieurs phases depuis le 28 novembre dernier.

Le PLJ a eu 127 élus au scrutin proportionnel, et 108 au scrutin uninominal à deux tours, selon ces résultats qui confirment des chiffres provisoires déjà diffusés. Le parti fondamentaliste salafiste Al-Nour est arrivé en deuxième position, avec 121 sièges (environ 24 %). Le parti libéral Wafd a quelque 9 % des sièges.

Dix sièges de députés supplémentaires, non-élus, doivent encore être pourvus par le chef du Conseil militaire qui dirige le pays, le maréchal Hussein Tantaoui.

Le PLJ a fait savoir lundi qu'il avait choisi son secrétaire général, Saad al-Katatni, pour présider l'Assemblée du peuple (chambre des députés), au terme d'un accord avec d'autres partis pour que ce poste revienne à la première formation parlementaire. La première session de l'Assemblée du peuple doit se tenir lundi. L'élection des sénateurs doit pour sa part débuter le 29 janvier.

Le futur Parlement sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution. Une élection présidentielle est prévue avant la fin juin, avec l'ouverture du dépôt des candidatures le 15 avril.

Cette élection était la première depuis la démission du président Hosni Moubarak en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
24+47=71% ?

Si j’ai bien lu les pourcentages additionnés des Frères musulmans et des salafistes donneraient 71% !

Dites-moi que j’ai mal lu !

Que disent les lecteurs ?

« Les investissements dans hostellerie en mer Rouge ne valent plus rien , Ourgada et les autres vont retourner au désert»
« Ce sont les Frères Musulmans qui ont assassiné Anwar Sadat et du temps de Moubarak, le successeur de Sadat leur association était interdite. »
« Forcément ! Après le printemps arabes... l'hiver islamique... pour la démocratie, on attendra encore 500 ans ! »
« Les frères musulmans vainqueurs et les salafistes et leur charia avec 24% des votes. Beau printemps arabe sans doute, mais bel hiver pour la démocratie. »

samedi 21 janvier 2012

Ecole transformée en machine à désintégrer

Par PHILIPPE MEIRIEU Professeur à l université Lumière-Lyon II, vice-président de la région Rhône-Alpes (EE-LV) délégué à la formation tout au long de la vie

Dans le petit jeu des annonces gouvernementales qui s’emballent à l’approche des élections, le repérage des enfants «à risque» et «à haut risque» en maternelle est très représentatif d’une conception tout à fait cohérente de l’enseignement fondée sur des principes simples : médicalisation, détection et dérivation.

Longtemps, la métaphore médicale a joué un rôle critique en éducation. En 1967, les enfants de Barbiana écrivaient dans leur «Lettre à une maîtresse d’école» que «l’école se comport[ait] comme un hôpital qui soignerait les bien portants et exclurait les malades». Le caractère subversif de la formule s’est émoussé : avec la gestion libérale du système de santé, quand le management l’emporte sur le soin et que le «pilotage par les résultats» permet tout naturellement d’arroser là où c’est déjà mouillé, la médecine n’a plus rien à envier à l’école ! Mais, simultanément, le modèle médical s’est durci, se repliant sur le couple «diagnostic-remède», au détriment de la prévention, de la prise en compte des environnements et du travail en partenariat.

A l’école, ce modèle s’est rapidement banalisé : il ne s’agit plus de créer un milieu équilibré et structurant, de provoquer des rencontres fécondes, de stimuler l’attention et de mobiliser l’intelligence… On investit l’essentiel de notre énergie à repérer les dysfonctionnements et à intervenir au plus tôt par la médication spécialisée. C’est ainsi que l’on rabat la notion de «difficulté» (nécessairement issue d’une combinaison de facteurs) sur la notion de «trouble» (évidemment physiologique), que l’on finit par tenir pour quantité négligeable les problèmes sociaux et même par ignorer l’action pédagogique. On en revient finalement à la vieille conception de l’homme-machine : réparer les pannes individuelles plutôt que de créer les conditions du développement collectif. Avec la bénédiction des neurosciences qui apportent - et c’est bien normal - les connaissances qu’elles ont élaborées, en les transformant - et c’est beaucoup moins normal - en système d’interprétation des réalités scolaires.

Mais la médicalisation des difficultés scolaires pourrait voir ses effets pervers limités, voire être utilisée de manière bénéfique dans des cas spécifiques, si elle n’était enrôlée dans un processus à l’œuvre aujourd’hui à grande échelle : la classe est en train de devenir progressivement un lieu où l’on passe son temps à évaluer les élèves pour savoir s’ils ne seraient pas mieux ailleurs. On détecte et on dérive partout, renvoyant les élèves toujours plus loin : de la classe vers l’aide personnalisée, puis vers l’étude dirigée, le soutien scolaire, les cours particuliers, le psychologue et l’orthophoniste, les filières dédiées et les établissements spécialisés, Internet et les camps de vacances-études… L’école n’est plus qu’une gigantesque centrifugeuse construite autour d’un lieu vide - la classe - qui n’intéresse plus personne. Elle tourne sur elle-même en renvoyant les élèves de plus en plus loin, en même temps qu’elle creuse, en son sein, une véritable dépression scolaire. Pas étonnant, alors, que l’on sacrifie la formation des enseignants. Plus besoin de pédagogie ! Il suffit d’évaluer, de détecter, de dériver de plus en plus d’élèves, de plus en plus vite, de plus en plus tôt. Et ce mouvement prend une telle ampleur qu’il annihile toutes les velléités bienveillantes qui pourraient encore faire, ici ou là, d’une intervention spécifique une aide déterminante. La centrifugeuse tourne trop vite !

AINSI, CE QU’ON NOUS PRESENTE COMME UNE MACHINE A INTEGRER EST DEVENU UNE GIGANTESQUE MACHINE A DESINTEGRER. Quand il faudrait mettre en place des collectifs à taille humaine portés par des équipes d’adultes solidaires, on fait exploser le système en une multitude de professionnels qui «se repassent le bébé». Quand il faudrait promouvoir l’entraide entre élèves et le suivi personnel dans des groupes solidaires, on multiplie les tests et les évaluations de toutes sortes pour faire fonctionner une «usine à gaz» de plus en plus complexe. QUAND NOUS AURIONS BESOIN DE MOBILISER LES ENFANTS ET LES ADOLESCENTS SUR UN PROJET CULTUREL AMBITIEUX pour leur permettre de dépasser leurs difficultés, on les juge, de plus en plus tôt, sur ce qu’ils sont et on les enferme dans leurs symptômes. Quand nous aurions besoin d’une école qui unit, nous voyons émerger sous nos yeux une école qui fragmente, exclut et isole. Il est temps d’inverser le mouvement.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NO COMMENT

'Schaf het B-attest af'

'Enkele KULeuven-onderzoekers stellen voor om het B-attest in de eerste drie jaren van het secundair onderwijs af te schaffen. Kiezen voor technisch of beroepsonderwijs moet een positieve keuze worden, klinkt het.
Een groep Leuvense onderwijsspecialisten wil af van het watervalsysteem in het secundair onderwijs, en vindt dat het B-attest in de eerste drie jaar moet worden afgeschaft. Met zo'n attest mag een leerling wel overgaan naar een volgend jaar, maar moet hij een andere studierichting kiezen.

Een B-attest maakt het voor veel scholen echter te gemakkelijk om leerlingen uit te sluiten van algemeen onderwijs, zegt pedagoog Jan Van Damme van de KULeuven aan de VRT-radio.
'Vooral in de aanvangsjaren wordt zo'n attest veel gebruikt voor leerlingen die relatief zwak zijn voor algemene vakken, waarop ze ze naar het technisch of beroepsonderwijs sturen', aldus Van Damme. 'Maar kinderen van 12-13 jaar een beroepsrichting laten kiezen omdat ze zwak zijn in algemene vakken lijkt ons geen goed idee. We moeten hen aangepast algemeen onderwijs geven, zodat ze ook volwaardig kunnen participeren in onze samenleving.' Voor die begeleiding moeten de scholen de nodige financiële middelen krijgen, luidt het in het voorstel.

NIEUW VAK TECHNOLOGISCH DENKEN IN ASO
Leerlingen hebben immers steeds recht op een brede vorming als ze daar belangstelling voor hebben, klinkt het. Kiezen voor TSO of BSO moet dus een positieve keuze worden. De onderzoekers van de KULeuven pleiten er dan ook voor om het B-attest in de eerste drie jaren van het secundair onderwijs af te schaffen.

De groep pleit ook voor de introductie in de tweede graad ASO van een vak technologisch denken. Techniek wordt vandaag immers nog te vaak ten onrechte verward met manuele handvaardigheid, terwijl innovatie vooral drijft op technologisch denken. De groep verwacht tevens dat op die manier de overgang naar het technische en beroeps ook als meer normaal wordt beschouwd.

Op lange termijn pleit de werkgroep om in het secundair de vroegere 2x3 jaren-structuur weer in te voeren en de eerste jaren iedereen een brede veelzijdige basisvorming te bieden. Het betreft geen veralgemeend ASO, maar een evenwichtige combinatie van vakken uit verschillende gebieden met ruimte voor keuzevakken en onderwijs op verschillende niveaus. De groep pleit voor differentiatie, zodat getalenteerde leerlingen een voldoende stimulerend lesaanbod krijgen.
Het advies van de werkgroep was opgevraagd door Vlaams minister van Onderwijs Pascal Smet (SP.A), die vanaf 2014 het secundair onderwijs wil vernieuwen.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HARO SUR LES ATTESTATIONS “B”
Dans l’enseignement général, le passage de classe est soumis à l’obtention d’une attestation « A ». Feu vert !
Le triple A n’existe pas. En revanche il existe une attestation « C » : l’élève double d’office : feu rouge !
Le feu orange existe : c’est l’attestation B : peut passer de classe à condition de quitter l’enseignement général pour s’inscrire ailleurs c'est-à-dire dans le technique ou le professionnel. Autrement dit le choix du technique ou du professionnel est toujours ou presque un choix négatif. Excellent diagnostique.
La majorité des élèves s’inscrit en première année dans le général. L’enseignement général est très encombré, surtout d’élèves à faible capacités scolaires (les raisons de cette anémie méritent une analyse subtile). Les préfets d’athénée usent et abusent de l’attestation « B » pour « réorienter » les élèves peu performants vers le technique et dégraisser les classes du général. L’étude à laquelle se réfère l’article du Standaard vise à supprimer les attestations B. Dans quel dessein ? Celui de réunir dans un premier degré unique et commun, tous les élèves de 12 à 14 ans. Théoriquement cela tient la route. Pratiquement c’est vouloir casser le thermomètre pour faire tomber la température. Donc mauvaise thérapie.
Quelle serait la bonne thérapie ?
De réformer en profondeur l’enseignement primaire pour lui assigner des objectifs réalistes : lire (une compétence complexe, rarement installée en profondeur, il ne suffit pas d’ « ânoner » un texte, il s’agit de le comprendre) ; écrire la langue de l’école et la parler efficacement, calculer et savoir employer sa mémoire.
On est loin, vraiment très loin à Bruxelles.
Que « Bruxelles région » obtienne bien vite la compétence enseignement qui actuellement est entre les mains de la Communauté française. Malgré le rénové et toutes les réformes qui ont suivi, l’enseignement secondaire bruxellois est demeure ségrégationniste et pratique un apartheid entre les inclus sociaux et les exclus sociaux.
Au dix-neuvième siècles les masses étaient analphabètes. L’enseignement de masse les a émancipées et analphabétisées.
On est revenu à la case départ avec l’arrivée massive d’enfants issus de l’immigration dans les écoles bruxelloises. Le modèle est à revoir de fond en comble. Il faut un nouveau prototype. Qui va le construire ?
C'est exactement la question qu'a posée Ala Magna aux Halles Saint-Géry jeudi soir en plaisant avec force pour le transfert des compétences enseignement de la Communauté française vers la région bruxelloises.
MG

Eremoorden zijn te voorkomen

De voorbije jaren zijn verschillende gevallen van eerwraak fataal afgelopen doordat er voor de slachtoffers geen opvang was en doordat hulpverleners en politie de zaken verkeerd aanpakten. Dat staat in een rapport over eergerelateerd geweld dat De Standaard kon inkijken.

Opvallend is het gebrek aan opvang voor minderjarige slachtoffers. In vluchthuizen kunnen zij niet terecht en het Vertrouwenscentrum Kindermishandeling treedt pas op nadat het een onderzoek heeft uitgevoerd. Maar wanneer er een risico bestaat op ernstige vormen van geweld, is er weinig tijd om te handelen. De hulpverlening is daar niet op afgestemd. Bovendien brengen hulpverleners ook altijd de ouders op de hoogte, een groot risico aangezien die ouders niet zelden net de aanstekers van het geweld zijn.

Het onderzoek beschrijft een geval met dramatische afloop, omdat hulpverleners het minderjarige slachtoffer geen opvangplaats konden bieden. Het slachtoffer wilde nochtans vluchten en was bereid om met de familie te breken.

Een belangrijk aandachtspunt is ook het schrijnende gebrek aan kennis en inzicht in eergerelateerd geweld. Leerkrachten, huisartsen, hulpverleners en agenten worden geconfronteerd met slachtoffers, maar weten niet hoe hierop te reageren. Ze negeren ernstige signalen of treffen maatregelen die escalatie in de hand werken.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L’INTERCULTUREL EST LA SEULE SOLUTION
Il se dit dans cet article que la majorité des crimes d’honneur se produisent faute de disposer d’une structure d’accueil pour celles qui en sont victimes. Créer un accueil serait une manière de s’attaquer aux conséquences en faisant fi des causes. Les crimes d’honneurs résultent de toute évidence d’une régression identitaire. Celles qui en sont victimes, à leur manière, sont toujours en rupture avec une structure familiale régressive et traditionaliste. Toujours elles sont le produit d’une purification ethnique à l’envers : on ne peut se marier en dehors de sa religion et de son clan ; la femme n’est pas libre de ses choix mais doit se soumettre à celui des mâles de la tribu communautaire.

L’enseignement a pour projet d’émanciper la personne en particulier la femme. C’est un domaine où il ne réussit pas trop mal face à la régression ethnique et intégriste au sein des communautés. C’est l’enseignement visant à former des citoyens qui au fil des décennies et des siècles a libéré les masses asservies de la tutelle des privilégiés. C’est à l’enseignement d’émanciper les sous privilégiés du système, de briser les carcans mentaux imposés par les traditionnallistes qui entendent bien asservir les membres de leurs communautés. Mais les pauvres enseignant(e)s sont ils/elles armés pour gagner ce combat qui forcément se fonde sur un vrai dialogue interculturel ?
MG