Le vice-président du PS menace : « Si la Wallonie ne veut plus de nous, nous devrons en tirer les conséquences. » Des propos stupéfiants, d'après Willy Borsus. Plus d'informations dans Le SoirRéagissant brièvement dimanche, en «tweetant» (Le Soir de lundi), aux propos de Jean-Claude Marcourt sur la «déconstruction» de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Philippe Moureaux avait lancé : « LE REPLI WALLON REVIENT A L'ORDRE DU JOUR, L'IMAGINATION DOIT ETRE AU POUVOIR A BRUXELLES, IL FAUT ENVISAGER DES SCENARIOS DECHIRANTS »…
Holà ! Des « scénarios déchirants » ? De quoi parle-t-on ? Le vice-président bruxellois du PS s'explique dans Le Soir… Extrait…
QU'EN EST-IL DE CE « TWEET » ALARMISTE DIMANCHE ?
« Les Bruxellois ne doivent pas rester au balcon, voilà ce que je veux dire… Au balcon à attendre qu'on nous dise du côté wallon si l'on veut ou non encore travailler avec nous (…) Si on se lance au Sud dans une réflexion strictement wallonne – sans Bruxellois –, alors, nous devons constituer nous aussi un groupe de réflexion, pluraliste, sur l'avenir de Bruxelles. Un groupe qui ne doit écarter aucune hypothèse au départ. Pour une réflexion extrêmement libre sur notre futur. J'appelle les responsables politiques bruxellois à prendre l'initiative. »
BORSUS STUPEFAIT PAR LES PROPOS DE MOUREAUX SUR BRUXELLES ET LA FLANDRE
Le chef de groupe MR au parlement wallon, Willy Borsus, s'est dit stupéfait des déclarations du vice-président du PS, Philippe Moureaux, à propos du choix de dialoguer avec la Flandre que pourrait faire Bruxelles si la Wallonie ne voulait pas d'elle. "C'est sidérant. Bruxelles est très majoritairement francophone. Nous avons tant de choses ensemble que ce serait une erreur profonde de cultiver ce qui pourrait nous diviser", a expliqué M. Borsus, interrogé sur "La Première". (Le Soir)
BRUXELLES AUSSI A BESOIN D'UN PLAN (B)
Or donc les Wallons réfléchi-raient à leur avenir ? Fort bien ! Puissent-ils ainsi encourager les Bruxellois à faire de même ! Loin de nous l'idée de lancer par là un appel au repli identitaire bruxellois, encore moins à la rupture des liens entre francophones. C'est au sens des responsabilités des hommes et femmes politiques de la capitale que nous en appelons.
La sixième réforme de l'Etat consacre largement le fait régional. Demain, c'est Namur et Bruxelles qui disposeront des leviers économiques majeurs, qui assumeront l'autonomie fiscale. Ce sont les structures régionales qui vont hériter des transferts de compétences ; elles, plus que jamais, qui vont devoir affronter les défis socioéconomiques, sociétaux, démographiques. Ils sont énormes, et pas nécessairement semblables à Namur et Bruxelles. La nouvelle Belgique s'articulera sur des Régions aux pouvoirs et moyens considérablement renforcés. C'est donc entre forces vives d'une Région qu'il faut s'y préparer.
Voilà pourquoi il est urgent que les Bruxellois se lancent dans une grande réflexion sur leur avenir. Il leur faut tout à la fois préparer la concrétisation de la réforme de l'Etat, mais aussi œuvrer, au plus vite, à la relance socio-économique de leur Région. Ce qui nécessitera, comme en Wallonie, des politiques ambitieuses et courageuses, des réformes des structures de gestion. Vœu pieux ? Jusqu'ici, c'est vrai, les Bruxellois, en particulier francophones, ont été bien frileux dès lors qu'il s'agissait de réformer leur Région. Mais dix-huit mois de crise ont changé la donne. « Les Flamands ont compris que leur vision d'une cogestion de Bruxelles par les deux Communautés a vécu », nous confiait un négociateur flamand, en décembre. De facto, la sixième réforme de l'Etat acte l'existence de la Région bruxelloise : elle reçoit les mêmes compétences que la Flandre et la Wallonie, la même autonomie fiscale ; mieux, elle est refinancée. Les francophones ne peuvent donc plus se retrancher derrière leur crainte de voir la Flandre réformer Bruxelles pour mieux l'absorber. Plus rien, dès lors, ne devrait freiner les Bruxellois à, enfin, faire leur examen de conscience et reconnaître qu'ils doivent, d'urgence, réformer leurs structures et leurs politiques.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ETATS GENERAUX DE BRUXELLES ?
Cela fait des années que les Etats Généraux de Bruxelles et Aula Magna réfléchissent avec les meilleurs universitaires ainsi qu’avec les milieux associatifs bruxellois sans être entendus vraiment par l’exécutif régional bruxellois, autrement dit le gouvernement Picqué.
C’est une évidence, on va vers une régionalisation accrue de la vie politique dans ce pays. La Flandre entend être maîtresse chez elle et le sera bientôt. La Wallonie n’a pas le choix, elle devra suivre : dans moins de dix ans, les transferts seront terminés.
Désormais Bruxelles, région à part entière sera, délivrée des tutelles communautaires flamande et wallonne (Communauté française) doit faire face à son destin.
Il faut s’y préparer, en effet. Aura-t-elle les moyens de son autonomie ?
Les défis sont considérables : mobilité, chômage des jeunes, formation, enseignement déficient, explosion démographique, insécurité, manque de logements sociaux, etc..
Comparée à Anvers, à Namur et surtout à Gand, Bruxelles est en panne de gouvernance. La situation est grave mais non encore désespérée car, et nous ne cessons de le rappeler ici, cette ville a des atouts majeurs dans la concurrence à laquelle se livrent les mégapoles européenne : sa situation géographique, son multilinguisme, sa jeunesse, ses universités, sa vie culturelle foisonnante, son immense succès auprès des expats etc.
Ce dont Bruxelles manque le plus c’est de grands formats politiques ayant une vision pour l’avenir de cette ville région que ses habitants comprennent mal. Le plus gros problème de Bruxelles n’est-il pas le désamour des Bruxellois ?
« Plus rien ne devrait freiner les Bruxellois à, enfin, faire leur examen de conscience et reconnaître qu'ils doivent, d'urgence, réformer leurs structures et leurs politiques. » on ne saurait mieux le dire !
MG
PLAN W. EN VOOR DE BRUSSELAARS … NIKSKE ?
Publié le 16 janvier 2012 dans enseignement
Charles Piqué a raison, il faut éviter de mettre de l’huile sur le feu du chaudron dans lequel se concocte l’avenir de l’hypothétique « fédération Wallonie-Bruxelles ». Mais Philippe Moureaux a tout autant raison de mettre les Bruxellois en garde contre le retour du régionalisme wallon. Il est malheureusement probable que les deux pontes du parti socialiste seront démentis par les tendances lourdes de l’histoire.
Une illustration des craintes que les Bruxellois peuvent avoir ? L’exemple de l’enseignement. Les beaux discours sur la fameuse solidarité WB se heurtent de plein fouet aux réalités budgétaires. Il suffit de deux exemples pour s’en convaincre.
Premier dossier : la croissance démographique à Bruxelles. Cela fait des années que le gouvernement de la CFWB et/ou le ministère de l’Enseignement n’ont plus été assurés par des ministres bruxellois. Faut-il chercher là l’explication de la cécité dont a fait preuve la CFWB face aux besoins spécifiques de Bruxelles face à la croissance démographique ? Il y a vingt ans que le fonds des bâtiments scolaires pour la région bruxelloise est victime d’un sous-financement chronique. Alors même que la question des évolutions démographiques n’était pas encore à l’ordre du jour, les Pouvoirs organisateurs bruxellois avaient déjà les pires difficultés à trouver des financements appropriés. Cette situation a freiné la mise en œuvre de nombreux projets « classiques » de construction ou d’extension.
Maintenant que le défi démographique s’est imposé dans les esprits, force est de constater que la réponse de la CFWB est largement inadaptée. Je passe sur la répartition très contestable des aides accordées aux différentes communes dont on peut penser que la justice distributive a été davantage influencée par les équilibres politiques que par les besoins de terrain. Je n’insiste pas non plus sur les efforts louables – mais un peu dérisoires – de l’opération « classes conteneurs » mise en place par la région. Mettre les enfants dans des boîtes à conserve n’est pas une excellente idée. Mais encore faut-il de la place pour installer les boîtes, ce qui est loin d’être évident. En résumé, les experts n’ont rien vu venir au niveau des évolutions démographiques bruxelloises et la région aura les pires difficultés à pallier les imprévoyances de la CFWB, compétente en matière d’enseignement.
Faut-il mettre en cause le manque de connaissance du terrain local des ministres et du personnel des cabinets, chacun jugera.
Le second dossier est celui de l’enseignement de la seconde langue. Le problème bruxellois ne doit pas être dissocié de celui des autres communes à statut linguistique spécial, mais il est beaucoup plus aigu à Bruxelles.
De quoi s’agit-il ? en région bruxelloise et dans les communes à statut linguistique spécial, les élèves doivent suivre 3 périodes de cours en 3e et 4e primaire et 5périodes en 5e et 6e. Or la CFWB, dans son immense générosité, ne fait pas de distinction entre cette situation et celle qui existe dans le reste de la Wallonie. Autrement dit, seules 2 périodes de cours en 5e et 2 en 6e sont subventionnées. Le reste des heures à organiser sont donc à charge du capital période, le système de calcul de l’encadrement dans l’enseignement primaire. Résultat, à Bruxelles, avec une grille horaire de 28 périodes/semaine, un élève du troisième degré a, en tout et pour tout, 19 périodes pour apprendre le français, le calcul et les branches d’éveil (histoire, géographie, etc.). En effet, des 28 périodes organisables, il faut retirer 2 périodes d’éducation physique, 2 pour les cours philosophiques et 5 pour le néerlandais. Son petit frère wallon économisera, lui, dans circonstances identiques, 3 périodes hebdomadaires. Quand on sait que le petit frère bruxellois a souvent comme langue maternelle le turc, l’albanais, le Guinéen voir le tadjik, on se dit que ces 3 heures qu’on nous refuse nous viendraient bien à point, notamment pour améliorer l’employabilité de nos élèves et réduire le niveau de chômage bruxellois.
Ce dossier représente 350 emplois dont on prive la région bruxelloise, sans compter l’impact pédagogique négatif que la situation représente.
Sans vouloir dramatiser outre mesure, il est difficile de nier que l’égoïsme prévaut le plus souvent. Quand il est le fait de partenaires parlant la même langue, il est peut-être moins perceptible que quand il est porté par Bart. Mais il ne faut jamais oublier le vieil adage : « Dieu me garde de mes amis, quant à mes amis, je m’en charge ».
(Claude Wachtelaer)
COMMENTAIRES DIVERS
« il y en a un qui doit bien rire....hein Bartje .... »
«Pas seulement la wallonie, mais la Belgique toute entière n'est rien sans BRUXELLES./// Vous êtes sûr que ce n'est pas le contraire? Bruxelles est une ville sans avenir, de plus en plus en mains étrangères. Si les Flamands et les Wallons restent chez eux et s'organisent dans leur propre région, que restera-t-il de Bruxelles? Et toutes les instances internationales auront vite trouvé une place ailleurs... On n'a aucun besoin d'être "la capitale de l'Europe", on n'arrive même pas à voir Bruxelles comme la capitale de notre pays.»
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