samedi 24 mars 2012

Alain Duhamel : "Les événements remettent Sarkozy en selle"



Olivier le Bussy et Gilles Milecan

Hollande n’a pas commis d’erreur, juge Alain Duhamel. Le problème du socialiste, c’est Mélenchon, estime le chroniqueur politique.

Entretien

LES EVENEMENTS DE MONTAUBAN ET TOULOUSE SONT-ILS REVELATEURS DE L’ETAT DE LA FRANCE, COMME L’A AVANCE FRANÇOIS BAYROU, OU ECHAPPENT-ILS A TOUTE TENTATIVE DE GENERALISATION ?

Pour ce qu’on en sait, c’était plutôt un terroriste isolé, n’appartenant pas à une filière. Ce qui s’est produit n’est pas du tout le résultat d’une tension particulière en France qui n’existe pas en dehors des polémiques politiques classiques. Expliquer les difficultés françaises par un problème de terrorisme, alors qu’il y a eu des exemples encore plus dramatiques aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Espagne me paraît relever de l’amalgame.

PENSEZ-VOUS QUE CES EVENEMENTS AURONT SUR LA CAMPAGNE UN IMPACT DURABLE, QUI POURRAIT EN MODIFIER LE COURS ?

C’était tellement choquant en soi de voir des enfants assassinés qu’évidemment, ça ne disparaîtra pas des mémoires en trois semaines. Aura-ce un impact décisif sur le climat de la campagne ? Ça va entraîner une focalisation du débat sur les questions de sécurité et d’immigration, même si les choses sont loin d’être liées mécaniquement. D’autre part, ça remet Nicolas Sarkozy en selle de façon plus confortable. Il est le président en exercice. Personne ne l’a critiqué sur la manière dont il a organisé les hommages, les réactions, la police

AU DETRIMENT DE FRANÇOIS HOLLANDE, DONC ?

Ça reste à démontrer. Hollande n’a pas commis d’erreur, ni sous-estimé la gravité des faits, ni chercher à introduire trop tôt une polémique. Bayrou, lui, a voulu faire un coup politique mais aurait dû attendre trois ou quatre jours, pour s’avancer sur un terrain solide. Quant à Marine Le Pen qui, au départ, a bien réagi en demandant la suspension des hostilités, elle a rebondi en sens opposé tellement vite le matin du dénouement que cela ne va pas faciliter sa campagne. C’est surtout Sarkozy qui va incarner l’autorité et l’ordre.

LE CANDIDAT SARKOZY EST REDEVENU, MOMENTANEMENT, LE PRESIDENT AU-DESSUS DE LA MELEE. EST-CE VRAIMENT LE COSTUME QUI LUI VA LE MIEUX ? OU N’EST-IL JAMAIS MEILLEUR QU’EN CAMPAGNE, DANS LA POLEMIQUE ?

C’est effectivement un très bon candidat de campagne. C’est aussi un homme de crise. Lors des crises, il est très bon, beaucoup moins dans la gestion quotidienne et même dans les réformes, il n’est pas toujours habile ou inspiré.

COMMENTAIRES

Si les élections présidentielles françaises portent Hollande à la Présidence, nous allons rire, car ce quinquennat sera une comédie de haut vol, genre "Les Aventures de Gaston Lagaffe".

Si Mélenchon est au pouvoir, ce sera une tragédie, une régression au stade du communisme idéologique.

Bayrou est assis entre deux bottes de foin et tel l'âne de Buridan, ne sait par où commencer.

Avec Sarko, pas de surprises, ni rires ni tremblements, mais de la soupe ordinaire un peu fade.

Marine Le Pen ne veut pas être élue, elle estime que l'opposition est un balcon confortable

En dernière minute, ce sera Sarko, les Français n'ont même plus envie de rire. »



« Charles Pasqua entres autres avait prédit que l'Europe se libanisera à moyen terme. Nous y arrivons inévitablement car le point de non retour démographique, juridique, culturel, sociétal et médiatique est largement atteint. Cette guerre sera d'un genre inédit pour les européens. Une guerre dont les bombes seront humaines, les munitions alimentées par une expansion démographique notamment transméditerranéenne, source intarissable de candidats martyrs postulant au paradis, et les collaborateurs représentés par nos dirigeants islamophiles et nos élites intellectuelles aliénées par leur psychose bienpensante et culpabilisatrice. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PSYCHOSE

L’imprévisible est la porte par laquelle s’engouffre l’histoire.

Une escadrille de cygnes noirs fonce vers nous !

Imprévisible élimination du candidat DSK, imprévisibles attentats de Toulouse et de Montauban, imprévisible accident de Sierre, imprévisible bouffées de chaleurs de mars. (au mois d’avril ne te découvre pas d’un fil !?)

Et pourtant, après coup, tout parait résulter d’une logique sous-jacente qui ne nous paraissait pas évidente. Les frasques de DSK ne datent pas d’hier ; le salafisme, nous le savons, gangrène les banlieues d’Europe, le mur à angle droit du tunnel suisse était un défi au destin, le réchauffement climatique n’est plus un mythe depuis longtemps…

Et pourtant il est bien d’autres événements qui nous déterminent aujourd’hui et qui résultent non de la fatalité mais de la volonté des hommes et des femmes ou de quelques uns d’entre eux : la réconciliation franco-allemande d’après guerre, le début de l’unification européenne, la Ostpolitk de Willy Brandt entraînant la chute du mur de Berlin et celle du rideau de fer. Il n’y a pas que la fatalité qui fasse avancer l’histoire. La volonté est un moteur tout aussi puissant. La volonté de dialoguer, la volonté de troquer la tension contre la détente, la violence contre l’entente, la violence contre la coopération. Albert Camus l’avait compris mais personne n’écouta : il faut une politique d’ouverture en direction du Maghreb, d’ouverture et de coopération. Il faut, même un Sarkozy semblait l’avoir compris, créer une union méditerranéenne.

Il convient donc de s’attaquer avec la plus grande fermeté à toutes les rigidités, à toutes les crispations identitaires qu’elles soient islamistes, néo-fascistes et nationalistes, intégristes et fondamentalistes. Il n’y a pas d’autre voie. Et quel que soit le nom du prochain président de la république, de la prochaine chancelière, du successeur de Di Rupo, de celui de Barusso, de Poutine ou de Cameron, tous seront confrontés avec le même problème :la crise du néolibéralisme génère de l’exclusion, l’exclusion génère le désespoir, le désespoir engendre les fanatismes.

Les musulmans se sont installés par millions en Europe. L’éthique du coran, tant quelle prône le Bel Agir ne pose pas de problèmes. En revanche son interprétation laissée à la discrétion des fanatiques est incompatible avec les valeurs de la laïcité et les principes des Droits de l’homme et de la femme. Il est urgent d’exercer un contrôle strict sur la nature de la parole prêchée dans certaines mosquées par les ennemis de l’occident et de la pensée libre. Qu'on cesse d'importer des imams imprévisibles. Qu'on les forme ici, chez nous, dans nos universités!
MG




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