mardi 13 mars 2012

Elio versus Bart, c'est pas gagné !

Elio Ier a rempli sa mission. Le budget est bouclé et les Belges ne vont pas en souffrir, ce qui relève de la prouesse par les temps actuels. Alors, pourquoi ce sentiment que « ça ne va pas le faire » ? Regardez notre sondage, surtout les courbes des intentions de vote au nord du pays. Ceux qui ont pris leurs responsabilités ne sont pas récompensés, ou si peu, et tout profite à celui qui est au balcon. La N-VA engraisse au rythme où son président rétrécit !
Bart contre Elio : c'est « la » stratégie du parti nationaliste pour les élections de 2014. Là où ce gouvernement remplit son contrat mais dans la peine, la complexité, le doute – quelle est la magie de cette austérité indolore ? –, alors que le PS est hyperdéfensif et n'engrange rien (impôt des sociétés, etc.), De Wever oppose un (vieux) discours, exposé avec un talent insupportable au Standaard ce week-end : « Le premier mot de Di Rupo à son premier sommet européen ? “Solidarité“. Si j'avais eu le GSM de Merkel, je lui aurais envoyé un SMS : “Achtung. Il veut faire en Europe comme en Belgique.“ » Caricatural, mais efficace au Nord.

Son plan d'attaque est diabolique car opérationnel cette fois : 1 – La N-VA se présentera en 2014 avec le confédéralisme comme seul programme, plus vendable que l'indépendance – impossible à réaliser et rejetée par les Flamands – et qui pourrait même séduire certains Wallons. 2 – Elle se donne 2013 pour élaborer cette fois un plan précis pour l'avenir de Bruxelles et la sécurité sociale dans ce confédéralisme.

« La Flandre, c'est moi » : voilà l'objectif de « poids » que s'est fixé Bart De Wever. Pour faire en sorte que le résultat de la N-VA en 2014 impose le confédéralisme au pays comme s'il s'agissait d'un référendum. A 38 % des intentions de vote – autant à elle toute seule que tous les autres partis démocratiques flamands ! –, elle y est déjà quasiment. On ne voit pas aujourd'hui ce qui pourrait l'arrêter, mais pas davantage quelle autre tactique Di Rupo Ier pourrait adopter.

De Wever n'est pas au gouvernement mais il pèse plus que jamais sur le destin du pays.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES TRIBUNS
Le peuple a besoin hélàs quelquefois d’une voix qui lui parle, une Jeanne d’Arc inspirée, un Hitler vociférant, un Mussolini gesticulant, un Churchill shakespearien, un De Gaulle cornélien. Sarkozy a fait son Degrelle à Villepinte et il est prêt à recommencer dans la France profonde. Ca marche ! Et chez nous ?

Ici les Wallons et les Bruxellois ne supportent pas Bart et les Flamands sont allergiques à Elio. Le système des élections doit-il être repensé ? Au fédéral, on devrait pouvoir voter pour n'importe quel candidat et/ou parti de Hastière à Scheldewindeke, de Quiévrain à Koekelberg !

Voilà qui obligerait les partis, qui veulent monter au fédéral à s’adresser à l’autre communauté avec un programme sinon commun, au moins compatible. Verhofstadt n’est pas par hasard un des trois hommes politique les plus populaire en Wallonie, De Croo père l’est également, Leterme aurait pu l’être, Demotte, Vande Lanotte et Magnette pourraient le devenir. Di Rupo s’y applique avec zèle.
mais il cale sur son néerlandais.
Quant à l’Europe, ce ne sont ni Barusso ni Van Rompuy qui vont la galvaniser.
MG

LE PS EN NET RECUL, LE MR EN FORME, LA N-VA S’ENVOLE
Voilà les conclusions de notre Grand Baromètre RTL-TVI/Ipsos/Le Soir. « Rien de très surprenant », pour Pascal Delwit, politologue à l’ULB.

LE PS, EN RECUL, SOUFFRE-T-IL DE L’EFFET DI RUPO IER ?
« En partie, sans doute, mais ce n’est pas surprenant. Je note deux éléments. D’une part, le point de référence de décembre était à peu près identique à celui de juin 2010. A savoir 37,5 % d’intentions de vote, soit un score relativement élevé. Aujourd’hui, avec 32,5 %, le parti socialiste reste dans sa fourchette classique, finalement. »

« D’autre part, il y a un caractère logique à ce que l’électorat socialiste soit choqué de l’adoption de certaines mesures. Di Rupo Ier est un gouvernement de droite-centre-gauche, il est donc normal que, dans l’effort budgétaire par exemple, il y ait des mesures des trois bords. Mais il est clair que certaines mesures peuvent heurter une partie de la base socialiste : pensions, etc. »

« C’est un gouvernement difficile : il n’a pas la majorité en Flandre qui, elle, penchant sur la droite, et met la pression sur le gouvernement fédéral. Le PS est dans une posture inconfortable. Même si elles sont moins dures que dans d’autres pays, le gouvernement doit prendre des mesures d’austérité. Bien évidemment, pour une partie de la base du parti, c’est difficile à avaler… »

MR ET, DANS UNE MOINDRE MESURE, D’ECOLO SONT EN HAUSSE. DEUX PARTIS EN PARTIE DANS L’OPPOSITION, C’EST LIE ?
« Les choses sont plus nuancées car la hausse d’Ecolo est assez modérée. Pour le MR, la remontée est plus notable mais n’oublions pas que le MR sort d’une passe difficile, avec de très mauvais scores en Wallonie et à Bruxelles. »

« On a davantage l’impression, ici, que le MR récupère les votes qu’il avait perdu. Le parti est entrain de sortir de la crise qu’il a connu en octobre, novembre, décembre, avec le départ du FDF et une vie interne chahutée. »

LA HAUSSE EST PLUS FLAGRANTE ENCORE POUR LA N-VA. EN FLANDRE, ETRE DANS L’OPPOSITION, ÇA PAIE ?
« Disons plutôt que, pour l’instant, le pari des partis flamands CD&V, VLD, SP.A n’est pas réussi. Ils voulaient démontrer que le radicalisme de la N-VA ne payait pas et qu’en montant au gouvernement, ils pourraient engranger des accords sur la Réforme de l’Etat, sur la loi spéciale de financement et sur le budget. Mais on voit qu’à ce stade, cette stratégie n’a pas touché un électorat qui votait N-VA. »

« Et pire que ça, des gens qui ne votaient pas pour le parti nationaliste ont l’intention de le faire – au détriment notamment du VLD qui se retrouve à 10 % ! Visiblement, le discours de Bart De Wever, qui reste très populaire, a encore du crédit dans l’électorat flamand. »

LA POPULARITE D’ELIO DI RUPO EST EN HAUSSE EN FLANDRE. SON COSTUME DE PREMIER MINISTRE LUI DONNE-T-IL DAVANTAGE DE CREDIT AU NORD DU PAYS ?
« Oui, car il est davantage présent dans les médias flamands et qu’il y fait très attention, notamment en améliorant son néerlandais. On le voit dans des sujets sérieux mais aussi pour des événements plus légers, comme la Coupe du monde cyclo-cross, etc. Visiblement les Flamands sont, en partie au moins, satisfaits de voir aboutir une partie des demandes sociales du Nord du pays. »

« Mais attention, la difficulté pour Di Rupo sera de rester à un niveau élevé dans la durée. C’est le premier baromètre depuis que Di Rupo Ier travaille. Il sera intéressant de voir l’évolution des prochains mois… »

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