lundi 6 février 2012

Le défi du PS : briser ses tabous !

Par Béatrice Delvaux

Voilà qui tombe bien. Le premier de nos tabous est le pouvoir omniprésent, multiforme, voire paralysant du Parti socialiste sur la Wallonie. On a souvent accusé le PS de refuser les évolutions nécessaires des structures, des politiques pour protéger les postes occupés – leur nombre autant que leur importance –, les prébendes, les scores électoraux mais aussi sur le fond, parce que les convictions du parti étaient en conflit ouvert avec les impératifs économiques. La dégressivité des allocations de chômage ou le suivi des chômeurs, régulièrement reconnus hors micro comme impératifs par les socialistes, n'ont évolué souvent que sous la pression du Nord. Même si aujourd'hui et depuis quelques années déjà, les choses sont en train de changer au sud du pays.

LE BLOG DE LA SERIE TABOUS
La ville de Charleroi reste hélas l'exemple de la manière dont le pouvoir tout-puissant, de longue durée et clientéliste fait du PS en Wallonie un parti qui paralyse, préférant quasi voir une ville sombrer que de prendre les décisions dures et urgentes qui s'imposent.
Guy Spitaels le disait récemment : 1) un parti qui reste trop longtemps au pouvoir, ce n'est pas sain ; 2) les hommes politiques wallons doivent oser une révolution mentale pour relever le défi de la fin des transferts.
Faire passer l'efficacité avant le clientélisme, supprimer les postes « fromages » pour concentrer les moyens sur les pôles qui dynamisent la région : c'est exactement ce que promettent les socialistes wallons qui s'expriment depuis notre révélation d'un plan « W » pour garantir le futur wallon. Marcourt, Giet, Demotte et Magnette hier : ils sont tous d'accord. Il faut simplifier, rationaliser, dynamiser.
Les réseaux d'enseignement, les invests, les intercommunales, les provinces, les administrations publiques, l'administration communale de Charleroi : ils vont y aller vraiment ? Serments d'ivrognes ? A vous de jouer, hommes politiques socialistes wallons qui promettez d'être les moteurs de cette révolution. Car sans les socialistes, aucun plan « W » ne pourra voir le jour . Mais aucun plan « W » ne réussira sans socialistes capables de briser leurs tabous.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CA TURBULE
Décidément, depuis qu’elle est chef éditorialiste, Béatrice ne se tient plus. Et voilà qu’elle donne un grand coup de pied dans la fourmilière socialiste. On adore à DiverCity. Les réactions des lecteurs de son quotidien n’ont pas tardé à fuser, nous en publions quelques unes. Le départ de Elio pour l’hôtel Lambermont, sa fascination pour les lambris dorés du palais royal et ceux de son hôtel de fonction auquel il assortit la couleur de ses papillons, semble l’avoir incité à lâcher les rênes et les rennes du PS où cela grenouille joyeusement depuis son départ. Ca « turbule » dirait Chevènement ; et le père Elio, tout de rouge vêtu, n’est plus au boulevard de l’Empereur pour discipliner ses maréchaux. Cela n’a pas échappé à l’œil de lynx de l’éditorialiste du Soir qui fait flèche de tout bois ou plus exactement torpille de chacun de ses éditoriaux pour couler les tabous rouillés comme des cuirassés soviétiques. Touché certes ! Coulé ? pas encore !
De là à imaginer que sous la férule de la dynamique Béatrice, Le Soir se transforme doucement en quotidien critique et progressiste, il n’y a qu’un pas. On aimerait savoir ce qu’en pensent la direction, les actionnaires ? Les lecteurs surtout ! En cela, bien sûr, Le Soir semble se rapprocher de son cousin flamand De Morgen, le plus caustique des quotidiens de ce royaume. On aura remarqué que Kroll se fait de plus en plus vitriolé, que Yvon Toussaint retrouve sa verve de commentateur politique, et surtout que Berenboom se métamorphose en un Hugo Camps francophone. Pour qui l’ignorerait, Camps est le Don Quichote du Morgen, celui qui chaque jour trousse sa chronique ravageuse qui trône à la une du quotidien des intellos de Flandre.
Voilà qui nous réjouit. On aimerait que la Libre tiédasse en fît autant et que la DH populiste devienne moins « pipole » et populiste et se mette davantage au service des idées libérales, ce qui fut son premier métier.
Une Béatrice facétieuse annoncerait-elle un printemps médiatique ? Voilà une pensée qui réchauffe le coeur en ces journées de frimas.
Il est bien certain qu’à l’ère des blogs insolents, des forums de lecteurs déprimants, du populisme « émasculateur » il est fondamental que la presse, s’il elle entend survivre à la galaxie internet retrouve des couleurs idéologiques au risque d’agoniser. C’est le secret du Morgen et du New York Times, du Guardian et du Frankfurter Rundschau. C’était le créneau de Libération après 68 et du Monde sous Beuve Méry. Encore Béatrice, encore !
MG

COMMENTAIRES DE LECTEURS
« Les réactions du Soir à la grève générale n'étaient que le prélude à une attaque en règle contre la gauche. Le lavage de cerveau capitaliste fonctionne de mieux en mieux. »
« La gauche version mai soixante-huit avait le tort de s'en prendre aux créateurs d'emplois: la bourgeoisie et les entrepreneurs. Mais n'osent pas s'attaquer à ceux qui sont les vrais responsables de la crise économiques: les psychopathes qui se font de l'argent facilement sans rien créer (Mégamachin). Eux son toxiques à l'économie et sont les authentiques ennemis d'une société construite sur des bases saines. Cette même gauche soixante-huitarde se retrouve souvent dans les psychopathes qui vous spolient aujourd'hui. »
« Un tabou risque aussi de tomber: de nombreux wallons qui seront mis de côté vont à nouveau voter communiste. Ce qui a tué notre société, c'est la facilité avec laquelle on peu s'enrichir même et surtout malhonnêtement. De nombreux flamands sont riches parce qu'ils ont été très opportunistes pendant la dernière guerre mondiale et ne doivent pas grand-chose à leur force de travail. Sans généraliser bien sûr. C'est l'argent facilement gagné qui est très tabou dans les médias et le politique. »
« Je ne crois pas que ce soit un tabou, je suis entièrement d'accord avec cet article qui est encore très discret. Quel socialiste oserait rendre le chômage un peu plus pénible que le travail, l'enseignement: on a l'impression qu'ils ont peur que les gens soient plus instruits .La liste est longue.... Au lieu de déprimer les gens et de les rendre dépendants de leur subtil système il vaudrait bien mieux rendre les wallons fiers de l'être, je cois qu'il y en a beaucoup qui sont prêts à retrousser leurs manches mais même ceux-là ont pour que une fois leurs manches retroussées on leur coupe les doigts.
« Toutes les études le démontrent. Seules les personnes qui ont un niveau de formation élevé et vivent dans de bonnes conditions financières sont à même de travailler longtemps. Prenons l'exemple du pape ou d'un ministre. Ils ne doivent pas se soucier de survivre, d'autres le font à leur place. Alors qu'un ouvrier qui se retrouve sans ressource et doit faire le trajet tous les matins dans les embouteillages et encore penser à nourrir sa famille travaille en fait dix fois plus. Ne pas leur donner une pension décente relève de l'assassinat pur et simple. »

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