mardi 20 mars 2012

Chaire des Identités juives


Tradition et modernité. La littérature juive d’expression allemande 1890-1970

Par Mme Mireille TABAH, Professeure à l’ULB, associée à l’Institut d’Etudes du Judaïsme

La notion de « littérature judéo-allemande » (« deutsch-jüdische Literatur ») fait aujourd’hui encore l’objet de nombreuses discussions. L’accent porte-t – il sur le terme « juif » – et quelle(s) forme(s) de judéité ce mot recouvre-il? – ou au contraire sur le terme « allemand » –mais comment les auteurs d’origine juive et d’expression allemande, largement acculturés, définissent-ils la culture allemande depuis la montée de l’antisémitisme nationaliste raciste à la fin du 19ème siècle et la césure de la Shoah?


Au-delà du mythe de la symbiose judéo-allemande et de toute forme d’essentialisme culturel et identitaire, le séminaire envisagera la littérature juive d’expression allemande depuis 1890 comme un processus interculturel en constante évolution, se développant à l’intersection de la tradition juive, de la culture libérale, universaliste et cosmopolite issue des Lumières allemandes, et de la crise de la modernité européenne telle que la vécurent les auteurs juifs allemands et autrichiens – processus par lequel ceux-ci interrogent et tentent de déterminer, sous quelle forme que ce soit, leur judéité en interprétant la tradition ou l’existence juive en fonction du contexte variable de la culture et de la littérature de l’espace géopolitique allemand, mais aussi autrichien et jusqu’en 1918, de la

monarchie austro-hongroise incluant Prague, la Galicie et la Bucovine.

Après une synthèse introductive de la littérature juive d’expression allemande depuis le tournant du siècle (1890, début de l’ère wilhelminienne, mais aussi de la crise de la modernité en Allemagne et dans l’Empire austro-hongrois) jusqu’à l’Après-Shoah (1970, suicide de Paul Celan), nous aborderons la problématique ainsi définie à partir de textes choisis de 5 auteurs que l’on peut considérer comme paradigmatiques : Arthur Schnitzler (Vienne au crépuscule [Der Weg ins Freie], Franz Kafka (récits choisis), Joseph Roth (Hiob), Gertud Kolmar (Susanna, poèmes choisis) et Paul Celan (poèmes choisis).


Bibliographie :

Daniel Azuélos, Daniel Azuélos, L’entrée en bourgeoisie des Juifs allemands ou le paradigme libéral (1800-1933), Presses de l’Université Paris-Sorbonne, Paris, 2005

Sander L. Gilman, Jack Zimes (ed.), Yale Companion to Jewisch Writing and Thought in German Culture, 1096-1996, New Haven, 1997

Andrea B. Kilcher (Hg.), Lexikon der deutsch-jüdischen Literatur, Suhrkamp, Frankfurt am Main, 2003

ULB 21 et 28 mars, 18 et 25 avril, 2 et 9 mai de 14 à 16 h. Salle étage bibliothèque. IEJ, avenue Roosevelt 17.

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