By DAVID D. KIRKPATRICKCAIRO — The opening session of Egypt’s first democratically elected Parliament in more than six decades erupted in chaos Monday as the Islamists dominating the chamber struggled to keep order and thousands of demonstrators gathered outside in an unruly mix of celebration and protest.
It took until nightfall for the Muslim Brotherhood, Egypt’s mainstream Islamist group, to decisively beat back an unexpectedly vocal challenge from a dissident former member so that the parliamentarians could elect a Brotherhood stalwart, Saad el Katatni, as speaker.
Mr. Katatni’s victory, by a vote of 399 to 97, signified an important turn in the history of the Muslim Brotherhood, which had been banned by Hosni Mubarak, the former autocratic president deposed in the Egypt revolution a year ago. After 84 years of struggle in the shadows of monarchy and dictatorship, the Brotherhood— a secretive, once-militant group that became the fountainhead of Islamist ideologies around the world — was closer than ever to both political power and democratic legitimacy.
“This is democracy that had left this hall for years, and now the people have grasped it,” Mr. Katatni said in a speech after his election. “We want Egypt and the whole world to know that our revolution will continue and we will not rest and our eyes won’t sleep until the revolution fulfills all its demands.”
Its triumph, in the heart of the Arab world and the center of last year’s regional uprising, was the closest that Islamists have ever come to governing an Arab country. Although a party with Islamist roots dominated Tunisia’s elections last fall, it has sought to jettison the label in order to emphasize its commitment to democracy and pluralism, while the Brotherhood still considers itself the movement’s flagship.
Abdul Moneim el Tantawy, a 67-year-old mechanical engineer and Brotherhood member who stood in a crowd outside the parliament since early morning to watch the lawmakers enter, called it “the most important day in our lives,” since Mr. Mubarak’s downfall.
“This is our celebration,” he said. “Before, if we stood here, we would be taken directly to jail.”
The Brotherhood’s success, however, was tempered by the noisy reminders both inside and outside the chamber of the challenges that members face in leading the country through its promised transition to democracy.
Egypt’s Parliament remains subordinate to the ruling military council that took power with Mr. Mubarak’s ouster. Although the generals have promised to turn over power to civilians by the end of June, after the ratification of a new constitution and the election of a president, they have balked at submitting to full civilian control. And by mid-afternoon Monday thousands of demonstrators had converged on the streets around the chamber to demand, among other things, an immediate end to military rule.
“The Parliament should have all the authority, without any influence from the army,” said Nagwan el Ashwal, 31, a doctoral student at Cairo University standing in front of a blocks-long ribbon of sown-together Egyptian flags, each held up by a demonstrator. On each was written one of the many demands of the original revolt against Mr. Mubarak, like “we need a good life,” “we need justice,” and “we don’t want poverty.”
Platoons of other demonstrators arrived in marches from several directions with their own demands. Trade unions marched for better wages. The families of those killed during the revolt demanded retribution against those responsible. Performers and artists marched to protect cultural freedoms from potential intrusion by the new Islamist majority.
(…) Many members of the ultraconservative faction of Islamists known as Salafis—the second-largest bloc after the Muslim Brotherhood, with nearly about 25 percent of the seats — tried to add pledges of fealty to Islamic law. “As long as God’s law is not violated,” the prominent Salafi lawyer Mamdouh Ismail appended to the customary oath.
(Omneya el Desouki contributed reporting.)
EGYPTE : LES ISLAMISTES REMPORTENT PLUS DES DEUX TIERS DES SIEGES DE DEPUTES
Les Frères musulmans ont remporté 47 % des sièges de députés lors des élections législatives qui viennent de s'achever en Egypte.AP/Bernat Armangue
Les islamistes égyptiens ont remporté plus de deux tiers des sièges de députés, dont près de la moitié pour les seuls Frères musulmans, selon les résultats officiels de la première élection depuis la chute du président Hosni Moubarak diffusés samedi 21 janvier.
Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, se taille la part du lion avec 235 sièges sur les 498 en lice, soit 47 % environ, lors de ce scrutin qui s'est tenu en plusieurs phases depuis le 28 novembre. Le parti fondamentaliste salafiste Al-Nour arrive en deuxième position, avec 121 sièges (environ 24 %).
Le parti libéral Wafd a eu quelque 9 % des sièges. Le Bloc égyptien, coalition de partis libéraux laïcs, obtient 7 % des députés dans cette élection considérée comme la plus ouverte depuis le renversement de la monarchie en 1952. Dix sièges de députés supplémentaires, non-élus, doivent encore être pourvus par le chef du Conseil militaire qui dirige le pays, le maréchal Hussein Tantaoui.
SAAD AL-KATATNI DÉSIGNÉ POUR PRÉSIDER L'ASSEMBLÉE
Le PLJ a déjà fait savoir qu'il avait choisi son secrétaire général, Saad al-Katatni, pour présider l'Assemblée du peuple (chambre des députés), au terme d'un accord avec d'autres partis. La première session de l'Assemblée du peuple doit se tenir lundi en présence du maréchal Tantaoui. L'élection des sénateurs doit pour sa part débuter le 29 janvier pour s'achever fin février.
Le futur Parlement sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution. Une élection présidentielle est prévue avant la fin juin, avec l'ouverture du dépôt des candidatures le 15 avril. L'armée s'est engagée à remettre le pouvoir aux civils une fois qu'un président aura été élu.
Les Frères musulmans ont multiplié les déclarations ces dernières semaines pour se présenter comme une formation responsable, prête à participer au pouvoir. Ils ont notamment tenu à se démarquer des fondamentalistes salafistes, dont la percée électorale constitue la grande surprise du scrutin, et fait des propositions d'alliance avec des partis laïcs.
DES GAGES À LA COMMUNAUTÉ COPTE
Les dirigeants des Frères et du PLJ ont notamment cherché à rassurer sur le terrain de l'économie, alors que le pays traverse une grave crise, et se sont employés à donner des gages à la communauté chrétienne copte, qui représente entre 6 et 10 % de la population.
Sur le plan diplomatique, le PLJ a reçu la semaine dernière une visite inédite du "numéro deux" de la diplomatie américaine, le secrétaire d'Etat adjoint William Burns. Fondée en 1928, très influente grâce à ses réseaux d'aide sociale, la confrérie était confinée dans une semi-clandestinité du temps de M. Moubarak.
Le guide de la confrérie, Mohamed Badie, s'est dissocié des appels à manifester contre le pouvoir militaire à l'occasion du premier anniversaire, mercredi, du début de la révolte contre Hosni Moubarak. Il a notamment rejeté les appels à une "deuxième révolution", et a plaidé pour qu'il ne "soit pas porté atteinte au prestige de l'armée", dans des propos sur une chaîne privée, rapportés samedi sur le site internet de la confrérie.
Il a toutefois laissé entendre que la future assemblée dominée par le PLJ pourrait être ferme face à des demandes de l'armée de préserver certains privilèges de l'institution militaire. Il a notamment estimé que le budget de l'armée, jusqu'à présent exempt d'examen par les députés, pourrait être soumis à une commission parlementaire.
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